CHAPITRE IX
d*imperfection et de mollesse telle qu*on D*y distingue qu*un faible tégument rempli d'une substance gélatineuse; et c'est dans cet état de Chrysalide que ces mêmes organes acquièrent en quinze jours, pour la plupart des espèces, leur parfaite maturité, où une dernière mue ou seconde métamorphose apparente donne le jour au Papillon.
Les organes buccaux ne devant plus servir qu'à humer le miel des fleurs, liquide naturellement répandu, où il n'y a aucune partie h entamer ni rien à découper ou k broyer, le Papillon n*a plus besoin des lèvres, des mandibules et des mâchoires de la Chenille , mais uniquement d*une Trompe ou simple tube capable de pouvoir servir à aspirer cette substance que la Nature semble avoir produite exprès pour servir de nourriture k ces gracieux animaux. Aussi tous ces organes de la bouche de la chenille disparaissent-ils par atrophie pendant la métamorphose, à Texception des deux Mâchoires qui, changeant toutefois entièrement de forme ,
SONT TRANSFORMÉES EN DEUX LONGUES TIGES GRÊLES, EN DEMl-CÔNB, FORMANT PAR LEUR RAPPROCHEMENT UN TUBE FORT AUONGÉ, ADMIRABLEMENT CALCULÉ POUR POUVOIR ATTEINDRE jusqu'au fond de la corolle des FLEURS OÙ LE MIEL EST SEUL PRODUIT ; LIEU QUE l'iNSECTB, TROP GRAND PAR SES AILES BTTROP DÉLICAT DANS SA CONTITUTION, NE POURRAIT JAMAIS ATTEINDRE SANS CELA.
Mais ces deux demi-tubes, si fortement allongés, eussent été exposés li une foule de causes qui auraient pu les briser, si la Nature , toujours si admirable dans sa prévoyante sagesse, n'avait paré à cet inconvénient, en rendant cette longue trompe flexible , en la formant d'un nombre considérable d'articles consécutifs cornés extrêmement courts qui loi permettent de céder en pliant. Ces articles sont en outre eux-mêmes conformés de manière que cette longue trompe puisse être roulée en une spirale serrée , abritée sous la tête dans une fossette extérieure occupant la place dés autres organes buccaux qui ont disparu.
306 TBÉOLOGII DS LA HATCRl.
Cette trompe ne devant servir dans sa fonction que peodant quelques instants par jour, devait être ainsi roulée, dans son état habituel, et de telle façon que Tanimal nen éprouvât aucune fatigue ; c'est-k-dire que la disposition en spirale devait être maintenue passivement sans aucun effort de la part de l'animal. Or on a déjà vu plus haut que souç cette forme enroulée, les petits articles dont elle se compose sont divergents entre eux , et s'écarte à la convexité de la spirale, laissant entre eux des espaces vides qui Faffaiblissent; mais que cet inconvénient, quelque légeii qu'il soit, a également été prévu, et qu'il y fut paré en plaçant de petite distance en petite distance, des portions d'articles entre les complets, afln de remplir ces intervalles et de donner plus de consistance à la trompe. Par ce moyen cette dernière est en outre forcée de se rouler d'elle-même en spirale, lorsque, abandonnée à sa propre élasticité dans le repos, elle doit s'abriter sous la tête : disposition que le papillon lui fait d'ailleurs également prendre, en la roulant par l'effet de mouvements volontaires qu'il lui fait exécuter au moyen de muscles infiniment petits contenus dans l'intérieur de chaque tige. C'est-à-dire que chacune de ces dernières forme séparément un tube complet dont la section est en croissant, et renferme dans sa cavité non-seulement les muscles dont je viens de parler, mais encore des Nerfs, des Trachées et du Sang qui y entretiennent la vie; et ce n'est que la partie extérieure concave du croissant qui constitue , avec celle qui lui correspond au côté opposé , le canal par où passe le liquide nourricier.
Or cette disposition des parties, tout ingénieuse qu'elle est dans sa simplicité , ne suffisait pas encore pour que la trompe pût remplir sa fonction avec toute la rigueur nécessaire; il fallait aussi que l'air extérieur ne pût pas pénétrer, par les joints des demi-trompes, dans le tube servant à aspirer le miel; ce qui aurait empêché celui-ci d'y monter par l'effet de l'aspiration. Pour maintenir en conséquence les
CHAPITRI IX. 307
deox tiges parfailciueiit unies, elles oui éié garnies sur leurs bords de très-peliies crénelures qui s*jBntre-croisant eutre elles, fixent intimement les deux demi-trompes Tuue contre Tautre.
