CHAPITRE XIV
serait une abomination pour les Égyptiens. Voici ^ si nous sacrifions P abomination des Égyptiens devant leurs yeux^ ne nous lapideraient-ils pas? »
28. « Alors Pharaon dit : Je vous laisserai aller pour sacrifier au désert à V Éternel votre Dieu , pourvu seulemefit que vous n'alliez pas plus Urin. Fléchissez VÊternel pour moi par des prières. »
S*en rapportant k cette promesse, Moïses adressa k ce SQJet des paroles à l'Éternel, et ce fléau cessa également. « Vais Pharaon appesantit son c(Bur encore cette fois^ et ne laissa point partir le peuple {Verset 32). »
L'Éternel envoya en conséquence de nouveau, et cela pour la sixième fois, Moïses au roi pour le menacer d'une grande mortalité dans ses troupeaux s'il ne laissait pas partir les Israélites , en ajoutant qu'il épargnerait le bétail de ces derniers; fléau dont le commencement était fixé au lendeoiain (Chap. IX); et en effet, tout le bétail des Égyptiens mourut dès le jour suivant; mais malgré ce grand malheur , le Pharaon ne céda pas.
Alors rÉternel dit k Moïses et k Aaron (Verset S) de prendre de la cendre et la jeter k pleines mains vers les cieux , en présence de Pharaon ; que cette cendre deviendra de la poussière qui causera des ulcères dans toute rÉgypte; Verset H ^ € et les magiciens ne purent se tenir devant Moues , à cause des ulcères ; car les magiciens avaient des ulcères comme tous les Égyptiens. »
13. c Et ï Éternel endurcit le cœur de Pharaon^ et il ne les écouta point. » Enfin Dieu ordonna encore de se
présenter devant le roi et de lui dire que i4 c je vais
faire choir toutes mes plaies dans ton cœur y et sur tes serviteurs et sur ton peuple , afin que tu saches quHl n'y en a point de semblable à moi sur la terre. » Et après avoir ajouté qu'il eût été facile k l'Éternel de frapper le roi et son peuple de mort, mais qu'il a voulu les laisser subsister, afin que son nom soit célébré par toute la terre , Moïses II. » î
5«IU TaiouMsue ok la hàtoiul
se coDtenUi de menacer le Pbaraoa de faire tomber une grêle d'une grandeur telle, qtae tout serait détruit, 6*il ne laissait pas partir les Hébreux ; et cette grêle tomba, en effet, en épargnant les contrées qu*habitaient les Israélites. Le roi avouant alors qu'il avait pécbé, et que rÉteroel était juste en le punissant, pria encore Moïses de fléchir son Dieu par ses prières, promettant de nouveau, et cela pour la septième fois , de les laisser partir , mais le Pharao0 o*en viola pour cela pas moins sa parole que précédemment.
L'Éternel envoya encore Moïses au Pharaon , ponr loi ordonner de sa part de consentir au départ des Israélites, et en cas de refus, de lui annoncer que des saaierelles ravageraient le pays; et Moïses ayant rempli sa nouvelle mission, tourna le dos au Pharaon, et partit (Chap. X). Les serviteurs du roi, affligés de tant de malheurs, le prièrent de laisser enfin partir les Israélites; et cédant momentanément k leurs instances, il fit rappeler les deux chefs des Hébreux, pour leur annoncer qu'il consentait de nouveau à ce que les Israélites allassent sacrifier ài leur Dieu, mais k la condition qu'on lui indiquerait les noms de tous ceux qui feraient le pèlerinage; mais Moïses lui répondit qu'ils partiraient tous en emmenant leurs familles , et jusqu'k leurs troupeaux, vu qu'ils avaient k célébra une fête solennelle k l'Éternel (Verset 9); et le roi, forcé par les maux qui affligeaient le pays, consentit enfin an départ, mais des hommes senlemeot, et il chassa les deux Hébreux de sa présence ( Feriez 1 1). Alors l'Éternel ordonna à Moïses de faire ven'r les santereUes, afin qu'elles braitasseni Umle l herbe de la terre ^ et Umt ce que la terre a laissé 4e reste. Ce fléau engagea de nouveau le roi de prier Moïses et Aaron dlntercéder auprès de leur Dieu pour qu'il fit cesser ee malheur; et l'Éternel l'ayant exaucé , fit lever un fort vent d'ouest qui emporta toutes les sauterelles , et les précipita dans la mer Bouge. Mais le Dieu des Hébreux anant de wMveau endurci le caur du mQnarque , celui-ci
