‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 44 sur 136 · CHAPITRE VI. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. i

plet; Taculté qui parait être la propriété, sinon de tous, du moins d*on grand nombre d'autres Polypes; etqu*on retrouve comme propriété de simples organes . déjk dans un assez grand nombre d'autres animaux, même des classes supérieurs , telles que celles des Reptiles ; objet sur lequel je reviendrai au sujet de la fonction de la génération. C'est dans ces remarquables animaux que le Créateur semble

WOIR ÉPUISÉ TOUS les MOYENS POSSIBLES DU POUVOfR REPRO- UCCTËtR , MOYENS PAR LESQUELS IL A , EN QUELQUE SORTE , ÈtEKNtSÉ l'existence DE CES ANIMAUX , QUE LA DESTRUCTION RADICALE PEUT SEULE ANÉANTIR.

La sii&plicitë de Torganisation de ces petits Êtres, placés h VfMï des degrés les plus inférieurs de l'échelle animale, va jusqu'au point qu'il n'y a plus de différence entre les téguments extérieurs et intérieurs de leur corps, les uns jouissant exactement des propriétés des autres; c'êst-k-dire que si l'on renverse une Myârt comme une bourse ordinaire , de manière que les téguments extérieurs deviennent les parois de la cavité intestinale, et réciproquement, la fonction digestive ne s'y exerce pas moins parfaitement que dans Tétat primitif Donaal; le Polype continuant k vivre et à agir absolument comdie dans son premier état. Cette propriété si singulière eu apparence , et dont on doit la preuve aux expériences de Tremblay , n'est cependant au fond que la propriété générale ^absorption portée à sa rigoureuse perfection , dont jouissent déjà les téguments de tous les animaux, et même dé V Homme; propriété qui n'est que la conséquence naturelle de Tanalogie qui existe entre les téguments extérieurs et la tunique muqueuse tapissant toute la cavité digestive , dont Tune n'est qu'un prolongement modifié de l'autre.

En effet , on sait que Y Homme même peut absorber par le% téguments toutes espèces de substances, qui entrant dans le torrent de la circulation , peuvent servir à sa nutrition , et ^ être de nouveau expulsées sous la forme de diverses excrétions , comme Turine , la suetir, etc, ; mais dont k

ââO THIOLOGIE DE U NATURE.

pouvoir est très-faible chez les animaux supérieurs , où la modification qu*a éprouvée la muqueuse intestinale est fort grande ; tandis que la propriété est la même chez les Hydres^ où les deux parties des téguments restent dans les mêmes conditions.

Nous avons d'ailleurs déjk un exemple graduel de cette propriété digestive et absorbante des téguments , chez les Acalèphes, où les Sypbonophores n*ont plus de véritable cavité digestive, mais simplement un système de vaisseaux absorbants ouverts k la face inférieure du corps , par les orifices duquel ces animaux sucent les substances dont ils se nourrissent Nous avons vu aussi que déjà parmi les Entozoaires parenchymateux , les espèces les plus inférieures n'avaient même pas ce système absorbant k un degré assez développé pour être distinct ; les espèces qui se trouvent dans ce cas, telles que les Gleba^ n'absorbant plus leur nourriture que par de simples pores invisibles de la face ventrale de leur corps , devenue seulement un peu concave pour mieux embrasser les objets, et mieux remplir cette fonction; concavité qui forme ainsi le commencement d'une nouvelle cavité digestive, après que la première a disparu par la dégradation qu'elle a subie; et qu'enfin chez les Polypes les plus simples , cette nouvelle cavité digestive arrivant déjk k un plus grand degré de développement, forme de nouveau un véritable estomac ; mais qui ne diflère du reste encore en rien des téguments extérieurs.

C'est ainsi que répondant également k la loi générale de gradation que suivent tous les organes et leurs fonctions, l'appareil digestif se modifie non-seulement beaucoup partout, quant siux organes de la bouche et les diverses formes que prend le tube intestinal , mais aussi, sous le rapport de sa complication , jusqu'au point de disparaître dans les Entozoaires et les Acalèphes, pour être remplacé chez les Po* types par un autre appareil de nouvelle formation, ainsi que cela arrive en général a tous les organes ; disparition qui a été

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retardée jusque dans les familles les plas iaférieures du Règne animal, où cet appareil si important, put seul être un moment supprimé pour être toutefois de nouveau rétabli sous une autre forme chez les animaux d*un type différent; pour disparaître enfin une seconde fois et cela pour toujours, chez \^ Éponges j Ëlres devenus ambigus par leur extrême simplicité, oii le Règne animal s*éteinten avoisinant celui des Végétaux ■

Les Hydres marchent à la manière des Sangsues, en fixant altérnativeaient les deux extrémités de leur corps au sol , au moyen de leur bouche et de la ventouse postérieure de leur corps.