Enfin les grands Papili^ons, tels que les Sphinx^ qui, eq raison de leur pesanteur, ne pourraient pas se poser sur les fleurs sans les affaisser, ont reçu la faculté de se maintenir facilement en station pendant le vol, afin de pouvoir plon-r ger leur longue trompe jusqu'au fond des corolles sans s'y poser. C*est ainsi qu'on voit le soir ces beaux Insectes crépusculaires visiter successivement d*un vol rapide et plein de grâce, toutes les fleurs d'un parterre eo s'anétanj presque immobiles devant chacune le temps nécessaire pour enlever le miel qu'elles produisent ^ ^n contribuant infioio^ent au charme de ces lieux émaillés de fleurs.
Les Antennes h peine visibles dans la chenille, où elles n'exercent sans doute que des fonctions peu efficaces, prennenlau contraire un très-grand déveloi)pement pendant les métamorphoses, devenant de longues cornes inulliarlicuiées, non plus implantées aux côtés iJe la bouche, mais portées au sommet de la tête chez le pan:!!on, et diverstîmcnt conformées suivant les espèces; en même temps qu'elles sont fort souvent plus grandes et plus compliquées daps les mâles que chez les femelles.
Les Yeux, au nombre de quelques paires seulement, placés aux côtés de la lête de la chenille , suffisants pour des animaux qui ne changent guère de place et trouvent toujours leur nourriture sur le lieu même qui les a vus naître, se mut tiplient, au contraire, jusqu'à atteindre le chiffre de plusieurs milliers chez le papilloiN qui, devant s t!:L.EVËH uans
l'air et chercher au LOliN SbS ALIMENTS , A BESOl^ D EMBRAS- SER À LA FOIS UN GRAND ESPACE; aussi ces ycux sont -ils tellement rapprochés que, moulés les uns sur les autres, leurs cristallins à ileur de tête prennent une forme généralement en hexagone régulier, et dont l ensedible coNSTiius
308 THBOLOCIK Dl LA NATURE.
CNB 8A1LLIB EN CALOTTE PLUS OU MOINS SPHÉRIQUE, AFIN QU*lL Y EN AIT DE DIRIGÉS DANS TOUS LES SENS.
Le reste du corps sabit des transformations tout aassi re^ marquables. Les trois premiers segments deyiennent le Tronc du Papillon, et les huit postérieurs, son Abdomen.
Le premier segment qui suit immédiatement la tête, l'analogue de ce qu^on nomme le Corselet dans les Coléoptères, se réduit dans sa région supérieure en une simple petite bande étroite restée membraneuse, cachée entre la tête et le thorax; Mais dans sa partie inférieure , où il porte la première paire de pattes , ses téguments prennent la consistance cornée , et se divisent, selon leurs fonctions, en plusieurs pièces mobiles ou soudées , pour fournir des points d'attache solides aux muscles moteurs de ces membres. Ceux-ci deviennent beaucoup plus longs et sont autrement conformés, en cela que leurs divers articles consécutifs, semblables entre eux dans la chenille, prennent la forme et la direction qu'ils offrent dans tous les insectes , et sont connus sous les noms de Hanche^ Ae Cuisse^ de Jambe et de Tarse; et ce dernier formé seulement d'un article dans la chenille en acquiert cinq chez le Papillon. Enfln le crochet terminal unique, est remplacé par deux placés à côté Tun de Tautre; et la même transformation a également lieu pour les deux autres paires de pattes.
Quant aux muscles qui meuvent les membres et leurs parties, ce ne sont que ceux déjk existant en petit dans la chenille, qui deviennent ceux de papillon , en s'allongeant considérablement, en même temps qu'ils se modifient dans leur forme.
Ce sont les trois segments qui suivent le corselet qui subissent les changements les plus notables dans celte transformation d'un animal purement rampant, en un autre qui marche avec la plus gracieuse légèreté et vole avec une remarquable facilité; et tout cela» lieu sans introduire aucune partie nouvelle dans l'organisme. Il a suffi porn cela i
CIANTU IX. 309
L'OlimSGIBMCB DIVINE DE MODIFIER UHIQUEMBNT QUELQUES OR^ 6AHES EXISTANTS, POUR OBTENIR CE REMARQUABLE RÉSULTAT.