cBAmnx iiv. 991
s'opposa, comine les autres fois , au ^éi^zti (les Israélites (Verset 20). Alors Moïses fit venir des ténèbre^ sur tout le pays, à Texception de 1^ province de GoscheD qu*babHaieut les Hébreux ; 0i Pharaon faisant eiicore venir Moïses , \m permit de conduire son peuple au désert hors de VÉgyptai en y laissant toutefois leurs troupeaux î mais Moïses lui ré|>ondit qne ceh était impossible, vu qu*iLs av^ieui besoin de l^ur bétail' pour les sacri6c^s et Iqs bolop^ustes qu il)$ devaient offrir k VÉternel , et qu*ep coni^équepce, ils pm.mèneraiept tous l^urs troupeaux , sans qu'i} ep fesiîA nu ongle. Or Dieu ayajst encore endurci le cœur du Pbar^oOj^ celi|i-d refusa ^e nouveau de laisser piurtlr les Hébreux, pi chassa 0ncore une fois Moïses de sa présence, lui ièf^j^r 4ant^ sous peine de o^ort, de ne plus paraître 4eyant^ face {Verset 28).
29. < Alors Moïses lui répondit : TV ^< ^1^ dit ; je t^f verrai fins jamais ta faice, »
On voit dans ces divers {chapitres qms je viens de piter^ comment Fauteur de }*^xode présente partout, aÎJisi quç jeTaidé^k fait remarquer plusieurs fois , TÊtre Suprén^e, toujours comme un simple homme ^ très-puissant, il e^t vrai , mais assimilé dans cette puissance piêpie k des m;i* gicieps, avec lesquels il le fait lutter de savoir-f^ire; lult^ dans lesquelles il est souvent égale par ces derniers ; ^t si 'kla fin Moïses produisit, par Tassistance de Dieu, des effel^ que les magiciens de TÉgypte ne purent pa^ ioii^r, ceh ne prouve pas une moindre puissance cbezc^es derniers, mais simplement la connaissance d*un moindre nombre de magies; car s'ils ont pu, comme Moïses, transformer une verge en serpent , et la faire redevenir v.erge; s*ils ont pu convertir, comme lui^ Teau du Nil en sanjg, et faire naître d'innombrables grenouilles^ cela est tout aussi prodigieux que la naissance subite des sauterelles et d*autres insectes. Encore la plaie des sauterelles^ celle des maladies pustuleuses ou la Peste^ qui affligent epcore souvent TÉgypte,
odS THBOLOGn DB LÀ NATURE.
ne purent - elles pas être attribuées aux causes ordinaires, tout aussi bien que la grêle que Moïses fit tomber; de manière que ce sont précisément les effets vraiment miraculeux que les magiciens ont produits k Tégal de Moïses.
Que dire de cette singulière manière d'agir que l'aateur prête k la Divinité, qui veut faire sortir les Israélites d'Egypte» sans pouvoir parvenir h vaincre l'opiniâtreté de Pharaon ; qui alternativement promet et refuse de les laissa partir; événements où 1 Être Suprême, le Dieu tout-puissant, est par dix fois obligé de faire solliciter pour eux par son protégé la permission d*a1ler sacrifier k leur Dieu? Mais ce qui est plus fort que tout cela, c'est que, suivant Tauteur, rÉternel lui-même se crée des obstacles en endurcissant U ccBur du Pharaon pour qu'il ne permette pas ce que lui-même lui fait si instamment demander ; et cela pour le punir de ce que Dieu l'oblige de faire. Quelle Philosophie! Enfin quelle morale, quelle justice Moïses a-t-il pu trouver dans ces actes de la Divinité, qui dix fois désole l'Egypte entière pour punir un seul homme d'avoir résisté a Moïses ? Toutes ces choses sont vraiment inconcevables , même chez un auteur de Poèmes; et l'on veut nous imposer de tels ouvrages comme livres canoniques révélés a leur auteur par l'Esprit de Dieu ! Ouvrages sur lesquels je suis même loin d'avoir tout dit.
