CHAPITRE nr. i
naitre, beaucoup plas gros que ne le demandent les organes de la vie de relation gui s*y trouvent. Il est surtout remarquable que le& Mandibules , organes revêtus de téguments très-épais et fort durs, reçoivent k leur face interne, plus particulièrement en contact avec ces aliments, des nerfs fort gros qui s'y distribuent; et cela particulièrement dans un petit emplacement couvert de poils (chez le HatmeUm) que j'ai nooimé la Brosse ; partie où le sens du goût parait devoir en conséquence être le plus parfait.
Mais à quoi servent les Palpes tant maxillaires que labiales ? Il n'y a point de doute que ce sont des organes sensitifs, recevant pour de si petits organes des nerfs prodi* gieox , bien au delà de ce qu'il faut pour la fonction des très-faibles muscles qu'ils renferment. C'est très-probablement un sens qui joue quelque rôle dans la fonction de la digestion, mais lequel? Peut-être l'odorat, dont le siège n'est en efiTet pas connu; ou peut-être aussi le sens par lequel ces animaux distinguent les propriétés toxiques ; mais alors il serait inntile k tous ceux vivant de substances animales et surtout de proies » «spèces qui sont précisément celles dont les Palpes sont le plus développées.
Les Stigmates étant aceompagnés d'une petite caisse qui a quelque analogie {tour la forme avec les cornets des cavités nasales des vertébrés, dans lesquels réside principalement le sens de l'odorat, j'ai pensé qu'il serait fort possible que ces petites caisses fussent en effet des organes de même nature; et cela était d'autant plus probable que c'est le seul lieu où il 7 ait un courant d'air bien établi, qui doit amener les particules odorantes k l'animal; mais je n'ai jamais pu voir les nerfs qui devraient s'y distribuer dans ce cas.
Des expériences que j'ai faites depuis sur les fonctions du système nerveux en général, et déjk rapportées plus haut, (Tome I , p. 53) , semblent» au contraire, prouver que l'odorat réside dans les Antennes» organes que j'ai cru devoir considérer autrefois comme renfermant le sens de l'audition ,
lOi THÉOLOGIE ms LA NATURE.
dont l'appareil spécial est du reste inconnu chez les Insectes.
J'ai été conduit k considérer les Antennes comme étant les organes de V Audition chez les Akimaui articulés , d*abord par un fait anatomique qui l'indique, consistant dans ceci , que l'organe qu'on regarde chez les Êcrevisses comme le dernier rudiment de l'appareil auditif des Vertébrés est une petite cavité placée dans le premier article des grandes antennes , cavité dans laquelle se répand un rameau du nerf antennal , et qu'on considérait comme l'analogue du vesti-buU , étant fermée k l'extérieur par une simple lame tégumentaire mince et assez molle, qu'on regardait comme représentant k la fois la membrane de la Fenêtre ovale et le Tympan des Vertébrés. Or, comme ce nerf est une première branche du nerf antennal , il m'a paru tout naturel de penser que la tige de l'antenne pourrait bien être l'organe de remplacement de l'appareil auditif des Vertébrés existant chez les ÊcremseSj simultanément avec le dernier rudiment de ce dernier qui disparait ; tandis que la tige de Tantenne ne le remplace entièrement que chez les autres Animaux articulés. Cette opinion me parut d'autant plus probable que les antennes sont parfaitement disposées et conformées pour percevoir les sons par l'effet des vibrations de l'élément ambiant, vibrations qui peuvent facilement se transmettre par les téguments cornés au nerfs placés au centre. Enfin j'ai été d'autant plus fondé k adopter cette opinion, que les Insectes et surtout les plus intelligents , tels que les Guêpes et les AbeiUes, dressent leurs antennes comme pour écouter, lorsqu'un fait quelconque attire leur attention ; absolument comme les Mammifères dressent leurs oreilles pour mieux
écouter.
