CHAPITRE V
taBt ces organes de préhension ; muscles au moyen desquels ils peuvent être dirigés et fléchis dans tous les sens.
Quant aux ventouses elles-mêmes, elles sont principalement formées de deux ordres de fibres musculaires; les unes , disposées cireulairement , constituent leur principale masse, et surtout le bord arrondi en bourrelet, au moyen duquel ces ventouses appuient sur les corps et les resserrent; laadis que d'autres fibres rayonnées , partant du centre du godet, se perdent dans ses bords. C'est au moyen de celles-ci que le centre du godet est retiré et rendu concave pour faire le vide par lequel la ventouse se fixe au corps. C'est, comme on Yoit, toujours le même système mécanique employé partout où il s'est agi de former des ventouses; de m^me que nous retrouvons partout l'emploi combiné des fibres longitudinales, transversales et circulaires, selon les convenances, pour produire rallongement, le raccourcissement et les flexions des corps purement charnus , telles que la langue , la trompe de l'Éléphant; ou bien pour produire les mouvements du corps des vers et spécialement de la Sangsue ; moyen qu'on retrouve en outre dans une foule de cas chez les Mollusques et les Zoophytes des diverses classes.
Le système circulatoire du sang étant arrivé , chez les Ànnélides, à un degré assez inférieur de dégradation , où le eœur, comme organe propulseur du sang, est peu différent, pour la forme et la masse, des gros vaisseaux qui y aboutissent; mais où ces mêmes vaisseaux forment cependant encore un système complet dans leur circuit, les uns trans* portant le sang dans toutes les parties du corps , et les autres le ramenant de nouveau au cœur. La Nature s'est élevée en partant de là de nouveau , dans tout 1' emmanchement des Mollusques, à un mode de circulation du sang plus compliqué et plus parfait, mais toutefois avec des modifications qui caractérisent ces animaux dans chacune de leurs classes, ne revenant jamais sur ce qu'elle a une fois abandonné. C'est ainsi que le Cbéàtbdr a reformé des coeurs artériels
ET VEINEUX AUSSI PARFAITEMENT CONSTITUÉS QUE CEUX DBS VERTÉBRÉS SUPÉRIEURS, QUOIQUE FORT DIFFÉRENTS POUR LEUR ORGANISATION.
Chez les Céphalopodes il eiiste même trois cœurs : un artiriél et deux veineux ; tous les trois sans Oreillettes , et par conséquent simplement réduits aux Ventricules, Ces organes sont en outre éloignés les uns des autres au lieu d'être juxtaposés comme dans les Mammifères et les Oiseaux, où ils sont destinés à se confondre en un seul, en d^radant dans les Reptiles , les Chéloniens et les Poissons , où le cœur aortique finit même par disparaître complètement.
Le C(Bur artériel des Poulpes, placé dans le fond du corps, dans le plan médian de ce dernier, présente une masse musculeuse triangulaire, proportionnellement trèsgrande, dont les parois fort épaisses, sont formées intérieurement de colonnes charnues, dirigées dans tous les sens.
Ce cœur donne naissance à cinq vaisseaux : l'Aorte sortant de Tangle postérieur gauche , et portant le sang dans tout le corps ; et deux Veines branchiales qui amènent le sang des branchies et s*y ouvrent sur les angles latéraux. Les deux autres vaisseaux sont des troncs artériels assez faibles.
Les deux Cœurs veineux sont an contraire placés latéralement dans le milieu de la cavité viscérale du corps , près de la base des branchies. Us ont une forme ovoïde; leurs parois, très-musculeuses et épaisses, sont toutefois plus faibles et moins fermes que celles du cœur aortique. Us produisent chacun deux vaisseaux , une Veine cave , qui reçoit le sang veineux de tout le corps , et une Artère branchiale , qui conduit le sang dans la branchie voisine.