Au Chap. XI, Dieu annonce k Moïses qu'il punira encore une autre fois l'Egypte de l'opiniâtreté de son souverain ; mais cette fois, non en faisant venir une nouvelle plaie sur le pays, mais en massacrant lui-^même tous les premiers-nés ; et cela non-seulement des hommes, mais aussi du bétail; et que ce sera k la suite de ce nouveau désastre qpe Pharaon laissera enfin partir les Enfants d'Israël en les chassant même par la force. Enfin Dieu renouvelle k Moïses l'ordre de dire k son peuple ce qu'il lui avait déjk recommandé eu lui apparaissant sur la montagne d'Horeb , d'emprunter a
CHAFITRI XIV. a33
leurs amis le plus possible d'objets de prix, afin de les dépouiller en s'en allant.
Dieu ordonne en outre aux Israélites, afin de les préparer au voyage qu'ils doivent entreprendre , de manger par famille un agneau ou un chevreau rôti , le soir du quatorzième jour du mois , veille du départ , qui sera la Pâque de V Étemel (Chap.XI, 1) , et d'enduire du sang de cet animal les poteaux et les linteaux des portes^ afin que les habitations des Israélites soient marquées : < Car je passerai (dit l'Éternel) cette nuit-là par le pays d'Egypte , et je frapperai tout premier-né au pays d^ Egypte, depuis les hommes jusqu'aux bêtes ^ et f exercerai des jugements sur tous les dieux de V Egypte. Je ms V Éternel. 9 {Verset 12.) C'est ici où Moïses institue, au nom de l'Éternel, la fête de Pâques des Hébreux, dans les termes suivants :
14. « Et ce jour vous sera en mémoire, et was le célébrerez comme une fite solennelle à V Étemel, dans vos âges; vous le célébrerez comme une fête solennelle , par une ordonnance perpétuelle. »
^S. c Vous mangerez pendant sept jours des pains sans lemin ; mais vous ôterez dés le premier jour le levain de vos maisons. Car si quelqu'un mange du pain levé y depuis le pre^ mier jour jusqu'au septième , cette personne-là sera retran^ chée d'Israël. »
16. « ^u premier jour, il y aura une sainte convocation; il y en aura aussi une au septième jour; il ne se fera aucune muvre en ce jour-là; seulement on vous apprêtera ce que chaque personne doit manger. »
17. « Vous observerez donc les pains sans levain; car en ce même jour-là j'aurai retiré des troupes du pays d'Egypte. Vous observerez ce jour-là dans vos âges, par ordonnance perpétuelle. »
A minuit, l'Éternel passa à travers toute l'Egypte, exterminant tous les premiers-nés, k l'exception de ceux des Israélites dont les maisons étaient marquées; ce qui causa un tel
534 TUtOLOG» DK LA NATURE.
désordre dans lé pays, que te roi et tout le peuple se levèrent, et forcèrent les Hébreux de s'en aller, le Pharaon leur permettant même d'emporter tout leur avoir.
C*est le jour de Pâques que les Israélites partirent enfin en masse de Bahmésès dans le pays de Goschen, au nombre ie 600,000 homme de pied^ sans y comprendre les petits enfants {Verset 87), et se rendirent k Succath, emportant tons les objets de prix quils purent avoir de leurs voisins, aiosl que lavait ordonné TÉternel.