Ces animaux, fixés par leur ventouse, étendent au loin leurs nombreux tentacules, dont ils se servent pour saisir promptement les petits animaux qui passent dans leur voisinage, en les entortillant de ces filets, qu*ils replient ensuite vers leur bouche , dans laquelle ils font entrer cette proie.

Tel est en peu de mots tout Torganisme connu de ces animaux, d'ailleurs trop petits pour qu*on puisse facilement étudier leur structure , si toutefois ils ont des organes distincts : ce qui n*est point probable ; la masse du corps des espèces voisines plus grandes n'en* laissant guère apercevoir. k côté des Hydres viennent ensuite se placer plusieurs antres espèces plus petites encore , qui ne sont pas plus compliquées.

Les VorticeUes , dont le corps est plus ou moins court et reofié en boule, ont Textrémité du sac terminé en un long fil par le bout duquel elles se fixent comme les Hydres , avec leur ventouse; fil dont la flexibilité leur permet de voguer amour du point d'attache , et qui a la faculté de pouvoir se niccourcir en se contournant en spirale.

Ces petits animaux, visibles seulement au microscope, ont leur bouche assez ordinairement très-évasée , et portant des tentacules courts insérés sur deux tubercules opposés, que l'animal replie souvent avec ces derniers dans

iài TMléoLOCII DE Là NaTURI.

rintérieur de iîOD corps. Les petits tentacules , en forme de simples cils, exécutant des mouvements vibratoires, pro* duisent par là autour de chaque tubercule un mouvement de tournoiement dans Veau, par lequel ils amènent facilement de petits corpuscules que la Yorticélle saisit et avale pour s*en nourrir.

D^autres espèces formant le genre Corine ont le corps tout hérissé de tentacules.

Dans d*autres espèces encore , plus grandes , le corps prend, au contraire, déjà plus de complication : telles sont surtout les Actinies, parmi lesquelles on en trouve de fort grosses , dont le corps , toujours en bourse ^ prend la forme d'un gros Cylindre k large base, sur laquelle l'animal rampe à la manière des Limaces.

Leur Bouche, placée à la base opposée du Cylindre, est entourée de plusieurs rangs de tentacules courts , élargis en feuilles, qui donnent k ces animaux l'apparence d'une fleur polypétale régulière. Les parois du corps , en partie formées d'un tissu musculaire k Gbres confuses, renferment divers compartiments dans lesquels sont logés les Ovaire$4 mais cette organisation n'est pas encore bien connue.

Les ZoarUhes offrent , avec une organisation k peu près semblable k celle des Actinies ^ cette particularité, qu'ils sont plusieurs réunis sur une même base ; ce qui n'est, du reste , qu'un cas particulier d'une disposition plus générale dans les deux Oi^ores suivants, où toutes les espèces sont composées : circonstance dans laquelle se trouvent déjk fortsouvent les Hydres^ les VorticeUesei autres genres voisins, ot la même espèce est tantôt simple et tantôt composée. Cettecomposition dans le corps d'un même individu vient, du moins chez les Hydres et les Vorticelles^ de ce que ces animaux ont la singulière faculté de se reproduire de différentes manières^ d'abord, comme k l'ordinaire, par des œufs, et ensuite par la subdivision accidentelle du corps dont j'ai parlé; mais aussi par uu autre mode naturel, différent de ces deux derniers,

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où un nouvel individu se développe graduellement sur un point quelconque du corps de lai mère, y paraissant d*abord sous la forme d*une simple nodosité qui s'allonge peu k peu et se perce au sommet pour former la bouche, autour de laquelle se développent des tentacules; le tout absolument comme dans la mère, qui produit ce rejeton de la même ma* nière qu'un arbre produit une t^ranchè. Ce nouveau sujet restant souvent uni k sa souche pendant un temps assez long pour que non-seulement la mère en ait produit ainsi plusieurs autres , mais aussi assez longtemps pour que luimême ait donné naissance k plusieurs individus; il en résulte une Hydre surcomposée formant plusieurs générations sur un seul pied ; et ce qu*il y a surtout de remarquable est que, tous ces individus étant réellement adhérentspar la continuité de leur substance, ce que Tuo mange profite k tous : fait prouvé par les curieuses expériences de Tremble y.

Or ce qui n'est encore ici chez les Hydres qu'un cas particulier propre k des individus, devient dans les Polypes des deux autres Ordres, les Cellulicoles et les Axifères, une loi générale k laquelle ils sont tous régulièrement soumis, en offrant des conditions différentes par lesquelles ces animaux se distinguent.

