‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 63 sur 136 · CHAPITRE IX. 31 S · texte numérisé non relu

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ment plane; leul* membrane et surtout leurs nervures, d'abord très-molles, s'affermissent au même instant en prenant leitr consistance de corne, et le Papillon peut enfin prendre son essor

Telle est k peu près la succession des faits dans la ifàissance des Papillons diurnes, dont les chrysalides sont suspettdaed k iiu dans Tespace, et dont Flnsecte parfait n'a aucun obstacle à vaincre immédiatement après son écldsion. Mais cela n'est point en toute chose de même chez lès espèt;es dont la chrysalide est enfermée; ici les jeunes Papillons, après avoir quitté leur dernière dépouille, sont obligés de se dégâiger plus oti mdins péniblement des lieux où ils se trouvent. Cent dont la chenille tile un cocon , ont à le percer pour en sortir, et qdoiqUè cela se fasse assez rapidement , II faut louteibis que l'anlinal ^ emploie qtlelque temps pendant lequel il ne fdttdrâît pas qtie ses ailes grandissent, t^ qui l'empêcherait de Sortir.

Cet inconvéniëtit est sUftout très-grand pour les espèces qui se métamorphosent sous terre, et dont le papillon doit avoir le temps souvent fort long de se dégager au moyen de ses faibles pattes, dvec lesquelles il ail (buir la terre. Or ces mco^vénients aussi okt été parpaitement prévus par lb Créateur, qui, dan^ sa sublime Sagesse, y a remédié eh prolongeant uniquement pour craque espèce , selon les

CONBltlÔNS DANS LESQUELLES IL L'A PLACÉE , LE TEMPS QUI s'écoule du MOMENT Ot) LE PAPILLON ÉCLOT JUSQU'À CELUI OÙ SES AILES COMMENCENT Â S' ÉTENDRE; TEMPS CALCULÉ POUR ÊTRE PLUS CONSIDÉRABLE QUE CELUI QUE LE PETIT ANIMAL DOrr EMPLOYER POUR ARRIVER AU CRAND lOUR. ADMIRABLE SOLLICITUDE, SANS LAQUELLE AUCUNE ESPÈCE MÉTAMOR- PBOSÉB SOUS TERRE n' AURAIT PU SUBSISTER. Cet effet BSt SÎ

exactement calculé que des Papillons, dotit les chenilles s'enfoncent un peu profondément eu terre, restent, lorsqu'on les élève à l'air libre, souvent une heure entière avant que leurs ailes ne comoienccni à s'étendre.

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Je n'ai iodiqaé jusqu'à présent que simplement les parties extérieures du Papillon , en tâchant de faire voir comment elles naissaient déjà sur la chenille et se développaient ensuite sur la chrysalide ; d'où résulte quMl n*y a réellement qu'une seule métamorphose , qui a réellement lieu par la transformation de la chenille en chrysalide; celle-ci étant déjà le Papillon dans un état de grande imperfection dans chacun de ses organes.

La métamorphose intérieure n*est pas moins remarquable, soit par les simples transformations qu'éprouvent les or* ganes, soit par le développement que subissent d'autres, existant simplement en germe chez la chenille; soit enfin par la disparition de ceux qui n'ont dans la suite plus de fonctions à remplir. Toutes ces transformations étant fort remarquables, je regrette de ne pas pouvoir les faire con* naître ici dans tous les détails , leur description exigeant un espace que je ne puis pas leur consacrer dans cet ouvrage ; et je me vois obligé de me borner à n'en indiquer que quelques-uns.

