‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 17 sur 58 · IL · texte numérisé non relu

IL

no THÉOLOGIE D« LA NATURE.

Cette bouche des Stblléridbs donne <lans un Œsophage étroit et très-court^ qui s'ouvre presque de suite dans un vaste Estoiaac globuleux, remplissant presque en entier toute la partie centrale du corps, où il se trouve suspendu au plafond par un ligament membraneux circulaire, formé par un repli d'une membrane fine , ou Péritoine , qui tapisse toute la cavité du carpe , en se réfléchissant $ar tous les organes qui y sont renfermés.

L'estomac est suspendu en outre par cinq replis de ce péritoine partant en rayonnant de la voûte du têt pour se rendre sur ce viscère , en se dirigeant vers 1^ angles rentrants des rayons. C'est dans l'un de ces ligaments falciformes que se trouvent placés le cœur et le canal graveleux.

V Estomac forme latéralement cinq paires de gros appendices coniques prolongeant sa cavité dans les dnq rayons jusqu'aux deux tiers environ de leur longueur. Ces appendices, ou Coëgdm, rapprochés l'un de l'auti^ par paires, produisent à leur partie supérieure deux séries de petites poches secondaires, elles-mêmes encore subdivisées.

Ces prolongements latéraux de l'estomac sont suspendus dans chaque rayon par un repli de la membrane qui double la cavité du corps.

Les aliments bruts ne paraissent pas pénétrer dans les appendices latéraux de l'estomac, où l'on ne trouve généralement qu'un liquide épais qui parait en être un simple extrait susceptible de pouvoir être élaboré dans les petites poches accessoires, où s'en sépare ensuite le Cftyle, qui doit être transformé en sang par l'acte de la respiration.

Cette conformation rayonnée et subdivisée, que prend la cavité digestive , où il n'existe plus ni véritable tube intestinal ni Anus , où finit par s'ouvrir ce dernier comme orifice distinct de la bouche , a non-seulement ceci de remarquable que l'appareil digestif prend ainsi , comme la plupart des aiitres organes, la forme rayonnée, mais encore en ce que, sous cette nouvelle forme , où il n'existe plus d'issue anale , il

offre déj^ un des caractères générauii de tous les animaux formant les deux classes suivantes , celles des Acàlèphes et des Polypes, les dernières du Règne animal , auxquels les Stellérides font, 'sous la plupart des rapports, h transition avec les autres Échinodermes Échinides et Fistulides, et, par ceux-ci et les Entozoaires , avec les Animaux des autres Embranchements ; transition remarquable par la gradation insensible de tous les organes par laquelle l'Imtellioeuge

CRÉATRICE A SI ADMIRABLEMENT LIÉ TOUS LES ËtRBS EN UN SEUL TOUT, EN LES MODIFIANT GRADUELLLEMENT AU I^OINT Ou'À LA FIN IL n'y a plus LA MOINDRE ARALOGIE ENTRE LES EXTRÊMES.

V Appareil respiratoire est à peu près le même que celui des Échinides , en cela que (ouïe la cavité Yiscérale du corps en remplit les fonctions ; mais endifière par la disposition des tubes donnant passage à Feau. Chez les Aêtèriti^ c'est par une foule de petits tubes coniques membraneux couvrant toute la partie supérieure du corps , excepté les extrémités des rayons, que l'eau entre et sort de cette cavité, où le sang contenu dans les nombreux vaisseaux des parois absorbe l'oxygène en dissolution dans ce liquide.

Le Système àrculatinre sanguin a égalemient beaucoup d'analogie avec celui des Échinides, animaux doot les Stellérides ne constituent qu'un degré plus éloigné du même type. Ce système consiste également en iin Cmur comme moteur central , mais placé ici dans la région dorsale du corps, à la partie moyenne de lu a des ligaments falciformes descendant de la voûte de la cavité viscérale sur l'estomac. Cet organe, qui n'est,, ainsi que le canal graveleux , en conséquence pas soumis à la loi du rayonnement , a la forme d'une grosse vésicule ovale muscoleusey placée verticalement contre les parois du têt , en produisant k son extrémité inférieure un gros vaisseau artériel, ou Aorte ^ qui , contenu dans le même ligament falciforme , descend directement vers la bouche pour s'ouvrir dans un vaisseau circulaire entourant cette dernière ; disposition qui a , comme on

voit, plus d'analogie avec ce qui existe chez les Holothuries qu'avec la disposition de Taorte des Échinides.

