TANDIS QUE DANS LA FORMATION ET LA COLORATION DES GO
t5i THBOLOCIB DS LÀ NATURV.
QUif^LES, CET AVAIfTAGS N'ESISTE MÊME PAS; L.*0R6A1IB QC^ l'animal EMf LOip f QUH PRODUIRE CES DIVERS EFFETS ÉTANT IfOBILE À SON GBÉ, ET PA^ LÀ CAPABLE DE POUVOIR ÉTRB DÉPLACÉ NON-SEULEMENT PAR CETTE MÊME VOLONTÉ, MAIS ENCORE PAR UNE FOULE PE CAUSES PUREMENT ACCIDENTELLES QUI PEUVENT AGIR DE l'exTÉR|EUR , ET TROUBLER Lk PARFAITE
réguf.arité de disposition et d*action de cet organe, à la. f ois producteup d]^ (.à substance et construct]^ur de la. coquille; ^ffei* qu'on ne peut expliquer que par la plus
ÉTONNANTE PRÉC|8IQN Qp^ LE CRÉATEUR A MISE DANS l'INSTINCT PE CES ANIMAUX, P^ACj^S DÉJi SI BAS DANS L*^CHELLE DES IËTRES, AF9$i QUR D|iyS i^CUIf CAS I|.S IfR YARIEI^T EN RIEN LES PROCÉDÉS gui LBP4 SÇf^X P^]5gGRITS POUR EXÉCUTER AYEC GETTf; INCONCEVAI|f.|; JUSTESSE L^ApTR S| COMPLIQUÉ DE LA PROppCflON DE LEPB§ ÇpQpfLL^S.
Dans la plupart dg^ l^spèçes fie Qastérqpodes , }a cavité de la cpqnille est a$§p^ i^npjp poqr que {'animal puisse s'y reofermeir eq entier, eo §*y rjalirpnt au moyep du plus étonnapt renversemept dp §QP corgs, celui-ci reptraat k cet effet flaus lui-pfême par la tête , confine ou renverse un doigt de g^qt. D^ifs plusjefif'g geufes cependant, la coquille trop peti^ ne peut receypj|- qi|*une siqfiple partie du corps; mais toujours pelle compirpqant lies organes de 1^ f espir^ion et le
pœup. Oe MANIÈRE QV^ sous CE RAPPORT, COMME SOPS TOUS f^§ AUJRES, ON Tj^ppV)5 P|NS L| SÉ|SfE PRS GENRES TOUS LES DEGRÉS DE GRANDEUR ET DE FORME POUR AlIiSI piRE POS- SipLES DANS L'ÉCHELLÇ DE p^ADATION DES COQUILLES.
En^D, dansTQBDRR des f^^cTiN)BRANCBEs,où Torganisation ()es Gastérppode^ arrive, sous tous les rapports, a son état le plus parfait, |a cogqf|}e forme non -seulement une cavité assez ^mple pour abrjfp|r Tanifpal en entier; mais il existe encore une ^i|tre pièce, une véptable seconde coquille, <}*ordiQaire en i^imple petit disque, souvent pfême formée en spifale qui adhçjire ru Cj&té de la queue, et qui se trouve dis- P9s^ fl« km m^^^PW î» dernière 4aps !r prepijère ç(h
CIUFITRB V. ^55
QflJDe, elle pn fefiqf? i^xactemeot Touvertore ; opercule qui » A^ns certaine espèce où il est le mieux cooformé , rappelle la dualité de la coq(|)lle des Acéphales ou Bivalves; conditiou k laquelle élle$ se)X)blen|, faire la transition.
Dans \p disque inférieur du corps formant le pied sur lequel les Qastérqpo()jss rampent, les parois de la cavité yispérale sq^t fprmées d*i}ne épaisse pouche de Obres musculaires dirigées en différents seqs, s^ns o^rir des couches spéciales biep ^ppar^ntes qu'on trpi|ve encore çUei )ps Cep))^|oppdes. Pans la région dorsale, le$ p^rojs sept moins ^P^isseç encore, et foffpées également de fibres musculaires fopfiises, se confopdant, eomrpe partout, insensiblement |¥eç pelles pfopires aqx téguq^ent^.
Mais, oufpe cet);p p^{rtjp musculeusç formant les psfrois dp corps, il existe pppend^nt eocpre chez ces aniii{^u:| quelques fpuscles spéciaqi:, ayaqj; pri^p^pai^iq^pt poiir fonction de faire rentrer |e porp^ 4^ps la cqqDillç lorsqu'elle est extérieure; oif di| n)0jns de faire rentrer raqjmal en paftiedans )i9i-même, et c^}4\ par pw disposition ingénieuse don( on retrouve ici Iç premier exemple.