J*ai déjà dit que les pattes des second et troisième seg* ments du corps de la chenille se transformaient par un simple développement en celles du thorax du Papillon ; mais déjà par cela même que ces membres doivent soutenir avec la première paire tout le poids du corps chez ce dernier, leurs muscles ont aussi dû acquérir plus de force , et de Ik plus de volume; aussi la partie inférieure des trois segments du tronc est-elle plus volumineuse que dans la chenille, pour loger ces muscles devenus plus grands ; mais pour cela ces segments du corps n'avaient pas besoin d'être beaucoup modifiés, ainsi que le prouvent les Myriapodes et les Insectes Thysanoures , qui n'ont point d*ailes , et même les Aptères (Pucés) qui en sont de nouveau dépourvus.
Mais c'est l'introduction des ailes dans Torganisme des Insectes qui a nécessité les grandes modifications que les segments du thorax éprouvent dans les métamorphoses, modifications dues aux conditions d'existence de la fonction DE 088 AILES.
On a vu plus haut qu'il a suffi à l'Intelligence créatrice de faire simplement subir un assez léger changement de forme et de proportion aux membres antérieurs des Mammifères pour les transformer en des ailes capables de faire exécuter aux Chauves-souris un vol facile. Nous avons vu aussi quelles savantes modifications elle a fait subir k ces mêmes membres chez les Oiseaux pour porter chez eux la fonction du vol au maximum de la possibilité.
Allant encore plus loin chez les Insectes , elle t a cbié, pour cette importante fonction, un appareil entièbbment nouveau qui en remplit tout aussi bien les condi- TIONS, sans avoir cependant organiquement aucune analogie avec celui des chauves-sauris et des oiseaux ; et cela uniquement en faisant faire de laides plis aux téguments latéraux du th9rax ; transformation d'autant plus remarquable qu'elle
3iO THlÎQLO«tt DC LA MATURI.
a lieu ici , non pas d*one espèce à Tautre comme chez les Vertébrés, mais sous nos yeux sur le même animai.
Poiir cela, il se Torme sous les vieux téguments, au côté de chacun des denx premiers segments du thorax, un petit pli saillant longitudinal capable de pouvoir s'étendre assez fortement par une légère traction en arrière, plis qui doivent constituer les quatre ailes du papillon, mais encore, comme tous les autres organes , dans un état de mollesse extrême.
Pendant le même espace de temps , les Pattes membraneuses, portées par les segments postérieurs du corps, s'atrophient en se raccourcissant, et disparaissent complètement sous leurs téguments avec les muscles et autres organes qui en dépendent; ne laissant, sur labdomen de la chrysalide, que quelques traces ressemblant h une espèce de cicatrice.
Tout étant ainsi préparé , la première métamorphose visible a lieu par Teflet d*nne simple mue que subit l'animal. Ce moment étant venu, la chenille exécutant des contractions successives dans les diverses parties du corps, ses vieux téguments sont portés en arrière , et se fendant enfin sur la tête , absolument comme dans les mties précédentes , la chrysalide en sort sous sa nouvelle forme.
Ses organes extérieurs, tels qûè les antennes, la trompe, les pattes et les ailes, tenant parleurs extrémités aux anciens téguments , ceux-ci , eti glissant étroitement sur le corps , entraînent ces organes avec eux, et les étendent le long du tronc , en les rangeant exactement les uds à côté des autres dans l'ordre de leur disposition. Le long de \û ligne médiane antérieure du corps se placent d'abord les deux trompes ; à leur côté, de plus en plus obliquement, les trois paires de pattes, puis les deux antennes, et enflu, tout k fait sur les côtés, les quatre ailes superposées. Toutes ces parties, d'abord isolées les unes des autres, mais intimement collées entre elles au moyen d une glu qui les enduit, restent fixées dans cette disposition, et séchant promptement, leurs téguments deviennent cornés.
CHAPITRS tX. • 3il
La peau étant h ta fin entièrement refoulée autour du dernier segment du corps, on ne comprend pas facilement comment les chrysalides des Papillons diurnes, librement suspendues par leurs pattes postérieures, peuvent s'en dégager complètement. Hàis ceci aussi a été facile à l'Intelligence SUPRÊME , QUI EN A MIS LE MOYEN DANS l'iNSTINCT DE
ces animaux.
