CHAPITRE VIII
De même que les Animaux parfaits, les Fœtus ayant besoin de respirer pour refaire le sang après quMI a circulé dans le corps, cette fonction si importante est remplie, chez les Mammifères, par Tintermëdiaire de la mère, qui envoie au fœtus du sang artériel qui a respiré chez elle , et en reçoit le veineux après le circuit qu'il a fait dans le foetus : double transmission qui a lieu au point où Tœuf. plus ou moins développé, est greffé sur la matrice. Cet échange du sang ne pouvant pas avoir lieu chei les Oiseaux et autres ovipares, le Créateur y a suppléé en donnant au fœtus de ces animaux un organe respiratoire propre, formé par la membrane de la coque, qui en remplît la fonction dans toute son étendue, se trouvant parfaitement disposée pour cela, k la face interne de la coque calcaire criblée de pores, par où l'air arrive à cette membrane, avec laquelle le fœtus communique par uii cordon ombilical renfermant les deux espèces de vaisseaux sanguins.
Nous trouvons ainsi encore dans les conditions de cette dernière disposition l^ prsuvb dbs soins minutibux avec
UtSQUBLS CHAQUE mCONVÉVIBMT BST PRÉVU IBT ÉVITÉ.
La véMCule du Jaune portait le germe du jeune Oisbau est formée dans Tovaire, organe tout autrement constitué que eiiei les MAMMiriRBs. Chez ceux-ci, il est pair, ainsi que je I ai déyii dit plus hfiut, tandis que dans les Oiseaux il n*en ^iste d'ordinaire qu'un seul, celui du ooté gauche, le second Minquant tout k fiait, ou se trouve du moins beaucoup plus petit. Dans quelques espèces cependant les deux ovaires sont bien développés.
An lieu d'offrir la forme d'une masse en apparence glandaleose, cet oi^ne présente, chez les Oiseaux, celle d'un vaisseau ramifié, dansles petites subdivisions duquel naissent les œufs; ees rameaux s'embranchani ensuite les uns dans les autres, ne forment k la fin qu'on seul tronc commun qui se porte en arrière pour s'ouvrir dans Tévasement d'une Inmpe analogue k celle des Mammifères, mais autrement
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disposée, ne ibrmant, dans sa partie postérieure, qu'oD seul canal cylindrique ou OviducU^ qui va s'ouvrir dans le Cloaque , par où passent les œufs , sans interposition d'une Matrice : otgane qui serait sans but chez ces animaux.
Les germes des œufs ne consistent d'abord que dans le Jaune , revêtu de deux tuniques » celle qui lui est propre et la membrane de la coque; mais bientôt l'intervalle de ces deux tuniques s'emplit de la substance du Blanc , et l'œuf prend par là toute sa gandeur et sa forme ; mais il lui manque encore la Coque calcaire , qui ne se dépose k sa surface que dans l'oviducte.
Quoique la coquille calcaire ne paraisse être due qu'à un simple dépôt de matière terreuse mêlée d'un peu de substance animale qui s'applique sur la coque membraneuse , elle offre cependant une structure déterminée , étant criblée d'une infinité de pores visibles k l'œil nu , par lesquels Tair extérieur pénètre dans l'œuf pour servir k la respiration. Tel est l'état de Tœuf au moment où il est pondu ; alors , quoique fécondé, le principe vital n'y est encore qu'k Télat latent, son activité ne commençant que sous Tinfluence d'une chaleur assez considérable, k laquelle il ne se trouve d'ordinaire exposé que pendant Y Incubation^ ou la mère la lui communique en se posant en permanence dessus ; cette chaleur monte graduellement k cette époque de ^ a 50 degrés de température, comme par l'effet d'une véritable fièvre chaude que la mère éprouve, et qu'elle conserve jusqu'au moment où tous ses œufs sont éclos.
