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rien le même caractère négatif des Pfoeée«. L'état de simplicité de ces derniers consiste en ce que ces animaux n*ont plus aucpn organe spécial circonscrit, et que leur corps n*a pas même de forqae déterminée, constante, mais par contre une motilité à laquelle aucun autre animal n*offre rien de semblable ; tandis que dans les Eponges , le Créateur est arrivé À UN MODE DE SIMPLICITÉ TOUT AUSSI ABSOLU, MAIS DIFFÉ- RENT, en supprimant, au contraire, à ce qu'on dit, toute faculté de se mouvoir et même la sensibilité; en donnant d'un autre côté à ces animaux une forme constante, par cela même que Tanimal est réduit h la plus complète immobilité. Ces productions marines consistent en un support fibreux de substance cornée , que tout le monde connaît sous le nom & Éponge; support fixé sur le sol par une base plus ou moins large , d'où il s'élève sous difiérentes formes propres aux diverses espèces. Ce support se compose d'une infinité de fibres qui s'entre-croisent dans tous les sens , en ménageant entre elles un nombre infini de pores ou espaces irréguliers» remplis, dans l'état vivant , d'une gelée tremblottante extrêmement délicate et presque fluide , constituant la chair de ces animaux; mais dans laquelle on ne distingue aucune trace d'organisation , et surtout aucune tête de Polype, ni aucune indication de motilité ou de sensibilité quelconque; ces Êtres restant dans l'état de la plus complète inertie, lors même qu'on cherche à les exciter par les agents les plus irritants.
Mais outre les petites porosités remplies de la gelée dont je viens de parler, la masse du corps est percée d'un nombre considérable de canaux de différentes grosseurs, vides dans l'état vivant et remplis de sable après la mort. P'après certains observateurs, il existerait toutefois dans l'eau qui remplit ces tubes un courant ascendant continu , entraînant avec assez de rapidité les corpuscules qu'on y introduit; d'où résulte que ces tubes ne sont jamais remplis de corps étrangers tant que l'Éponge est vivante. C'est Ik tout
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ce qu on sait sur les (acuités de ces Êtres placés aux confins des deux règnes organiques ; Êtres que les Zoologistes et les Botanistes réclament i la fois comme étant de leur domaine.
En effet, si VÊponge n'est susceptible d'éprouver aucune sensation par laquelle elle peut distinguer les corps étrangers , ni produire aucun mouvement par lequel elle puisse fuir une sensation fôcheuse, ou attirer k elle les substances dentelle se nourrit, il est évident qu'on doit la reléguer parmi les végétaux, quoique par la composition chimique de sa substance elle approche beaucoup plus des Animaux. Mais je ferai toutefois observer que les courants d'eau qui ont lieu dans les gros canaux doivent être mis en mouvement par YÊponge, ce qui suppose une mobilité sans doute imperceptible à l'œil de l'observateur, mais qui ne doit pas moins exister pour cela; et dans quel but ces courants peuvent-ils exister, si ce n*est dans celui d'amener des substances ioni Y Éponge se nourrit, pour les absorber au passage; faculté qui laisse toutefois leurs fonctions digestives et circulatoires au dernier degré de possibilité, mais dont nous avons cependant déjà un exemple rajiiroché dans les Gleba , qui ne se nourrissent également que par 1 absorption cutanée ; et si l'on n'a encore observé ni mouvement ni irritabilité chez les Sponges, c'est sans doute que les effets en sont ti^ôp faibles.
Les Polypes ayant en général une organisation trèssimple, mais toutefois peu connue encore, vu l'extrême petitesse de la plupart de ces animaux, on a pensé qu'il n'existait plus chez eux de système nerveux bien circonscrit dans sa partie principale. Un Ânatomiste allemand , M. Spix, en découvrit cependant un dans les grandes espèces à' Actinies, placé dans la partie inférieure du corps formant le pied , et consistant en trois paires de ganglions disposées en triangle équilatéral autour de l'axe du corps , et liées entre elles par des branches de communication. De ces ganglions partent ensuite des nerfs qui se portent vers la péri-
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phéhe et se distribuent dans tout le corps. Quoiqu'on n'ait encore découvert rien de semblable dans les petites espèces , il est par analogie toutefois très-probable qu'elles sont égalemenl pourvues de nerfs.
