‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 54 sur 136 · CHAPITRE Vllt · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vllt

barbare indifférence avec laquelle une Mère abandonnne dès sa naissance k la main étrangère l'Enfant qu'elle vient de mettre au monde ; et précisément au moment où cette créatore si faible et si digne d*qne tendre aflection a le plus besoin des secours que nuls autres que ceux qui Taiment passionnément ne peuvent lui prodiguer ; sublime tendresse k laquelle Tanimal ne manque jamais, tandis que l'espèce humaine est seule capable de se dégrader jusqu'à ce point, en descendant ainsi au-dessous de la brute. Or cette tendre affection naturellement innée k toutes les mères , ne disparait du cœur de la femme que par l'effet du plus méprisable égoisme, qui étouffant dans son sein les sentiments les plus sacrés, ne lui permet plus de penser qu'aux frivoles jouissances du moment , k la satisfaction desquelles la présence de Tenfant fait obstacle. Aussi combien est peu digne d'estime cette femme qui ne se marie que par un sordide intérêt pécuniaire, et dans l'espoir des plaisirs que cette nouvelle position lui procure; et qui ne devenant enceinte que par surprise est désolée de voir arriver le moment où elle doit devenir mère, maudit et condamne déjk d'avance le malheureux enfant qu'elle va mettre au monde !

Je suis loin , bien loin , de vouloir accuser ici toutes les femmes; la plupart accomplissant heureusement la volonté du Créateur, qui a mis dans leur cœur, comme chez toutes les mères, un attachement instinctif pour leurs enfants porté jusqu'k la plus brûlante passion , y apportent encore cette exquise douceur, cette tendre bonté qui les caractérisent , unies au sentimentde la plus charitable bienfaisanc; éminentes qualités par lesquelles Dieu les a rendues capables de prodiguer avec délice les soins les plus affectueux au tendre fruit de leur amour; aussi le cœur de la plupart des femmes est-il le plus admirable objet sorti des mains du Créateur, et devant lequel nous n'avons qu'k faire fléchir notre orgueil, en lui rendant le respectueux hommage qui lui est dû.

La divine Providence avant ainsi mis dans Tinstincl rie

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tous les Êtres sensibles les sentiments de la plus vive affection pour leur progéniture, avec rindicatioii des soins qu'ils doi* vent donner aut nouveaux individus qu'ils produisent, nous avons souvent lieu d'admirer l'art avec lequel une foule d'espèces, et entre antres les Oiseaux, construisent les nids dans lesquels ils élèvent les petits qu'ils vont prochainement produire en conséquence de leur accouplement ; véritable mariage auquel est attachée chez eux Tidée d'une affectaeuse fidélité. Unis alors par les liens d'un amour constant, les couples, dans la plupart des espèces, ne se séparent plus jamais, pas même pendant les plus rigoureux hivers , où toute Tardeur de l'amour parait devoir être éteinte chez eux , mais qui renaît avec une nouvelle passion aux premiers beaux jours du printemps, qui les raniment en les portant de nouveau k s'occuper assidûment du bonheur d'élever une nouvelle Tamille, alors que la précédente a été dispersée.

Quoique cet art soit instinctivement inspiré k chaque espèce par la divine Providence, et soit par Ik constamment le même, sans avoir jamais été perfectionné, produisant toujours le même objet; il n'en est pour cela pas moins ad* mirable tant par la charmante construction que reçoivent ces nids, oà l'on croit apercevoir l'application d'une science raîsonnée, que par le peu de moyens d'exécution que ces animaux possèdent, leur bec devant suffire k tout.

Or ce petit édifice fait avec tant de soin ne doit cependant pas servir d'abri k eux-même^, mais simplement de berceau k leurs petits; ne l'habitant jamais après que l'éducation de ceux-ci est achevée ; et l'abandonnent alors pour vivre ailleurs avec leur famille, en errant, comme avant, dans la contrée; n'adoptant que pour le repos du sommeil , quelque lieu convenablement choisi , où ils établissent k cet effet leur domicile, auquel ils reviennent chaque soir par l'effet de l'habitude; conséquence du sentiment d'affection qui les anime tant pour leur famille que pour les objets qu'ils y retrouvent.

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Ce même soId dans la construction des nids pour l'éducation des petits, ne se trouve guère ohes les MAimiPkREs que dans quelques petites espèces ; celles qui par leur faiblesse ont le plus besoin d*étre it Tabri de Tintempérie de Tatmosphère; encore y mettent-elles bien rarement cet art qui distingue les nids des Oiseaux. Les grandes espèces se contentent de mettre bas an lieu ordinaire où elles so reposent habituellement; et parmi celles de moyenne taille , il n*y a même qu'un petit nombre, celles qui, par instinct habitent dans des cavités, qni y établissent aussi le bercean de leur progéniture; et si certains Mammifères se font remarquer par les soins qu'ils mettent dans rétablissement de leurs habitations, c*est plus pour leur propre bien •• être « que pour celui de leurs petits.

