‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 41 sur 136 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

PREUVES DE L^EXISTENCE DE DIEU ET DE SES ATTRIBUTS, TIRÉES DE L^ORGANISMB DES ANIMAUX ZOOPHTTES EN PARTICULIER.

Nous arriYons enfin ici ï jeter un coup d*œil rapide sur les animaux composant le quatrième et dernier Embranche; MENT du Règne animal , celui des Zooprytes ; Ëlres extrêmement remarquables par Textréme excentricité de toutes leurs formes, non-seulement par rapport aux animaux des trois premiers embranchements, avec lesquels ils n*ont, pour ainsi dire, plus rien de commun , pas même la parité des deux moitiés latérales du corps, mais aussi par Textrême divergence qu'ils présentent entre eux-mêmes, offrant oon-seulement des formes qui ne ressemblent en rien aux animaux ordinaires , mais encore les plus singulières qu'on puisse imaginer, et jouissant en outre de facultés qui approchent du prodige.

Nous avons vu que le caractère principal qui lie les animaux des trois premiers Embranchements était que leur corps est formé sans exception de deux moitiés latérales semblables; que cette égalité est surtout rigoureuse chez les Animaux articulés , un peu moins chez les Vertébrés , où quelques organes seulement sont impaires ; et moins encore dans les Mollusques, où la parité des deux moitiés du corps est encore moins parfaite. Cette loi d'organisation qui n'est, ainsi que toutes les autres, aucunement due aux causes physiques qui agissent sur la matière, mais

UNIQUEMENT À LA VOLONTÉ TOUTÉ-PUlSSANTE DU CRÉATEUR QUI l'a ÉTABLIE, EN LUI FAISANT SUBIR DIVERSES EXCEPTIONS, LÀ OÙ IL l'a jugé convenable DANS SA SUBLIME SaGESSE *, loî qu*ii

9 enfin abandonnée , du moins en grande partie , dans le der-

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nier Embranchement, en y introduisant, k sa place, celle du rayonnement des organes; nouvelle loi qui constitue leur caractère essentiel Ce principe n'y est toutefois introduit que graduellement, et seulement dans certaines Classes; d'autres participant encore plus ou moins du caractère de la dualité des parties du corps ; surtout les familles qui se rattachent aux autres embranchements : ici, comme partout, les modifications n'ayant lieu que par degrés.

La loi de la dualité est même encore établie h Tégard de thaque principale division du corps , qui se compose d'ordinaire de deux parties semblables jointes par les côtés, composition qui se retrouve ensuite partout dans les détails.

De même que les trois premiers Embranchements , celui des ZooPHYTEs se rattache à la Classe des Annélides , qui constitue, ainsi que je l'ai déjk fait voir dans mes ouvrages précédents , la véritable souche sur laquelle s'élève, si je puis m'exprimer ainsi , l'arbre généalogique de tout le Règne ANIMAL, arbre dont les premières familles des Zoophytes sont en quelque sorte les racines , étant plus simples encore et par conséquent plus bas que les Annélides Abranches, qui en sont le tronc ou plutôt la souche.

En effet, nous avons vu , en parlant des Annélides, que leur premier Ordre, celui des Abranches , était formé d'animaux fort allongés , plus ou moins cylindriques , dont le corps était formé de la succession d*un nombre plus ou moins considérable d'anneaux ou segments successifs égaux, sans aucun appendice extérieur; animaux dont les téguments, simplement divisés en bandes circulaires formant ces mêmes segments, étaient membraneux ou tout au plus un peu cornés, et doublés en dedans de nombreuses petites lames musculaires allant d'un segment k l'autre pour les rapprocher, et faire par la exécuter au corps des inflexions en tous sens ; en même temps que d'autres petits muscles perpendiculaires ou obliques k ceux-ci , se répétant également dans

