‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 38 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

longitudinal , au moyen duquel l'animal peut s'accrocher un peu pour se pousser en avant.

Dans certains Ostracodermes, tels que les Moules de mer^ le pîed prend une autre forme, celle de deux petites tiges cylindfiqu(î$ unies par les côtés, courbées en crochets, et terminées par Une petite partie déprimée creusée d'un sillon. P^ès de ta base de ce pied , se trouve la Filière , organe propre k toute la famille des Moules, ainsi que divers autres Osiratoderroes encore, et produisant une espèce de soie ou By$èuB , an moyeti de laquelle ces animaux se fixent aux corps étrangers.

Cette filière, qui varie assez considérablement d'un genre à l'autre , a , dans la Moule de mer. la forme d'une grande tige libre dirigée en avant sous le pied , et arquée en haut vers ce dernier. Cette tige, h téguments légèrement cornés , est garnie, dans toute sa face inférieure et la partie terminale de la supérieure, d'un nombre (Considérables de petits tubes coniques cornés , dont chacun émet un fil de Byssus , filament soyenx très-flexible , d'une couleur d'acier dans cet anitnfll, et jaune brun dans les Jambormeauœ^ etc.

C'est au moyen de l'extrémité de son pied que la Moule dirige et fixe ces filatnents aux cotps auxquels elle veut s'attacher.

Dans d'autres Ostracbdermes, tels que VHuitre commune, le pied manque complètement.

Chez la plupart des Ostracodermes , le Manteau forme , ainsi que je l'ai déjh dit , de chaque côté une grande lame membraneuse adhérente, par son bord libre, au bord de la valve correspondante, mais dont il se sépare assez facilement. Le long du dos, sous la charnière, les deux lames du Manteau se continuent librement Tune par l'autre, et sont souvent aussi unies au bord postérieur, en y présentant alors, dans leur commissure, vis-it-vis de l'anus, tantôt une simple tétiie pour laisser échapper les excréments , et tantôt 1^ bords de cette ouverture se prolongent en un tube mus-

culeax plus ou moins long, dirigé en arrière pour porter les excréments hors de la coquille.

Dans les espèces les mieux organisées, les Vénus par exemple , coquillage si connu sur les bords de la Méditerra* née sous le nom de Clovisse , il existe en outre un second tube semblable placé un peu plus bas, et servant là conduire Teau dans la cavité respiratoire , formée latéralement entre la partie moyenne du Manteau et le corps; cavité renfermant les branchies , et du reste seulement ouverte en dessous.

Les Branchies forment généralement de chaque côté deox grandes lames membraneuses très-minces , réticulées par Teffet des vaisseaux sanguins qui les parcourent, et de petites cloisons intérieures unissent les deux feuillets de chaque lame. Ces branchies, placées ainsi eqtre les flancs de l'animal et le manteau , adhèrent au corps le long de sa ligne dorsale.

Le Cœur, constamment placé à la ligne médiane du dos, un peu en arrière du milieu , est formé , comme chez les Gastéropodes scutibranches , d'un Ventricule pyri forme enfermé dans un Péricarde et surmonté de deux Oreillettes symétriquement placées k droite et k gauche, recevant le sang des branchies pour le verser dans le ventricule, qui le pousse ensuite dans tout le corps; c'est-à-dire que c'est également, comme chez la plupart des Gastéropodes, les Cyclostomés exceptés , un cœur artériel , et cet organe présente en outre , chez la plupart des espèces (Y Huître exceptée), la même singularité que chez les Oreilles de merj que le ventricule est traversé par le rectum.

Le Canal intestinal , fort long , ainsi que cela est ordinaire chez les animaux à corps court, est du reste extrêmement simple dans ses parties composantes. Chez les Vénus, l'un des genres les mieux organisés de l'ordre des Ostracodermes , le tube digestif commençant k la Bouche, qui n'est que Toriflce de l'œsophage dépourvu de tout organe de piastication et même d*un Pharynx. Cet œsophage, gêné-

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nlemeiit fort court, doone de suite dans une grande poche formant un Jabot ou un Estomac , et de celui-ci naît ensuite on Intestin assez grêle et fort long , plusieurs fois replié sur lui-même dans tout le corps avant de s'ouvrir par VAnus à Teitrémilé de ce dernier.