Je n'ai plus qu'un mot à ajouter sur la dernière Classe de la série animale dans laquelle les Naturalistes ont réuni , sous le nom d'iNPOSoiREs , tous les animaux aquatiques d'une petitesse telle, qu^échappant h la vue simple, on ne peut les apercevoir qu'avec le secours du microscope. Ces animalcules étant, comme on le conçoit, très difficiles k découvrir, on a remarqué qu'on pouvait en faciliter la reproduction en quantité prodigieuse, en faisant infuser toutes sortes de substances dans de l'eau ; et s'en étant procuré , par ce moyen de nombreuses espèces fort différentes, on les a toutes désignées pour cela, sous le nom de à* AnimQlcules des infusions j ou simplement dlNFUSOiREs, nom fort impropre qu'on leur applique encore aujourd'hui.
On conçoit que par cela même qu'on a réuni simplement dans une même classe tous les animalcules qui n'ont d'autre caractère commun que celui d'être d'une petitesse extrême, on a dû rapprocher nécessairement des espèces fort différentes, qui souvent n'ont aucune autre analogie entre elles ; et c est en effet ce qu'on reconnaît au premier coup d'œil qu'on jette sur ces Êtres infiniment petits ; vu qu'il suffit de comparer simplement leurs formes extérieures et les appendices que beaucoup dentre eux portent, k ceux que présentent les animaux mieux connus des autres classes ; comparaison par laquelle on peut se convaincre qu'k un très-petit nombre de genres près, tous les autres Infusoires appartiennent évidemment aux Classes des Crustacés, des Entozoaires et des Polypes, mais surtout h la seconde; et quelques genres seulement , formant la Famille des Rotifères, peuvent être considérés comme devant constituer une Classe h part, qui sera le mieux désignée sous cette dernière dénomination ; encore ces animalcules ont-ils les plus grandes analogies avec
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]es Polypes, et spécialement avec les Vorticelles. En effet, ces petits animaax ont , comme celles-ci , le corps en forme de bourse, terminé par une queue, au moyen de laquelle ils se flxent momentanément, et portent sur deux côtés opposés de leur bouche un petit appareil en forme d*entonnoir membraneux cilié, qui, par ses mouvements vibratiles, semble tourner avec vitesse sur lui-même. Ce mouvement produit dans Teau un tournoiement qui semble indiquer que ces roues servent k la respiration ; en même temps que le mouvement qu elles impriment au liquide ambiant , entraîne les corpuscules environnants, et les conduit dans la bouche, où le Rotifère les retient s*ils sont susceptibles de pouvoir servir k sa nourriture. Ces petits appareils ne sont, comme on voit, au fond, que ceux des Vorticelles^ qui ont les mêmes effets , mais sont un peu plus compliqués que ceux-ci, el peuvent de même que ces derniers être repliés dans la cavité buccale lorsque Tanimal se contracte.
Tels sont les Furculaires^ les Tubicolaires, les Vaginicoles et les Branchions. Ces deux derniers genres se distinguent même des autres en ce qu'ils ont le corps renfermé dans une carapace calcaire en forme de cornet largement ouvert en avant, par où le corps de Tanimal peut sortir en partie, et offrant postérieurement une ouverture donnant issue k la queue . servant k fixer Tanimal.
Outre ces particularités qui indiquent déjà une grande complication dans leur organisation , les Rotifères nagent avec une extrême vitesse, ce qui prouve aussi que leurs organes du mouvement sont assez compliqués. Enfin la grande transparence de leur corps permet de voir que, même intérieurement , ces animalcules sont loin d'être aussi simples dans leur organisation qa*on a bien voulu le penser, laissant apercevoir divers viscères, et entre autres un canal digestif plus ou moins compliqué.