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ebaqoe segment, servaient h resserrer le corps, et à produire par là son allongement. Nous atons vu également aussi que ces mêmes animaux , si simples dans leur enveloppe et leurs muscles , avaient aussi un canal alimentaire allant en ligne droite d'une extrémité du corps k i^autre , en s'y ouvrant par deux orifices peu différents l'un de Tautre , ces ouvertures n'étant accompagnées d'aucun organe spécial qui puisse favoriser d'une manière efficace l'introduction des aliments ou l'expulsion des excréments. Nous avons vu en outre que, chez ces mêmes Animaux , le sang circulait dans des vaisseaux clos pour être transporté dans toutes les parties du corps y afin que ehaque organe y puise les particules qu'il peut assimiler à sa propre substance; mais toutefois encore sans organe central ou Cœur bien distinct qui mette ce fluide en mouvement; cette propulsion ayant lieu par les moavemêuts de contraction des vaisseaux eux-mêmes. Nous avons vu encore qu'à ce degré si bas de l'échelle animale la fonction de la respiration s'exerçait à toute la surface du corps sans appareil spécial affecté encore à cette fonction, d'ailleurs si importante. On à vu aussi que, pour amener tous ces organes , par eux-mêmes plus ou moins indépendants les uns des autres, à l'harmonie d'action et à l'unité d'individualité dans chacun de ces animaux, il existait chez tous un système nerveux chargé de cette fonction éminente*, système formé d'une double chaîne de petits renflements, une paire pour chaque partie composante du corps ou segment , et placée dans la région inférieure ou ventrale du corps ; double chaîne répondant aux deux moitiés syméiriques latérales du corps, dans lesquelles se répètent exactement d*un cAté ce qui se trouvait de l'autre; d'où une parfaite égalité entre ces deux moitiés. EnKn nous avons vu que les diverses parties de cette double chaîne, ou Moelle êpinUre . étaient liées, dans chaque segment d'une part, an moyen Ai\ branches de communication transversales ou Commhsures . pour établir l'unité d'influence dans les deuv régions, et

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de l'autre , par des cordons nerveux iongitudinaui réunissant tous les ganglions d'une même chaîne , communications par lesquelles Faction de chaque partie est transmise au centre commun occupé par le Cerveau . toujours placé à Textrémité antérieure, d*où Tagent vivifiant de Tanimal, qui y a son siège , ou son centre d^action , puisse réagir par la même chaîne sur chaque organe entrant dans la composition des segments; et ce cerveau , comme pour marquer sa condition exceptionnelle et dominante, est de tous les renflements centraux du système nerveux , le seul qui se trouve constamment placé au-dessus du canal alimentaire^ en affectant une disposition toute spéciale. Eh bien ! cet organisme des AnnélidesAbranches, si simple et si mathématiquement 'julier , comme doit l'être tout objet réduit k ses principes caractéristiques, était toutefois susceptible de pouvoir être encore plus simplifié ; et c'est ^ ce degré de grande infériorité que le Créateur a fait descendre les animaux des premières subdivisions de rEUBRANCHEMENT dcS ZOOPHYTES, pOUr élcVCr CU*

suite de nouveau les autres, dans les divisions suivantes, à des degrés dé complication et de perfection les plus remarquables ; sans toutefois revenir nulle part en rien aux principes d après lesquels ont été créés les animaux des trois autres embranchements.

L'Embranchemem des Zoophytes, très-arbitrairement formé par les Naturalistes , n'offre , ainsi que je Tai déjk dit plus ^aut , aucun caractère positif propre k tous les animaux qu'on y place, mais uniquement de négatirs; cette dernière grande division du Règne animal comprenant tous les animaux qui n*ont pas pu entrer dans les trois premières. C*est ainsi que tous les Zoophytes diffèrent des Vertébrés et des Animaux articulés en ce que leur corps n'a pas le tronc articulé et divisé en deux moitiés latérales semblables, et des Mollusques, tantôt par le manoue d'une circulation complète du sang dans des vaisseaux spéciaux clos, et tantôt par leur corps divisé en plus de deux parties semblables *, et enfin on y

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a placé Irès-arbitrairement tous les animaux dont Textrénie petitesse n'a pas encore permis de bien étudier leur organisation, et qu'on a pour cela gratuitement supposés être trèssimples dans leur structure , et devoir appartenir en conséquence îk la subdivision la plus inférieure des animaux.

Ce quatrième Embranchement du Règne animal (1) est divisé en six Classes : celles des Entozoaires, des Échino-

DERMES , des FORAMINIFÈRES , dCS ACALÈPHBS , dcS POLTPES

et des Inpusoires.