De ce vaisseau circulaire part ensuite, vis-à-vis de chaque angle rentrant des rayons , une artère qui va se distribuer sur la partie inférieure de Testomac et de ses branches latérales, etc.

Outre le vaisseau circulaire dont je viens de parler, il en existe encore un second, placé un peu au-dessus, produisant également cinq longues branches qui suivent la face inférieure des colonnes spondylaires des rayons, renfermées dans le canal que la série de ces pièces calcaires forme en dessous.

Ce second système de vaisseaux n'ayant pas encore été suffisamment étudié dans sa disposition et ses rapports , on est dans Tincerlitude sur sa fonction.

Le sang , après avoir été distribué dans tout le corps , revient au cœur par un système assez compliqué de veines.

Entre les deux lames du ligament suspenseur de chacune des dix branches principales de l'estomac , se trouve un fort tronc nerveux recevant une petite branche de chacun des petits appendices de ces poches. Ces dix vaisseaux, se portaùt vers le centre, vont s'ouvrir dans un canal circulaire placé sur Testomac contre les téguments, en traversant les cinq ligaments falciformes; et produit, dans celui qui contient le cœur, un fort vaisseau , ou Teine cave , qui va s'ouvrir dans l'extrémité du cœur.

A la face supérieure de l'estomac se trouve un petit système de vaisseaux veineux distribué en cinq branches ramifiées sur ce viscère, et dont les branches forment deux troncs qui vont également s'ouvrir dans la veine circulaire; laquelle reçoit en outre cinq autres troncs venant des cinq ovaires, placés à côté de l'estomac entre les cinq rayons du dorps.

De même que les autres Échinodermes pourvus de pieds tubuleux, les Astéries ont également un système vasculaire

spécial dépendant de ces pieds. Il consiste, comme organes centraux , en une on plusieurs grosses vésicules ovales, placées sous Testomac, vis-à-vis les angles rentrants des rayons. Ces vésicules se^prolongent en bas en un pédicule creut formant un tronc commun pour chaque groupe, qui va s'ouvrir dans un vaisseau circulaire placé dans Tanneau que forment autour de la bouche les premières pièces des colonnes spondylaires des rayons. Ce vaisseau circulaire produit ensuite à sa circonférence cinq longues branches qui se portent en dehors dans le canal que les deux séries de spondyles forment entre elles , et produit autant de paires de petites branches latérales qu'il y a de ces pièces ; branches qui s'ouvrent dans autant de petites vésicules, dont chacune communique avec un pied , dans lequel elle fait pénétrer, au gré de l'animal , le liquide qu'elle contient pour mettre ce petit organe eu érection , ou bien elle le reçoit lorsque le pied tubuleux se contracte en se retirant, et refoule le liquide dans la vésicule.

Le même vaisseau circulaire , dans lequel s'ouvrent les grosses vésicules, réservoirs généraux du liquide destiné à la fonction des pieds , reçoit en outre un gros canal unique venant de l'intérieur du ligament falciforme qui renferme le cœur. Ce canal commence supérieurement par un évasement en entonnoir, dont la position est indiquée extérieurement par une plaque calcaire placée dans les téguments et qui ne se répète point ailleurs , plaque sous laquelle cet évasement se trouve. Le canal, qui prolonge ce dernier en bas, est fort gros, flexueux, à parois épaisses , placé à côté de l'aorte et du cœur, et renferme de nombreux petits grumeaux irréguliers de substance calcaire dont on ignore Tusage ; mais qu'on suppose servir à la régénération des pièces calcaires du corps. Organe dont on ne trouve pas l'analogue chez les Fistulides et les Échinides.

