‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 72 sur 136 · TBBOLMII DI LA MATURE · texte numérisé non relu

TBBOLMII DI LA MATURE

hommes , par lequel , même ceux les moins capables par leur état de complète ÎQcivilisation ^ de concevoir ce que c'est qu'un Être métaphysique, croient qu'au moment de la mort d'une personne sou corps seul périt , tandis que TEsprit qui l'anime persiste après, pour aller occuper des lieux où il jouira, selon ses mérites , d'une félicité plus ou moins grande , à laquelle l'Être suprême le destine. Mais nous trouvons des preuves plus grandes dans les attributs mêmes de la Divinité; attributs qui nous obligera ^ pour être conséquents, de croire avec la plus fervente foi à l'immortalité de XAmt^ et plus partioiilièrement \ celle de Tf^prif .

En effet, les preuves si nombreuses que nous avons de l'existence de la toute-puissance, de la sublime sagesse et de l'ineffable bonté de l'Être Suprême, nous donnent, ainsi

QUE JE l'ai déjà fait VOIR PLUS HAUT, LA CERTITUDE DE SON IMMUABLE JUSTICE ET DE SA MISÉRICORDE. Or UOUS RVOUS dc

si nombreux exemples de personnes qui, nées dans les souffrances et le malheur où elles ont toujours vécu jusqu'à leur mort, n'ont jamais pu avoir commis la moindre faute par laquelle elles auraient pu avoir mérité un châtiment quelconque, et moins encore les affreux tourments qu'elles ont constamment endurés. Or, par cela seul que ces faits sont contraires aux dogmes de la justice , de l'indicible bonté et de la miséricorde divine , IL EST NÉCESSAIREMENT VRAI QUE L'ESPRIT SURVIT AU CORPS, pour trouver

DANS LA BÉATITUDE ÉTERNELLE , AU SEIN DE SON CRÉATEUR, UN DÉDOMMAGEMENT AUX MALHEURS DONT LE HASARD l'a AC- CABLÉ DANS CE MONDE.

Cette même justice immuable du Très-Haut nous donne eo outre la certitude que les hommes, dont toute l'existence dans ce monde n'a souvent été qu'une série de fautes et de crimes , doivent au moins en rendre compte après leur mort devant Dieu , leur juge suprême, à qui rien ne saurait rester caché dans ce monde ; certitude d'où ressort également la VÉRITÉ DU DOGME DE L'IMMORTALITÉ DE L'ESPRIT,

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Eofin si, par Teffet de la mort, il y a, ainsi qu'on doit Tadmettre, simplement séparation des principes constitutifs de rÉtre vivant, Tun matériel et les autres spirituels, sans destruction d'aucuns, le Corps, devenu indépendant de Y Ame qui contte-balançait les propriétés de la matière en empêchant celle-ci de se combiner autrement, se trouve simplement abandonné aux effets physiques de ces mêmes propriétés; d'où résulte sa décomposition, mais jamais sa destruction comme matière. Mais VAme et YEsprit, qui ne sont évidemment pas matériels , ne peuvent pas se décomposer en se séparant du corps ; vu qu'ils ne sont poidt formés de divers éléments qui puissent entrer en d'autres combinaisons : ce que d'ailleurs personne n'a jamais pensé ; et ce ne serait, du reste, que par une simple hypothèse bien gratuite , qu'en admettant sans nécessité cette opinion qui n'offre pas la plus faible probabilité ; tandis que les phénomènes observables qui se rapportent à ce grand événement de la vie viennent , au contraire, ^ l'appui de la croyance que Y Ame et YEsprit ne périssent point.

En effet, si par une cause quelconque , telle que l'absence de nourriture trop longtemps prolongée , les fonctions assimilatrices sont entravées ou suspendues , c'est la partie matérielle du corps qui en souffre en perdant ses facultés fonctionnelles; et que ne pouvant k la fin plus remplir les conditions voulues pour que son union avec Y Ame puisse avoir lieu , ces deux principes se séparent et déterminent par là aussi la séparation de l'Esprit ; et il en est de même pour toute antre fonction vitale essentielle.

Dans la syncope et la mort apparente , l'action de Y Ame et de YEsprit sur le corps est simplement très-affaiblie ou suspendue par une entrave quelconque; suspension qui , trop prolongée , laisse pendant ce laps de temps ce dernier sous Tinfluence exclusive des propriétés physiques de la xuatière qui déterminant sa décomposition le mettent hors d'état de pouvoir être remis en activité par les deux agents

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vivifiants, et leur séparation s'effectue a la fin définitivement. Or tout, dans ces divers cas , montre la destruction orga^ nique du Corps seul , mais non Tanéantissement de VAmê et de V Esprit.

