II
tu THiOLOOa DB I»4 HATURI.
extérieure visible prend dans l'ensemble une forme réticulée» dont chaque petite partie, répondant à Tundes yeux, est marquée au dehors par une facette convexe, ordinairement hexagonale ou carrée , toutes disposées sur une éminence en saillie convexe, dont Tensemble a reçu le nom à'OEU composé , ou même de Cornée , comme formé de Tassemblage d'un nombre considérable d'yeux simples. Qss organes si nombreux , et disposés sur une éminence convexe de toute part, offrent par Ik l'avantage d'être dirigés dans tous les sens ; de manière que , bien que ces yeux soient fixes , l'animal peut voir distinctement tout ce qui se trouve autour de lui ; se trouvant par là dans une condition même plus fa-* vorable que les Vertébrés qui n'ont jamais que deux yeux.
Derrière chaque cristallin se trouve , dans Tintérieur dii^ crâne , un petit globe propre à chaque œil , analogue a ceux des Arachnides, et recevant de même un nerf optique spécial*
Telle est au fond toute la différence qui existe entre les yeux simples, plus ou moins écartés des Arachnides, et ceux très-rapprochés des Insectes ; encore beaucoup de ces derniers animaux , et entre autres les Abeilles et les Guipes , ont-ils, outre les deux yeux composés latéraux ordinaires, trois yeux simples sensiblement plus grands et plus ou moins écartés placés sur le sommet de la tête , et connus sous le nom d'Yeux lisses , comme n'étant point réticulés à Tinstar des composés.
Les yeux simples , réunis en si grand nombre, et pressés les uns contre les autres pour occuper le moins de place possible dans ceux qui sont composés, prennent de là, ainsi que je l'ai déjï dit, non-seulement une forme polygonale dans leurs cristallins , faisant partie des téguments extérieurs » mais ces mêmes cristallins prennent encore par ik, la forme de petits prismes réunis par leurs faces latérales, et dont l'axe a d'ordinaire plus du double de la longueur du diamètre transversal. Cette forme, qui parait très-extraordinaire au premier abord , vu que la lumière qui traverse qn prisme 4ws sa
longueur, doit perdre bien plus de son iatensiié que si elle de traversait ^ti'ufie simple lentille; mais oè PAit s'BtPLiom
HRPAItBMËNf Pkn tk RAUHfi BACËSSË W GfttATEUR, BT SON ÂDOftABLe SOLLtcmiDfi 4 dVÏ SB MaHIFESTB BAMS LB «OINDBB
ob;êy qu'il a fOBMÉ. En effet, la difiërence absolue de di-^ ménsions entre Taie du prisme et celui qu'aurait une simple lentille est ici trop faible pour pouvoir causer une diminution sensible dans Tintensité de la lumière» ees prismes n'ayant d'ordinaire pas un quinMiétne de mliHmitf$ de long ; et si les cristallins avaient la forme aplatie des lentilles f la calotte cornée qu'ils fCH^meraient par leur réunion serait tellement mince , ne pouvant avoir tout au plus qu'un centième de millimètre d'épaisseur, que cette saillie ne pourrait opposer aucune résistance k la moindre action des corps étrangers; mais l'Êtrb suprême, pbévoyabt ob oravb.
mCOKVÉNIBNT, Y A PAAÉ PAR UBB SI»U AUtaBBTAtlOB d'ÉPAISSBUR DB ces MÉttBS GRtSTALLIBS.
Les yeux des Insectes étant infiniment petits, il est évident que la lumière qui leur arrive tris^obliquement de toute part doit traverser facilement plusieurs des cristallins juxta*^ podés j et troubler, comme lumière diffuse , la netteté dé l'image formée sur chaque rétine particulière; bcaib cb
GRAND IN€0HVÊNIBJ<T A ÉGALËMBNT ÊtÉ AMIRABIiBMBNT lHkt* VENU PAR t'OMKTSGIENCE BIVIBB , AU MOtB^ U'UN ÉPAIS ABNËAÙ DB PIOUEETUM NOm ROUGBAtRB HVi EBtOUBfi LA BASB INTB^
RmuBB DE GBAQUB CRISTALLIN. Cet auncau formant la partie avoisinante du petit globe spécial placé derrière ^ ne ménage au centre qu'une très-petite ouverture simulant une Pu* pille, dont cet anneau représente l'Iris^ pour ne laisser arriver dans la cavité oculaire que le seul faisceau IqmineBi convergent qui traverse le cristallin dans le sens de son axe; et absorbe du reste toute lumière oblique de quelque edté qu'elle vienne. Cet anneau de pigmentum est ainsi déjà un premier objet de perfectionnement apporté ^ ees yeux composés, vu l'éBtréme petitesse dé ces organe.