J'ai déjà dit en parlant du tôt des Insectes , que les ailes de ces animaux n'étaient que de simples plis des téguments soutenus par des nervures, qui elles-mêmes ne sont que des parties plus épaisses et plus fermes que le reste de la membrane ; que , dans leur mécanisme , les ailes agissaient dans le vol comme des leviers du premier ordre , c'est-àdire où le point d'appui est entre la force, qui est dans les muscles, et la résistance qui a lieu à la surface de Taile par la pression de l'air; que les muscles n'agissaient pas directement sur les ailes , auxquelles ils n'appartiennent pas en principe ; ces ailes n'existant point dans les chenilles ; mais agissent médiatement sur elles , au moyen des pièces des segments respectifs , auxquelles ces muscles se fixent ; c'està-dire que l'abaissement des ailes est produit par lé raccourcissement de la pièce dorsale du segment qui se bombe en dessus , et fait , en conséquence , exécuter un mouvement

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de bascule k l'aile ; et qae l'élévatioD de celle-ci a lieu par rabaissement de cette même pièce au moyen des muscles Terticaux fixes aux pièces sternales du segment Eh bien ! les pièces solides et les muscles qui produisent ces effets , ne sont autres que ceux qui servaient au rampement dans la chenille; fonction qui a disparu. En effet, j'ai dit, en parlant de l'organisation de la Chenille , qu*il existait chez elle , comme d'ailleurs chez tous les Amimàux articulés, une série de muscles se rendant dans le dos, d'un segment à l'autre, et servant à les rapprocher et à raccourcir le corps. Cette bande de muscles au lieu de disparaître dans l'insecte parfait, où les deux segments du thorax qui portent les ailes sont presque immobiles, prennent au contraire un développement extraordinaire, en devenant, par le moyen que je viens d'indiquer, les muscles abaisseurs des ailes ; ne servant plus à rapprocher les segments, mais ^ faire bomber leur pièce dorsale en dessus. Comme ceux de ces muscles qui meuvent les ailes postérieures vont se fixer au quatrième segment : le premier qui suit celai portant réellement les ailes, l'arceau supérieur de ce quatrième segment, au lieu de rester dans sa direction primitive , se fléchit vers Tintérienr du corps, en faisant presque un angle droit avec ceux du thorax, afin que les muscles qui unissent les deux segments devenant énormément gros dans l'Insecte parfait, y trouvent de vastes attaches ; surtout chez ceux dont les ailes postérieures agissent le plus efficacement dans le vol , ainsi que cela a lieu chez les Coléoptères , et puissent agir plus perpendiculairement sur les deux segments; d'où résulte aussi que le thorax est composé de trois segments consécutifs, quoiqu'il n'y ait que deux paires d'ailes; ainsi que je Tai déj& fait voir dans un autre de mes ouvrages sur TAnatomie des Insectes, où j'ai le premier expliqué la composition du corps de ces animaux et la théorie de Tanalogie des parties.

Quant il la partie inférieure du quatrième segment de la

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cbepille, il 4isparait, en se réduisant à un simple rudiment perdu d^ns les tégumeato qui unissent le thorax à rab4omeo.

Les segments gbdomin^fix pe se modifiant que fort p^ par la inétamorp|iose , leurs muscles restai^t aussi à pen près les ipérpes , eo deveqant simplement beaucoup plus faibles, les arceaux étant aussi moins mobiles; et cèdent leur eof placement aijx organes intestinaux, tels que ceux de la génération » qui prennent tout le développement qu'ils ont à atteindre.

Enfin le dernier segrp<^Pt abdominal de la chenille, et d'ailleurs de toutes les larves dlnsecies, rentre dans 1 intérieur, et se transforme en pièces accessoires des organes génitaux , auxquels ces pièces servent de supports.

J'ai fait remarquer aussi que les chenilles avaient neuf stigmates de chaque côté pour la respiration : un sur le premier segment, qui devient le corselet du papillon; point sur le second ^t le troisième, qui constituent plus tard le thorax; et un sur chacun des huit segments suivants, le dernier, celui qui doit rentrer en élaut égalemeul dépourvu. Mais comme le quatrième segment entre également dans la composition du thorax, celui-ci a cependant p^i' là une paire de stigmates déjà existant dans la chenille; et, ce qui est le plus remarqpal^Ie , est qu'il s'en ouvre encore une autre paire entre le premier et le second segment de cette partie du corps : stigmates surtout bien disliucts chez les Coléoptères.

