CHAPITRE IX
compliqaés, et reoferooeot le plus souvent upe quantité considérable d'œufs , d'ordinaire tous au même degré de maturation, et qui sont alors aussi tous pondus ^ la fois.
Beaucoup d'espèces leur donnent simplement quelques soins de pure protection , soit en les plaçant dans des lieui où ils se trouvent plus ou moins abrites , soit en les portant avec euK, attachés à leur corps, jusqu'à ce qu'ils soient éclos; mais ne les couvent pour cela pas, ne pouvant point leur communiquer une température au-dessus de celle de I élément ambiant. Les Écrevmes les tiennent attachés aux fausses pattes du dessous de leur abdomen ; les Cydopes, petits animaux presque microscopiques, qu'on trouve partout dans les baquets d'arrosement, les portent suspendus en une ou deux masses à l'extrémité de leur corps; les Cypris, autres trè8*[>6tite Crustacés qu*on rencontre en grand nombre dans les mêmes lieux , sont, que je sache, les seuls qui fassent une espèce de nid en plaçant leurs œufs contre quelque corps soliile, et les recouvrent d'une substance verdâtre, comme mousseuse, qui les fixp. flnfin les plus remarquables, 9QU« le rapport d^ leur ft^nclion génératrice, sont bien évidemment le3 fifipkma , Irès-petits Branchiopodes de trois Pii quatre millimètres de long, qui habitent également en nombre considérable (]ans {pûtes les eaux stagnantes, et entre autres dans les baquets d'arrosement. Ces petits animaux offrent no^ -seulement, comme les Pucerons de la Classe des Insectes, la singulière faculté qu*un seul accouplement suffit pour plusieurs générations successives , et dootj^ai déjà eu occasion de parler, mais ils ont encore cel^ de particulier qu'ils produisent des œufs de deux espèces, les uns qui éclQsejit déjk au bout de vingt- quatre heures, et d'autres qui (estant jusqu'au printemps suivant avant d'éclor^; et enlio que lorsque l'œuf éclôt , le jeune ne laisse encore apercevoir aucun organe distinct : c'est tout simplement un œuf sans coque , qui achève de se développer dans cet étal.
l^S THÉOLOGIE DB LA NATURB.
Beaucoup de Crustacés subissent aussi de véritables métamorphoses, présentant dans leur premier état une forme tout ii fait différente de celles quMIs doivent^icquérir plus tard : tels sont les Crabes et les CyclapeSy cités un peu plus haut.
Deux espèces de Brànchiopodes connus , et peut-être un plus grand nombre, offrent la singularité, encore inexpliquée, de ne se trouver dans les mêmes lieux qu'k des époques très-éloignées , de plus de trente ou quarante ans ; et alors on en voit paraître tout k coup une quantité prodigieuse, sans en rencontrer souvent un seul dans cet intervalle, dans la même localité.
C*est ainsi qu'en 1817 on trouva dans toutes les mares des environs de Fontainebleau , k la fois , un nombre considérable d'Apus et de Limnadia, les deux espèces indiquées plus haut , dont la première a jusqu'^ quatre centimètres de long , et la seconde un seul centimètre; et depuis on n*en a plus revu, que je sache, surtout pas la Limnadia, qui n'a été trouvée , dans l'espace de cent ans , que deux ou trois fois peut-être dans toute l'Europe , et les Àpus un peu plus souvent, quoique ces animaux soient chargés d'un nombre considérable d'œufs. Je ne vois d'autre explication k ce phénomène que celle que ces Branchiopodes sont tout k coup apportés de contrées très-éloignées , par des pluies provenant d'eaux enlevées par des trombes.
Les ovaires des Arachnides offrent également le plus souvent la forme de grappes très-compliquées, où les œufs prennent d'ordinaire tous un égal développement, et sont pondus k la fois. Dans certaines espèces, telles que V Araignée Diadème, si commune en été dans les jardins, les œufs sont en si grande quantité , que l'énorme abdomen de ces animaux en est complètement rempli. Chez les Limules , les géants de la classe, les œufs , quoique fort petits, sont si nombreux, que les ovaires, remplissant tous les intervalles des organes de leur vaste corps, se prolongent jusque dans les pattes.