Mais cela ne saffit pas encore pour assurer la parfaite exécution de la fonction de la vue. Cette même petitesse de ces organes., permettant k la lumière de traverser le fond de chaque globe oculaire , et d'arriver, un peu plus loin , jusqu'au ganglion optique du cerveau qui donne naissance à tous les nerfs optiques spéciaux des yeux simples, et d'y causer, par une irritation analogue k celle que nous éprouvons dans l'éblouissement , un effet nuisible k la parfaite perception de Timage par l'animal, il était convenable que même cette dernière portion de lumière fût absorbée par une autre couche de pigmentum foncé , interposé ; et c'est en effet ce que l'admirable composition des yeux des Insectes m'a fait également connaître. Voici comment les parties sont disposées : le Cerveau des Insectes, toujours placé transversalement dans la région supérieure du crâne , au-dessus de l'origine de l'œsophage , produit de chaque cêté un Nerf optique commun ou primitifs dirigé de côté ver^ la cavité de Tœil composé auquel il répond. Ce nerf, souvent k lui seul aussi volumineux que tous les autres troncs nerveux primitifs du corps pris ensemble, se renfle dans la cavité de l'Orbite, en un gros GangUon optique ^ quelquefois presque aussi grand que la moitié du cerveau qui lui donne naissance. A son extrémité, ce nerf se divise (chez le Hanneton) en vingt-cinq k trente colonnes nerveuses fort courtes ou nerfs secondaires , qui bientôt se réunissent de nouveau par une expansion nerveuse terminale en forme de calotte sphérique placée dans l'orbite, et concentrique k la calotte formée par les cristallins. C'est de la surface de cette lame nerveuse que partent ensuite les nombreux petits Nerfs optiques spéciaux propres k chaque œil simple. Immédiatement sur cette calotte nerveuse générale se trouve placée une trèsforte couche de Pigmentum noir rougeâtre , semblable k celui qui entoure la base de chaque cristaUîn , mais beaucoup plus épais , et que traversent tous les nerfs optiques spéciaux pour se rendre k leurs yevck respectifs. C'est
CBAPITRE IV. H7
par ce nouveau perfectionDement de l'appareil de la vision que le ganglion optique enveloppé par cette forte couche de pigmentum , est parfaitement k Tabri de toute lumière qui potirrait lui arriver à travers les fonds des petits globes oculaires ; tandis que rien de semblable n'existe à l'égard des yeux simples écartés les uns des autres, tant chez les Insectes que chez les autres Animaux articulés.
Les Insectes ayant des yeux en nombre immense dirigés graduellement dans tous les sens , doivent en conséquence voir à la fois tout ce qui les entoure; mais la question est de savoir s'ils voient en même temps chaque objet également bien. Ce n'est pas probable, par cela que tous les ob* jets ne se trouvent pas k la même distance, d'où l'animal est obligé de ramener chaque œil au foyer voulu suivant l'éloignement de ces derniers , d'où il résulte que les objets pla* ces vis-à-vis des autres yeux doivent lui paraître moins nets ; c'est-à-dire qu'en somme les Insectes doivent avoir le même résultat que nous avec nos deux yeux, qui apercevons, sans changer la direction de nos yeux, tout ce qui se trouve dans l'espace placé au devant de nous , mais ne voyons bien distinctement qu'un seul objet, même fort petit, celui répondant exactement à Taxe visuel.
Ces aiêmes yeux composés se retrouvent ensuite chez un grand nombre d'autres Animaux articulés, tels que les Jules, de la classe* des Myriapodes , lesXtmuIus, de la classe des ÂBAGHNiDEs , Ics IsopoDES , les Amphtrodes parmi les Crustacés, etc. On les retrouve également chez les Stomapodes et les Décapodes, mais avec cette différence que l'amas des petits yeux est porté sur l'extrémité d'un pédicule articulé à sa base, et mobile au gré de l'animal , ce qui constitue le premier degré de la transition des yeux des Vertébrés en ceux des Insectes, où la mobilité est encore conservée. Une autre disposition fort remarquable , indiquant un degré plus rapproché encore des yeux des Vertébrés , est celle que présentent les Daphnia, petits Crustacés de l'Ordre des Branghiopodes ,
H$ TlliOiO^II M U MATUM.
doDi les yeux wni également encore nobUea» queîque eom^ posés , mais entièrement renfermée daqe la oevUé de lu t^ comme ebee les Vertébrés. Cbea ces petits aqim^ny, lea ien yeux composés réania présentent la forme d'une maaae sphéroïdale roulant sur elle-même au moyen de quntre musdes droits , disposés absolument comme chei; len. Mam*' mifères. Pour cela , la masse globuleuse est oîrcou3crite per une enveloppe membraneuse qu*on pourrait appeler une êcUroHque ou une eorn6$ commune, offrant postériepreme^.t une grande ouverture par où enti^ le faiaoeen des nerfb op? tiques simples , et du bord de cette ouverture partent loi quatre muscles qui se dirigent en arrière en oonveif eaut vers un môme point où ils se fixent; muaoles au moyen dee» quels le petit animal fait tourner en tous sens aon ceil eûniT* posé.
Quoique cet oui soit composé, la mobilité dont il jouit était nécessaire k ces petits Êtres» afin de pouvoir explorer tout ce ^ui se trouve autour d'eux, n'ayant regu en tout que vingt-sept yeux simples proportionnellement fort gréa oba^ eun , garnissant toute là périphérie de la sclérotique eommnne ; chacun ne pouvant en conséquence embrasser k la fois qu'une petite partie de Tespace*
Le centre de ce globe oculaire est formé» autant qu'il m'a été possible de le reconnaître chez des animaux dont tout le corps n'a pas plus de quatre millimètres de long , d'uQê masse de Pigmentum noir, dans laquelle sont ench&aaéa k la périphérie, sous la sclérotique commune, les vingt^aept cristallins des yeux simples» dont chacun a la forme d'un œuf enfoncé à moitié par le petit bout dans la matière noire dont je viens de parler, tandis que Tautre moitié» répondant au gros bout de Tovorde, fait saillie sur la surface de ce pig-^ mentum, en formant autant de perles arrondies d'une adnai^ rable limpidité; et il est très-probable que derrière cbaeiia de ces cristallins se trouve , comme chez les Insedes » un globe d'cûl simple , dont l'existence est indiquée d'aîUeurs
par le nombre des nerfs optiques qui s'y rendent en partant, comme chez les Insectes, d'un gros ganglion- optique placé à côté du cerveau.