Je voudrais pouvoir entrer ici dans les intéressants détails des étonnantes évolutions auxquelles le germe est soumis pendant Tincubation , où il change plusieurs fois de forme avant d'arriver k constituer le corps parfait du jeune Oiseau; mais comme son organisme se complique de plus en plus à mesure qu'il se développe, les descriptions queje serais obligé d'en donner deviendraient beaucoup trop étendues pour cet ouvrage, et ne sauraient être comprises sans le secours de
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nombreuses figures. C'est à regret que je me vois forcé de renvoyer ^ ce sujet aux ouvrages spéciaux qu'on a publiés sur cette partie si intéressante de Tanatomie comparative , où se dévoilent encore des faits physiologiques des plus remarquables, tant sons le rapport des résultats que, sous celui des
SAYANTS moyens QUE l'InTELLIGEMGE SUPRÊME Y A EMPLOYÉS
pour produire finalement l'admirable organisme si complexe et si varié dans ses innombrables parties que présente le corps d'un Oiseau ; et des efiets semblables se produisent dans le même but chez tous les autres animaux
Il suffira toutefois de dire en quelques mots que le germe ou Cicatricule, au moment où il reçoit sa vie propre par l'acte de la fécondation, constitue une petite tache d'un blanc opaque formé de granulations inhérentes à la membrane du jaune, et reste dans cet état jusqu'k ce que la température de l'œuf se trouve élevée à 40^ environ ; alors le principe vital qui l'anime se met seulement en activité , les petits grains blancs se fondent et semblent disparaître ; mais il se forme à leur place un petit disque circulaire qui s'agrandit progressivement , et finit par envahir une partie notable de la membrane du jaune. Ce disque est formé de trois lamelles, dont la superficielle est destinée k former plus tard les téguments du jeune sujet et ses annexes ; la seconde, une membrane vasculaire renfermant les principaux troncs du système sanguin et ses dépendances; et la troisième, est une membrane séreuse dont les parties constitueront les membranes de même nature , tapissant les diverses cavités du corps.
Sur la membrane moyenne se forment bientôt de nombreuses petites gouttelettes de sang , d'abord isolées; mais qui , confluant bientôt les unes dans les autres, forment de petites traînées de sang qui constituent les premiers rudiments de vaisseaux qui se dirigent progressivement vers la circonférence, où ils s unissent tous en un gros vaisseau circulaire occupant le bord de la lamelle. A mesure que ces
â8â THBOLO^ll DX LA BATURE.
vaisseaux se fonnenl, il s'y établit ud mouvement drciilatoire du sang, allant du milieu de la membrane vers le canal circulaire, et d'un point de celui-ci vers le centre de la triple lamelle, où se forme plus tard le tronc du jeune sujet
Pendant que cet efifet a lieu, on commence aussi k voir se former, au milieu du même disque, un petit trait blauchitre constituant la première trace de la MoéUe ipiniire^ei dont Tune des extrémités , répondant k la tête de Toiseau , se repfle considérablement en devenant le Cervettu.
Après ces premiers rudimentsde Tanimal , la triple membrane commence à se pUsser, principalement d^avaot en arrière , et ces plis se rapprocheai par paire, leun bords ûoissaot par se rencoqtnir pour ne souder entre eux de différentes manières ; et c'(^ de tou^ ces pliieementseo diflérents sens que résulteat k la fin toutes les parties tt caviiés principales da eorps 49 Toiseaii ; en même temps qne . les divers organes se forment dans leurs iaiervaltes. Enfin œ disque I enveloppant vue partie notable de jamie, rëtreint par ses bords et se fertie sur lui en formant lee parois abdoininales ; et le reste de la vésicule du jaune , formant' une bourse rentre dans T^bdooiefi , oh ii ne disparaît complèteqaent qu'après la naî^ea^ee de TOiseau.
Le petit animal étant eomplélewent formé, il eetmuriesx de voir comment il est artistemeat pelotonné sur lui-aaéme pour conserver, malgf^ |a forme propre a son eorps , celle d'un ovoide que présente Ym^t dans lequel il est reafermé, et cela saps laisser en quelqi» aorte aucun vide.
Les deux pattes dirigées en avant soat appliquées contre la face antérieure de Tabdomen ; le eou recourbé de cdiié passe sous l'une des ailes « et la léte revenant en avant , a la pointe du bec appuyée contre la coquille k côté de la poitrine; oA par reflet de sa dureté il commence par enfoncer la coquille peu de temps avant l'éclosîon , afin que déjk alors la respiration directe par les pouflM^ns puisse librement s'établir; et une fois percée bi coquiUe, devenue très-friable, se brise bientôt
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tottl autour par suite des uiouvemeuts d'extension que fait le petil animal. Mais ce qui est en outre remarquable, gommb
SOIN UB PRÉVOTANfiK DANS L'AGCOMPUSSEIIENT 0B CET ACTE SI IMPORTANT D6 LA NAISSANCE DE l' OISEAU, G*EST QU'lt PORTE AU BOUT DE LA MANDIBULE SUPÉRIEURE DE SON BBC UNE PBTITB ÉGAILLE CORNÉ K FOHT DURE, CARÉNÉE EN ANGLE DANS SON MILIEU, BT DONT LE TRANCHANT, FAISANT LES FONCTIONS DU DIAMANT DU VITBIER , ENTAME AISÉMENT LA COaUILLE ET FACI- LITE PAR LÀ CONSIDÉRABLEMENT SA BRISURE. Cette pOtitO
écailla persiste encore quelque temps après la oaissaoce, et tombe après coiuiDe devenue inutile.