38. « Il s" en alla aussi avec eux un grand nombre de touti sorte de gens et de brebis et de bœufs ; et de fort grands troupeaux, t
C'est en partie par ce dernier fait qu'on peut expliquer le nombre cotisidérable de cette population, qui n'a pas pa atteindre t en 400 ans qu'a duré le séjour des Israélites en Egypte , cet immense accroissement, qui est d'ailleurs sans aucun doute fort exagéré. En effet, comment concevoir que les habitants du petit pays de Chanaan aient pu résister, comme on le verra un peu plus bas, pendant 40 ans à une telle masse de 600,000 combattants , qu'ils tinrent ce long espace de temps refoulés dans le désert, où les Israélites eurent h lutter contre la plus horrible misère? Très -probablement les Égyptiens qui se joignirent aux Hébreux n'étaient que des curieux qui crurent assister k peu de distaooe il une simple cérémonie, et revenir ensuite chez eux après une absence de quelques jours.
Que dis-je? les seuls habitants du tout petit territoire des Philistins tinrent victorieusement tète pendant plusieofs siècles, jusqu'au Roi David, au peuple d'Israël, auquel ils ont même enlevé leur Arche d'alliance, représentant leur Dieu {Samuel, I, Chai>. IV).
Au Chap. XIII de l'Exode, Moïses répète an peuple la loi qui institue la Pâque, et lui dit qu'en commémoration delà sortie d*Égypte où Dieu a fait périr tous les premiers-nés, H fallait aussi lui sacrifler tous les premiers-nés. tant d&^ bétes
cvAriYM iiv. 535
qne des bommes; mais qo*on pourrait racheter ces derniers ainsi que les premiers-nés des Anesses, en les remplaçant par des Agneaux ; et recommanda de faire ainsi, quand un jour le peuple dlsraël aura pris possession du pays de Chanaan» que Dieu a jwré de lui donner. Nous trouvons encore ici cette assertion, que Dieu a fait alliance par serment av#e Israël, absolument comme le fait un homme pour assurer de la fidélité de sa parole, venant à Tappui de la preuve que Moïses se faisait une étrange idée des perfections de TËtre Suprême.
C*est également ainsi quMI estditau Verset 17 : < Or, quand Pharaon eut laissé aUer le peuple. Dieu ne les eonduisil point par le chemin du pays des Philistins , bien quil fût le plus proche; car Dieu disait : Il est à craindre que le peuple ne se repente , qtiand il verra la guerre y et qu*il ne retourne en Egypte. »
Ainsi , au lieu de leur faire prendre le chemin le plus court pour aller en Chanaan, Dieu fit faire aux Israélites un immense détour, les conduisant parla mer Rouge, ^ travers laquelle il les fit passer, d*abord dans les déserts de TArabie, où il leur fit supporter pendant 40 ans les plus aflTreuses privations. Qu'étaient donc pour Moïses la toute-puissance et l'omniscience de TÉternel , pour lui avoir fait dire qu'U est à craindre que le peuple ne serepente^ et qu'il fallait Tempécher de retourner en Egypte en lui faisant traverser la mer, afin de rendre le retour impossible? Mais cette crainte et cette ruse n*étaient-èlles pas plutôt purement le fait de l'intelligence de Moïses, qui les fit passer comme des moyens employés par la Divinité.
C'est au Chàp. XIV qu'est raconté le célèbre passage de la mer Ronge, où Dieu dit encore qu'il endurcira le cœur de Pharaon, ainsi que de tous les Égyptiens, afin qu'ils poursuivent les Israélites et aillent tous périr dans les flots. En effet, le roi ayant été informé du départ des Israélites, les poursuivit avec une armée nombreuse, où se trouvaient tous