La forme ovoïde des cristallins est une conséquence naturelle du milieu dans lequel vivent les Daphnia , c'est-k-dire que c'est encore une de ces nombreuses preuves du soin
MINUTIEUX BT SI PROFONBÉMENT SAVANT AVEC LEQUEL LE MOINDRE ORIET A ÉTÉ CALCULÉ DANS SES EFFETS PAR LE
TouT-PuissANT. La réfraction de la lumière passant d'un milieu dans un autre étant en raison de la différence de densité de ces milieux, il en résulte que, chez les animaux aquatiques, il n'y en a presque pas au passage de l'eau dans l'humeur aqueuse des yeux , d'où il était inutile , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer en parlant des yeux des Poissons, que la cornée fûtplus ou moins convexe, cette forme n'ayant plus aucune influence sur la direction des rayons lumineux ; aussi cette partie de l'œil est-elle entièrement plane chez les Poissons. Hais il n'en est pas de même du cristallin , qui, formé d'une matière plus dense que l'eau, doit seul produire toute la réfraction nécessaire pour amener le foyer de cette lentille sur la rétine ; aussi ce corps est-il toujours très-convexe chez tous les Animaux aquatiques , sphérique chez les Poissons, et d'ordinaire même ovoïde chez tous les Animaux artieuiés qui vivent haUtnellement dans l'eau, tels que les limuhu^ de la classe des Arachnides, les Daph^ nia y dont je viens de parler, et les autres Crustacés.
Les yeux des Mollusques et des Zoophytes étant géné^ ralement fort petits, on a jusqu'à présent négligé d'en étudier la coiaposîtioo : je vais toutefois indiquer ici par anticipatioa celle que présentent ces organes chez les Cépkalo-^ PODBS , les seuls animaux de remhranchement des MoUu&-' quesQùilssont, au contraire, fort grands et même énormes, occupant toute la face latérale de la tête, de là faciles à disséquer, et en conséquence aussi fort bien connus dans leur or*> gwis^n.
120 TBBOLOGIS n Là NATURB.
Quoique les Céphalopodes soient fort éloignés des Animaux vertébrés dans Téobelle de classification, leurs yeux et surtout ceux des Poulpes ont toutefois la plus grande analogie de composition avec les leurs, en formant même le premier degré fort remarquable de la tranformation que subissent ces organes, pour prendre la forme qu'ils affectent chez les Insectes. On y retrouve ainsi, comme chez les Vertébrés, un IriSj une Pupille^ une Conjonctive membraneuse des Paupières et jusqu'à une Orbite spéciale creusée dans le cartilage crânien pour recevoir le fond du globe, et percée au centre d'une ouverture par où arrive le nerf optique. La seule différence essentielle que ces yeux offrent avec ceux des animaux supérieurs consiste dans Vétat membraneux de la Sclérotique et surtout dans Tabsence de la Cornée; ce dernier fait constituant le commencement de la disparition des chambres de Tœil , devenue complète chez les Animaux articulés.
Chez les Poulpes les téguments de la tête forment, en arrivant vers le milieu de Tœil, une Paupière circulaire en se repliant sur eux-mêmes vers l'intérieur, pour doubler leur lame extérieure. Ce repli qui constitue ainsi la Conjonctive palpébrale s'étend tout autour en enveloppant le globe jusqu'auprès du bord de l'orbite. Lk cette membrane se réfléchit sur le devant du globe en formant la Conjonctive ocur loâre, qui, vu l'absence de la cornée, plonge dans l'ouverture antérieure de la Sclérotique et double celle-ci jusqu'à une certaine distance, en prenant une teinte noire qui donne à cette ]ame quelque ressemblance avec VDvée des animaux supérieurs. Arrivée au grand cercle de l'iris, la conjonctive passesur ce dernier et pénètre dans la pupille pour revêtir la face intérieure de l'iris , comme le fait YUvée des animaux supérieurs; et revenant une dernière fois sur elle-même, la conjonctive recouvre la face antérieure du cristallin , auquel elle adhère vers âa circonférence.
Ou voit que, par Tabsence de la cornée , la chambre an-
CHAMTRI HT. 124
térîeure de l*œil étant ouverte, le cristallin se trouve déjk k DQ au milieu., librement recouvert seulement dans son pourtour par l'iris, et plus extérieurement par la paupière.
Chez les Seiches^ autre genre de Céphalopopes, voisin des Poulpes, la paupière disparait à son tour presque en entier , ne formant qu'un simple petit repli au bord inférieur de l'œil, de manière que les téguments antérieurs, en arrivant au globe, le revêtent en devenant simplement très-minces et transparents , et plongent dans la pupille poursecom-^ porter du reste k peu près comme chez les Poulpes ; et cette disparition des paupières' constitue ainsi un second degré de dégradation des yeux pour arriver k la condition qu'ils offrent dans les animaux articulés.
Chez les GASTÉiiopobEs les yeux disparaissent complètement dans un grand nombre de genres, et Ik où ils existent, ils sont tellement petits qu'il serait difficile d'étudier leur structure. Us sont d'ordinaire placés soit k Textrémité, soit k la base des grandes tentacules , mais reçoivent toutefois des nerfs très-gros; ce qui prouve que la fonction de la vision y est fort parfaite.
Les Acéphales et la plupart des Zoophttes sont aveugles.
433 TmioLoam 99 .i»4 haturs.
PREUVES DE l'EXISTIUïGS DE DIEU ET DE SES ATTRIBUTS, TI&ÉI0 BB
l'organisme DES ANIMAUX MOLLUSQUES EN PARTICULIER.
J'ai fait remarquer, en donnant la définition des quMre embranchements qui constituent le Règne animal, que, dans les deux premiers, celui des Vertébrés et celui des Ani* MAUX ARTICULÉE , le corps était formé de deux moitiés latérales égales, et que celte parité était surtout parfaite ebez ces derniers, où tous les organes, sans exception, sont rigoureusement pairs et égaux des deux côtés. Ce caractère comme tous les autres suit une marche de gradation , et commence à disparaître dans le troisième Evbuanchbiies^t , celui des Mollusques, animaux dont le corps est bieiiL encore» en thèse générale, composé de deux moitiés latérales sem* blables, mais le plus souvent cependant déjà plus ou moin$ différepte^^, soit relativeo^ent k quelques viscères seulement, soit même dans la forme générale du corps.