Le Système nerveux des Stellérides est un peu niieux connu que celui des deux autres ordres des Échinodermes.

214 THÉOLOGIV DI LA HATURE.

Il a pour partie centrale uq filet nerveux circulaire entourant Tœsopbage. Yis-à-via^ de chaque rayon , cet anneau forme troi3 branchas partant d*un même point. La moyenne Sfi porte en dessoqs an suivant le canal' ipfërieur des SpondyleSf et les deux latérales passent dans les deux premiers trous que les apophyses latérales de ce dernier forment entre elles; mais on n*a pas pu lessuivre. Suivant Spix, les Astéries auraient au oontrair^ pour partie centrale du système nerveux un anneau nervaux entourant Testomac , et formant vis'^k-vi;^ de chaque rayon un petit ganglion oval dônnat^t plusieurs braqçbes distribuées i Testomac , et dont une plus forte se porta dans le rayon placé vis*à-vis , dont elle longerait la série de^ Spondyles en donnant de petites branches à tous les pieds tubuleux,

La Classe des FoRAMimFÈHES , découverte par M. d'On- «iGNv (Ann. des Se. mtf t. VII, p. 00), se compose d'un nombre assez aoni^idarabla de très-petits animaux , la plu-* part microscopiques, habitant des coquilles calcaires trèsdifféremmaqt copforméas suivant las genres, mais le plus souvent spirales et chambrées ; oe qui samWe les rapprocher des Céphalopodes, parmi lesquels ee savant lea a d'abord placés; maii^ comme Içur-s anim^u'i proprement dits ont plus d'analogiq avec les ^oophvtes, on en fit une Classe particulière dani$ ce derpiar flmbrançhemant. Leur organi^ satiôn étant encore fort peii çoppue, ja ne puis que ren-. vpyer pour cet objet à 1 ouvrage mêma de M. d'OpBwnsv.

La Classa des Agalèpqçs , qui fait immédiatement suite aux Stellérides , se compose également d*animaux exclusivement iparins, i^ corps rayonnes, mais sans charpente articulée , et ne pouvant progresser que par la nage. La corps, généralement très^mou, da consistance gélatineuse, ne présente, comme dans les (^ptozoaires parenchymateux , aucune cavité viscérala ; la canal digestif étant de même siimplement creusé dans la masse commune , d'où la sub* 3tance nqtritjye s'iqQUra directement daqs las Qr^aoM

sans y être conduite par un Système circulatoire sanguin spécial. On ne leur connaît pas non plus de Système nerveux.

Le premier Ordre de ces animaux, ou celui des Disco- PHORES, présente encore, malgré l'extrême mollesse de toutes les parties du corps et l'absence de toute pièce solide qui pourrait le soutenir , mais simplement par sa forme rayonnée d'assez grandes analogies avec les Echinodermes Stellérides.

Quoiqu'on ne distingue plus dans ces animaux aucune différence entre les divers organes, le tout ne formant qu'une masse en apparence homogène, celle-ci doit, toutefois, être partout éminemment musculeuse, cesAcàlèphes pouvant contracter facilement leur corps dans tous * les sens pour s'aider dans la nage.

Ils ont d'ordinaire la forme d'une tête de champignon fortement bombée en dessus, et plus ou moins aplatie en dessous, avec rorifiee buccal au milieu de cette face inférieure; mais variant du reste assez fortement, tant pour la forme que prend cet ^rifi^a que pour les tentacules qui raccompagnent.

Dans le genre Méduse , et spécialement dans la subdivision qu'on désigne sous le nom à'Équorées, cette bouche forme , eomme «hez les Astérie, un simple orifice donnant dans un grand EstcmmG eeatral , d'où partent ensuite plusieurs prolongements latéraux se subdivisant en canaij^x ramifiés presque k l'infini, pour transporterlechyle dans tout lecorps.

Dans d'autr€S espèces, cette bouche se prolonge en une Tnmpe plus ou moins grosse, mais simple, pendante sous le milieu du corps.

Dans d'autres encore, ^Ue est accompagnée de Tentacules soavent fort gros.