Ces deux faits , dont l'un semble indiquer que les antennes sont des organes olfactifs , et l'autre qu'elles renferment le sens de l'ouie , laissent en conséquence cette question encore indécise. Mais si les Antennes servent k la perception
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des odeurs » quel peut être l'organe acoustique des Insectes t D*aprës divers faits, on serait disposé à croire qu'il n'y en a pas du tout de spécial, et que cette importante fonction est remplie k la fois par toutes les parties du corps ; ce qui parait, au premier aperça, une contradiction , et cependant cela est confirmé par l'observation et l'expérience. En effet, on sait par plusieurs faits que les Araignées aiment la musique an point d'accourir de loin pour l'écouter avec la plus grande attention ; faits rapportés d'une part par Quatre- KiRE-DisjONVAL (De VÀranéologie^ p. 48, i796) , qui parle d'un de ces animaux qui, chaque fois que le célèbre violoniste Berthome jouait de son instrument, venait auprès de lai pour l'écouter, en s'avançant jusqu'à^ venir se placer même sur la main qui tenait Tarcbet. Le même auteur a été témoin d'une araignée qui, chaque fois qu'une dame jouait de la harpe, venait le long du plafond se placer au - dessus d'elle, et la suivait dans toutes les parties de l'appartement où elle se plaçait pour jouer ; et l'on trouve en outre dans une biographie de Beethoven que, chaque fois qu1l jouait du violon, une Araignée venait se suspendre devant lui à un fil pour l'écouter tranquillement. Eh bien ! ces animaux n'ont absMument aucun organe qui puisse être une Oreille spéciale. Ce fait anatomique fort remarquable k côté de cet autre que fournit l'observation, que ces animaux non-seulement entendent , mais apprécient même la musique, m'a fait penser qu'on pourrait entendre sans avoir aucun organe auditif circonscrit; et pour m'en assurer je voulus voir s'il n'était pas possible de résoudre cette question par des expériences sur des personnes parfiaitement sourdes. J'appris bientôt qu'en effet on employait^ dans l'institution des Sourcb- Muets de Paris , le tambour qu'on battait dans la cour, pour donner aux élèves divers signaux d'après lesquels ils devaient agir. Ce moyen en apparence fort singulier m'engagea non-seulement k m'en assurer par moi-même , mais Aussi k faire sur des Sourds-Muets des expériences qui m'ont
prouvé qu'ils pouvaient percevoir les sons, quoique complété' ment privés du sens localisé de Vouie, voire même percevoir la musique , dont ils apprécient les modulations ainsi que le charme qu'elle a sur les sens.
A cet effet , l'un des professeurs les- plus distingués de l'Institut des Sourds*Muets, M. PuYBONNiEux, quc sa sollicitude pour les jeunes gens, confiés k ses soins , porte à perfectionner constamment, la méthode d'enseignement de cet établissement, et k ne négliger aucun moyen qui puisse contribuer à l'instruction et au bien-être de ses élèves , a bien voulu me permettre de faire sur ceux-ci des expériences dont j'avais conçu le projet: expériences consistant à leur transmettre les vibrations acoustiques par les parties solides du corps, et plus spécialement en agissant sur les dents ; les seules parties osseuses à découvert. L'expérience réussit parfaitement. Des élèves que M. Puybonnieux m'indiqua comme complètement sourds distinguèrent non-seulement très-bien les battements d'une montre à répétition dont ils tenaient la queue entre les dents, et notamment les quarts d'heure, indiqués chacun par trois petits coups successifs dont ils indiquèrent la mesure par des gestes. Mais ils exprimèrent surtout les sentiments d'une vive jouissance en percevant par les mém^s moyens les effets d'une petite boite à musique qu'ils tenaient appuyée contre les dents; expliquant parfaitement par gestes les sensations nouvelles pour eux qu'ils éprouvaient; gestes par lesquels ils indiquèrent très - exactement non -seulement la mesure de la musique et le degré d'élévation des notes , mais encore les cadences , les fugues , les points d'orgue, etc. Ce qui prouvait qu'ils en avaient un sentiment bien exact.