Les Mollusques se distinguent essentiellement des deux premiers^ embranchements, en ce que leur corps ne se compose plus de parties analogues, successives , se répétant par paire , et répondant par groupes aux principales divisions du tronc ; si ce n'est encore te muscle du pied chez les Gastéropodes et les ganglions centraux de la moelle épi^ nière ; ganglions toutefois rassemblés en un seul amas sous Tœsophage, absolument comme chez les Animaux articulés dont les segments du corps se sont confondus en une seule partie, disposition qui répond à la quatrième loi que suit le système nerveux (Y. tome II, page 96), et parfaitement distincte dans plusieurs espèces , notamment chez les Limaces. Or, comme le système nerveux offre en principe les mêmes rap-
pprU que çhei 1^ apim^ux >rticulé$ , te cerveau se trouvant ^alemQpt au«des^us de rœsopbage, et la moelle épioière S0Q3 le canal alimentaire » il en résulte que ce troisième embranchement du Règne animal se rattache non* seulement par Ik aux animaux articulés, mais qu'il se ti*ouve en outre sous FinQuence des mêmes lois auxquelles est soumis le système nerveux; c'est-à-dire que tous les segments dq corps se trouvent chez les Mollusques confondus en un seul.
Les Mollusques se distinguent ainsi essentiellement des animaux des deux premiers embranchements du Règne suimal, en ce que leur corps, quoique composé encore de même de deux moitiés latérales plus ou moins égales, n*est plus formé toutefois que d'uoe seule partie , ou bien de par* ties successives, difiérentes. Ils s'en distinguent, en outre, ea ce qne leur corps , entièrement oq presque entièrement charnu, ne renferme plus aucune partie soUde qui puisse être directement comparée oomme analogue à quelque pièce du squelette des Vertébrés , ou du Tét des Animaux articulés , d'odle nom de Mollusoubs donné h cet embranchement; et si, dans quelques classes, on ordres, on trouve des pièce* cartilagineuses servant de charpente au corps et d'attaeha aux muscles , ces organes, entièrement propres k ces animaux I n'ont , en réalité , pas la moindrq analogie anatcimi*< que ni avec lea pièces du squelette, qui a disparu dans lea derniers passons, ni avec celle ^uïïêt des Animaux articulés formés par des téguments endurcis ; les téguments des Mol** lusques étant partout parfaitement mous , et même beaucoup plus que che% les Vertébrés et les AnnéUdes«
L'ËiiBaiNCH£MEt(T dcs MoLi^u^Qcss so compo^e aipsi d'animaui^ k corps mou, formé de deux parties latérales semblables , non articulé » ayant la bouche k l'extrémité anté** rieure, mais Tanus le plus souvent placé ailleurs qu*k V^^ trémité postérieure^ Us ont tous un système circulatoire sanguin complet; c*est-k-dire formé de deux ordres devaisseaux , les uns centrifuges ou Artèr^it et |e^ autres c^tri-
114 TnfeLOGtl Dl LA VàXUKE.
pètes ou Veines, et k leur jonction un , deux ou trois Cteun bien circonscrits, dont l'un artériel : les Céphalopodes ayant deux cœurs veineux ; et le système nerveux est ganglionné , ressemblant en principe k celui des animaux articulés , dont il offre la disposition.
Cet Embranchement se divise en cinq Classes : celles des Céphalopodes, des Ptéropodes, des Gastéropodes, des Acéphales et des Braghiopodes.
Dans la Classe des Céphalopodes, composée exclusivement d'animaux marins, l'égalité des deux moitiés latérales du corps est encore parfaite. Leur Tronc, fort court , mais toutefois plus allongé d'avanl en arrière qu*il n'est large, ofifre la forme d*un sac ouvert en avant près de la tête, k la face ventrale : les principales parties du corps constituant la région postérieure du sac ; et la Tête formant la partie antérieure de cette dernière partie, fait saillie hors de ce sac, et porte autour de la bouche huit ou dix prolongements charnus ou tentacules très-forts, plus ou moins coniques, servant k la locomotion; d*où le nom de Céphalopodes (1) donné k ces animaux. Ces mollusques ont en outre un cœur artériel et deux veineux séparés; des sexes séparés; une respiration par branchies ; et ces derniers organes placés dans le sac. Une coquille calcaire, ou de consistance cornée, intérieure, placée sous les téguments de la région dorsale ; ou bien extérieure et enveloppant le corps. Bouche armée de deux Mandibules cornées crochues, semblables k celles d'un bec d'oiseau. La tête renferme un anneau cartilagineux donnant attache aux principaux muscles et dans lequel passent l'œsophage et le cerveau. Deux grands yeux aux faces latérales de la tète.
Les Ptéropodes , également marins , ont le corps sans membres ambulatoires, et nagent au moyen de deux expansions charnues placées en forme d'ailes aux côtés de la tète. Respiration branchiale. Hermaphrodites. Les uns, pourvus
(1) De xecpaX-^ , tête , et de ico6<, pied.
d'une coquille calcaire extérieure ou intérieure y les autres en sont privés.
Les Gastéropodes ont un corps formant en dessous un disque musculeux , sur lequel ils rampent ; le dos couvert d'un manteau en forme de bouclier ; la tète placée k Textré* mité antérieure du corps, et peu distincte de ce dernier ; mais portant différents tentacules. Cette tète renferme toujours une masse musculeuse plus ou moins compliquée , destinée aux mouvements des organes buccaux. Us n'ont qu'un seul cœur.
La plupart des espèces présentent une hernie naturelle sortant du milieu du manteau, hernie reçue et protégée dans une coquille conique le plus ordinairement contournée en spirale. Cette hernie renferme la majeure partie des viscères. Quelques espèces ont, comme certains Céphalopodes, la coquille cachée dans l'épaisseur du manteau; d'autres en sont privés. En6n un seul genre , celui des Oscabrions , a la coquille formée de plusieurs écussons placés à la suite les uns des autres, k nu sur le dos. Un seul ordre est k sexes séparés, six sont hermaphrodites avec accouplement, et deux hermaphrodites sans accouplement.