La division que Gdviër a nommée 'Rhizostomes présente la particularité qu'au lieu d'une seule bouche ouverte , ou prolongée en trompe , cette trompe se subdivise en plusieurs kaRcbes^ dont ehacuoe (orwe un suçoir, au moyen duquel

216 THÉOLOGIE DB Lk NATURE.

ces aoimaux pompent les substances dont ils se nourrissent. Tous les petits canaux de ces suçoirs se réunissent ensuite en un tronc commun , d*où partent des branches qui vont se ramifier dans tout le corps.

Dans beaucoup de Discophores, le corps est garni en dessous f et surtout sur ses bords, de nombreux Tentacules ^ plus ou moins grêles et souvent fort longs, paraissant servir à la respiration.

Ces animaux nagent généralement par Teffet de contractions répétées de la partie convexe de leur corps, par lesquelles ils repoussent Peau pour avancer.

Le second Ordre , celui des Gténophores , est caractérisé par une grande cavité digestive placée au milieu du corps., mais non ramifiée, et par des nageoires en forme de lamelles ou de filets disposés longitudinalement sur le corps autour de son axe.

Suivant EsGHSGHOLTz, la cavité digestive de ces animaux aurait encore un orifice ou pôle opposé k la bouché, mais qui ne serait cependant pas un véritable lnu<, ne donnant issue à aucun excrément.

Suivant le même savant , il existerait encore une espèce de circulation de sang chez ces animaux. Le chyle circulerait non-seulement dans les nombreuses subdivisions de la cavité digestive en pénétrant jusque dans les petits feuillets qui garnissent certaines parties de leur corps; organes qui remplissent à la fois les fonctions de rames et de branchies ; mais le sang reviendrait de 1^ de nouveau vers le centre : Esghsgholtz n*a toutefois pu s*assurer de la manière dont t!ette humeur achève son circuit.

Chez les autres Acalèphes, il n*y aurait au contraire plus de véritable circulation; et la nutrition n*aurait heu que par imbibîtion de Thumeur contenue dans les ramifications innombrables de la cavité intestinale.

Les Béroés^ qui appartiennent à cet ordre d*Acalèpbes, ont le corps plus ou moins ovoïde et mémesphérique, avec la

Bouche k l'un des pôles, et donnant dans une cavité digestive placée au milieu; et, à ce qu'il parait, un Anus ou pôle opposé. Le corps de ces animaux étant partagé extérieurement en plusieurs parties par des côtes allant d*un pôle à Fautre, ont par là quelque analogie avec les Échinodermes Fistolides.

Dans le genre Dàlioïum, le corps ouvert aux deux bouts présente la forme d'un petit baril sans fond; d'où le nom qu'on a donné à la seule espèce connue découverte par Otto.

Dans le troisième Ordre d'AcALÈPBEs, celui des Sypho- NOPHOREs, le corps varie beaucoup pour la forme générale, €t il n'y a plus de cavité digestive centrale , mais plusieurs Suçoirs disposés symétriquement autour de l'axe du corps et donnant dans des canaux qui vont se subdiviser directement dans le corps.

Les Organes de natation consistent en diverses cavités , d'où ces animaux chassent avec force l'eau qu'elles renferment, et poussent ainsi le corps en sens opposé; ou bien ce sont des vessies remplies de gaz qui les font tlotter.

La CLASSE assez nombreuse des Polypes se compose à^aninimaux à corps en forme de bourse ou de cellule , dont fouverture forme à la fois la Bouche et V Anus. Ils n'ont point de iystime circulatoire. Le corps est le plus souvent composé de plusieurs individu^ réunis et leur bouche est entourée de Tenlacules rayonnes.

Cette classe se divise en trois Ordres : les Éleuthères, ou Polypes nus ; les Cellulicoles^ habitant des tubes ou des cellules qui les enveloppent^ et les Axiféres^ dont le corps commun est soutenu intérieurement par un axe solide, corné ou calcaire.

Les espèces du premier ordre ont le corps plus particulièrement en forme de simple bourse , dont l'ouverture ou la Bouche est garnie de Tentacules plus ou moins nombreux» et souvent fort allongés en simples fils.