Les Entozoaires ont encore le corps ditisé en deux parties paires; Us ont un système nerveux longiltAdinal, point de système sanguin connu et point d'appareil spécial pour la respiration \ ' i plupart sont vermi formes , et vivent dans T intérieur d'autres animaux; quelques-uns sont à sexes séparés , les autres sont hermaphrodites. Le corps est sans aucune partie solide j si ce n'est quelques crochets cornés à la tête.

Ces animaux ont la plus grande analogie avec les Annélides, auxquels ils se rattachent bien évidemment, mais sont par leur organisation placés encore plus bas dans Téchelle animale; tandis qu'ils sont au contraire intercalés, on ne sait pourquoi , par Cuvier , dans son ouvrage intitulé : le règne animal distribué d'après son organisation , entre les Échinodermes et les Acalèphes, animaux avec lesquels ils n*ont cependant pas la moindre ressemblance.

Leur affinité avec les Annélides inférieurs est surtout des plus grandes chez les espèces à corps allongé vermiforme , telles que les Pilaires , les Ascarides , les Strongles , dont le corps présente encore une véritable cavité intestinale, et constituent TOrdre des Cavitaires. Dans les deux derniers genres que je viens de nommer, animaux assez grands pour avoir pu être facilement disséqués, les téguments sont doublés immédiatement d'une couche de muscles à fibres non subdivisées en segments; et plus en dedans se trouvent, dans

il) Voyez la note n* 7.

les i4<c(if ides quatre bandes longitudinales, une inférieure, une supérieure et deux latérales , divisant le corps en quatre parties égales; mais sur la nature desquelles on n'est pas d'accord. Lesuns considèrent les deux latérales comme seules musculeuses et les deux autres comme nerveuses; mais il est plus que probable que toutes les quatre sont musculeuses ; sans quoi ces animaux ne pourraient jamais fléchir leur corps ni en dessus ni en dessous.

Chez les Strongïes , on retrouve sous les téguments la même couche de fibres cireulaires, et plus en dedans huit bandes musculeuses au lieu de quatre, allant d'une extrémité du corps h l'autre , séparées seulement par de profonds sillons. Cette disposition, qui constitue, comme on toit, une transition fort remarquable entre les animaux k corps formé en parties paires , et eeut qui vont suivre , h corps en parties rayonnées ; disposition qui fait ainsi participer ces animaux k la fois k deux modes d'organisation , et Moitrns encore

ICI AVEC QtlELLB ABV(RA8LB SHHPLlGftÉ DE MOtEl^S LE CRÉA- TEUR A SU PASSER DE L'UNE BE CES FORMES À l'aUTRE ,

quoique au premier Rj^erçn il semble exister une trèsgrande différence entre les caractères qui distinguent ces animaux.

Le Canal alimmtairê des Entoioaires cavitaires offre également encore de grandes ressemblances avec celui des Annélides; il est de même flottant dans une véritable cavité viscérale , et commence par une Bouche pour se terminer par un Anus, distincts l'un de l'autre. L'orifice buccal , d'ordinaire en forme de simple ouverture ronde ou allongée, est entouré dans beaucoup de genres, soit de petits tubercules plus ou moins nombreux , soit quelquefois de pièces cornées paraissant servir encore k la mastication.

Vivant la plupart en parasites dans l'intérieur d'autres animaux , et ne pouvant en conséquence plus respirer ni Tair ni l'eau, les Entozoaires n'ont plus d'Appareil respiratoire; et on ne leur connaît non plus aucune partie qui puisse être

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comparée it un Système vasculaire sanguin; et les humeurs nutritives paraissent en conséquence s* écouler des parois du canal intestinal , pour être ensuite absorbées par les organes environnants. C'est-k-dire qu'on trouve chez ces animaux le point de Vécheïïe animale où disparaît le système tiuculaire sanguin propre aux classes supérieures, pour être remplacé dans sa fonction par un simple suintement des humeurs nutritives à travers les parois du canal digestif: nouveau mode plus développé dans les classes suivantes.

Outre le canal intestinal, la cavité viscérale renferme encore, comme k Tordinaire, les organes de la génération dont il sera parlé plus tard.