Dans le premier Ordre, le corps des Polypes, qu'ils soient simples ou composés, est, ainsi que je l'ai dit, toujours nu ; dans le second il est, au contraire, revêtu d'une enveloppe solide ; et dans le troisième , il est soutenu intérieurement par un axe corné ou calcaire.

Les Polypes cellulicoles, tous excessivement petits, ayant k peine des têtes de quelques millimètres de grosseur, paraissent au fond avoir la même organisation que les Hydres et \es Actinies, mais ont leur corps composé, en<* veloppéd un étui calcaire, par lequel ils prennent des formes générales fort différentes. Ici ce sont des tubes parallèles, réunis en grand nombre par les côtés, et donnant chacun issue par son extrémité k une tête de Polype, dont les corps

âi4 TBIOLOOII M U «ATUKX.

commiiDiqaeat intériearement entre eux. Lii , l'ensemble forme un petit arbre rameux, dont chaque bout de branche se renfle en une cellule diversement disposée et conrormée, logeant de même une tête de Polype; et de toutes ces formes résulte une grande diversité dont on a fait les caractères des divers genres et espèces.

Dans les Polypes axifêres, le corps également surcomposé comprend souvent un nombre fort considérable de têtes de polypes , et prend, dans les Madrépores , la forme d'une grande lame membraneuse revêtant de toute part une masse calcaire produite par une sécrétion de cette membrane; et offrant, suivant les espèces, des s'aillics de diverses formes, et entre celles*ci des cavités plus ou moins profondes dans lesquelles la substance de la membrane commune s'enfonce et y adhère. Enfin ^ la surface de cette membrane générale s'élèvent une foule de têtes de polypes également semblables, à peu près, aux Hydres ou aux Vorlicelles, mais ayant des tentacules souvent fort différents, tant pour la forme que pour le nombre et la grandeur.

Dans d'autres, tels que le Corat{, la partie solide constituant l'axe du corps affecte, au contraire, absolument la forme d*un petit arbre (le corail du commerce) à tronc simple, terminé inférieurement par plusieurs ramifications irrégulières imitant parfaitement les racines superficielles des arbres, et servant d'empâtement par lequel le tronc est fixé sur quelque corps étranger, tel qu'un rocher.

Cette masse pierreuse et quelquefois de consistance cornée, également produite par une sécrétion de l'animal, est immédiatement recouverte de la partie vivante charnue de ces animaux qui la recouvre de toute part, comme Fécorce vivante d'un arbre recouvre le bois ; et se termine au sommet de chaque branche par une tête de Polype libre, ayant le plus souvent la forme d'une fleur, imitant même parfaitement celle d'une jacinthe, dont la partie renflée répond à la cavité digestive du polype; et les cinq digitations de la co-

CBAPITIIH IV. ^l'io

rolle aux tentacules foliacés entourant ia bouche; seulement que chaque télé porte à sa base une collerette circulaire membraneuse assez large , formant un godet dans lequel la tête du polype peut se renfermer en se contractant.

Cette partie vivante, ordinairement de consistance fort délicate et blanche du Polype composé , est à son tour revêtue d'une croûte en apparence terreuse paraissant se former à la surface par des couches successives, dont les extérieures, les plus anciennes, ont cessé d'être vivantes et sensibles, et ne servent plus qu*à protéger les parties profondes encore vivantes ; imitant ainsi parfaitement la vieille écorce des arbres.

C*est ainsi que tous les Géràtophytes, Famille composée d'espèces fort nombreuses, parmi lesquelles se trouve le Corail , ressemblent très-bien k de petits arbres où Taxe pier* reux , ou corné, représente la partie ligneuse; la membrane vivante qui enveloppe celui-ci et le sécrète par couches concentriques à sa face interne, occupe la place du liber ou partie également vivante de Técorce des arbres qui produit de même en dedans les couches successives du bois, et en dehors celles de Tépiderme, ou bien forme des couches d'ancien liber, dans lesquelles la vi(; a cessé , couches répondant k Fécorce terreuse des Cératophytes qui protège la partie charnue de ces animaux. Enfin , pour qu'il ne manque rien 2i la justesse du parallèle, les têtes de polypes terminant les rameaux, étant formées d'une chair blanche fort délicate, représentent parfaitement des fleurs; et c'est en effet cette ressemblance si grande qu'ont ces productions aquatiques avec les plantes terrestres qui leur a valu le nom d'ÂNiMAUx- Plantes. terme qu'on a reproduit avec des racines grecques dans le nom de Zoophytes, qu'on a ensuite étendu à tout le quatrième et dernier Embranchement du Règne animal.

A l'extrême limite de l'Ordre des Polypes axifères, nous trouvons enfin Y Éponge (du commerce), où l'organisation tombe an degré le pins bas possible, sans offrir pour cela en

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