La Classe des acéphales se distingue par l'absence d'une tête distincte. Us n'ont aucun organe masticateur, et partant point de masse musculeuse destinée aux mouvements de ces organes. Le corps reçu dans un manteau formé d'ordinaire de deux lames latérales k bord inférieur libre , ou bien k bords réunis en formant un tube ou un sac. Respiration branchiale. Un cœur artériel seulement.
Le corps est le plus souvent reçu entre deux valves calcaires latérales, égales ou inégaies, qui manquent dans quelques genres formant I'Ordre des Tunigiers.
La Classe des Brachiopodes a le corps reçu entre deux valves , et porté sur un pédicule fixe. La tète pourvue d%deux bras coniques pectines. Deux cœurs paraissant k la fois veineux et artérids. Point de membres articulés.
Itd TBJOLOCIfe Dt LÀ MATURB.
Quoique les Mollusques diffèrent au premier aperçu considérablement des Animaux articulés, on peut, en les examinant avec quelque attention , reconnaître cependant qu'ils sont en principe Tormés sur le même plan général , appartenant à la même série, dont ils occupent simplement une branche latérale inférieure; opinion contraire à celle émise par CuviER , qui , attachant trop de valeur à quelques organes un peu mieux développés dans certaines espèces, tels que les yeux des Céphalopodes, a cru devoir placer ces derniers animaux, et par suite tous les Mollusques, immédiatement après les Vertébrés , et cela h la suite des Poissons , avec lesquels les Mollusques n*ont absosolument aucune espèce d*analogie ; tandis qu'ils se lient fort naturellement aux Annélides, la classe la moins parfaite, même de tous les Animaux articulés, et constituant à la fois la souche sur la* quelle s*élèvent, d'une part, les autres Animaux articulés, et de l'autre les Vertébrés, les Mollusques et même les Zoophytes.
J'ai dit un peu plus haut que c'était entre autres chez les Limaces, de la Classe des Gastéropodes, qu'on pouvait trèsbien voir la forme ganglionnée de la moelle épinièra, présentant la plus grande ressemblance avec ce qui existe chez les Animaux articulés ; mais je n'ai point entendu dire par Ih que ces animant faisaient immédiatement suite à ces derniers, quoiqu'ils constituent bien un des genres types delà classe des Gastéropodes.
En comparant les différents modes d'organisation dans les deux embranchements , on arrive au contraire k reconnaître que ce sont plutôt les Céphalopodes qui doivent être placés en tête des Mollusques, immédiatement a la suite des Annélides, dont ils forment, ainsi que je viens de le dire, une branche latérale. En effet, si Ton suit les diverses familfts d'Annélides dans leur marche de gradation, oh voit , ainsi que je Tai montré ailleurs , de nouvelles pattes se former par paires sur chaque segment du corps, pour dispâ-
raitre ensuite de nouveau sur les postérieurs dans certaines espèces de I'Ordre des Tubigoles, telles que les Serpukê, où ces membres n'eiistent plus que sur les segments les plus antérieurs; partie qui se distingue en outre du reste du corps par un repli membraneux recouvrnant Tensemble de ces segments pédifères, et imitant déjà parfaitement ce qu'on nomme le Manteau chez les Mollusques.
Mais en même temps que ces nouveaux membres se forment et redisparaissentt il se forme également à côté d'eux de petiits prolongements membraneux plus ou moins coniques, ou Tentacules ^ qu'on suppose avec quelque raison devoir servir k un sens. Ces tentacules deviennent surtout fort longs et plqs ou moins nombreux sur la tète; et cela plus particulièrement chez les Anmélides Tubigoles , où ces prolongements charnus forment souvent par leur ensemble, de très grands panaches, mobiles au gré deranimal, et servant en partie , à ce qu'il parait, comme organes de préhension.
Ces mêmes Annélides Tubicoles se distinguent en outre déjk des autres espèces de leur classe , en ce qu'ils habitent des tubes qu'ils construisent, imitant par leur usage les co^ quilles des Mollusques, dont ils ne sont toutefois qu'une imparfaite représentation ; et dont la partie antérieure du corps sort seulement pour subvenir au besoin de l'animal.
Cbe^ les Cjêphalopodes , les analogues des membres locomoteurs des Annélides disparaissent complètement; mais ceux répondant aux Tentaùules des Annélides Tubicoles cou-* ronnent également leur tête en entourant la bouche. Dans le genre Nautilua, que je place en tête de cette première classe de Mollusques , ces prolongements charnus sont courts , coniques, en formant cependant de même plusieurs rangs circulaires, mais sont encore dépourvus de godets faisant les fonctions de ventouses, organes qui caractérisent les autres Céphalopodes , quoique du reste ces animaux aient tous les caractères de cette classe d'animaux.
Chez les Smche$ > véritable type des Céphalopodes , ces
128 TSiOLOOlK M LA IfATUlUI.
mêmes tenlaciiles, rédaits au nombre de dix seulement , mais fort grands et forts, dont huit forment un cercle autour de la bouche, sont garnis le long de leur face interne de ces godets charnus dont je viens de parler. Ce sont de petits disques arrondis , concaves , portés sur un pédicule court qui leur permet d'être facilement dirigés de tous côtés. Ces organes, conformés de façon à pouvoir faire l'effet de ventouses , en rendant la cavité plus profonde par le retrait de son centre, servent très-eiBcacement k ces animaux pour s'accrocher aux corps environnants , et même à marcher, redressés sur ces huit membres avec la tête en bas ; usage qui a fait donner k ces tentacules le nom de Pieds.