Il est fort intéressant de voir les moyens intelligents d'éducation qne certaines espèces d'oiseanx emploient pour apprendre à leurs petits à trouver eux-mêmes leur subsistance; moyen que j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer chez le Moineau , qui nourrit ses jeunes en grande partie de chenilles. Dans leur premier âge, ces petits oiseaux reçoivent simplement, en ouvrant largement leur bec, l'aliment que ienr apportent leurs père et mère, qui Ty déposent avec soin ; mais plus tard , alors que les jeunes ont déjk acquis un peu de force , l'ardeur de la faim les fait avancer un peu vers ceux qui leur présentent la becquée ; surtout lorsque ayant une fois quitté le nid , ils vont en criant et battant des ailes d'impatience, au devant, en s'arrétant toutefois k une petite distance pour attendre qne leurs Père et Mère achèvent de s'approcher d'eux : mais alors aussi , ceux-ci commencent b ne plus aller tout à fait jusqu'h eux, et leur montrent la chenille en s'arrétant d'abord assez près pour que les jeunes oiseaux n'aient que quelques pas k faire pour aller la recevoir. Habitués bientôt k ce moyen de recevoir leur nourriture et plus jamais autrement , ils s'empressent d'aller la chercher pour la prendre du bec de celui qui l'apporte; alors

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celui-ci , au Heu de tenir la chenille élevée , la tient plus bas , près de la branche sur laquelle les deux oiseaux posent; et le jeune, déjk plus exercé, va la recevoir : enfin le Père et la Mère ne la leur déposent plus directement dans la bouche, mais la placent sur la branche devant le petit, pour le forcer à la prendre ailleurs que de leur bec. C'est Ik la partie la plus difficile de toute l'éducation , le jeune ne' pouvant pas facilement concevoir qu'il doit enlever lui-même sa nourriture sans la recevoir directement; et les Père et Mère tenant ferme k ne pas céder aux instances de leurs petits, exprimées par des cris et des battements d'ailes vivement répétés , restent inébranlables devant eux , en leur montrant leur pitance, que les jeunes, forcés par la faim, sont bien obligés d'aller prendre eux-mêmes. Alors tout est fait , il n y a plus qu'à les conduire aux lieux mêmes où ces objets se trouvent, pour, qu'ils les saisissent de suite à la première vue.

Parmi les Oiseaux qui vivent habituellement à terre ^ tels que tous les Gallinacés ainsi que la plupart des Palmipèdes, les petits ont la faculté de courir, et cela même avec une grande facilité, peu d'instants après être eclos; en même temps qu'ils ont l'instinct de saisir seuls les objets dont ils se nourrissent , sans que leurs père et mère les leur offrent.

Dans toute la classe des Reptiles, les appareils génitaux n'offrent rien de particulier qui les distingue d'une manière notable de ceux des Oiseaux. Ces animaux ayant le sang froid, c'est-ii-dire à peu près k la température de l'élément ambiant, l'incubation est sans but, aussi aucune espèce ne fait de véritable nid ; les uns se contentant de placer leurs œufs dans des lieux à Tabri de l'intempérie de l'air, où ils les gardent souvent à vue jusqu'à ce qu'ils soient éclos , et même encore quelque temps après, sans leur donner du reste des soins.

Ces animaux étant généralement peu intelligents, la Providence les a dispensés de ces soins, eu leur accordant la fa*

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culte de pouvoir se suffire ik eux-mêmes dès leur naissance . où ils peuvent marcher, ou nager et manger, sans le secours de leurs Père et Mère. Il n'y a guère que quelques espèces qui donnent certains soins à leurs œufs afin d*en faciliter Téclosion. Pour cela , les uns les enterrent dans le sable, qui leur conserve une chaleur forte et égale pendant Tincubation. Le Crapaud accoucheur aide sa femelle h se débarrasser de ses œufs qui se suivent en un long chapelet dont il s'entortille le corps, et les porte ainsi dans l'eau , où seul ils peuvent éclore. Le Pipa, au contraire, les place sur le dos de la femelle dont les téguments se tuméfient tout autour, en formant à chacun une cellule dans laquelle non-seulement il éclôt, mais où le petit passe même la première période de sa vie , celle de Têtard.