Bans YEscqrgoty apimal sur leqifej tout le moiide peut facilement ireconnaitre la disposition §i feniarquable de^ muscles rétr^cteurs du cqfps» j) en exisU; no pr^fpi^r destiqé k faire renier le corps entjj^r 4ans la coquille. Il nait sous la forme d'une large bande sur la partie postérieure du ip^pteau , au bord correspondant au sac herniaire, d'qù ce pnuscle se porfe en haut, er} pénétrant dai^s ce dernier, contourne Taxe de la coquille ^ s*y fi]ce après avoir fait un tour de spire.
Une paire de muscles plus longs et plus vigourepx naissent spr lepaéme poipt de la cQquille où le premier s'attache, contournent compoe |ui )'axe de la spire, et pépètrent dans le corps propreipen^dit^ vers la partie an^ériepre du sac herniaire, où se fléchissant en avant, les deux muscles se ^parent pour §e porter /chacun de son côté dans |^ partiç SDtéro-latérale d» corps, et s*y divisent en plusieurs ch^ff
156 THEOLOGIE DE LA IfATORB.
placés au devant les uns des antres , pour aller se confondis enfin avec les fibres musculaires de la partie latérale du pied dans tonte la région antérieure du corps.
Dans leur action , ces deux muscles raccourcissent nonseulement le corps, mais le font en même temps entrer dans la coquille. Les deux chefs les plus antérieurs de chacun de ces muscles pénètrent dans les deux tentacules du même côté pour s'insérer à leur extrémité, en constituant ainsi les rétracteurs spéciaux de ces organes. Sur cette paire de faisceaux musculeux en est appliquée une troisième, d*abord confondue en une seule bande impaire, ayant la même insertion sur l'axe de la coquille et descendant également dans le sac herniaire pour pénétrer avec eux dans la partie antérieure du corps, où ils se prolongent jusqu'auprès du cerveau. L^ les deux muscles se séparent, en embrassant l'œ* sophage au-dessus duquel leur bande commune est d'abord placée ; passent avec lui dans le collier de l'œsophage et vont s'insérer à l'extrémité postérieure de la masse musculeuse que forme le pharynx , qu'ils tirent en arrière, et avec elle la tète entière en la faisant rentrer en elle-même.
Enfin le Muscle réiraeieur de la verge est également un faisceau spécial , mais fort grêle , en forme de simple fil , fixé au manteau près du bord antérieur du sac herniaire ; d'où il se porte en avant et à droite vers la partie latérale de la tête, où se trouvent les organes génitaux de ces animaux, pour s'insérer à la verge.
C'est ^ ces six muscles isolés, et ^ quelques autres entrant dans la composition du pharynx , que se bornent tous les muscles spéciaux distincts de ces animaux.
On les retrouve k très peu de chose près chez les lAmaces^ animaux k coquille rudimentaire intérieure, avec cette différence qu'ils ont leur point d'attache au bord du manteau, et ne peuvent produire qu'une contraction partielle du corps, consistant h faire rentrer la tête et les tentacules en ellesmêmes.
CBAPITU V. 157
D'après la courte description que je viens de faire de ces muscles rétracteurs , on conçoit qu'ils doivent produire le raccourcissement des parties du corps auxquelles ils s'insèrent et les faire rentrer dans la coquille. Au premier aperçu il semble que, par l'effet de ces muscles, ces mêmes parties devraient simplement se froncer sans précisément rentrer sur dles-mémes. Mais cet effet est produit d'une manière
REMARQUABLE ET FORT SAVANTE , PAR LE CONCOURS SIMULTANÉ DES FIBRES MUSCULAIRES CONSTITUANT LES PAROIS DU CORPS.
En effet , si les muscles rëtracteurs agissaient seuls , il est évident qu'ils ne produiraient qu'un simple froncement dans la partie sur laquelle ils agiraient; mais l'animal contracte en même temps les parois en faisant, agir exclusivement leurs fibres transversales, et c'est par là que le renversement est produit. Supposons que ce ne soit que pour un simple tentacule. En contractant toutes les fibres circulaires de cet organe , cette contraction produit son allongement en même temps que le tentacule se roidit ; effet qui est absolument celui qui a lieu par le même moyen dans rallongement de la langue de l'homme et du corps de la Sangsue y etc., etc.; mais le mollusque, en roidissant ainsi son tentacule , laisse son extrémité seule relâchée ; et contractant le muscle rétracteur, il force cette extrémité molle à rentrer dans celle qui précède; relâchant ensuite successivement les fibres circulaires suivantes, le même effet est produit sur la partie du tentacule qui leur correspond , et ainsi jusqu'à la base de l'organe; et le corps entier rentre en loi-même par une action tout à fait semblable au moyen des muscles rétracteurs du pharynx et des parties antérieures du corps.