L'animation de leur figure , plus encore que les exphcations qu'ils donnèrent par gestes k leur savant professeur, qui eut la bonté de me les traduire, indiquèrent surtout la vive jouissance qu'ils éprouvaient. Us ajoutèrent toutefois que, bien que l'effet qu'ils éprouvaient fût plus fort
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lorsqu'ils appuyaient les dents sur la boite à musique , ils avaient aussi les mêmes sensations dans les mains et les bras en tenant la boite dans la main. Cette circonstance semble indiquer que les personnes complètement sourdes n'ont, réellement pas, dans ces expériences, les sensations des Téritables sons , qui ne peuvent être perçus que par telle partie du cerveau qui lui est destinée , mais qu'elles éprouvent dans les parties voisines du point où les personnes tooehent l'objet sonore, des vibrations cadencées en harmonie avec ce que nous appelons les sons , mais non pas le son même ; c'est*k-dire qu'elles ont , ainsi que je me suis exprimé quand j'ai, pour la première fois, fait connaître ees résultats (1), non pas le sentiment du véritable son, mais une sensation qui est k ce dernier comme un dessin est à une peinture ; percevant l'étendue , la forme , les rap* ports, les proportions, l'intensité et la cadence, mais non pas le son ; de même que dans un dessin il y a tout, excepté la couleur.
D'autres élèves, au contraire, qui avaient entendu pendant les premières années de leur âge , se rappelant encore ce que c'était que le son , m'ont affirmé que les sensations qu'ils éprouvaient en faisant toucher la boite à musique à lears dents pendant qu'elle jouait , étaient réellement celles de la musique; sensations qu'ils ne percevaient plus dans leur état ordinaire, quelque fort que fût le son.
Les vibrations de l'air se transmettant k tout le corps par les téguments chez les personnes complètement sourdes, et d'ailleurs aussi chez celles qui entendent, leur font éprouver des frémissements dont elles sentent la variation en harmonie avec ceux de l'instrument produisant le son ; et c'est sur eet effet qu'est fondé l'usage introduit dans l'Institut des Sourds-Muets , de transmettre aux élèves des signaux par le son du tambour. Chez les Àraignies^ au contraire, il parait
(1) icho du Monde tanant, 18 sept. 1842 , p. 512.
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que celte transmission est plus parfaite , et que leur cerveau perçoit les véritables sons qui lui sont transmis par toute la surface du corps, et peut-être plus particulièrement par les pattes, qui, ainsi que je Tai déjà dit, reçoivent des nerfs énormes. Celte opinion s'appuie sur des faits anatomiques fort remarquables que présentent les deux genres Thèli^ phonus et Phrynus , de la Famille des Sgorpionidbs , mais déjà fort rapprochée de celle des Aranéides, animaux privés d*antennes comme tous les Arachnides , mais dont la première paire de pattes, plus grêle que les autres et réfléchie sur le dos , se prolonge dans le tarse en une longue série de petits articles qui leur donne beaucoup de ressem* blance avec des antennes. Ces Pattes ne servant plus es rien ni à la locomotion, ni à aucune autre fonction connue, mais très-probablement à la perception d'un sens, paraisse! remplacer les antennes des Crustacés et des Insectes qui manquent chez tous les Arachnides; et seraient ainsi de nouveaux organes auditifs spéciaux, dont les Araignées seraient privées; es|)èces où cette fonction s'étendrait à toutes les pattes.
Si cependant les Antennes n'étaient pas les organes de l'audition , le siège spécial de ce sens serait encore à découvrir, non-seulement chez les Insectes, mais encore chez tous les autres animaux articulés, qui, de même que les Arachnides, n'ont du reste aucun autre organe qui puisse être un appareil auditif; à moins que ce ne soient les palpes, mais cela n'est aucunement probable.
EnGn , ce qui reste complètement en dehors de toute espèce de conjectures, ce sont certains organes placés à l'extrémité postérieure de l'abdomen des insectes , dans lesquels pénètrent d*ordinaire d'énormes troncs nerveux , quoiqu'il n*y existe aucun organe qui puisse faire présumer que ces nerfs servent à leur fonction.
Nous avons vu que ces organes étaient généralement des pattes transformées ; que chez les Soïopendres elles conser-
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nient même complètement lear forme primitive, sans servir à la locomotion , restant comme paralysées.