Les deux autres tentacules forment, dans les Seiches, de très-longues tiges cylindriques terminées par un disque oval portant seul des ventouses k sa face interne. C'est au moyen de ces deux grands Bras que ces animaux s'accrochent aux corps placés un peu loin. Ces membres diffèrent en outre des huit autres en ce qu'ils sont insérés sur les côtés de la tète , chacun dans une cavité spéciale assez profonde pour qu'ils puissent s'y replier entièrement k Tétat de repos.
Les membres locomoteurs, analogues k ceux des Annelides, ayant complètement disparu chez les Céphalopodes; et les segments constituant le corps s'étant par suite tous confondus en une seule cavité , comme cela a également lieu dans le thorax et Tabdomen des Araignées ; au point qu'il ne reste plus aucune distinction entre ces anneaux, toutes les paires de ganglions de la moelle épinière se sont réunies en une seule masse placée sous l'œsophage, également aussi comme chez les Araignées; et c'est ainsi que le corps des Céphalopodes et des autres Mollusques, sans être réellement di* visé en segments, appartient cependant, en principe, au même type que les Animaux articulés , dont il offre simplement un cas particulier, avec un mode d'organisation très-différent, il est vrait de celui de la forme primitive de ces derniers^ amené
CUAFlïHB V. lj|9
SIMPLEMENT, PEU À PEU, PA|l LÀ LOI DE GEÀ0ÀT1ON QUE, L*ÊtRE SUPRÊME A IMPOSÉE. À TOUT ORGANISME LOI^S DE ]LA CRÉATION DES ANIMAUX.
Les Seiches , qui présentent autant que possible le véri^^ table type de toute la classe des Céphalopodes , ont qn corpfi court , légèrement déprimé, ayant l'orifice buccaJ k Tune de» extrémités formant la tète, que l'animal tient généralement en bas lorsqu'il marche sur ses membres placés autour d« smnmet de cette dernière ; et l'Anus est au milieu k peu près de la face ventrale du corps; ce qui constitue déjà um commencement de Tirrégularité qui se manifeste de plus en plus dans tout l'embranchement des Mt>llusques.
J*ai déjà dit que la forme générale du corps des Céphalor podes , et par conséquent des Seiches , était celle d'un «ae dont Touverture est touirnée vers la tèle, qui en sort librement, ainsi que le cou qui la sépare du tronc, en formant un rétrécissement assez prononcé.
Ce sac constituant l'enveloppe extérieure de tout l'anir mal , est formé d'un lacis assez épais de fibres musculaires disposées plus particulièrement en travers , et fort diflSciles a démêler. Le bord inférieur du sac formant son ouverture (l'animal ayant la tête en bas) est libre, coupé transversal lement dans sa partie antérieure , mais forme sur le dos , où le sac se confond avec le corps proprement dit de l'ani-^ mal y une pointe dirigée vers la tête , et déterminée par une saillie de l'extrémité inférieure de la coquille placée sous leif téguments dans toute la longueur de la région dorsale dif coips. j
Cette coquille, en forme de lame lancéolée, mince sur ses bords et épaisse dai^s. son milieu , connue sous le Boin vulgaire d'Os de Seiche^ est renfermée , sans adhérence au* cune, dans une vaste capsule membraneuse, sans Quverr ture , placée sous les téguments , et doublée d'une piemhrane séreuse assez épaisse en arrière , où elle double les téguments, et très -mince dans sa partie antérieure, où u. 9
130 THltoLOGlÉ DE LA KATURE.
elle rëpoûd k la cavité viscérale , dont elle n*est séparée que [»r le Péritcnne , revêtant Tîntérieur de celle-ci.
La tête , assez fortement renflée , faisant avec le cou saillie hoTH du &ac , renferme un gros cartilage en forme d*antieatt que traverse l'œsophage et plusieurs autres organes , et sur la périphérie duquel se fixent de nombreux musies j^ltô» ou moins vigoureux , se rendant de là dans les parois àû oôtt, dans la tète , et sortant dans les dix membres qui Muronnent cette dernière. Sur les côtés, ce même cartilage ê0t ereusé d^une cavité orbitaire de deux yeux assez semblables à ceux des Vertébrés , et dont j'ai déjh parié au sujet des organes des sens des Animaux articulés. • Un second cartilage est placé dans la partie antérieure Ses chairs de la tête , où 11 donne attache à des muscles se rendant dans les membres correspondants. Un troisième est contenu dans la région postérieure du cou, où il donne attache aux muscles superficiels de cette partie du corps. Enfin , sur \è6 côtés du sac se trouvé une longue lame cartilagineuse d<nii^-'Cuianée , longeant la capsule de la coquille , et à la- <Ittelle sont fiitées les deux nageoires ; expansions muâcuhirès minces et triangulaires , dirigées vers les côtés ea élargissant asset fortement le corps de ces Animaux.
Au devant du cou on voit sortir de l'ouverture du sac le sommet d'tlii gros cône creux en forme A'Entannoir, à {yftroi ji tntisculeuses , adhérant au corps par toute sa face postérieure , en 9e confondant avec lui ; et Simplement juxta- ^sé en aifunt contre la paroi ventrale du sâc , dont cet entonnoir divise la cavité en deux compartiments ; l'un prés ée Torifice du sac formé par Tintervalle entre ce dernier et la surface extérieure de l'entonnoir; l'autre, plus profond , formant le fond du sac , et communiquant en dehors par la cavité de ce même entonnoir.