Quant à sa sortie de la coquille et au développement du corps et des tentacules, c'est uniquement en contractant les fibres musculaires transversales que l'effet est produit, en commençant par les plus postérieures et continuant succès* sivement jusqu'à l'extrémilc antérieure.
iiti nrfotMtt ISk Là tlATOftt.
La c<M}oille des OrètQei de mer ne forinàtii plus qu'on large boticlier Tort aplati, soiis le(|del tout le corps D*esl même plus abrilë, radimâl éo cohséqaence il*a pas non plus ses muscles rétracteurs du corps disposés comme datis VÈscargol et autres Gastéropodes a grande coquille , dans laquelle ces animadx peuvent rentrer, knais simplement it leur place un gros tronc musculeux fort court, fixé au milieu k peu près 3e la coquille , d'dù il descend verticalement sur le milieu du manteau formé uniquement , sous cette coquille , d'une laine tégumentairë mince et molle, tandis que sur ses bords , dépassant la C0(|uillë , il est épais et muscnleux.
Dans les Ctclobranc*!ës (Patènes), et déjà chez les F«sureïles et les Êtnarginuîes de TOrdre des ScuTifiRANCkEs , la coquille n'étant même plus en spirale, mais simplement en cône très évasé , recouvrant d'ailleurs de même le corps, ^ peu t^rès comme dans les Oreilles de mer, le muscle qui fixe Fanifnal k la coquille prend, ainsi que je Tai déjk dit plus haut, encote une autre disposition, celle d'un fer ï cheval contournant le corps; etTanimal, débordé de toute part par sa coquille, s*y trouve parfaitement abrité, en la serrant contre Tobjet auquel il s'est attaché par son pied.
C'est cette dernière disposition , et plus encore celle que présente le muscle central des Scutibranches , qui forme , sous ce rapport, la transition aux Mollusques acéphales, dont il sera question un peu plus loin.
Les organes de ta respiration, devenus également fort irréguliers tant pour la forme que pour la disposition, et même la fonction, ne sont pas plus constants chez les Gastéropodes que dans la classe des Arachnides , les uns respirant Tair et les autres Teau. Dans TOrdre desNuoiBRANCHES et celui des Hété- ROPODES, les Branchies, ramifiées en arbuscules, sont pla* cées sur diverses parties du dos. Chez les Inférobranches , ells ont, au contraire, la forme de petites lamelles placées sous les bords latéraux du manteau. Dans I'Ordre des Tectibranches, ces organes, devenus plus irréguliers encore, n'existeiit
citAmkÎE V. 4Ki
({be àur lé c6iè droit du corps, où ils folrtnent dé tiombreilses petites lamelles plus ou inoiDs subdivisées. Dans les Cyglo- BRAiiCHEs, cc sout également des séries de lamelles ou de |)yramides placées sous les deuK bords du manteau. Dans les Pectinibranghes et les Sgutibranghes, les branchies ont, au contraire, la forme de peignes, et se trouvent renfermées dans une cavité spéciale sous le bord antérieur du manteau. ËoGn, dans les Pulmonés, les organes respiratoires ne sont plus des branchies, mais une cavité pulmonaire située, comme celle renfermant les branchies chez les Pectinibranches, sous la moitié antérieure du manteau; mais ne communiquant au dehors que par un simple orifice assez petit , situé sous le bord droit du manteau. C'est sur les parois de cette cavité que viennent ramper les vaisseaux sanguins pour mettre le sang en communication avec Tair.
V Appareil de la drculalion , aussi complet que chez les Aonélides et les Céphalopodes , auxquels les Gastéropodes font suite, est formé de même de deux ordres de vaisseaux, des Veines et des Artères; mais avec cette différetice notable que, le sang n*est mis en mouvement que par un seul Cœur à ventricule aortique unique^ assez semblable, pour la forme, ^ celui des Reptiles ; formant un corps plus ou moins pyriforme surmonté d'une ou de deux oreillettes en forme de vésicules; et non en enveloppant le ventricule comme dans les Crustacés et les Arachnides. Ce cœur est également renfermé, comme chez le^ Vertébrés, dans un véritable péricarde membraneux. Quant k son eitiplacemént, il est devenu, comme les branchies, tellement variable selon les familles, qu'on ne peut rien indiquer de général à ce sujet, si ce n'est qu'il est d'ordinaire placé près de ces organes de la respiration.