Ce canal intestinal , creusé en grande partie dans le foie , qui est très- volumineux chez tous les Acéphales, en est enveloppé presque de toute part, et lui adhère si fortement ainsi qu'aux parties environnantes , qu'il est impossible de l'en séparer.

D'après ce qui vient d'être dit, on voit qu'il y a d'assez grandes analogies entre lés Acéphales ostracodbrmes et les Gastéropodes Scutibranches (Oreilles de mer). Chez les uns et les autres , le canal intestinal est creusé comme une simple galerie dans les autres organes du corps , et spécialement dans le foie et l'ovaire , et le cœur est formé de part et d'autre d'un ventricule traversé par le rectum et surmonté de deux oreillettes.

EnGn ces animaux sont , ainsi qu'on le verra plus tard , des hermaphrodites parfaits; c*est-à-dire que chaque individu portant à la fois les organes des deux sexes , féconde lui-même ses propres œufs. Reste & faire voir l'analogie qui existe entre les coquilles dans ces deux ordres de Mollusques.

Nous avons vu que les Gastéropodes Nudibranches et Inférobranches étaient complètement dépourvus de coquilles; que cette pièce commençait à paraître chez les Tectibranches et quelques Pulmonés comme rudiments, sous la forme d'une simple lamelle calcaire ovale cachée dans une cavité close de l'épaisseur du manteau , et dont aucune partie n'est encore enroulée en spirale ; mais que dëjk, dans d'autres genres de l'ordre des Tectibranches, cette pièce solide prenant un plus grand développement commençait déjà ^ s'enrouler plus ou moins en spirale , et ^ se dégager de la cavité du manteau qui s'ouvre au milieu

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pour lui donner passage ; que cette coquille devenue ainsi extérieure se développait de plus en plus chez les Pulmonés, et enfin que c'était surtout daus IOrdrb des Pectinibranches qu'elle arrivait au maximum de sa perfection , non-seulement sous le rapport de sa grandeur et de la complication de sa forme, mais encore par une seconde pièce ou opercule qui s'y ajoutait, pour servir k clore Touverture lorsque l'animal est renfermé dans sa coquille principale. Nous avons vu aussi que de ce point culminant de sa perfection , la coquille décroissait de nouveau dans TOrdre des Scuiibranches , où non*seulement elle perd son opercule, mais où la coquille principale ne forme plus qu*un petit nombre de tours k spire très-peu saillante et k ouverture si largement ouverte que cette pièce prend la forme d'un simple bouclier recouvrant le dos de l'animal; et enfin nous avons vu cette coquille, devenant plus simple encore , ne plus former chez les Cydobranches (Patelles) qu'un bouclier conique trèsnilevé, sans plus aucune trace de spire, en revenant ainsi de nouveau presque a son état primitif; avec cette différence qu'elle est beaucoup plus grande que les coquilles des Limaces et des Àplyùa; qu'elle est extérieure au lieu d'être intérieure, et conique pour mieux abriter 1 animal qu elle recouvre en eniier, au lieu de n'être qu'une simple lamelle irrégulièrement plane, sans fonction bien évidente.

Nous avons vu que chez les Scutibrancbes qui, sous d'autres rapports, formaient la transition aux Mollusques Acëphalesi la coquille était percée, dans le genre Oreille de mer, sur le milieu des trous d'une série de plusieurs trous, par lesquels l'eau arrivait dans la cavité branchiale placée sous le manteau , et que dans les Fissurelles , formant le passage aux Patelles , la coquille était déjk conique avec une ouverture au sommet donnant k la fois passage aux excréments et k Teau servant k la respiration , et que les branchies étaient symétriquement placées k droite et k gauche dans la cavité respiratoire située sur le dos et ouverte en avant

pour rentrée de l'eau. EnOn , dans le genre Émarginule du même ordre des Scotibranches , la coquille , également conique, D*a simplement qu'une petite fente à son bord antérieur pour le passage de Tcau.