Le Professeur Otto, de Breslau, a découvert, dans la plus grande espèce de ces animaux , hStrongle géant , un Système nerveux qui aurait également la plus grande ressemblance avec celui des Annélides Àbranches, dont ces animaux approchent également sous tous les autres rapports. Système nerveux consistant en une chaîne de ganglions extrêmement petits et nombreux, situés de même le long de la ligne ▼entrale du corps, et commençant par un ganglion beaucAQp plus grand placé en avant sous le commencement du canal intestinal , et se terminant près de Tanus également par un fort gros ganglion ; mais il n*y existerait plus de renflement sus-œsophagien ou Cerveau. Le même auteur dit avoir trouvé aussi quelque chose de semblable dans les ^arides, d'où il est très-probable que tous les autres ENToroAifiEs GAviTAinss sont également pourvus d*un système nerveux formé sur le même plan , mais peut-être plus dégradé, et par Ik moins apparent.

Dans le second Ordre des Entozoaires , celui des Parrn- CHTMATRux , la dégradation organique va encore plus loin ; ^ animaux, n'ayant plus même de cavité viscérale propremelle dite; leur corps, qui varie considérablement pour la forme, ne présentant en apparence qu*un tissu fibreux, probablement musculaire, dans lequel on no distmgue plus

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aucun ordre de fibres; tout étant comme feutré et contractile dans tous les sens.

V Appareil digestif ne forme plus de canal simple commençant par une Bouche et se terminant par un Anus» mais une cavité diversement subdivisée, selon les genres ^ commençant par un ou plusieurs suçoirs , et se répandant dans le corps, où il est uniquement creusé dans le parenchyme général qui constitue ce dernier ; condition dans laquelle se trouvent déjà les Mollusques Acéphales, avec cette différence que, vu la forme ramifiée que prend la cavité digestive , il n'existe point d'orifice anal chez les Entozoaires parenchymateux ; ce qui constitue un nouveaa degré de dégradation chez ces animaux.

Certaines espèces ont le corps garni d*une ou de plusieurs ventouses, au moyen desquelles elles peuvent se fixera et d'autres ont, à ce même effet, la tête armée de crochets cornés leur servant à se cramponner aux organes des animaux dans l'intérieur desquels ils vivent également pour la plupart.

Ce n'est encore que dans quelques espèces, telles que les DauveSy qu'on est parvenu à découvrir un Système ntrvtux , mais qui diffère considérablement de celui des animaux appartenant aux classes précédentes, et même de celui des Entozoaires cavitaires.

Les Dauves ont le corps aplati en une faucille ovale, pointue en arrière et se prolongeant en avant, en un cou grêle , imitant le pétiole de la feuille , et portant à son extrémité la bouche en forme de suçoir. La partie centrale do système nerveux forme un assez gros ganglion impair, placé sur la ligne médiane du corps , vers le tiers antérieur de ce dernier. De ce ganglion part une paire de branches latérales . se portant transversalement en deliors sur une paire de ganglions placés près du bord latéral du corps; et de chacun de ceux-ci partent deux autres troncs nerveux : un antérieur et un postérieur, longeant \ une petite distance

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ce bord jusqu'il rextrémité du corps, formant chacuu dans son trajet encore plusieurs petits ganglions, d'où partent divers troncs nerveux se répandant dans tous les organes.

A Tun des degrés les plus inférieurs de cette classe d'animaux doit être placé le genre Gleba, petit animal découvert dans la Méditerranée par Otto. Son corps large et aplati a la forme d*une poire fortement déprimée, un peu concave il la face ventrale, et profondément échancrée à son extrémité antérieure rétrécie, mais dans lequel on n'aperçoit plus aucune trace d'un organe particulier; et entre autres, plus aoeune partie qu'on puisse comparer k un appareil digestif. Ces animaux absorbant simplement les substances dont ils vivent par toute la face inférieure concave de leur corps , qu'ils appliquent contre les objets dont ils veulent se nourrir; substances qui s'infiltrent dans leur parenchyme en devenant directement leur chyle et leur sang , mode de nutrition arrivé ainsi au degré le plus bas possible , qu'on retrouve du reste encore plus loin chez d'autres animaux de la classe des Polypes.

CuviER place les Gleba parmi les Acalèphes, avec lesquels elles n'ont pas la moindre analogie, étant évidemment des animaux k corps par parties paires , tandis que ces derniers sont rayonnes.

