‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 31 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la mandibule la plus graoïle et la plus crochue se îrouvo du côté de la face ventrale; c^esl-h-dire également en dessus; ces animaux marchant la tête en bas.

Les mandibules de ce bec vigoureux sont mises en mouvement par une grosse masse musculeuse creuse placée dans la cavité de la bouche , et sur laquelle elles sont insérées ; masse qui forme le pharynx, et se continue par sa cavité directement avec Toesophage.

J*ai déjà dit que les Tentacules ou Membres placés autour de la bouche, se distinguaient, chez les SeicheSy en deux espèces, que huit semblables entre eux, disposés circulaire* ment, formaient des tiges charnues, coniques, portant à leur face interne quatre séries de petits godets, également musculeux, capables de s'attacher aux corps environnant en faisant la ventouse. C'est au moyen de ces nombreux godets que ces animaux s'accrochent et marchent dans tous les sens , en redressant leur corps sur ces huit membres locomoteurs ; tandis que les deux longs bras ne servent qu'à la préhension. Les autres Céphalopodes ne diffèrent essentiellement des Seiches que par quelques modifications dans la forme générale du corps , par le nombre de leurs membres qui n'est que de huit chez les Poulpes : ces animaux manquant des deux longs bras ; et en outre le nombre , la forme et la disposition des ventouses que porte chaque membre ; ces ventouses manquant même complètement chez les Nauiilus. Enfin l'une des différences les plus notables consiste dans la disposition et la forme de la coquille.

Chez les Calmars , qui diffèrent fort peu des Seiches , cette eoquille , au lieu d'être calcaire et fort épaisse , est au contraire de consistance cornée, très -mince et allongée en forme de plume.

Les Poulpes j privés des expansions latérales du sac nommées les ailes, n'ont en outre, pour toute coquille, que quelques grains calcaires sous les téguments du dos. Dans d'autres genres, tels que celui des Spèrules, cotte

I3i TR^LOCIB Dl LA NATURE.

coquille intérieure présente, au contraire, la forme d'un long cône creux, arrondi, contourné en spirale, avec ses tours dans un même plan, mais sans se toucher. Cette coquille, ainsi que celle de plusieurs autres genres , présente en outre la parti(;ularité d^aroir sa cavité subdivisée par des cloisons transversales en un certain nombre de concamérations , dont la dernière est seule remplie par une portion du corps de l'animal , et les autres simplement traversées par un filet grêle charnu qui va s'insérer au sommet de la spire.

Chez les Nautilus, animaux beaucoup plus grands, la coquille a la même forme spirale cloisonnée, à tours dans le même plan , mais ceux-ci se touchent et s'enveloppent même entièrement. Cette coquille est en outre extérieure ; de manière que le corps de l'animal n'occupe que la dernière eoncamération , dans laquelle une partie seulement de son €orp6 peut pénétrer.

Enfin les Argonautes ont une coquille également extérieure , h tours spiraux , s'enveloppant complètement dans le même plan, comme celles des Nautilus , mais qui en diffère essentiellement en ce qu'elle n'est point cloisonnée, et ne forme en conséquence qu'une seule cavité dans laquelle l'animal peut se retirer entièrement ; et celui-ci offre en outre la particularité qu'il n*y adhère par aucun lien; au point que, jusque dans ces derniers temps, beaucoup de Naturalistes ont même pensé quil ne l'occupait que par usurpation et qu'elle était construite par ub autre animal d'ailleurs inconnu.

Quant k la manière dont la coquille, intérieure chez certaines espèces, devient extérieure dans d'autres, elle est parfaitement expliquée par ce qui a lieu chez certains Gastéropodes tels que les Aplysies, où les deux dispositions existent également. Il en sera parlé plus loin.

J'ai dit un peu plus haut que la coquille des Seiches avait une forme lancéolée , et qu'elle était mince sur ses bords, et fort épaisse dans le milieu. En l'examinant cependant avec

CHAPITRB V. 135

quelque soin dans sa structure, on peut facilement reconnaître une grande analogie de conformation entre cette pièce et la coquille spirale à cavité cloisonnée des autres Céphalopodes ; car ici , comme partout , il y a une certaine gradation dans ces parties de même nature.