Chez les Pulmonés (Limaces^ Escargots, etc.), le cœur est placé à peu près dans le milieu de la région dorsale du corps, sous la partie postérieure du manteau. Il n'est formé que d'un seul Ventricule et d'une seule Oreillette ; celle-ci en
160 TBOBOLOCn DB LÀ HATDRB.
forme de vésicule, qai reçoit le sang veçant des organes de la respiration, et le transmet dans le ventricule, qui le pousse ensuite dans tout le corps par les artères , d*oii il revient au poumon au moyen des veines qui s'y distribuent, formant les ramifications de V Artère pulmonaire , dont les ramuscules se réunissent de nouveau pour former la Veine pulmonaire. Système circulatoire où il n*y a, comme on voit, point de cœur interposé entre les Veines caves et les Artères pulmonaires ; le contraire de ce qui existe chez les Poissons, et analogue à celui propre aux Crustacés.
Chez les Scutibranches {Oreilles de mer) et les Cyclq- BRANCHES (Patelles)^ le cœur est au contraire'situé vers le côté gauche; chez les premiers, en arrière de la cavité bronchiale, et, chez les seconds, vers Textrémité antérieure du corps. Dans l'un et dans Tautre de ces genres , le ventri> cule est surmonté de deux Oreillettes, dont Tune, à gauche (chez les Patelles) , reçoit le sang venant des branchies , et Vautre, à droite, le sang venant du reste du corps par la veine cave; de manière que les deux sangs se mêlent dans le ventricule absolument comme chez les Reptiles Sauriens; disposition fort remarquable où nous voyons le même moyen, abandonné depuis si longtemps, rétabli de nouveau chez des animaux si différents et si éloignés dans Téchelle animale ; fait qui prouve encore que les formes et les
DISPOSITIONS des ORGANES, AINSI QUE LES FONCTIONS QUE CEUX-CI REMPLISSENT, NE SONT POINT DUES À DES LOIS INHÉ- RENTES À LA MATIÈRE , ET GOMME TELLES INVARIABLES , MAIS SEULEMENT À LA VOLONTÉ TOUTE -PUISSANTE DU CRÉATEUR, QUI A PRODUIT LES MÊMES CONDITIONS PARTOUT OÙ DANS SA SU- BLIME SAGESSE IL l'a TROUVÉ CONVENABLE , SANS ÊTRE AS- TREINT k AUCUNE OBLIGATION.
Dans les OreiHes de mer, le cœur présente la singularité que le ventricule est traversé d'arrière en avant par le rectum; disposition qu'on retrouve plus loin dans un grand nombre de Mollusques Acéphales, tels que les Moules, les
CBAPITRK V. i64
Venus, etc. auxquels les Oreilles de mer font la transition.
Quoique V Appareil digestif soit encore fort développé pour ce qui concerne le tube intestinal proprement dit et ses accessoires , tels que le Foie et certaines glandes SaJivaires , il D'en est plus de même quant aux organes buccaux. Nous avons déjà vu que chez les Céphalopodes, les organes intérieurs de la bouche consistaient en une masse musculeuse ovale, creuse, suspendue dans la partie antérieure de la tête, et formant k la fois le Pharynx et les muscles moteurs des deux mandibules cornées en forme de bec , insérées sur cette masse. Cette masse musculeuse ou Pharynx, se retrouve également partout chez les Gastéropodes , mais les organes delà mastication y' deviennent ou plus simples en finissant par disparaître, ou prennent un tout autre caractère.
Dans le genre Tritonia^ de Tordre des Nudibranches , on retrouve même encore une véritable paire de Mâchoires latérales cornées et tranchantes, allant à la rencontre Tune de l'autre par les côtés comme chez les Animaux articulés, dont les Tritonia sont en effet encore assez voisins.
Chez les Limaces et les Escargots, la même masse musculeuse et mobile formant le Pharynx, ne porte plus qu'une seule mâchoire impaire, implantée dans la lèvre supérieure, et formée d'une petite pièce calcaire presque plane, k bord libre en arc de cercle concave et denté. C'est avec ce simple instrument de mastication que ces animaux rongent les plantes dont ils se nourrissent.