Or si, d'après ces différentes conditions dans lesquelles se trouvent les trois genres de Scutibranches , nous en admettons, par hypothèse, un quatrième, iAi toute la sorie des trous des Oreilles de mer y formerait une seule fente coupant la coquille en deux parties égales , fente commencée dans les ÊmarginuUSy dont la coquille est symétrique et les branchies égales des deux côtés , nous aurions pour ce qui concerne ces dernières , ainsi que pour la coquille, tout à fait les conditions que présentent en effet les Acéphales Ostracodermes auxquels les Scutibranches font la transition : ces deux or* dres formant une série continue où il ne manque que le seul genre que j'ai supposé exister.

Le second Ordre des Acéphales, ou celui des Tumiciers, n'a été réuni dans la même Classe avec les Ostracodermes , que parce que ne formant qu'un petit nombre de genres , et appartenaai à TËm branchement des Mollusques plutôt qu'k tout autre , en même temps qu'ils diffèrent, quant aux caractères généraux , le moins des Ostracodermes ., on les a rapprochés de ceux-ci quoiqu'ils en diffèrent considérablement, ne rappelant même, dans l'ensemble de leur forme, aucun caractère bien apparent des Acéphales Ostracodermes ou Testacés; et il%erait de là plus naturel qu'on en fit une classe k part.

Mous avons vu que parmi les Ostracodermes , quelques genres , tels que les Solen ^ et avec eux tous les genres de la famille des Enfermée, avaient, avec les formes ordinaires, le manteau fermé sous le ventre , ne présentant qu'une ouverture soit en avant, soit en bas , pour permettre la sortie du pied. Dans les Tcniciers on retrouve la même condition du manteau , fermé même de toute part, prenant dans les Àeci" diVs, leur principal genre, la forme d'une bouteille, dont

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l'orifice peut être complètement clos en se fronçant; mais la coquille a disparu , fde manière que le manteau forme Ten- Teloppe extérieure ; ce qui éloigne , comme on voit déjk , ces animaux considérablement des Acéphales Ostracodermes caractérisés par leurs coquilles k deux battants.

Dans les Biphores , animaux k peu près cylindriques , le manteau est ouvert aux deux bouts; Touverture antérieure avoisinant la bouche « et la postérieure Tanus; on retrouve encore chez ces animaux , du côté du dos , dans Tépaissenr du manteau , une plaque très-molle , rappelant la coquille intérieure des Seiches et des Limaces^ dont elle est sans doute une analogue; ce qui semble même rapprocher ces animaux des Céphalopodes , dont le manteau est de même fermé en sac ; et c'est aussi dans l'intérieur du tube que forme le manteau des Biphores que se trouvent les Branchies. Mais ces animaux n'ont plus aucun organe masticateur ni aucun membre servant à la locomotion ; fonction qui s'exerce au moyen de l'eau que les Biphores font entrer par l'ouverture postérieure de leur manteau , et sortir par l'antérieure; mouvement facilité au moyen d'une soupape, qui fermant la première, permet à l'eau d'entrer, et s'oppose à sa sortie.

Les Ascidies j le second genre principal des Tnniciers, est formé par des animaux fort remarquables par la singularité de leur organisation , et déjk par Tensemble de leur forme extérieure. ^

U Ascidie microcosme, l'espèce la plus commune sur nos côtes , ne peut être mieux comparée qu'à une vieille Pomme de terre complètement ridée. Elle a la forme d'une poire, dont le gros bout , ou l'inférieur, est fixé au sol par plusieurs prolongements ressemblant tout k fait aux racines d'un oignon , mais qui , du reste, ne paraissent pas avoir les mêmes fonctions. L'extrémitésupérieure rétrécie est terminée par un petit orifice froncé souvent fermé, et par conséquent difficile k apercevoir, formant rentrée de la cavité respira-

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