596 THKOLOGII DB LA IfATURI.
les chan d^ guerre (V Egypte ; et près de la mer les Hébreux commencèrent déjk h reprocher à Moïses de les avoir fait sortir de leur pays pour les faire périr dans le désert, se trouvant d*autant plus effrayés qu'ils virent derrière eux Tarmée de Pharaon qui les fK>ursuivait. C'est alors que Dieu ordonna à Moïses de frapper la mer de la verge qu'il tenait en main, afin de fendre les eaux pour que le peuple hébreu pût passer a sec*
Or comment le roi put- il réunir en quelques heures tous les chars de guerre de T Egypte ^n(tér«? N'est-ce pas déjk Ik une de ces mille impossibilités dont j*ai parlé plus haut? Et si en effet les Israélites ont passé la mer k pied sec, c est , ainsi que tout monde le sait, parce qu'elle est très -peu profonde k l'endroit où le passage a eu lieu , et que Moïses connaissant le moment de la basse marée s'arrangea de manière k passer au moment du reflux, afin que l'armée des Égyptiens arrivant quelques heures plus tard fût arrêtée par le retour de la mer ; passage que tous les jours de nombreux voyageurs exécutent au même endroit sans aucune difficulté : voilk tout le secret de ce célèbre miracle; et en effet, quoique l'Éternel ait dit k Moïses, au Verset 16, de fendre la mer avec sa verge^ il est formellement dit, au Ver- I0t 21, que l'Éternel fit reculer la mer toute la nuit par un vent d'orient trés-fori; cest-à-^ire par le reflux, quoiqu'il soit dit aussi que les Eaux se fendirent, et servirent de murs aux Israélites qui passèrent au milieu ; forme un peu épique, par laquelle l'auteur a voulu peindre cet événement; tandis que les Égyptiens, qui entrèrent également dans cette rue aquatique, y furent tous noyés. Mais, quoi qu'il en soit, comment le plus vulgaire bon sens a-t-il pu permettre au Pharaon de se hasarder dans ce miraculeux défilé, qui devait nécessairement lui prouver, par sa disposition extraordinaire, que les Israélites étaient protégés par une Divinité toute-puissante, contre laquelle il ne pourrait rien ? Mais on comprend qu'il a pu espérer passer paiement avant le flux
CHAPITRl XIV. 537
(le la mer, et qu'ayant rencontré des obstacles il y fut surpris par le retour des eaux. Mais il est surtout dit aux Versels 24 ei 25 que déjà la meille Dieu mit rarinée égyptienne en dèrùat^ et 6ia les roues des chars, qui ne purent plus être conduits que fort pesamment. Or une armée en déroute, privée de son matériel, n'entre pas aussi docilement dans une rue à parois d'eau.
âuChap. XYI, les Israélites que Moïses avait conduits d'abord dans le désert de Sin , où il n'arrivèrent même qu'après plus de deux mois de séjour dans Y Arabie Pétrie^ où ils souffrirent déjà de la plus horrible misère, reprochèrent araèvement à leurs deux chefs de les avoir fait sortir d'Égyple, où ils avaient vécu dans l'abondance. L'Étemel ayant entendu ces plaintes dit à Moïses qu'il ferait pleuvoir du pain, afin d'éprouver le peuple , pour savoir s^il marcherait ou non dans sa Un, C'est-à-dire que, d'après ce passage, Dieu ne pouvant savoir ce que les Israélites feraient, les essaya par une expérience (Verset A) , et Verset 6. < Moïses et Aaron dirent à tous les enfants d'Israël, ce soir vous saurez que V Étemel vous a tirés du pays d* Egypte. »
En effet l'Éternel, ému par les souffrances du peuple, lui fit dire par Moïses que le soir même il mangerait de la chair, et le lendemain matin du pain, promesse qui se réalisa bientôt, vu qu'entre les deux Vêpres une quantité innombrable de Cailles vint s'abattre sur le camp, et chacun en prit ; et le lendemain, après la rosée, toute la terre se trouva couverte de petites boules blanches semblables à de la semence de coriandre, que Moïses dit être le pain dont l'Éternel avait parlé. Cette substance, que le peuple nomma de la Manne, était blanche et avait le goût des Beignets de Miel (Verset 31).
Tous les Miracles étant possibles au Tout-Puissant, on ne sera pas trop surpris de la quantité prodigieuse de Cailles qu'on dit s'être abattues sur le camp, pour que l'immense peuple d'Israël, qui ne comptait pas moins de 600,000 combattants, ait pu en prendre assez pour que tous en mangeas-
588 TirfoLoon m la natum.
sent. Mais, quoi qnll en fût, Textréme misère k laqpaelle ce malheureux peuple se trouva réduit, et le besoin qu'il éprouva de manger de la cbaîr, prouvent toutefois qu*il n*avait plus de troupeaux, ni aucun fruit de la terre dont il pAt vivre.