Chez les Oreilles de merj l'orifice de la Bouche est placé k l'extrémité antérieure du corps, au bout d'une courte trompe, et renferme, comme organe de mastication, une langue très-longue et fort extensible, soutenue par deux filets cornés an moyen desquels l'animal peut la faire sortir hors de sa bouche. Cette langue est hérissée d'une foule de petits crochets cornés, disposés en plusieurs séries. C'est au moyen de cette langue hérissée que ces animaux entament le corps des animaux. Une disposition à peu près semblable se trouva II. 11
I0t tU^LOO» M LA HATURfi,
également ehet tes PaUUes^ uiimanx voisins, sous beaucoup d'autres rapports encore , des OreïUês de mer.
La grande différence qui existe , comme on voit , dans la forme des organes masticateurs des Gastéropodes , montre combien ils sont devenus vagues : variation qui constitue généralement le signe d'une prochaine disparition , ou d'une transformation essentielle; et en effet, déjà beaucoup de ces animaux sont complètement privés d'organes buccaux ; et dans la classe des Acéphales qui suit , la bouche en est dépourvue sans exception.
Le Tube intestinal forme toutefois encore d'assez nombreux replis , ainsi que cela est ordinaire chez les animaux ï corps court , et se dilate également fort souvent en diverses poches , qu'on peut considérer comme des Jaboln , des Estomacs et des Cœcum^ mais variant d'ailleurs aussi considérablement d'un genre k l'autre pour la forme , et surtout pour la position de VAntu , qui est tantôt au bout du corps et tantôt en avant, ou bien sur le côté.
Le Foie , toujours fort volumineux chez ces animaux , et les organes 5a2tvaîre$ , lorsqu'il en existe, sont constamment des glandes conglomérées , comme chez les Vertébrés ; forme qui, ainsi que je l'ai fait remarquer ailleurs, est une conséquence du mode de circulation du sang , ne pouvant exister que là où cette humeur , coulant dans des vaisseaux clos , peut facilement pénétrer les masses volumineuses de ces organes ; tandis que , par la raison contraire , ces glandes doivent nécessairement être plus ou moins subdivisées, ainsi que cela est chez les Animaux articulés.
Dans les Lmaees qui n'ont point de coquilles extérieures , et, en conséquament, pas de sac herniaire, la cavité viscérale se continue jusque dans l'extrémité de la queue. Chez les espèces , au contraire , dont cette cavité forme une hernie dans la coquille, hernie dans laquelle pénètre une notable partie des intestins , c'est Ik aussi où se trouve plus particulièrement le foie; la cavité viscérale ne se prolongeant
CtUPltAl V. 4ë3
pès dans la ^ueaei qui n'est qu'un simple appendice charnu du corps.
Outre les humeurs digestives versées dans le canal intestinal , les Gastéropodes en produisent encore diverses autres purement excrémentitielles. Suivant Cuvier , la matière vis* queuse qui recouvre le corps des Limaces et des Escargots j etc., serait produite dans une poche placée dans le dos de ces animaux, sous le milieu de la capsule de la coquille, et cet organe produirait un canal excréteur qui se porte à droite pour s'ouvrir au dehors auprès de l'anus; mais c'est une erreur : la matière que cette poche renrerme n*est nullement la viscosité qui recouvre le corps ; celle-ci est une humeur éminemment visqueuse, qui se mêle difficilement à l'eau , et se dissout plus difficilement encore dans l'alcool et les huiles. Cette matière sort en abondance d'une foule de pores placés au fond des nombreux plis rentrants que forment les téguments de ces animaux , et varie en couleur selon les espèces. Elle est jaune doré chez la Limace jaune, noire chez la Limace noire ^ et incolore daus la grise et les Escargots , tous ces animaux ayant des téguments par eux-mêmes, k peu près d'un blanc grisâtre, teints par cette même viscosité.
La substance que renferme la poche dont parle Cuvibr est, au contraire, de la consistance d'une bouillie fort liquide, de couleur brunâtre; elle n'est nullement visqueuse et se délaye facilement dans l'eau et autres menstrues. L'orgaue qui la produit est bien évidemment le représentant de la Bourse à V Encre des Céphalopodes, mais dont l'analogie n'a pas été reconnue par Cuvibr , cette matière n'étant, que je sache, jamais noire chez aucun Gastéropode.
Une troisième substance est sécrétée sous les bords du manteau , et sert à la production de la coquille. C'est un liquide muqueux contenant beaucoup de carbonate de chaux en dissolution , et qui se trouve diversement colorée selon le lieu et le moment où elle doit être déposée ; d'où naissent
les différentes teintes et les taches dont les coquilles sont co^ lorées.
Chez les PateUes , la surface du dos comprise dans Téchancmre du muscle qui fixe l'animal ^ sa coquille , est enduite d'une substance onctueuse noire qui parait sécrétée par de nombreuses petites glandes placées sur les bords de cette partie du manteau.