Chez les Forbicines placées un peu plus loin en tête de la Classe des Insectes , cette paire de membres prend , ainsi que je Tai également déjà fait remarquer ailleurs, la forme de deux longues soies coniques, composées d'un nombre considérable de petits articles successifs cylindriques, mobiles, quoiqu'on ne les voie jamais se mouvoir, simulant tout à fait des» antennes en soie; et entre ces deux filets s'en trouve un autre impair, tout à fait semblable , mais représentant la série rudimentaire des derniers segments du corps. Or ces trois filets, dont la fonction est inconnue , reçoivent également des nerfs d'une grosseur très -considérable, quoique Tinlérieur de ces organes ne renferme que de petits muscles rudimentaires et une substance en apparence graisseuse dans laquelle le tronc nerveux est plongé.
Dans d'autres espèces d'Insectes, telles surtout que les Éphémères , les GriUons , ces soies terminales de l'abdomen sont encore fort longues; plus courtes chez beaucoup A'autres O rthoptères, de Névroptères et de Coléoptères ; et enfin dans les Hyménoptères et les Lépidoptères , ces organes forment des appendices plus courts encore, composés souvent d'une ou de deux pièces, semblant servir plos ou moins indirectement à la fonction de la génération. Dans la Classe des Crustacés , les membres terminaux de l'abdomen prennent également des formes et des dimensions particulières en cessant de servir k la marche ; mais c'est le plus souvent pour faire les fonctions de rames, sans qu'on soit autorisé a penser qu'ils soient en même temps le réceptacle de quelque fonction sensitive particulière.
De tous les organes des sens des Animaux articulés, f(KU est le seul dont là composition soit bien connue par )a description détaillée que j'en ai donnée dans mon premier ouvrage sur l'anatomie comparative de ces animaux , organe
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qui oonacrve enoore de très - grandes analogies avec celui des Vertébrés, dont il diffère toutefois considérablement par la suppression de plusieurs de ses parties et une plus grande complication sous d'antres rapports.
Ces diverses modifications qu'éprouve l'appareil de la vision dans l'EMBRANCHEHEifT des animaux aktigulés est
A LA FOIS TRÈS-REMARQUABLE , TAHT SOUS LE RAPPORT ANA- TOMIQUE ET PHYSIOLOGIQUE, QUE SOUS CELUI DE LA RIGOUREUSE APPLICATION DBS LOIS DE LA PHYSIQUE , DONT LE CRÉATEUR A PRÉVU LES MOINDRES EFFETS, QU'lL A EMPLOYÉS OU ÉVITÉS, SELON LE BESOIN, POUR ARRIVER AU RÉSULTAT QU'iL s'EST PROPOSÉ DANS SA SUBLIME SAGESSE, EN FAISANT SUBIR DE TRÈS-GRANDS CHANGEMENTS À CBS ORGANES, CONFORMÉMElfT AUX LOIS DE GRADATION QU'iL A PRESCRITES À CHACUNE DE LEURS PARTIES.
J'ai déjk fait remarquer en parlant des yeux des animaux Vertébrés, et spécialement de ceux des Mammifères, que ces appareils étaient formés de diverses parties, dont les unes sont essentielles à la fonction de la vision , tandis que d'autres ne sont que des objets de simple perfectionnement ; les premières comprenant les humeurs réfringentes ainsi que la rétine , sur laquelle se peint l'image constituant l'objet immédiat de la sensation , et les secondes la matière absorbant la lumière inutile k la formation de cette image , l'Iris , les Muscles moteurs, les Paupières, et enfin le nombre des Yeux; un seul suffisant rigoureusement. C'est, comme on peut le penser, sur les parties accessoires que les modifications ont plus particulièrement porté, mais cependant aussi sur les organes essentiels.
On a vu que c'étaient les Oiseaux qui avaient les yeux les plus compliqués, pour être à même de pouvoir distinguer les objets très-éloignés aussi bien que ceux placés k de trèspetites distances , comme conséquence de la faculté qu'ont ces animaux de pouvoir s'élever considérablement an-dessus de la surface de la terre.