Fixé par les petits crochets qui garnissent les pattes membraneuses postérieures, ce moyen de suspension cesse d*exister sitôt que ces pattes sont atrophiées, et que la peau, entièrement ramassée sur l'extrémité du corps, ne tient plus à ce dernier; d'où il résulte que la chi^ysalide devrait tomber faute d'attache. Mais cet inconvénient majeur a été prévu d'une inanière remarquable.
Quoique la peau soit partout détachée de la superficie du corps, elle y tient cependant encore par sa continuité avec la membrane intérieure du rectum , et ce faible lien, qui doit aussi se rompre bientôt, suffit toutefois pour soutenir un instant le poids de l'animal. Ok la Nature a, dans sa sagesse,
PRÉPARÉ POUR l'avenir UN AUTRE MOYEN DE SUSPENSION, EN GARNISSANT D*ÙN NOMBRE PLUS OU MOINS CONSIDÉRABLE DE PE- TITS CROCHETS CORNÉS L^EXTRÉMITÉ DU CORPS DE LA CHRYSA- LIDE formée en lamelle, et logée, chez la Chenille, dans la lame supérieure àû déi*nier segment au-dessus de l'anus. Pourvu de cet appendice, la chrysalide, sitôt que toute la vieille peati Ûe chenille est rassemblée en un paquet autour de Tantis, dégage, pai^ des mouvements remarquables de contraction, cette extrémité de son corus de cet anneau de téguments, et la poussant en haut, va là fixer par ses crochets au même botiton de soie auquel sont fixés les crochets des pattes; ayatit toujours la précaiition de la remuer fortement sitôt qu'elle a touché k ce bouton , afin de bien y implanter les {iëtits crochets, el un instant après la peau de chenille toriibe.
Dans cet état , la chrysalide , d'abord Irês-molle et à légu-
31 i TB^OLOCII DE LA NATDKK.
méats presque gélalineax , prend dans quelques instants de ia consistance, mais k sa surface seulement, où les téguments deviennent épais et cornés ; tandis que dans toutes les parties rentrées, et cela jusque dans les plus légers replis, entre les pattes, la trompe, les antennes et les ailes, ces téguments restent mous et fort minces.
Abandonné ainsi an repos, Tanimal ne remue que rarement en fléchissant son abdomen de côté , les seuls mouvements qui puissent exister chez lui pour se soustraire k quelque sensation pénible. Dans cet état, les organes des Papillons se développent souvent dans le court espace de quinze jours pour les espèces qui produisent plusieurs gé* nérations par an ; et dont la dernière seule passe Thiver, soit sous la forme d'oeuf, soit, rarement, sous celle de chenille , soit sous celle de chrysalide ; et cela sans prendre aucune nourriture.
J'ai même élevé des chenilles du Grand Paon provenant toutes d'une même ponte, dont les unes sont restées neuf mois sous la forme de chrysalides : du mois d'août au mois de mai suivant, temps ordinaire pour cette espèce; tandis que d'autres individus de la même ponte , maintenus dans les mêmes conditions, ne sont éclos que la seconde, la troisième et même la quatrième année ; et cela presque à jour fixe ; l'éclosion de cette espèce ayant lieu entre le 5 et le 15 mai. Inconcevable précision de saison après avoir traversé QUATRE ANNÉES SOUS l'iNFLUENCE DE TEMPÉRATURES SI DIFFÉRENTES, QUI n'ONT POINT INFLUÉ SUR CES ANIMAUX, DONT
l'Époque de la saison est si rigoureusement fixée par la VOLONTÉ DU Créateur.