Enfin , au degré le pins inférieur de la Classe des Entozoaires et même de tout le Règne animal , se trouve incontestablement le Protée^ espèce microscopique que les Naturalistes placent, pour cette seule raison, dans la classe des Infosoires, formée en général des animalcules le plus hétérogènes , dont beaucoup d'autres appartiennent également *«xEntozoaires.

La simplicité de l'organisation du Protée est telle que uon-seulement toutes les fonctions organiques ont presque disparu, vu qu'on n'aperçoit plus chez lui, malgré la parfaite transparence du corps , aucune trace d'un organe spécial quelconque, mais encore qu'il n'a, dans son ensemble,

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même plus de forme constaDte ; tout sati corps ne conststaot (ju'en une goullelette microscopique d'une matière gélatineuse, prenant successivement toutes les formes imaginables, sans peut-être jamais reproduire exactement la même. C'est en s'étendant tantôt d'un côté et tantôt d'un autre» en formant les prolongements et les contractions les plus va* riées, qu'il rampe lentement en tous sens.

Ce remarquable animalcule parait offrir ainsi le cas de la suppression de toutes les facultés qui ne sont pas rigoureusement attachées à la condition de l'animalité, et ne plus avoir qu'un Système mtw:ulaire qui lui permet d'exécuter certains mouvements; un Système absorbant uéce&ssLire ik sa nutrition, et un Système merveux qui ranime et lui fait distinguer son corps de ce qui n'en fait pas partie.

Il résulte de cette simplicité extrême de l'organisme animal que le Protée, qui n'a en réalité pas de forme déterminée, les offrant toutes, et aucune en particulier, constitue par là même le point de départ des deux grandes divisions du Règne animal, celle des Animaux à corp,s pair et celle des Anituaux à corps rayotmè.

En effet , après être descendu si bas dans la composition du corps des animaux de la première de ces deux grandes divisions de l'échelle zoologique , l'organisme se relève de nouveau dans la seconde k d'autres complications différentes, en arrivant pour une dernière fois chez les ëchinodbrmbs à une brillante richesse d'organes, offrant, dans cette remarquable classe, un dernier, mais magniGque tableau, dû il la toute-puissance du sublime auteur de la Nature.

En partant de ces espèces les plus inférieures le mode d'organisation par rayonnement des parties arrive déjh dans la Classe même des Entozoaires à des formes où cette nouvelle disposition devient bien apparente , surtout dans les espèces à corps plus ou moins cylindrique, telles que les Strongles. dont j*ai parlé un peu plus haut, desquels on passe par une branche latérale successivement aux Classes des

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S«fliifaMaiiEs et dea AciLàraBs, et enflo à celle ded Poly- PBft, où Torganisme ammal retombe pour la dernière fois dans les conditions de la plus grande simplicité, pour disparaître enfin pour toute chose, dans les genres les plus inférieurs de cette dernière classe.

Les ÉcHiNODERXBs se lient en effet d*une manière intime par les espèces vermiformes qu'elles renferment , b celles placées vers les degrés supérieurs de la classe des Entozoaires; la classe des Échinodermes se composant d'animaux à corps divisé pour les organes delà vie de relation , en plus de deux parties égales rayonnant auiour d'un axe commun ; à circulation sanguine complète (dans les espèces dont Torga- DÎsme est connu) ; ayant une cavité viscérale renfermant un canal intestinal flottant; et une partie centrale du système nerveux en forme d'anneau entourant V œsophage.

Dans cette nouvelle complication finale des organes, nous voyons ainsi reparaître non-seulement une circulation sanguine aussi complète que dans les Mollusques, quoique entièiement différente de la leur quant au mode de distribution des vaisseaux. Nous y retrouvons également de nouveau UQ appareil respiratoire, mais fonde aussi sur des principes qui n*onl plus rien de commun avec ceux d*après lesquels sont fornaés les poumons et les branchies ^ enfin ces remar* quables animaux ont de nouveau leur corps soutenu intérieurement ou extérieurement par une charpente de pièces solides calcaires, articulées entre elles, et fort souvent mobiles , pour servir de levier aux muscles qui s*y insèrent ; mais qui n'ont du reste également pas la moindre analogie anatomique soit avec le squelette des vertébrés, soit avec le lét des Animaux articulés, soit même avec les coquilles ou les quelques cartilages soutenant diverses parties du corps des Mollusques ; tout étant de nouvelle création chez les ZooPHTTEs ; quoique les diverses fonctions que ces organes remplissent soient physiologiquement les mêmes que dans les animaux supérieurs. Nouveaux et riches organismes où

