‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 73 sur 136 · RESSORT PAS NATURELLEMENT DES ATTRIBUTS ESSENTIELS DB · texte numérisé non relu

RESSORT PAS NATURELLEMENT DES ATTRIBUTS ESSENTIELS DB

LA Divinité doit être rejeté coMMt; radicalement faux, quand même on le présenterait sous le nom captieux de mystère . titre sous lequel on cberche partout à faire accepter une foule de croyances superstitieuses ; se croyant être par là dispensé de les appuyer autrement qu'en ajoutant que , bien qu'on ne saurait concevoir ni la justesse ni la possibilité du fait , on doit y croire sans examen. Mystères qui ne sont en réalité que les Antres ténébreux où va se cacher l'ignorance poursuivie par la raison ; car en bonne logique, en toute philosophie franche et morale , on ne peut admettre de semblables moyens , tout devant être susceptible de démonstration. Aussi tout principe ou toute croyance qui oe peut être appuyé de preuves, et qu'on veut faire passer ainsi sous le titre de Mystère , ne saurait jamais être présenté à personne commedevant servir de règle de conduite, vuqu on ne peut pas se conformer à des prescriptions qu'on ne connaît pas ou qui répugnent k la raison.

Les deux croyances fondamentales , celles à Texistence d'un Être Suprême et à l'immortalité de TEsprit, ont toutefois pris difiërentes formes, selon qu'on lésa envisagées. Comme il est impossible de se faire une idée juste d'un objet inconnu quelconque sans le comparer à quelque chose de connu , ce qu'on appelle se figurer cet objet , et qu*on a déjk de la

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peine à concevoir l'eiidtence des Êtres métaphysiques , tels que Dieu et TAme , il est uaturei que noo-seulement les peuples sauvages , mais encore ceux arrivés même à des degrés très-élevés de civilisation , doivent se les représenter sous des formes qui semblent devoir approcher le plus de la vérité. C'est ainsi que d*ordinaire on se figure TËsprit et TÂme de Tbomme , et même Dieu , sous Timage d'un Être humain , la plus noble de toutes. Quant k TAme et à TEsprit, il est assez naturel qu'on se les représente sous la forme dès objets qu'ils animent , devant être, en quelque sorte , considérés comme moulés dans leur corps, quoiqu'il soit trèspossible que Tua et l'autre, mais surtout le second, n'aient que leur centre d'activité dans les corps organisés; absolu* ment comme le musicien n'est pas dans le piano sur lequel il manifeste son talent. C'est par cette condition qu'on peut expliquer comment des Êtres organisés vivants , peuvent avoir de l'influence l'un sur Tautre à des distances plus OQ moins grandes, ainsi qu'on le prétend. Cette manière de se représenter les Ëties métaphysiques devient au contraire tout à fait absurde à Tégard de la Divinité, à laquelle on ne 2>aurait assigner aucune forme autrement que par fictions, telle que celle d'une figure humaine, ainsi qu'on le fait généralement, comme étant également la plus convenable; et dans ce cas, celle d'un Homme convient seule, vu que dans toutes les langues le nom de rÉternel est masculin ; en même temps qu'on doit le représenter sous les traits d'un vieillard, pour exprimer sous cette figure la plus vénérable l'idée d'éternité, de sagesse et de toutescience , ses principaux attributs. Mais cette image a ceci de malheureux que , représentant plus particulièrement un simple mortel , non-seulement les personnes peu capables de s'élever à l'idée qu'on doit se faire de la Divinité , mais encore un nombre d'autres, d'une intelligence bien cultivée, s'habituent tellement k cette fiction que, la prenant pour la réalité, elles ne voient plus dans l'Éternel qu'un homme d'un$

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grande puîs$anc€ , dont la parfaite banir va jusque la fai^ blesse , et qui peut de là se laisser fléchir ^ non-seulement par t expression d'un repentir sincère des fautes qu'on a commises^ mais même par des prières simplement récitées en nombre plus ou moins considérable , sans qu'il soit nécessaire que le cœur et Vesprit y prennent la moindre part.

La vérité de ce que j'avance ici , avouée par le plus grand nombre de personnes , est d'ailleurs prouvée par ce fait qu'on croit qu'il suffit de dire ainsi des prières apprises par coeur, qu'on débite avec une telle rapidité qu'il est impossMe qu'on ait le temps de réfléchir le moins du monde à ce quon dit^ et pas même d'y penser, afin de se débarrasser le plus promptement de la peine qu'on s'est imposée.

Ce que je dis ici pourrait paraître une exagération , si tout le monde ne le savait parfaitement. Or cela serait encore excusable de la part de ceux dont Tintelligence bornée ou le manque de connaissance ne permet pas d'apprécier la valeur que de telles prières peuvent avoir auprès de rËtre Suprême; mais on a lieu d*être plus qu'étonné de voir que des hommes chargés de diriger leurs semblables dans la voie de la vertu , ne blâment non-seulement pas ce culte hypocrite, mais le recommandent même , ainsi quune foule d'autres gestes et manœuvres, en assurant que ces pratiques purement mécaniques ont une telle valeur auprès de l'Éternel, qu'on obtient sûrement par Ih des indulgences, et même la complète rémission des péchés , dont on reçoit l'absolution. Or c'est en cela qu'on veut faire consister essentiellement le culte qu'on doit au Dieu éternel , le bienfaiteur de toute créature.

Est-il étonnant alors qu'avec de tels principes, un nombre malheureusement considérable d'hommes , déjà faibles dans leur foi, voyant toute la vanité de ces cultes purement matériels qu'on leur recommande de rendre à la Divinité, refusent de croire à leur efficacité, et rompant par Ik avec la société religieuse à laquelle ils appartiennent par leur famille, repous-

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