Le moment de la naissance du Papillon approchant , ses téguments se forment sous ceux de la chrysalide, à travers lesquels on voit paraître les vives couleurs dont il est paré ; et k l'instant de son complet développement, le têt corné de la chrysalide s'ouvre dans tous les joints de ses parties superficielles , et l'insecte parfait en sort tout radieux des magni-
CHAFITRS II. 313
fiques coaieors dont la Nature Ta souvent si richement orné; et cet Être, naguère rampant et lourd , se dégageant de l'enveloppe qui l'a si longtemps tenu masqué, se montrant enfin sous sa forme parfaite, s'avance d'un mouvement lent, mais noble et plein de grâce, vers le premier objet auquel il puisse se fixer en attendant que les derniers effets de cette seconde naissance se soient accomplis en lui par le développement rapide de ses ailes, qui s'étendent à vue d'œil en s'affermissant, pour lui permettre de prendre enfin son essor, et jouir de la nouvelle vie à laquelle il Tient de naître ; nous offrant la plus belle image de notre Esprit , qui abandonnant sa dépouille matérielle s'élève vers les lieux de son éternelle félicité.
En effet, la naissance d'un beau Papillon didrhe est un des plus intéressants spectacles auxquels on puisse assister. À rinstant où le tét corné de la chrysalide commence à se fendre de toutes parts vers son extrémité antérieure, le jeûne papillon en agrandit les intervalles par les efforts qu'il fait pour sortir de son étroite prison ; et s'aidant bientôt de ses pattes les premières dégagées, il se tire facilement dehors ; mais qu'on se garde de vouloir lui aider en rien ; lui seul sait ce qu'il lui faut, et ce qu'il a k faire; car pour peu qn'on y touche , on trouble la succession rigoureusement prescrite de la série des phénomènes qui doivent se produire ; au point que si l'on cherche k faciliter son éclosion pour la hâter seulement de quelques secondes , et lui aider k dégager certaines parties de son corps qui paraissent embarrassées, on empêche le parfait développement de l'Insecte , qui alors reste informe , taht ont été précisés , par l'Intelligence suprême, les moindres causes et effets m doivent se produire successivement dans cet acte si
UIPORTANT POUR L' ANIMAL.
A l'instant où il vient de naître, ses membres paraissent encore affaiblis par leur long repos, et l'Insecte, sachant d'ailleurs par instinct quil n'est pas encore arrivé k son en-
3i4 THiOLOGtB DB LA NATURE.
lière perfection , reste qoelque temps immobile en altendsmi que tout soit accompli.
Tontes les parties de son corps ont dès le premier instant la forme et la grandeur qu'ils doivent toujours conserver ; iJ n*v a que les Ailes qui . tout en ayant leur forme définitive, sont toutefois fort petites encore, n'atteignant que la moitié de la longueur de l'abdomen. Ces organes devant avoir au contfaire une très-grande surface pour remplir convenablement leur fonction, eussent été exposés à de nombreux dangers d'être endommagées et même détruits pendant leur dévelop pement sur la chrysalide, si dès la première métamorphose ils avaient eu toute leuf grandeur ; Et cette exception dont ILS sont l'objet est un nouveau fait qui nous prouve avec
OUELLE SUBLIMÉ SÔLLi(JlftDE LJC PîiOVIDENCE A PBÉVU LES MOINDRES iNGON^ÉNIfifltè:
Au moment de la tiaii^sadc^ dii Papillon, les ailes ont moins de la moitié de là Ibtigueur et de la largeur qu'elles doivent avoir, mais sont plus épaisses qu'elle^ ne doivent être, et en outre de toutes les parties du corps les seules encore très-molles. Mais quelques secondes après que Tlnsecte est complètement dégiigê, on tes voit déjh grandir ï vbe d'œil pour atteindre en peu de minutes toute la grandl'ur qu'elles doivent atteindre. Effet sifaiplement produit par rinjectioh forcée du sâtig dans les canaux qtle foi'bient lés nervures de ces àileâ ; ces Irijëctions étant elles-diémes ôàudées par de fortes coiilhictions du corps de l'Insecte :
MOYEN AUSSI ADMIRAËLÉ! QltË SIMPLE QUE LE CRÉATEUR A EM- PLbvÉPOUR PRODUIRE UNE ËÏTENSlON AUSSI CONStDÉRABLE DANS tlN TEMt*S SI COUtlT,Et SANS VÉrITAI^LE CROISSANCE!, itUpOSSible
dans quelques minutes. Cette extension se faisant d'abord plus ou tnois irrégulièrètnënt dans les diverses parties des ailes , celles-ci se contournent et se chiffoiinerit considérablement dans les premiers instants ; mais à mesure qu'elles atteigtlent la limite de Itiir grahdeur, toutes les bosselures quelles présentent s'efifticeni, et chacune devient parfaite-