Le Système nerveux ayant une paire de ganglions de la moelle épinière dans chacun des segments du corps chez la chenille , conformément à la première loi que j'ai fait connaître sur ce système d'organes, loi sous laquelle se rangent ces animaux, ainsi que tous les autres Insectes à l'état de larve; le système nerveux se transforme pendant la métamorphose de la Nymphe, de manière à offrir dans Tlnsecte parfait les conditions exigées par la cinquième loi qui régit

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ce dernier; c*est-à-dire que les gapglions abdominaux s'avancent vers la région antérieare de l'abdomen. Cette transformation qu éprouvq |e Système nerveux des Insectes dans les métamorphoses , où la forme (iu corps passe d'une condition à une autre, est une des preuves les plus probantes de Texactiiude des lois que j'ai formulées, il y a plus de vingt ans, sur les rapports que ces organes ont avec les autres.

Les Insectes pondent leurs œufs tnniot tous à la fois et tantôt un h un ; mais toujours sur les objets mêmes dont les larves doivent se nourrir ; la plupart ne donnant pas d'autres soins k leur progéniture , qui n'en a pas besoin. Certaines espèces, toutefois, prennent quelques précautions pour garantir les œufs de l'intempérie de l'air : tels sont surtout plusieurs Phalènes parmi les Papillons nocturnes . qui les placent tous en un tas sur la plante dont les chenilles doivent se nourrir, en les recouvrant de poils qu'ils arrachent à leur propre corps.

D'autres Jnsectes entourent leurs œufs de la quantité de substances nourricières nécessaires à la larve jusqu'à son entier développement.

D'autres encore , tels que les Blattes , portent le paquet de leurs œufs avec eux, attachés k leur abdomen, jusqu'à ce qu'ils soient éclos. Enfin un grand nombre, et surtout beauceup d'HTMÉNOPTÈRES , les Insectes évidemment les plus intelligents, donnent pendant tout le temps, les soins les plus affectueux à leurs petits. Qui ne connaît, à ce suje^. les charmantes constructions qu'exécutent, dans le bjut de Téducation de leur famille , les Abeilles , les Qtiêpes et les Bourdons , insectes qui non-seulement prodiguent k leurs petits des soins de tous les instants, mais leur sont en outre tellement dévoués, que, malgré la petitesse de leur taille, se fiant à la ptussance de l'arme redoutable dont la Providence les a pourvois, ils osent attaquer, avec tout le courage que peut inspirer l'amour maternel , les animaux les plus grands et l'homme ip^me, lorsqu'ils ont TiiQprudence d'approcher seulement

3iO TBBOLOGlt Dl LA MàTCJRI.

QD peu près , do lieu où se trouvent ces objets de leur tendre âffeetion.

Je n'entrerai pas ici dans des détails sur Téconomic si remarquable des AbeUlês; cette seule partie de Thistoire des Insectes ayant déjà fourni le sujet de livres fort étendus; parmi lesquels se distinguent surtout les Nouvelles observations sur les Abeilles^ par Hubert, ouvrage classique sur réducation de ces curieux petits animaux, et les Recherches $ur les monirs des Fourmis ^ par Hubert fils, où ces deux babiles observateurs ont fait connaître tout ce qu*il y a de remarquable, et souvent d'extraordinaire dans les mœurs de ces Insectes, dignes du plus grand intérêt.

L'économie des Guêpes et des Bourdons étant moins connue, j'essayerai de Tesquisser simplement.

Quoique les Bourdons approchent génériquement plus des Abeilles que les Guêpes ^ ils en diffèrent davantage sous le rapport de la forme qu'ils donnent à leurs nids ; mats ils leur ressemblent du reste quant aux mœurs et k leur nourriture.

Il n'existe au printemps, dans notre climat, que des Bourdons femelles, fécondées pour toute la durée de leur vie dès l'automne précédent. Ces Insectes, après avoir passé rbiver cachés et engourdis dans quelque lieu , tels que des troncs d'arbres creux ou autres, en sortent au premier printemps, lorsqu'il existe cependant déjà quelques fleurs qui puissent leur fournir le miel dont ils se nourrissent. Ou les voit alors rôder partout ^ la recherche d'un lieu avantageusement disposé pour établir leur nid. On les voit entrer, dans ce but, dans toutes les petites cavités qui semblent pouvoir en offrir la commodité convenable , les visiter avec soin et en ressortir quelques instants après pour en chercher un autre, s'il présente quelques inconvénients. Le local une fois choisi, ce seul insecte l'approprie au but qu'il se propose , en élargissant le fond où il veut placer son nid , et il en égalise les parois. D'autres espèces se contentent de fixer

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leur domicile dans une simple petite dépression d'un pré ordinairement mousseux , en nettoie le fond et remplit la cavité de petits brins de mousse qu'il trouve à Tentour, et destinés simplement à mettre le nid ^ l'abri des petits corps étrangers qui pourraient tomber sur le précieux dépôt qu'il va placer dessous.