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Ud grand nombre d'Arachnides , et spécialement ceui de la Famille des âranéides , donnent certains soins à leurs œufs, sans poar cela les couver. Les Diadèmes se contentent de les fixer k quelque corps solide , en les enveloppant légèrement dans une masse de soie qui les abrite, et où ils passent Fhiver. D'autres espèces les enferment dans un cocon globuleux de soie , qu'elles portent partout avec elles , jusqu'à ce qu'ils soient éclos. Les Pholcus portent le cocon dans leur bouche, et les Lycoses l'ont suspendu sous la poitrine ou à l'extrémité de l'abdomen. Si Ton cherche k le leur enlever, elles le défendent avec courage, et, forcées de l'abandonner, elles y reviennent aussitôt que le grand danger est passé, pour reprendre leur précieux fardeau. Les mêmes espèces d'araignées donnent même des soins k leurs petits pendant leur premier âge, en les portant sur leur dos jusqu'k ce qu'ils aient acquis une certaine force.
D'autres encore , telles que les Sparassus , gardent au contraire k vue leurs cocons remplis d'œufs, qu'elles placent auprès d'elles, dans l'habitation qu'elles se font en liant ensemble, avec de la soie, plusieurs feuilles d'un arbuste.
Les Clotho placent leurs œufs dans de simples poches, soigneusement construites pour être chaudes et moelleuses, dont est garni l'intérieur de leur habitation.
Les Scorpions sont ovo-vivipares , c'est-à-dire que leurs œufs éclosent dans le corps de la mère, qui met ainsi des petits vivants au jour, les veille et les porte sur son dos tant qu'ils sont encore petits et faibles, jusqu'à ce qu'ils puissent pounoir eux-mêmes k leur subsistance.
§ IL Animaux Mollusques,
•lai déjk dit plus haut que l'hermaphrodisme devenait plus général chez les Mollusques, animaux dont le système d organisation , devenu plus simple, ne permet pas k un
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grand nombre d'espèce 4e se rapprocher facilement pour remplir Tacto de la fécondation.
Chez les espèces les plus élevées, telles que les Céphalopodes, qui marchent et nagent avec facilité, les sexes soot encore séparés, et le sont également dans tout Tordre des Pectjnibranghes, de la classe des Gastéropodes, tandis que la plupart des autres ordres de cette dernière classe sont hermaphrodites imparfait^ ou même hermaphrodites parfaits, comme le sont Ie3 Acéphales, animaux dont la plupart chaugfint difficilement ^e plaoe.
Les organes génitaux v^f ient égalfrppnt beaucoiip d^ns ce troisii'me Embhancheiient A\\ ^t(^^l^ ^siiif al. Quoique Tovaire présente, comme presqq^ parlQijt, U forpae d'une grappe plus ou iPQJns compliqué^, ses ramifications sont toutefois dVflinaire intimement Ijées entre elles , au point d^ lui faire prendre Tapparepce 4*upe glaqde, dont il se distingue toutefois par les œufs qu'il contient.
Chez les Céphalopoq^s (Po^lpps), cptte grappe qcçupe le fond (lu sac, où elle est fpnfermé^dans une poche me^bra* neqso. qui la recouvre libren^ent, et dans la cavité de laquelle les œufs tombent ; poche qui fait les fonctions de Trompe, et se termine en deu$ pviductes s^oqvrant dans le sac, près des deux branchies.
La glande sécrétojfe de |a liqueur prolifique occppe la même place dans le ipàlp. Ei|e a j^ forme d'un amas de petits vaisseapx embrappbés Ie$ uns sur les antres, et dont les principaux troncs s'ouvrent, par un orifice commun, dans upe poche enveloppait le toift, poche qui produit ^n canal excréteur allant aboutir à np élargissenient en fpfmp de vésicule, dont Textrémilé opposée s'ouvre dans une glande cylindrique, terminée elle-même par un canal excrétenr, qui va enfin s'ouvrir dans le sac. à côté de la branchie gauche.
Mais ce que ces animaux présentent de plus remarquable est une poclie spéciale à deux comparlinjenJs communiquant epseroble, dpnt chacun forme un canal e^^créteur, al-