Idâ THIOLOffB ra LA NilTURB.

brille pour la dernière fois d*aae vive loiDit>re , jusque dans les plus minutieux détails des parties, la plus admirable harmonie des conditions d'existence , soit entre les formes , soit entre les rapports et les fonctions des organes, pour les faire tous concourir, chacun en ce qui le concerne, k Taccom plissement de la cause finale k laquelle chaque animal doit arriver ; en faisant encore ici éclater dans toute sa gloire la sublime Toute-Scienceet Tineffable Sagesse du Créateur ; avant que tout ne se perde dans le néant, où Ton voit bientôt s'éteindre par une rapide disparition les derniers vestiges des organes , dans les espèces placées aux degrés les plus inférieurs de Timmense série animale.

Dans les genres placés en tête delà Classe des Éghinoder- MES formant TOrdre des Fistulides, ces animaux, peu différents encore des Entozoaires supérieurs, ont, comme eux, le corps pliAS ou moins cylindrique^ non épineux, les deux orifices du canal intestinal distincts et situés le plus souvent aux deux extrémités du corps.

Ces animaux, dont Torganisation intérieure est généralement encore peu connue, ont de nouveau des Téguments bien distincts, épais et coriaces, chargés déjk dans les Lithodermes de nombreuses granulations calcaires, premiers vestiges de la charpente très-compliquée soutenant le corps des espèces des deux autres Ordres , les Ëghinides «t les Stel- LÉRiDEs, dont il sera parlé un peu plus bas. Dans plusieurs genres cette charpente forme même déjà des organes masticateurs entourant intérieurement la Bouche; tandis que ces organes n*existent point encore dans la plupart des antres.

Quoique ces organes buccaux manquent chez les Holothuriesy les espèces les mieux organisées de ce premier Ordre des Échinodermes, leur bouche est toutefois entourée d*un cercle de pièces solides constituant le commencement d*un Têt qui, plus loin, dans les Écliinides, enveloppe le corps tout entier ; cercle servant de points fixes aux muscles principaux de ranimai.

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assez épaisse de fibres doublant les tégnineiits, et distinctement divisée en plusieurs bandes longitudinales disposées plus ou moins régulièrement autour de Taxe du corps, en allant d*une extrémité de ce dernier k Tautre. Celte couche de fibres musculaires est généralement composée de deux lames, dont Tune k fibres transversales et l'autre à fibres longitudinales.

L'Appareil digestifs ressemblant également beaucoup encore k celui des Eotozoaires cavitaires , se compose d'une Bouche placée à l'extrémité antérieure du corps , prenant souvent la forme d*un simple orifice plus on moins saillant, ou trompe, et quelquefois elle est garnie intérieurement de m&choires diversement conformées , cornées ou calcaires , rayonnant également autour d*un centre.

Le canal intestinal flottant dans la cavité viscérale, ne participant point encore lui-même à la forme radiée que prend déjà la boache, fait souvent plusieurs replis avant de se terminer àrilfiiM,placé ordinairement à Textrémité opposée du corps , et près de rantérieur chez les Sipondes ; orifice qui parait même manquer, d*après Cuvier, chez les Liihodermes^ animaux qui rendraient le résidu de la digestion par la bouche, ainsi que cela a lieu chez les Étoiles de mer. Ce tube intestinal, fixé d*ordinaire aux parois de la cavité viscérale par des ligaments filamenteux, y est déjà suspendu chez les Holothuries^ les espèces les plus parfaites de cet Ordre, par un véritable Mésentère membraneux^ qu*on retrouve ensuite dans les Ordres suivants.

La plupart des Fistulides ont le corps complètement dépourvu de membres propres k la locomotion ; d*où ces animaux sont réduits k un pénible rampement sur leur ventre.

Dans les Holothuries et genres voisins, le dessous du corps, ou du moins sa partie moyenne est , au contraire, garni de nombreux petits tubes membraneux, sortant des téguments, et terminés chacun par une petite ventouse, au moyen de laquelle ces animaux se fixent et rampent en se tral-

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