Pour mieux garantir leur véritable nid , même des parcelles de mousse qui le recouvrent et surtout de la pluie , ces intéressants insectes tapissent en dessous la masse de mousse d'une lame de cire, composée de pollen et de miel pétris ensemble ; en lui donnant la forme d'une voûte qui constitue le plafond de la petite habitation.

La femelle encore seule qui forme le nid commence par déposer au fond de cinq k sept œufs, en un seul paquet qu'elle enveloppe dans une petite masse de ce même mélange de pollen et de miel dont je viens de parler. Les jeunes larves qui en naissent rongent l'intérieur de cette masse dont elles se nourrissent, en agrandissant ainsi à mesure du besoin la cavité qui les enferme ; et si par l'eifet de l'augmentation de la petite masse il s'y forme une ouverture , ce qui arrive souvent, la mère la bouche avec de la nouvelle cire. Enfin , quand les larves ont acquis tout leur développement, elles se placent d'elles-mêmes verticalement k côté l'une de l'autre, la tête en haut et s'enveloppant, chacune k part, d'un cocon de soie, absolument comme le font les chenilles, et dans lequel elles se métamorphosent ; d'où résulte que la masse commune forme un assemblage de cinq k sept cellules particulières renfermant chacune une Nymphe; et celles-ci étant devenues Insectes parfaits percent leurs cocons an sommet avec leurs mandibules pour en sortir. C'est de cette manière que sont formées par les larves elles-mêmes, aidées seulement par la mère, les cellules de ces petites ruches : cellules dans lesquelles ces insectes déposent ensuite souvent le miel dont ils ne font qu'une très-petite provision suffisante pour leur entretien pendant

rnéoLOGiB m la nature.

les jours de pluie; les antres cellules restent vides et ne servent k rien.

A peine la première petite masse renfermant des larves a-t-elle pris un peu d'agrandissement » que déjà la mère en fbrme successivement d'autres, de manière que, lorsqu'une fois l'éclosion a commencé dans la ruche , il y naît tous les jours quelques jeunes Bourdons, dont le nombre peut aller à une centaine dans un été, et dont tous, sans exception, sont des Femelles à organes sexuels avortés , et appelés de la Neutres , comme incapables de produire des petits, déjà par cela même qu'il n'existe point alors de mâles ; et très-probablement aussi parce que , élevées d*uoe certaine façon , la fécondation serait impossible chez elles, ainsi que cela a lieu chez les AbeiUeSj espèce très-voisine; et en eflbt^ tous les Bourdons nés au printemps et au commencement de Tété^ sont k l'extérieur parfaitement semblables k leur mère , mais sensiblement plus petits.

A peine nés, tous les jeunes Bourdons aident , de la manière la plus assidue, leur mère dans les soins qu exige l'éducation des petits ; sortant dès le matin ^ pour aller recueillir sur les fleurs le miel qu'ils trouvent au fond de leur corolle, et qu'ils rapportent k la ruche dans leur estomac « pour le dégorger dans les vieilles cellules dans lesquelles ils sont nés ; ou bien ils recueillent sur ces mêmes fleurs le pollen des étamines , dont ils se recouvrent tout le corps en s'y frottant dans tous les sen^, et le ramassent ensuite en une petite masse qu'ils attachent aux côtés de leurs jambes postérieures , fortement élargies à cet effet en LAMES plates; ct aiosi doublement chargés de provision, ils arrivent k la ruche , où d'autres s'empressent de les débarrasser de leur fardeau.