J*ai déjà dit plus haut que le Système nerveux des Mollusques avait la plus grande analogie avec celui des Animaux articulés, dont il n*est qu'une modification , conformément à deux des lois de relation auxquelles il est soumis. Cette vérité se présente surtout dans tout son jour chez les Gastéropodes, et plus particulièrement dans certaines espèces telles que les Limaces , où la moelle épinière , placée dans la partie ventrale du corps , forme encore une chaîne de plusieurs paires de ganglions successifs , mais tous refoulés en avant, et rassemblés sous l'œsophage , en produisant des paires de nerfs absolument disposés comme dans les animaux articulés.
Dans d'autres espèces placées vers la fin de la classe , la moelle épinière se prolonge encore plus en arrière, et son premier renflement est souvent fort éloigné du cerveau; mais cependant sans exception, sous le canal alimentaire; et le collier de l'œsophage est alors considérablement allongé.
Il n'y a que peu de chose à dire sur les organes des Sens des Gastéropodes ; cette partie de leur Organisme n'ayant encore été que fort peu étudiée , à cause de Textréme petitesse des parties. Je ferai seulement remarquer que le sens du Tact général est fort délicat chez ces animaux , dont le corps , en majeure partie nu , se trouve exposé à l'action des objets extérieurs, dont ils ne sont garantis que faiblement par la viscosité qui les recouvre.
Le^ parois de la bouche reçoivent généralement de trèsgros troncs de Nerfs gusiatifs^ formant chez la Limace une
CHAmiui V, 165
forte paire partant da cervean ; et une branche de ees nerfs ^ rend dans la petite tentacule qu'elle remplit presqu*en entier, en offrant un volume beaucoup trop considérable pour ne servir qu'à la fonction des très-petits muscles que ces organes renferment ; d*où il n'y a point de doute que ces tentacules ne soient le siège de quelque sens , et probablement de V Odorat, qui a en effet beaucoup d'analogie avec celui du goût ; ce qui expliquerait pourquoi les nerfs gustatifs ont une même origine que ceux de ces tentacules.
Les grandes Tentacules recevant également des nerfs énormes , il est de même évident que ce sont des organes sensitifs; et en effet, elles sont, comme les petites, d'une extrême sensibilité, se contractant au moindre attouchement ', mais ni l'une ni l'autre paire ne parait être les organes principaux du Toucher actif par lequel ces animaux explorent les objets , ne touchant qu'accidentellement les corps voisins avec ces tentacules; et il parait bien plus probable que ce sens se trouve dans la partie antérieure du pied avec laquelle l'animal parcourt en réalité les corps sur lesquels il rampe , région où se rendent en effet un nombre de nerfs beaucoup plus considérable qu'il ne le faut pour servir seulement aux fonctions des muscles de cette partie du pied.
Les Yeux se trouvent, chez les Limaces , les Escargots et an grand nombre d'autres espèces encore, a l'extrémité des grandes tentacules, où ils forment un renflement globuleux avec un point noir au milieu ; couleur due au Pigmentum qui enduit la cavité de cet organe , comme constituant la condition de toute bonne vision ; et se retrouvant dans les yeux de tous les animaux. Mais ces organes, généralement réduits à de simples points chez tous les Gastéropodes, n'ont, pour cause de cette extrême petitesse, pas encore été étudiés dans leur composition.
Ces yeux simples étant placés k l'extrémité des tentacules donneraient la raison de la grosseur considérable des nerfs que celles-ci reçoivent; mais dans d'autres espèces, telles
166 THB0L06II Dl LA NATURI.
que les Lîmnœm, les yeai se trouvent ii la base de ces tentacules; enfin beaucoup de Gastéropodes paraissent être aveugles, vu qu'on n'a pas encore découvert d'yeux chez eux.
De la Classe des Gastéropodes on est conduit par une nouvelle dégradation de tout l'organisme à celle des AcépfiALES, mais toutefois par une transition un peu brusque ; les genres par lesquels les deux classes s'avoisinent n'ayant que des analogies assez éloignées , quoique fort remarquables. Je dois cependant faire observer que l'organisation de tous ces animaux est encore trop peu connue pour qu'on puisse arrêter une opinion su^ (^tte question; et les analogies de transition que je vais indiquer, je ne les ai fait connaître que depuis peu d'années seulement.