Si la Foi BN l'Être Suprémb et ek ses sublimes peefec-» TiONs constitue le premier principe, le primgifb fonda-»

MENTAL DE TOUTE RELIGION, LA CROYANCE À L*IMMORTALITi

DE l'Esprit ET DE l'Ame forme le second, tout aussi essentiel au bonheur des hommes, en leur donnant la certitude fou* dée sur l'infinie Miséricorde et l'immuable Justice de r& ternel, que s'ils souffrent dans ce monde des peines nos méritées, ils en trouveront dans la vie future le dédommagement idans un bonheur perpétuel désigné spécialement sous le nom de Béatitude; bonheur qui doit être sans re-^tour, par cela que l'homme étant affranchi de ses passions mondaines ne peut plus péefaer contre la Divinité dans le sens que nous attachons ï ce mot.

Quant k la question de savoir de quelle nature peut être cette félicité éternelle de l'Esprit après avoir quitté sa dépouille mortelle, ou confit qu'il est entièrement impossible de pouvoir se la représenter pour en donner une idée k d'autres , VQ qu'on ne pourrait que l'assimiler aux jouissances physiques de ce monde , ainsi que le font en effet certaines sectes religieuses f et entre autres les Mahométans; jouissances qui n'existant que pour les organes qui en sont le siège, disparaissent nécessairement avec eux; d'où il estimpossibled'en faire eonoevoird'autres. Ce seraitcomne si Ton voulait faire comprendre à un aveugle de naissance le charme qu'on éprouve par les effets de lumière, les beaux sites ou par l'éclat et l'harmonie des couleurs; comme si Ton cherchait à faire concevoir k un sourd-né les jouissances que nous trouvons dans la musique; toutes jouissaiiees délicieuses pour lesquelles ces infortunés n'ont point reçu rie sens.

Or comme les facultés sensitives dont je viens de parier.

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ainsi que les autres qui nous permettent de jouir sous plusieurs rapports des propriétés des objets matériels qui nous entourent, dépendent des organes du corps et disparaissent au moment de la mort, il ne peut pas y avoir de doute que les jouissances, ou bien les peines que notre Esprit peut éprouver après notre trépas, ne sauraient être assimilées aux satisfactions et aux souffrances de notre vie terrestre, si ton-* lefois elles ne sont pas purement mentales; encore celles-ci se rattachent-elles ici-bas toujours plus ou moins h des ob- J6ts physiques qui n*existent plus alors; d*où il résulte que même le bonheur moral de la béatitude éternelle ne saurait élre semblable h celui que nous éprouvons dans ce monde. Il ne reste de Ih plus que Thypothèse, et c'est h celle-ci que je m'arrête pour moi, en laissant k tout le monde la liberté d'y croire ou de la rejeter, que notre Esprit acquiert, en

SB séparant du corps , DES FACULTÉS PAR LESQUELLES IL- DEVIERT APTE À PERGEVOm DES JOUISSANCES d'UNE TOUT AUTRB MATURE QUE CELLE QUE NOUS AVONS PAR NOS SENS ACTUELS , FACULTÉS QUI LE RENDENT CAPABLE d'ÉPROUVER UN BONHEUR

étehnel que la Justice du Très-Haut gradue suivant le mérite des vertus des hommes dans ce monde.

Si j'avais k faire comprendre ma croyance h ce sujet par uee comparaison, je reviendrais k dire que, c'est absolument comme si étant tous aveugles de naissance, notre Esprit acquérait, au moment de notre mort , des yeux par lesquels il serait tout k coup capable d'admirer non-seulement les effets éclatants de la lumière et de l'harmonie des couleurs, mais infiniment mieux encore de jouir de l'indicible bonheur de contempler Dieu même, le bienfaiteur de l'univers; et c'est en effet en cela sans doute que doit consister la félicité éternelle.

Comme il n'existe qu'un seul Dieu , et qu'une seule vérité en toute chose, il ne peut y avoir aussi qu*une seule doctrine ■^ligieuse, et de Ik qu'un seul culte digne d'être rendu au Créateur. Or cette Religion naturelle conformeh la raison, ne

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doit être fondée, d'après ce que nous avons vu, que sur les deux dogmes fondamentaux démontrés plus haut, ceux de la croyance en un Être Suprême et de l'immortalité de TEsprit; croyance qui se retrouve en effet, ainsi que jeTai déjkdit, instinctivement chez tous les peuples, même les moins civilisés.