Dans la partie supérieure évasée de ce cône , se trouve de dkaque côté encore une autre pièce cartilagineuse donnant également attache à divers faisceaux musctiletix qui àe ren*
CHAPlTiifi V» i3i
deot soit dans le coa , soit dans la partie latérale du corps. Ces diverses pièces cartilagineuses qui ont , tant par leur consistance que par leur fonction , de l'analogie avec le» os des Vertébrés, ne peuvent cependant pas, ainsi que je Tai déjà fait remarquer plus haut , être comparées comme antto*gœs à aucune pièce du squelette de ces dernières « qui ont toutes disparu dans la limite qui sépare les deux premiers embranchements du Règne animal. LsCatATEURi tout im
ÀBIlIfOOI(NA.NT CSTTB fiJÈRIB D'OROAmS SOIïS LE RAPPOllT Dft LA FORHB ET M LA DISPOSITION , PUT FORT BIEN EMPLOYER DtT NOUVEAli LA MÊME SUBSTANCE DANS d'aUTRES CONDITIONS, SANS ÛU*ON PUISSE GONSIDARER CES NOUVEAUX ORGANES GOIiME LES REPRÉSENTANTS DE CEUX ABANDONNÉS. COSt sinsî qtt«,
bien que les cartilages des Céphalopodes aient réellement, sous divers rapports , beaucoup de ressemblance avec ht sub^ tance des os» ils ne sauraient cependant être considérés comûQie les analogues des vertèbres ou des cdtes « etc. , pis plus qo*on ne serait autorisé à regarder quelques^nna des muscles des membres it ces Animaux comme représentant individuellement les muscles Gaslrocnémem, PéroniH', Popliié , Deltoïde , SupmcUeur , ou tout autre muscle dtas membres de l'Homme.
Les Téguments du sac se replient dana son intérieur, et y forment vers le milieu une cloison transversale divisant sa cavité en deux compartiments ^ dont Tun , répondant au fond du sac , renferme une partie des viscères , et Favtre » situé au-dessous , est lui^^même partagé en deux par la partie évasée de FentoBBoir, et dont l'une r placée au milieu du syo', communique au dehors par le sommet de ce dernier; tandis que la plus infàrieâre s'ouvre par l'orifice même du. sac. Dans la cavité moyenne sont placées lea Branthiu et les Organes d'accouplement » pendant que la trmaième partie , celle qui entoure rentonnoir et le cou, ne renferme aucun autre orgalne*
La cavité moyenne ou Aranirkiafe est ensuite elie'ttéme
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divisée en deux parties latérales par uu repli vertical formé par la cloison transversale qui la sépare de celle du fond du sac.
Les Branchies forment de chaque côté une pyramide composée de nombreuses petites lames foliacées superpo-sées, dans lesquelles sont répandus les vaisseaux sanguins; et l'eau servant \ la respiration entre et sort par Torifice rétréci de Tentonnoir.
A la base de chaque branchie se trouve , chez la femelle , Torifice de YOviducte, et chez le m&le, la Verge au côté gauche.
Enfin, au milieu de la face ventrale est placé, dans la même cavité branchiale , Forifice du Rectum , formant un gros tube dirigé en dessous dans Tentonnoir, qui donne ainsi également issue aux excréments.
Parmi les Viscères , placés dans le corps proprement dit et le fond du sac, se trouve, entre autres, un organe remarquable consistant en une bourse fort grande , remplie d'une substance onctueuse d'un noir brunâtre, connue sous le nom de V Encre de ces animaux. Cette bourse, placée dans le fond du corps chez les Seiches et les Calmars , et au milieu de la face ventrale chez les Poulpes , produit un canal excréteur qui vient s'ouvrir dans l'entonnoir, par rorifice rétréci duquel cette encre est répandue au dehors, pour
TROUBLER L'EàU LORSQUE L* ANIMAL TEUT SE SOUSTRAIRE À LA POURSUITE DE SES ENNEMIS.
Il parait, d'après les observations de M. Owen, que cet organe manque chez les Nautilus , placés en tête de la Classe des Céphalopodes.
Au milieu du sommet de la tête se trouve , ainsi que je l'ai déjk dit, l'orifice buccal, ouverture formée par deux lèvres circulaires concentriques, d'où sort une paire de mâchoires cornées des plus vigoureuses , ayant absolument la forme et la disposition des deux mandibules du bec d'un Perroquet ou d'un Oiseau de proie > avec cette différence que
la mandibule la plus grande et la plus crochue se trouve du côté de la face ventrale ; c'est-k-dire également en dessus ; ces animaux marchant la tête en bas*
Les mandibules de ce bec vigoureux sont mises en mauvement par une grosse masse musculeuse creuse placée dans la cavité de la bouche , et sur laquelle elles sont insérées; masse qui forme le pharynx , et se continue par sa cavité directement avec Toesophage.
J*ai déjà dit que les Tentacules ou Membres placés autour de la bouche, se distinguaient, chez les Seiches, en deux espèces, que huit semblables entre eux, disposés circulairement, formaient des tiges charnues, coniques, portant à leur face interne quatre séries de petits godets, également musculeux, capables de s'attacher aux corps environnant en faisant la ventouse. C'est au moyen de ces nombreux godets que ces animaux s'accrochent et marchent dans tous les sens , en redressait leur corps sur ces huit membres locomoteurs ; tandis que les deux longs bras ne servent qu'à la préhension.
Les autres Céphalopodes ne diffèrent e3sentiellement des Seiches que par quelques modiflcations dans la forme générale du corps, par le nombre de leurs membres qui n'est que de huit chez les Poulpes : ces animaux manquant des deux longs bras; et en outre le nombre, la forme et la disposition des ventouses que porte chaque membre ; ces ventouses manquant même complètement chez les Nautilus. Enfin l'une des différences les plus notables consiste dans la disposition et la forme de la coquille.
Chez les Calmars , qui diffèrent fort peu des Seiches , cette coquille , au lieu d'être calcaire et fort épaisse , est au contraire de consistance cornée, très -mince et allongée en forme de plume.
Les Poulpes, privés des expansions latérales du sac nommées les ailes, n'ont en outre, pour toute coquille, que quelques grains calcaires sous les téguments du dos.