J'ai déjk eu occasion de dire plus haut que les Branchies des Céphalopodes avaient la forme de deux pyramides de lamelles membraneuses fort minces, placées latéralement dans le milieu de la cavité moyenne du sac; disposition fort différente de celle que cette sorte d'appareil respiratoire affecte chez les autres animaux. Nous avons vu que, chez les
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Repliles Batraciens, où ils apparaissent pour la première fois dans l'échelle animale, ces organes présentaient la forme de petits arbuscnles membranenx placés latéralement sor le con ; que dans toute la classe des Poissons ils formaient des appendices foliacés de l'os hyoïde, destiné k les porter, et placés constamment derrière la tête dans la cavité des Ouïes.
Jusque-là la disposition des branchies est constante , et même leur forme ne varie que fort peu , étant toujours , k peu de chose près , la même dans chaque classe ; ne différant pas essentiellement chez les Chondroptérygiens comparés aux Poissons osseux ; du moins pas plus que tous les antres organes. Mais il n*en est plus de même dans les trois autres Embranchements du Règne animal ; et déjà dans la dasse des Annélides ces organes offrent de grandes différences , étant , comme organes spéciaux , complètement nuls chez les Annélides Abranches , où la fonction de la respiralion est rempUe par les téguments de toute la surface du corps; de manière que sous le rapport anatomique les analogues des branchies des Poissons ont réellement disparu. Mais ces organes , ou plutôt des organes spéciaux de même fonction , ont été bientôt de nouveau introduits dans l'organisme des autres Annélides sous la forme de divers petits appareils diversement conformés , placés tantôt par paires sur la région dorsale de chaque segment du corps , et tantôt sur les segments les plus antérieurs seulement, ou bien sur la tète , si , comme on le pense , les panaches de tentacules garnissant cette dernière sont réellement des organes respiratoires , ainsi que Cuvier et autres le pensaient.
Hais dans tout I'Embramchbmbnt des Mollusques, ce genre d'organes respiratoires devient beaucoup plus incertain, tant pour son emplacement que pour sa forme et même |K>Qr sa fonction, devenant subitement un véritable Poumon dans un ordre tout entier de Gastéropodes , ainsi qu'on le verra un peu plus bas ; et le manque de fixité dans cet appareil existe encore plus dans le quatrième et dernier
I4Î THIOLOGIB DB LA HATURl.
Embranchemeut du Règne animal , celui des Zoopbites.
Cet appareil de la respiration , devenu ainsi très-vague , prend, chez les Céphalopodes, la forme de deux pyramides de lamelles placées non plus sur le dos , comme chez les Annélides , mais sous le ventre , et renfermées dans le sac , qui n'est lui-même que le re|)résentant du manteau, qui parait déjà chez les Serpules , parmi les Annélides , et se retrouve ensuite partout chez les Mollusques. Dans la classe des Céphalopodes ce manteau présente cette particularilé d*étre fermé en sac sous le ventre, forme qu'on retrouve plus loin dans d'autres Mollusques , tels que les Solm ou Manches ie touteau , de la classe des Acéphales.
Le Système nerveux des Céphalopodes offre, comme dans tous les Mollusques, ainsi que je l'ai déjk dit, le même caractère que chez les Animaux articulés , d'avoir son principal renflement antérieur ou le Cerveau, placé au-dessus de Tœsophage , tandis que les autres parties centrales constituant la JUoelle épinière , se trouvent sous le canal intestinal , mais refoulée sur elle-même en une seule paire de ganglions placée , chez les Céphalopodes, sous l'œsophage, et renfermée, avec le cerveau, dans l'anneau que forme le cartilage céphalique. Ces deux principales parties du système nerveux sont réunies sur les côtés, comme chez les Animaux articulés, par des cordons nerveux fort courts , embrassant l'œsophage en formant ce qu'on nomme son Collier.
Le cerveau produit les Nerfs optiques, les Gustatifs et quelques autres petits troncs se rendant dans la tête. Mais outre ces divers troncs cérébraux , il en produit de chaque côié deux autres fort gros et courts , constituant ce même Collier de t œsophage, en se rendant sur la masse nerveuse sous-œsophagienne, elle-même formée de deux paires de ganglions juxtaposées, dont chacune répond a une des branches du collier.
La paire inférieure la plus rapprochée de la bouche fournit quatre paires de nerfs fort gros se rendant dans les huit