Cette double base sur laquelle repose la religion natarelle est aussi tout ce qu'il faut pour rendre k Dieu rhommage qui lui est exclusivement dû, ainsi que pour le seul culte qui puisse lui être agréable : toute croyance, ou simplemeot tout acte extérieur du culte ne devant être , au fond , qae la conséquence rigoureuse de ces principes fondamentaux, ou n'être que de simples accessoires, généralement inutiles^ toute espèce de résultats pour la morale et les devoirs k remplir, soit envers Dieu, soit envers le prochain, soit eofin envers soi-même.

. En effet, de la seule croyance à l'existence de l'Être Sa* prême créateur, ressortent naturellement , ainsi qu'on Ta déjk vu plus haut , comme conséquence immédiate , celles de son éternité, de sa toute-puissance, de sa toute-sdeoce, de sa sagesse infinie et de son ineffable bonté ; et de celles-ci ressortent les principes de sa parfaite justice et de sa miséricorde envers ceux qui ont pu manquer k leurs devoirs envers lui : mais qui lui en demandent le sincère pardon avec le regret assez fort pour ne plus retomber dans la même faute. Enfin c'est de tous ces attributs de la Divinité qne naît naturellement envers Dieu le sentiment d'amour et do dévouement le plus parfait, de la part de ceux qui ont reconnu ces vérités fondamentales de toute doctrine religieuse.

Quant aux différences qui peuvent exister sans inconvénient entre les diverses croyances religieuses , elles ne doivent porter que sur de simples accessoires , au fond sans importance; mais malheureusement beaucoup de personnes de tous les cultes, et surtout les fanatiques et les hypocrites, considérant ces objets accessoires comme essentiels , attachent plus d'importance a la partie purement cérémouiale ou de

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simple discipline, qu'aux véritables principes fondamentaux qu'elles négligent assez généralement , et ne suivent d'ordinaire que fort peu , les prescriptions de morale et de probité que les véritables dogmes commandent. C'est ainsi qu'on voit une foule de personnes s'adonner à la prière avec l'apparence d'une ferveur qu'on croit ne pouvoir trouver que chez les personnes les plus éminemment pieuses et vertueuses, tandis qu'immédiatement avant ou après, elles se permettent toutes espèces d'actes évidemment contraires k la volonté divine ; pensant avoir tout arrangé avec le ciel par le peu de paroles qu'elles ont prononcées, ou par quelques gestes qu'elles ont faits, même sans y avoir attaché la moindre attention.

Or, comme les principes fondamentaux dont j'ai parlé se trouvent dans les croyances religieuses de tous les peuples, les personnes sincèrement pieuses, quel que soit le degré de leur civilisation , rendant hommage à la Divinité , suivant le calte qu'elles professent , doivent en conséquence être toutes également agréables à l'Être Suprême ; ces hommages remontant toujours jusqu'à lui. Ces hommages doivent être d'autant plus conformes k la volonté de Dieu qu'ils sont plus pars et plus exempts d'actes ou de sentiments contraires a la charité envers les autres hommes qui tous sont h égal titre, les enfants de ce même Père céleste , et de Ih également dignes de sa bonté et de sa miséricorde. Aussi personne ne peut-il se prévaloir d'un droit quelconque k sa bienveillance spéciale , quand même on réunirait toutes les vertus ; le plus parfait des hommes ne remplissant par ses actes de vertu qu'un simple devoir, pour lequel on ne peut , sans un reprochable orgueil, réclamer la moindre rémunération.

Cette croyance erronée k un droit acquis k une récompense de l'Éternel , est d'ailleurs blâmée par tous les Philosophes et les Moralistes , et surtout par Jésus-Christ qui Ta relevée dans sa parabole du Pharisien. {Évangile de mut- Luc, XWll, verset iO.)

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Or ce 80Dt, ainsi que je l'ai déjk dit. ces principes, bases de toutes les religions , qui doivent constituer eiclusivement celle de la Religion naiurelle ou rationnelle ; tous les antres dogmes, même les plus simples actes du culte à rendre ï l'Être Suprême, n*en devant être que les conséquences qui s*en déduisent par la logique la plus rigoureuse, sans pouvoir jamais devenir par eux-mêmes des articles de foi; et leur importance dans la doctrine ou le culte doit, delà, pouvoir toujours être discutée pour savoir s il est convenable de les admettre ou non , selon les preuves que la raison peut fournir de leur vérité. C est aiksi que tout principb qui nb

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