Nous avons vu plus haut que la Classe des acéphales se divisait en deux Ordres, les Ostragodermes et les TuniciERS, mais dont le premier, auquel appartiennent Y Huître et la Moule, est bien plus nombreux que le second, formant Ja classe presque tout entière ; et ces deux divisions diffèrent même tellement qu'on pourrait en faire deux Classes distinctes.
Les OsTRAcoDERMESy généralement connus sous le nom de Mollusques Bivalves, ont en effet pour caractère principal d'avoir le corps plus ou moins comprimé, et placé entre deux valves calcaires latérales qui le protègent contre les dangers extérieurs. Ces valves sont doublées de deux grandes lames membraneuses adhérentes an dos de l'animal et formant son Manteau,
Le corps, d'ordinaire plus ou moins large et comprimé, ne laisse apercevoir aucun indice de tête, formant simplement en avant un angle souvent peu marqué, entre les bords antérieurs et supérieures ou dorsal, où se trouve, au-dessous de la commissure des deux lames du manteau , YOrifiee buccal , simple ouverture sans aucun organe masticateur ; et Y Anus est généralement k l'extrémité opposée , également dans le plan médian.
CHAPITIIE V. 167
Aux deux cotés da corps se trouvent sous le manteau, deux lames membraneuses formant les Branchies ; et le Cœur est toujours placé dans la région dorsale entre ces dernières.
Beaucoup de ces animaux ont encore ce qu*on appelle un Pied, consistant en une masse musculeuse formant une forte eréce le long de la ligne ventrale du corps, rappelant par sa position et quelquefois encore par sa forme, celui des Gastéropodes. Enfin il n'y a plus chez les Acéphales de véritable cavité abdominale; tous les viscères adhérant les uns aux autres sont enfoncés dans la masse dd corps , quelle que soit la partie, et y adhèrent de toute part; s'avançant en bas jusqu'au bord du pied lorsqu'il en existe un ; mais sMs y péuétrer, ainsi que l'affirme Cuvibh.
Le Système nerveux ressemble, par sa disposition et sa forme , h celui des Gastéropodes , et par conséquent également h celui des Animaux articulés, ayant sa première paire de renflements antéreure centrale ou Cerveau, placée en arrière de la bouche, au-dessus de l'œsophage; et le second, constituant la Moetk ipinière , sous le canal intestinal , mais souvent fort en arrière ; et ces deux masses communiquant par des cordons nerveux latéraux formant l'analogue du Collier de ïœiopkage.
Telle est en peu de mots presque tout l'organisme des Acéphales OsTRACO DERMES dans ce qui est commun \k tous ; mais qu'il est toutefois nécessaire de décrire avec quelques détails, pour le faire mieux concevoir.
Les deux Valves latérales qui constituent la coquille de ces animaux, et que tout le monde connaît dans la Moule des Étangs, ont chacune encore ceci de commun avec celle des Gastéropodes, qu'elles sont de même contournées en spirale dans la plupart des espèces, YHulre et plusieurs autres faisant exception ; et les tours de spire grandissant très -rapidement s'enveloppent le plus souvent au point que dans quelques espèces seulement la spire fait saillie. La forme des valves varie considérablement tant pour
168 TBIOtOCU DB LA HATURI.
Tensemble que pour les détails ; et c'est principalement sur les différences qu'elles présentent qu'on a fondé les subdi* visions de ces animaux en Familles et en Genres; surtout avant ces derniers temps, où toute I étude qu'on faisait des Mollusques consistait à déterminer la forme de leurs coquilles» dont on faisait collection pour l'élégance de leurs formes et la beauté de leurs couleurs ; d*où cette partie de la zoologie reçut plus spécialement le nom de Conchyliologie , l'étude de l'organisation des animaux étant alors peu suivie ; et aujourd'hui encore fort peu connue.
Les deux coquilles, ordinairement égales, sont cependant aussi souvent inégales; c'est-à-dire plus bombées l'une que l'autre; d'où un grand manque de symétrie entre les deux moitiés latérales du corps, qui, du reste, sont assez semblables. Dans certaines espèces, et surtout dans les HuUres^ les coquilles , et par suite la forme générale du corps , sont même fort irrégulières d'un individu k l'autre.
Dans le plus grand nombre d'espèces, les deux valves s'appliquent parfaitement l'une k l'autre dans tout leur pourtour, où elles présentent souvent des dentelures et des courbures qui s'entre-croisent si bien qu'il ue reste aucun espace entre, mais d'où résulte toutefois une véritable inégalité entre les deux valves, vu que chaque partie saillante dans l'une doit nécessairement correspondre k une concave dans l'autre.