Quoique le sei9 du jeune Poulet paraisse ne devoir influer aucunement sur la forme d'abord toujours sphérique du jaune , et moios encore sur celle du blanc, qui D*es( qu'une sutetance simplement sécrétée et fluide qui devrait , par l'effet même de cette fluidité , tendre k prendre également la forme arrondie , il est remarquable que cette influence du sexe est cependant asses grande pour que TensemblB de la ferme d^ Tcauf soit déjk différent à une époque où le jeune Oiseau Q*mste eoeore qu'en sim|)le germe; lui-même tout à fait rudimentaire. J'ai remarqué que du moins les oeufs de Poules qui produisent des mâles sont d'ordinaire plus graqds que ceux dont doivent naître des femelles » en offrant en même temps des ditmètres des extrémités plus inégaux; tandis que les œufs qui donnent naissance ^ des Poules sont plus elliptiques , les deux bouts étant presque de même grosseur.
Dans tous les autres Vbrtébbés , et je dirai même chez tous les Animaux, l'œuf est au fond toujours composé des mêmes parties analogues k celles des Oiseaux qu*on a le mieux étudié dans les évolutions du germe et du Fœtus , en offrant toutefois, comme on doit le penser, des différences notables, suivant les Classes: et déjà eelles-Ik, que la tem* pérature nécessaire au développement des jeunes sujets varie considérablement; se trouvant être , pour la plupart des
!28i THEOLOGIE DE LA NATDRC.
espèces, celle de Tair pendant Tété. Aussi aucun autre animal que les Oiseaux ne couve réellement ses œufs , ne pouvant leur communiqur aucune température plus élevée qae celle de l'élément ambiant. Les animaux aquatiques les déposent cependant assez ordinairement dans des lieux où l'eau peu profonde est exposée au soleil , et peut de là s'échauffer un peu plus; en même temps que l'effet de la lumière parait avoir une grande influence sur le développement des germes.
' Si la plupart des Animaux ne couvent point leurs œufs , par cela seul que cela n*est pas nécessaire , un grand nombre» et surtout ceux des classes supérieures , leur donnent toutefois divers soins, ainsi qu'aux petits qui en proviennent , afin de les amener à bien , et mettre ceux-ci en état de pourvoir eux-mêmes k leur entretien. Mais les limites que j'ai dû donner à cet ouvrage ne me permettent pas de décrire ici les soins assidus et la tendre affection que les animaux ont pour leur progéniture; affection que le Créateur a , dans sa sublime sagesse , ainsi que je l'ai
DÉJÀ FAIT remarquer AILLEURS , ÉLEVÉE DANS TOUS JUSQU'À
la passion la plus vive , surtout chez les mères , en vue d'assurer par l'effet de ce noble sentiment , l'exécution
DE TOUS CES SOINS DONT CES ÉtRES, d'ORDINAIRE SI FRÊLES ET SI DÉLICATS, ONT BESOIN DANS LES PREMIERS TEMPS DE LEUR
EXISTENCE ; soins qui varient à l'infini selon les espèces innombrables du Règne animal. Il suffira toutefois d'en indiquer ici quelques-uns pour rappeler simplement à Tesprit ces soins si dignes de fixer l'attention de tout le monde et surtout celle du moraliste : quoique ces soins soient sou vent peu appréciés chez les Animaux; qui, par cela même qu'ils sont plus inférieurs il l'Homme , lui font souvent honte par les sentiments d'attachement portés jusqu' au dévouement le plus absolu qu'ils témoignent k leurs petits; tandis qu'un grand nombre de personnes s'en trouvent si peu capables. Nulle part chez les Animaux on ne trouve celle froide et