La coquille des Seiches est formée d'une première lame postérieure ovale , pointue k son extrémité inférieure et arrondie k Vautre ; d*un tissu très-serré et compacte, semblable ^ celui des coquilles ordinaires des mollusques. L'extrémité inférieure forme seule un petit cône arrondi répondant au sommet de la spire des autres coquilles.

La concavité de cette lame postérieure , compacte , de cet os de la Seiche y est remplie d*une substance calcaire de même nature , mais très-spongieuse et fort friable, qui n'atteint pas tout à fait les bords; une partie de la périphérie restant libre. Cette substance spongieuse, en remplissant le reste de la coquille, fait même assez fortement saillie dans le milieu , et lui donne la forte épaisseur qu'elle a. En coupant cette partie spongieuse, on reconnaît qu'elle est divisée intérieurement par d'assez nombreuses lames de substance compacte parallèles à la lame principale postérieure , c'est-k-dire que cette coquille des Seiches , sans être spirale , et simplement un peu arquée, a sa cavité également coupée comme celle àesSpirules et des Nautilus^ par plusieurs cloisons transversales, avec cette simple différence que toutes ces cloisons n'atteignent pas les bords de la lame principale qui les renferme, et que leurs intervalles, au lied d*être vides, sont remplis par la substance spongieuse.

Dans d'autres genres , tels que celui des Aploceres , la coquille conique est déjà en partie arquée pour commencer k être spirale.

Nous avons vu que dans les Vertébrés supérieurs , où les diverses parties du corps doivent pouvoir exécuter des mou vemenls très-variés, et surtout fort précis, au moyen des différents leviers que forment les os , la presque totalité des

f3G THSOLOGIE OK LA NATURI.

muscles, en nombre considérable , étaient parfaitement distincts les uns des autres, afin de pouvoir agir chacun avec le plus d'indépendance possible sur la partie du squelette il laquelle il s*insère, et lui faire exécuter des mouvements parfaitement réglés par la forme des articulations des os ;

DISPOSITION QUI EST UNE CONSÉQUENCE NATURELLE DU BUT DANS LEQUEL l'ORGANISME DE CES ANIMAUX A ÉTÉ ÉTABLI PAR

LA MAIN SAVANTE DU Très-Haut. Daus les Ycrtébrés inférieurs , tels que les Poissons , les muscles ne sont au contraire bien distincts que h où les parties du corps de ces animaux ont également à exécuter des mouvements précis , comme k la tête et aux nageoires, toujours comme conséquence DU MÊME BUT ; taudis que sur le reste du corps , tous les muscles , quoique les analogues de ceux plus ou moins isolés dans les classes supérieures, sont au contraire entièrement confondus en quelques masses enveloppant tout le tronc : les mouvements de cette partie du corps ne devant PLUS ÊTRE NI SI VARIÉS Ni SI PRÉCIS, ct sc bomcr principalement k de simples inflexions générales du corps, c'est-àdire TOUJOURS CONFORMÉMENT AU BUT QUE l'InTELLIGBNGE SUPRÊME s'est proposé EN GRÉANT CES ANIMAUX.

Nous avons vu aussi que cette dernière condition existait également dans les Annélides inférieurs , dont le corps est dépourvu de parties solides capables de pouvoir faire les fonctions de levier destinés k exécuter des mouvements précis ; tandis que Tisolement des muscles reparaît de nouveau dans les animaux articulés supérieurs, et cela d*une manière non moins étonnante que chez les vertébrés les plus parfaits ; et cela avec une admirable économie dans la savante disposition que chacun de ces organes a reçue pour lui faire, de même, remplir le mieux possible les fonctions auxquelles la sublime sagesse de FÉternel-Dieu Ta destiné; quoique dans de tout autres conditions, mais toujours en harmonie avec les nouvelles fonctions que ces organes ont k remplir,

Page 1