Les coquilles se joignent toujours le long du bord supérieur, soit qu'elles se touchent simplement , soit qu'elles s'y articulent entre elles par une véritable Charnière formée de part et d'autre de plusieurs saillies et de creux sur les bords des valves , s'engrenant les uns dans les autres avec une telle précision, que bien rarement on parvient k réunir deux valves d'individus différents ; aussi sont-elles si bien ajustées que la coquille étant fermée , aucun mouvement latéral n'est possible entre les deux pièces.
Les valves étant entièrement extérieures k l'animal, celui*-
CHAFITRB V. IbO
ci les rapproche, pour clore sa demeure, au moyen de muscles vigoureux qui les unissent à son corps; or dans cette disposition , i'écartement des valves, pour permettre a l'animal de subvenir à ses besoins, serait fort difficile, vu qu'aucune partie du corps ne peut faire levier pour produire cet effet. Hais la sublime prévoyance du Créateur a pourvu
À CETTE nécessité, EN UNISSANT LES VALVES À LEUR BORD DORSAL AU MOYEN D*UN LIGAMENT CORNÉ, DEMI-GYLINDRIQUE , QUI , FIXÉ 1 l'une ET À l'aUTRE , TEND CONSTAMMENT À LES PAIRE ÉCARTER PAR L* EFFET DE SON ÉLASTICITÉ. Il résultC dO
Taction permanente de ce ligament que , dans son état ordinaire de repos, la coquille est constamment entr'ouverle pour laisser librement arriver Teau attirée par les branchies , et amenant fortuitement des parcelles de substances nutritives que ces animaux saisissent au passage avec leur bouche.
Les valves étant généralement assez fortement bombées en tous sens pour donner de la place au corps de l'animal, et commençant, dans le jeune âge, par la partie moyenne dorsale, qui constitue alors toute la coquille, ces deux circonstances font qu elles doivent nécessairement s'enrouler k leur point d'origine k mesure que l'animal les augmente par leurs bords; car si au commencement la courbe que les valves forment au bord opposé était un arc de cercle, cet arc continué formerait un très-petit cylindre bientôt clos; et si c'est au contraire , ainsi que cela doit nécessairement être , un arc de spirale pour que l'animal puisse grandir considérablement, cette forme continuée produit évidemment l'enroulement de la coquille près de la charnière; enroulement qu'on nomme les Nates ou les Crochets, Quelques coquilles formant le genre Anodont, ne s'enroulent toutefois pas : c'est qu'étant, d'une part, peu bombées, et augmentant de l'autre à la fois dans toute leur périphérie, les valves ne tournent pas, ou du moins fort peu sur leur bord dorsal lorsque l'animal les agrandit; exception qui, par sa condition spéciale, vient précisément k confirmer
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la cause qui produit renronlement dans los autres espèces.
Les deux lames du Manteau adhèrent légèrement par leurs bords h ceux de leur valve respective, excepté le long du dos, où les deux lames se continuent librement Tune par Tautre. Mais, outre cette adhérence, le corps proprement dit de l'animal est principalement fixé aux deux valves par plusieurs faisceaux musculeux plus ou moins forts , dont le plus puissant , et souvent il y en a deux paires , se rend transversalement d'une valve k Tautre, et sert à les rapprocher avec force, pour clore la coquille lorsque l'animal est en danger. Les deux muscles formant chaque paire, allant plus ou moins directement k la rencontre l'un de l'autre, se confondent dans le plan médian . oii ils sont plus ou moins distincts par un raphé.
Lorsqu'il n'y a qu'une seule de ces paires de muscles, elle est d'ordinaire placée an milieu des valves, un peu plus en avant, et un peu plus rapprochée du dos que des cAtés opposés; et lorsqu'il y en a deui, Tune est plus en avant et l'autre plus en arrière.
Outre ces muscles ddènrs, il existe encore quelques autres paires plus petites , différant tant pour le nombre que pour la disposition et la force, toujours fixées aux valves, près de leur commissure; d'où chaque faisceau musculeux se porte en avant, en dessous ou en arrière sur la surface du corps de l'animal, en épanouissant leurs fibres, qui, s'entre* croisant de diverses manières , forment la masse fondamentale du corps de ecs Mollusques, susceptible par Ih d'être plus ou moins déplacé dans sa coquille, selon ceux de ces muscles qu'il contracte.
Dans les espèces qui ont un Pted, celui-ci est formé de fibres musculaires croisées dans une foule de setis, et mêlées avec les fibres des autres muscles formant les parois du corps ; le tout constituant une masse plus ou moins volumineuse comprimée, longeant le dessous du corps , et présentant un bord inférieur anguleux souvent creusé d*Qn canal