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Les Mammifères ne jouissant point de ce dernier avantage, ont été privés des moyens de pouvoir faire varier considérablement le foyer de leurs yeux , et n'ont en conséquenee» comme les Oiseaux, ni les pièces osseuses garnissant la partie antérieure du globe de Fœil , ni le Peigne dont on ne connaît d*ailleurs pas l'usage , ni la Membrane clignotante qni permet de fixer même le soleil.
Chez les Sepents qui ont la vue plus courte encore , on a vu disparaître en outre les Paupières avec leurs Cils; et comme la conjonctiva se trouve par là constamment à découvert et non susceptible de pouvoir être lubrifiée par les mouvements de ces mêmes paupières, cette membrane n'est plus molle, mais plus ou moins sèche et cornée, avec la faculté d'être renouvelée dans la mue, étant dans le cas de s'altérer par le frottement contre les corps étrangers.
Les Poissons ayant les yeux constamment lubrifiés par Teau, ces organes n'ont eu besoin ni de paupières ni de cils, qui, en conséquence, ont été également supprimés chez eux; et la conjonctive est restée membraneuse.
Enfin , chez les Animaux articulés , les suppressions des parties ont encore été portées plus loin , la plupart étant privés des muscles moteurs du globe, par lesquels les vertébrés dirigent leurs yeux de tous côtés pour voir successivement tous les objets d'alentour. Mais le grand inconvénient qui résulte de ce manque de mobilité des yeux est admirablement réparé par le nombre de ces organes qui s'élève, chez les Insectes, k plusieurs milliers, dirigés dans tous les sens; de manière qqe ces animaux peuvent voir à la fois dans toutes les directions.
Pour faire le mieux comprendre les nouvelles conditions dans lesquelles se trouvent les yeux des Animaux articulés , je l'indiquerai ici par une courte description comparative de <%ux des ARACHNIDES ct des Insectes , et je ferai voir après pair quels degrés de gradation TlntUigence créatrice les a fait
lia THiOLOGIB D« LA NATURB.
passer dans les autres classes d'animaux pour arriver it Tétai où ils se trouvent chez les Insectes.
Je viens de dire que les muscles moteurs des globes ayant été supprimés , le Créateur avait compensé ce désavantage par le nombre des yeux; mais ce n'est pas seulement k cela que se sont bornés les changements que ces organes ont éprouvé : toutes les parties du globe, antérieures au cristallin ont disparu, chez tous les Animaux articulés , comme étant en principe inutiles k la fonction proprement dite de la vision. En effet, on sait, par les lois de l'optique appliquées dans la chambre obscure, que pour produire en image des objets placés vis-à-vis, il suffit d'interposer une lentille d*un corps parraitement transparent entre cet objet et la surface sur laquelle son image doit se reproduire , et cela à la distance du foyer de cette lentille ; or c'est cet état le plus simple de la chambre obscure que présente l'œil des Arachnides et des Insectes, auquel il n'a été ajouté que quelques parties d'un perfectionnement rigoureusement nécessaire pour assurer la netteté de l'image, objet immédiat de la sensation, afin que l'animal en ait une connaissance parfaite; c'est-à-dire que toutes les parties comprenant la Cornée, les deux chambres renfermant l'Humeur aqueuse, l'Iris et les Procès ciliaires ont entièrement disparu, de manière que le cristallin se trouve immédiatement sous la conjonctive à laquelle il adhère , et. prend , comme elle, une consistance cornée.
Immédiatement derrière le cristallin , qui se trouve ainsi invariablement fixé aux téguments, on rencontre ensuite une cavité plus ou moins grande , contenant , comme dans les Vertébrés , une Humeur vitrée liquide , remplissant le reste de la cavité du globe ; afin que , sans laisser de vide , le fond de l'œil , tapissé comme à l'ordinaire par la Rétine , se trouve à la dislance focale du cristallin ; et le tout est contenu dans une enveloppe générale ou Sclérotique, dont le bord antérieur adhère aux téguments tout autour du cristallin. Mais outre ces parties essentielles à la fonction de la vision , il