Parmi les Serpents, certaines espèces et notamment les Yipéres , qui en tirent leur nom, mettent des petits vivants au jour; mais ce n'est point qu'ils soient pour cela Viv'pares h la manière des Mammifères, mais seulement parce que leurs œufs éclosent dans le corps même de la mère avant d'être pondus, en y subissant une espèce d'incubation , sans adhérer à la mère après la fécondation , ainsi que cela a lieu chez les Mammifères; et ce mode est appelé de là Ovo-Vivipare.

Tous les Reptiles, k l'exception de ceux de I'Ordre des Batraciens, naissent avec la forme qu'ils doivent toujours conserver, tandis que ces derniers offrent dans leur premier âge une organisation ayant une grande analogie avec celle des Poissons , surtout quant au système circulatoire et a Tappareil delà respiration; et subissent plus tard une véritable métamorphose graduelle, par laquelle ils perdent certains organes , et en acquièrent d'autres pour prendre la forme des individus adultes : ce sont les seuls Vertébrés qui subissent de ces transformations.

Sous la première forme, où ces animaux prennent le nom de Têtards , les Grenouilles et les Crapauds , aussi bien que les Tritons, etc., ont le corps' rond déprimé, sans aucun

membre, et terminé par uue longue queae aplatie latéralement en longue lame, au moyen de laquelle ils nagent ^ Tinstar des Triions adultes et des Poissons.

Leur Appareil respiratoire est double , étant formé k la fois de deux Poumons et de deux Branchies. Ceux-là, d*abord rudimentaires et sans fonction bien active, se développant graduellement dans les Têtards pour fonctionner seuls après la métamorphose ; celles-ci , en forme d*arbuscules placés extérieurement sur le cou , chez les Urodèles , et cachés sous la peau dans les ânaures , n'agissent que pendant la vie aquatique , pour disparaître après chez la plupart des espèces.

Le Système circulaloire consiste, de même que chez les adultes, en un Coeur à un seul Ventricule et une seule OreiUette , et le tronc artériel qui en sort forme de chaque côté autant de rameaux qu'il y a de parties principales aux branchies auxquelles ces vaisseaux se distribuent, et d'où le sang revient par des Veines branchiales qui se réunissent en un seul tronc se continuant avec Y Aorte dorsale, comaie chez les Poissons ; et c'est de ce dernier vaisseau que naissent la plupart des artères du corps ; une seule branche se rendant au poumon constitue la Veine pulmonaire.

Lors de la métamorphose, les vaisseaux branchiaux s'oblitèrent , à l'exception de deux qui deviennent les Veifies pulmonaires.

L'Appareil digestif éprouve de même de notables changements, ces animaux étant la plupart herbivores à l'état de larves ou de Têtards, et carnassiers k l'état adulte.

Ces animaux n'ayant point de membres sous la première forme, il leur en pousse graduellement , et d'abord la paire postérieure, la première visible au dehors; tandis que l'antérieure se développant sous les téguments, qu'elle perce ensuite, n'est d'abord pas apparente.

Les Anaures (grenouilles et crapauds), pourvus d'une longue queue servant à la nage , la perdent par une espèce

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de gangrène qui la consume, au point qu'il n*en reste que les premières vertèbres cachées dans la chair et formant plus tard le stylet caudal dans Tanimal parfait. Chez les Urodèles {TritonSy Salamandres) y au contraire, la queue persiste.

Les Ovaires de la plupart des Poissons cartilagineux, ceux qui s'accouplent , offrent à peu près une composition semblable à celle des ovaires des Reptiles ; mais il n'en est pas de même des Poissons ordinaires ou osseux. Ici, ces organes forment deux longs sacs fusiformes placés le long de la colonne vertébrale , et qui s'ouvrent directement au dehors près de Tanus, sans interposition d un Oviducte. Ces sacs sont divisés intérieurement avec une assez grande régularité par des plis longitudinaux auxquels adhèrent les oeufs, tous de même grandeur» et qui doivent être pondus à la fois au moment du frai , et dont le nombre est souvent prodigieux, allant, dans certaines espèces, au delà de plusieurs centaines de milles, et même de 1,400,000 dans l Esturgeon. (Voyez CuviER, AnaL comp , t. V, p. 293.)

Tous ces œufs étant pondus en même temps avant d'être fécondés, le mâle qui vient après, et souvent pas immédiatement, répand sa laite dessus pour leur communiquer l'action vitale, qui anime dès lors les germes des jeunes Poissons qui en naissent.

Chez les Poissons cartilagineux qui s accouplent, les Ovaires renferment au contraire des œufs en nombre bien plus petit et de grandeurs différentes , devant être sans doute fécondés successivement, et pondus seulement à mesure de leur maturation.

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