Ce n'est que vers la fin de l'été que la mère pond des œufs destinés k produire des femelles fécondes et des mâles, qui s'accouplent bientôt après leur naissance; et la famille continue encore k vivre ensemble jusqu'k la mauvaise saison,

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OÙ les premières femelles, simples ouvrières, et les mfties périssent, tandis qae les femelles fécondées se mettent quelque part ^ labri du très-grand froid , et y vivent engourdies , sans prendre aucune nourriture , jusqu'au printemps, où, réveillées par le retour d*une température plus douce, elles sortent, pour songer k former, elles aussi, de nouvelles colonies.

Les mœurs et l'économie des Guépês sont k peu près les mêmes que celles des Bourdons , en cela qu'il n*existe chez elles au printemps que des femelles fécondées depuis Tautomne précédent, et qui commencent ainsi, toutes seules , k former chacune une ruche, où cette unique mère produit, dans un même été , souvent plus de cinq à six mille petits , dont le plus grand nombre , c'est-k-dire tous ceux nés au printemps et en été, ne se compose , comme chez les Bourdons, que de femelles ouvrières infécondes; tandis que celles nées au mois de septembre et d'octobre sont fécoudes, et plus grosses que les ouvrières ; et c*est dans cette arrièresaison aussi que sont produits les mâles.

Quant aux nids de ces intelligents et gracieux Insectes , ils ressemblent, par leur forme, plus k ceux des Abeilles. De même que chez ces dernières , ce ne sont point les Lar* ves qui construisent les cellules , mais bien les Ouvrières , qui, au lieu de cire, emploient pour cela des détritus de végétaux ; c'est-a-dire que les espèces européennes font pour cela usage des parcelles de bois. Les Frelons em^ ploient du bois k demi pourri» dont ils agglutinent les parcelles avec une humeur salivaire gommeuse, qu'ils rendent par la bouche , et en font une espèce de papier épais et grossier constituant Tunique matière de leurs constractioDs; et les espèces plus petites de Guêpes emploient pour cela les 61aments gris qui se détachent de la surface des planches en palissades exposées longtemps k Tintempérie de Tair, et qu'elles vont péniblement arracher un k un avec leurs mandibules , pour les porter par bouchées k leur d<H

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micile , afln d'en construire leur Guêpier, qui semble de Ik être fait de papier gris.

Après que la femelle, toute solitaire au premier printemps, a'fait choix d'un local, elle en tapisse le plafond d*une couche de ce papier, et y forme au milieu un gros pilier descendant, qu'elle termine par une cellule cylindrique verticale , ouverte en bas , dans laquelle elle place de suite un œuf. A cette cellule elle en ajoute tout autour six autres semblables, dans lesquelles elle fixe également un œuf aussitôt qu'elles sont achevées; et continuant ainsi à placer de nouvelles cellules autour de celles déjà construites, elle finit par former un Rayon plus ou moins large, formé entièrement de ces cellules dont chacune renferme un œuf.

Lorsque rinsecte juge que le rayon pourrait devenir trop pesant par sa grandeur et le poids des larves qui grandissent rapidement dans les cellules , il le fixe par un second pilier au plafond , et plus tard même par plusieurs ; mais rarement ce premier rayon est grand , et bientôt il y suspend par en dessous , un second , dont les piliers de suspension sont tout simplement fixés aux bords des cellules. Ce second rayon devenant trop large, il y en ajoute par-dessous successivement plusieurs autres, en laissant entre eux une distance suffisante pour que ces Insectes puissent passer facilement entre ces divers étages. Enfin les rayons inférieurs sont de nouveau de plus, en plus petits; de manière que l'ensemble prend une forme sphérique.

Lorsque le lieu choisi pour y établir le nid est en plein air, la Guêpe recouvre son nid d'une cloche en portion de sphère, fixée au pilier primitif, et enveloppant librement tout le nid afin de le protéger contre les objets extérieurs qui pourraient tomber dessus.