Enfin ces animaux , qu'on place a tort au dernier rang » ne sont jamais composés.
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Cette petite Classe a offert , dans la Furculaire des toits » le premier exemple d'animaux qui pouvaient rester très-longtemps k Tétat de complète dessiccation , où tout signe de vie disparait, pour revenir ensuite, en peu d'instants, par une espèce de résurrection , k recouvrer toutes leurs facultés vitales, après avoir été de nouveau humectés; comme s'ils n'avaient jamais éprouvé aucune altération.
Ces très-petits animalcules vivent d'ordinaire dans les gouttières des toits, où ils trouvent d'immenses espaces pour s y mouvoir entre les grains de sable qui s'y amassent. Mais comme ils se trouvent fort souvent dans le cas d'être complètement desséchés, il parait que cette alternance de vie et de mort apparente peut se renouveler souvent sans que ces petits Êtres périssent, malgré les énormes variations de température qu*ils subissent; le thermomètre s'élevant, dans le sable où ils se trouvent desséchés, au soleil, à plus de SS"*, suivant les observations du Professeur Spalanzami, à qui nous devons cette remarquable découverte ; faculté qu'il a en outre trouvée dans deux autres animalcules vivant également dans le sable des gouttières, mais dont Tun, qu'il nomme Tardigrade, appartient évidemment k la classe des Crustacés, et le second, en forme de petit ver, est probablement un Ëntozoaire (1).
Or ces dessiccations et ces retours k la vie peuvent nonseulement se répéter plusieurs fois sur le même individu, mais la dessiccation peut durer même plusieurs années, sans que ces animaux périssent réellement , ainsi que l'affirme déjà Spalanzani, et après lui M. le Professeur Schultze, qui a répété ces expériences sur le Tardigrade , auquel il a imposé le nom plus scientifique de Macrobiotus Hufetandii; animalcule qu'il a rappelé k la vie après huit années de dessiccation, en rhumectant simplement pendant quelques minutes.
(1) Spalanzani. Opuscules de Physique animale et tégitak, t777 , vol. B, pi. IV , ûg. 7 et 8.
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Une autre espèce, que Othon Mvller désigne sous le nom de Vibrio Saxïllifer, dont le corps a la forme d*une petite tige droite . est remarquable en ce qu'il a I habitude de marcher par troupes nombreuses parfaitement alignées comme des soldats , en exécutant comme eux des changements de froDi avec toute la régularité d'alignement des militaires les mieut exercés.
ËnGo le plus petit animal connu, le Monas termo (1), qui me semble a^oir beaucoup d'analogie avec les Cypris, de la Classe des GutsTACÉs , ne parait , tu Mt microscopes les plus fortâ , que simplenient 6oud la forrile d'une pfetMe boulette ovale , k laquelle ou n'aperçoit aucun appendice qu'on puisse considérer comme une rame; et cependant cet ani^ malcule nage avec une extrême célérité. Cette Monade est tellement petite que iï5,000,000 réunis n'égalent pas le vdiume de la plus petite tète d'épingle ; son corps n'ayarit pas plus de -g^ de millimètre de long ; et cependant vu seulement la facilité de ses mouvements, son organisation doit être fort compliquée. Qu'on juge alors de l'extrême ténuité de ses différedtd organes , dont chacun reçofit des nerfs pitis petits encore, lui communiquant le pouvoir de remplir seë fbiietions ; et cette extréhie limite Où ridticr abandonnent lous nos moyens d'investigation hb saurait êtrb gbllb à laquelle A DU S'AtlkftTBR LA TOUTË-PIJiSSANGB DU CRÉATEUR , ÎODTB-PUISfeAMdB ^t5\ SB «ANIFESTE DAl^S CES ANIMALCULES Si PBTITS ^ n'ullB HANlÈftB PLUS SUBLIHÉ ENCORE (JUB DANS LES B8PÈGBS LB& PLUS COLOSSALES DE LA NATURE.
(0 Voyes la note n* 24.
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