Dans d'autres genres, tels que celui des Spêrules, celle
t.'U THÉOLOGIE tE LA NATURE.
côquilte inléneure présente, au contraire, la forme d'un long cône creux , arrondi , contourné en spirale , avec ses tours dans un même plan, mais sans se toucher. €ette coquille, afnsi que celle de plusieurs autres genres , présente en outre la particularité d'avoir sa cavité subdivisée par des cloisons transversales en un certain tiombre de concamératlons , dont la dernière est seule remplie par une portion du corps de ranimai , et les autres simplement traversées par un filet grêle charnu qui va s'insérer au sommet de la spire.
Chez les Nautilus, animaux beaucoup plus gratids, la coquille a la même forme spirale cloisonnée , à tours dans le même plan , mais ceux-ci se touchent et s'enveloppent même entièrement. Cette coquille 'est en outre extérieure; Ûe manière que le corps de Tanimal n'occupe que la dernière coneamération , dans laquelle une partie seulement de son corps peut pénétrer.
Enfin les Argonautes ont une coquille également extérieure , k tours spiraux , s^enveloppant complètement dans le même plan, comme celles des Nautilus , mais qui en diffère essentiellement en ce qu'elle n'est point cloisonnée , et ne forme en conséquence qu'une seule cavité dans laquelle l'animal peut se retirer entièrement; et celui-ci oflire en outre la particularité qu'il n*y adhère par aucun lien; au point que , jusque dans ces derniers temps , beaucoup de Naturalistes ont même pensé qu'il ne l'occupait que par usurpation et qu'elle était construite par un autre animal d'ailleurs inconnu.
Quant à la manière dont la coquille, intérieure chez certaines espèces, devient extérieure dans d'autres, elle est parfaitement expliquée par ce qui a lieu chez certains Gastéropodes tels que les Aplysies , où les deux dispositions existent également. Il en sera parlé plus loin.
J'ai dit un peu plus haut que la coquille des Seiches avait une forme lancéolée, et qu'elle était mince sur ses bords, 01 fort épaisse dans le milieu. En l'examinant cependant avec
quelque soiD dans sa structure, on peut facilement reconnaître une grande analogie de conformation entre cette pièce et la coquille spirale à cavité cloisonnée des autres Céphalopodes ; car ici , comme partout , il y a une certaine gradation dans ces parties de même nature.
La coquille des Seiches est formée d'une première lame postérieure ovale , pointue à son extrémité inférieure et arrondie k Tautre ; d'un tissu très^erré et compacte, semblable k celui des coquilles ordinaires des mollusques. L'extrémité inférieure forme seule un petit cône arrondi répondant av sommet de la spire des autres coquilles.
La concavité de cette lame postérieure , compacte , de cet os de la Seiche ^ est remplie d'une substance calcaire 4^ même nature , mais très-spongieuse et fort friable , qui n'atteint pas tout k fait les bords ; une partie de la périphérie restant libre. Cette substance spongiçuse, en remplissant le reste de la coquille, fait même asse% fortCHPaent saillie dans le milieu , et lui donne la forte épaisseur qu'elle a. E)n coupant cette partie spongieuse, on reconnaît qu'elle eat divisée intérieurement par d'assez nombreuses lames d^ substance compacte parallèles à la lame principale postérieure ^ c'est-k-dire que cette coquille des Seiches , sans être spirale , et simplement un peu arquée, a sa cavité également coupée comme celle des Spirules et des Nautilus^ par plusieurs cloiçons transversales, avec cette simple différence que toutes ces cloisons n'atteignent pas les bords de la lame principale qui les renferme, et que leurs intervalles, au lieu d'être vides , sont remplis par la substance spongieuse.
Dans d'autres genres , tels que celui des Àplocere» , la coquille conique est déjà en partie arquée pour commencer k être spirale.
Nous avons vu que dans les Vertébrés supérieurs , où les diverses parties du corps doivent pouvoir exécuter des moi| vements très-variés , et surtout fort précis , au moyen des différents leviers que forment les os , la presque totalité des
muscles, en nombre considérable , étaient parfaitement distincts les uns des autres, atin de pouvoir agir chacun avec lé plus d'indépendance possible sur la partie du squelette à laquelle il s'insère , et lui faire exécuter des mouvements parfaitement réglés par la forme des articulations des os;
DISPOSITION QUI EST UNE CONSÉQUENCE NATURELLE DU BUT DANS LEQUEL l' ORGANISME DE CES ANIMAUX A ÉTÉ ÉTABLI PAR
LÀ MAIN SAVANTE DU Très-Haut. Dans les Vertébrés inférieurs , tels que les Poissons , les muscles ne sont au contraire bien distincts que Ih où les parties du corps de ces animaux ont également h exécuter des mouvements précis , comme k la tête et aux nageoires , toujours gomme conséquence DU MÊME BUT ; tandis que sur le reste du corps , tous le^ muscles , quoique les analogues de ceux plus ou moins isolés dans les classes supérieures, sont au contraire entièrement confondus en quelques masses enveloppant tout le tronc : les mouvements de cette partie du corps ne devant PLUS être ni SI VARIÉS Ni SI PRÉCIS , ct sc bomcr principalement h de simples inflexions générales du corps , c'est-àdire TOUJOURS CONFORMÉMENT AU BUT QUE l'InTELLIGENGE SUPRÊME s'est PROPOSÉ EN CRÉANT CES ANIMAUX.
Nous avons vu aussi que cette dernière condition existait également dans les Annélides inférieurs , dont le corps est dépourvu de parties solides capables de pouvoir faire les fonctions de levier destinés k exécuter des mouvements précis ; tandis que l'isolement des muscles reparaît de nouveau dans les animaux articulés supérieurs , et cela d'une manière non moins étonnante que chez les vertébrés les plus parfaits ; et cela avec une admirable économie dans la savante disposition que chacun de ces organes a reçue pour lui faire, de même, remplir le mieux possible les fonctions auxquelles la sublime sagesse de l'Éternel-Dieu l'a destiné; quoique dans de tout autres conditions, mais toujours en harmonie avec les nouvelles fonctions que ces organes ont k remplir,