Les espèces qui ne produisent qu'un petit nombre de jeunes suspendent ordinairement leur petit établissement ï une branche de buisson , et se contentent de faire la cloche

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simple ; tandis que celles qui fout des milliers de petits , construisent , dans les parois de la cloche , des cavités plus ou moins spacieuses dans lesquelles elles peuvent se loger, lorsque pendant la nuit ou par le mauvais temps elles sont toutes rentrées.

Les Guêpes se nourrissant de tout, élèvent leurs larves soit avec de^ insectes qu'elles attrapent, soit avec la chair de fruits sucrés , et font de là beaucoup de dégât dans les jardins et les vignes; ce qui les rend, en conséquence, un véritable fléau en raison du nombre considérable de jeunes qu'elles produisent , en même temps qu'elle sont redoutées pour les piqûres douloureuses qu'elles font avec le dard dont elles sont armées , arme dont elles ne font toutefois usage que lorsqu'elles ou leur progéniture sont en danger; jamais elles n'attaquent , mais jamais aussi elles ne fuient; et malheur à celui qui les touche sans les plus grandes précautions. Lorsqu'on touche k leur nid , où se trouvent les objets de leur plus tendre affection , plus chers que leur propre existence, elles sortent en foule, et poursuivent avec le plus vif acharnement, jusqu'à de fort grandes distances, celui qui a osé les troubler dans leur paisible domicile. Là, toutes dévouées les unes aux autres, et unies dans le même intérêt de l'éducation de leurs jeunes sœurs, jamais il ne s'élève entre elles le moindre différend.

Les Abeilles ouvrières ne périssent point en hiver, et restent avec leur unique mère jusqu'à l'année suivante , pour soigner le nombre considérable dé jeunes qu'elle produit. Ce sont elles qui construisent les rayons et façonnent les cellules, qu'elles font en cire, en les plaçant dans chaque rayon par deux couches adossées par le fond , et dans une disposition horizontale.

Quand la mère, unique dans chaque ruche, a pondu des œufs, les Ouvrières les distribuent un à un dans les cellules, où elles nourrissent les larves qui en proviennent. Lorsque celles-ci sont arrivées à tout leur développement, elles s'y

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filant des coques f^rin^e^ de to.u|e part, comme le font les l^ryes de Boqrdons et de Gutpe^^ et que les jeunes abeilles qui en naissent percent ensuit^ pour en sortir.

Par une économie d'espace, les mêmes cellules servent plusieurs fois, chez les Abeilles, à y élever des jeunes, on bien ^ y déposer du miel en quantité plus que suffisante k leur consommation jusqu'au retour de la belle saison.

Je pourrais citer encore une foule d'autres Iusectes, et surtout des Htménopt^hes , qui emploient plus on moins d'art dans la construction de leurs nids, souvent fort remarquable par la rigpureuse précision qu'ils mettent k toujours produire la même chose ; précision que l'Être suprême a mise dans leur instinct , afln que le même but soit toujours atteint ; mais oij soifvent les Insectes interviennent nécessairement aussi par leur intelligence, lorsque des circonstances fortuites ne leur permettent pas d'agir de la même manière.

C*est ainsi que Ijbs Nécrophores^ espèce de Coléoptère plus petit qu'un Hanneton^ creusent des fosses dans lesquelles ils enterrent le cadavre de quelque petit animal, pour y déposer leurs œufs. D'ordinaire, ils se fourrent sifnpiemenl. dessous, et y creusent la terre d^ns laquelle le cprps mort s'enfonoe par son propre poids. Lorsque, au contraire, cela n'est pas possible, ces Insectes se rp^nissent ï plusieurs, et traînent le petit animal vers un lieu oi| la {err^ plus meuble leur permet d'accomplir lacté qu^ lopr in^tiqct leiir suggère. Ici il faut non seulement que de concert ils fassent choix d un emplacement , et qu'ils aient les moyens de pouvoir se Tiqdiquer Tun à l'autre; pe qui prouy^ une grande intelligence de leur part.

Dans la Classe des Crpstaçées , les deux appareils génitaux sont toujours séparés sur des individus différents, si ce n'est chez quelques Branghiopopps et les OsTitAPonËS, où Ton n'a pas encore découvert de sujets qui n^ portassent pas d'œufs.

I^es Ovaires, généralement en forme de grappes, sont

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