Quant k la manne dont les Israélites ont vécu pendant 40 ans dans le désert, avant qu'ils ne parvinssent à s'emparer du pays de Chanaan (léoshoa^ Chap. Y, là ), on n'a jamais pu savoir ce que c'était, vu qu'elle n'a plus reparu nulle part; pendant qu'elle tombait tous les jours en si grande abondance du ciel, durant ce long espace de temps qu'il a fallu pour arriver enfin dans cette terre promise; tandis que Dieu n'eût eu qu'à vouloir, pour que tout fût terminé à l'instant, en faisant passer le peuple d'Israël, sans aucun miracle , par le pays des Pbilistins qui offrait le chemin le plus court.
L'armée des Hébreux campée au désert de Sin se porta enfin plus vers le sud, et vint camper à Réphidim dans no lieu où il n'y avait point d'eau; le peuple reprocha de nonveau k Moïses de l'avoir ainsi établi dans une contrée privée de l'un des objets les plus nécessaires à la vie; il loi dit: Chap. XVil, 2. « Powrguot me querellez-vous? Pourquoi teniez-vous V Étemel ? »
C'est ainsi qu'en se faisant passer pour le Prophète de Dieu il mit toutes ses fautes k la charge de la Divinité.
Dans cette position critique Dieu lui dit de frapper de sa verge le rocher de Horeb, pour en faire jaillir de suite une source; ce qui fut fait en présence des chefs do peuple.
C'est à Réphidim que les Israélites eurent la première bataille à soutenir contre les Hamaiéhites ^ dont ils envahirent le territoire, et que Iéosghoa, leur général, défit; aussi est-il dit ( Chap. XVII. 44 ) que Dieu prùmii d effacer entièrement Hamalek de de^sotM les cieuœ. Mais malgré celle promesse , on voit ce peuple plusieurs fois reparaître encore
ciAPiTEi xvr. 539
dans les guerres que tes Hébreux eurent k soutenir contre leurs voisins.
Moïses se trouvant alors très-près deMadian, où demeurait Iéthro, son beau-père, celni-ci ayant appris ses exploits, vint auprès de lui en amenant sa fille Séprorà, femme de Moïses , et ses deux fils Guérsghom et Élihézer , qu'il avait sans doute renvoyés d'Egypte , après y être allé pour délivrer le peuple dlsraël ; vu qu'il est dit au Chap. IV, 20, qn*en s*en allant de Madian , Moïses avait emmené sa femme et ses enfants. Or, Moïses ayant raconté h son beau-père tous les miracles que TÉternel avait faits pour tirer le peuple d*Israêl deTÉgypte; Iéthro, quoique sacrificateur k Madian, et par conséquent païen , dit qu'il reconnaissait par Ik ta supériorité de rÉlernel sur les Dieux des Égyptiens , et lui offrit un holocauste : ce qui constituait tacitement une conversion k la doctrine mosaïque. Mais en lui disant qu'il connaissait la supériorité de rÉternel (Chap. XVIII, li), il exprima toutefois par Ik qu'il continuait k croire encore k l'existence des Dieux du Paganisme.
Après trois mois d*existence dans le désert, les Israélites arrivèrent au pied du mont Sinaï, sur le sommet duquel Moïses reçut des mains mêmes de rÉternel , les Tables de la Loi , loi connue de tout le monde sous le nom de Décaîogue^ mais qu'on a toutefois plus ou moins altérée dans les divers Catéchismes que les enfants ont entre les mains.
Moïses ayant réuni tout le peuple au pied du Sinaï, y traça une limite, qu'il défendit k qui que ce fût de franchir sous peine de mort, afin que personne n'y montât pendant que lai et son frère Âaron y seraient en conférence avec l'Éternel, qui leur avait dit qu'il s'y présenterait devant eux dans une épaisse nuée. Le moment étant venu , les deux chefs du peuple montèrent sur la montagne, qui se couvrit de nuages, où grondait le tonnerre , et d'où jaillirent du feu et des éclairs (Chap. XIX, 16). Lk l'Éternel leur remit sa loi gravée de sa propre main sur deux tables de pierre.
540 THiOLOGII DU LA NATVM.