Quoiqu'on n'ait, encore découvert de muscles spéciaux circonscrits dans aucun Polype, il est toutefois évident qud les parois souvent asj^z épaisses de leur corps, et surtout les tentacules, sont formés d'un lacis de fibres musculaires ; ces animaux pouvant exécuter, /soit avec le corps, soilavec leurs tentacules, des mouvements fort étendus et assez précis; se servant surtout, de ces deroi<ars, quoique allongés en fils trè&-gréles , pour saisir au loin les petits animaux dont ils se nourrissent et tas amener k leur bouche, dans laquelle ils les font entrer, et contractent ensuite cejle-ci pour les renfermer dans la cavité digestive , don|t elle est Torifice ; jusqu'à ce qu'ils y aient été digérés , pour rejeter le résidu par la même ouverture.

On peut considérer le gi^nre Hydre ^ composé de petites espèces ordinairepoent fsiipples et libres , comme le type de TOrdre des Éleuthères, et dont une espèce, VHydn verte, est as/»$z çoqiiniune dans dos eaux dormantes , surtout la où croissent des I^ntUles d'mu, pjaptes sous lesqpielles ces animaux s'accrochent volontiers^ l^eur corp^ ne peut pas être mieux comparé dans son ensemble qii'a up verre à vin de Champagne k pied trè«-court, H dont l'empâtement peu étendu forme une ventouse i^u ipoyen de laquelle ces petits \animaux , qui n'ont guère plu^ d'un centiipètre de Ipng , s^ fixent comme les »ç^ng§wi^; et dont le bord formant i'ouvarture du verre Siérait g^rni d'un nombre variable de longs tentacules filiformes, capables de pouvoir se ilécbjr en tous sens , de s'en^oul^r en f pirale et de s^ raccourcir consi- 4érablement k la volonté de l'animal «

C'est cet animal, doyenu en quelque sorte célèbre, comme suje.t du bel et intéressant ouvrage que Teemblet a publié il y a cent ans sur la singulière propriété de régénération de ces animaux , qu'on peut réellement couper en autant de morceaux qu'on veut, ainsi, que l'indique déjà le nom fort ancien d^ Polype , et dont cbaqne partie reproduit toutes celles qui lui manquent, pour rHavenir m iodivi^Ju qpm*^

plel; faculté qui parait être la propriété, sinon de tous, 'du àioins d'un grand nombre d'autres Polypes; et qu'on retrouve comme propriété de simples organes , déjk dans un assez grand nombre d'autres animaux , même des classes supérieurs , telles que celles des Reptiles ; objet sur lequel je reviendrai au sujet de la fonction de la génération. C'est dans ces remarquables animaux que leCréâteur semblb

WOiR ÉPUISÉ TOUS LES MOYENS POSJ3I6LBS Dl\pOUVOfR REPRO* BUCTBUR , MOYENS PàR LESQUELS IL A , EN ÛUELQUE SORTE , ÉTERNIBÉ l'existence DE CES ANIllÂnX, QUE LA DESTRUCTION ftÀDfCALE PEUT SEULE ANÉANTIR.

La simplicité de Torganisation de ces petits Êtres, placés à run des degrés les plus inférieurs de l'échelle animale, va jusqu'au point qu'il n'y a plus de différence entre les téguments extérieurs et intérieurs de leur corps, les uns Jouissant exactftraenldes propriétés des autres ; c'est-à-dire que si l'on renverse une Hydre comme une bourse ordinaire , de manière que les téguments extérieurs deviennent les parois de la cavité intestinale, et réciproquement, la fonction digestive ne s'y exerce pas moins parfaitement que dans l'état primitif oormal ; le Polype continuant h vivre et à agir absolument comme dans son premier état. Cette propriété si singulière en apparence, et dont on doit la preuve aux expériences de Tremblay , n'est cependant au fond que la propriété générale d'absorption portée à sa rigoureuse perfection , dont jouissent déjà les téguments de tous les animaux, et même de Y Homme; propriété qui n'est que la conséquence naturelle de l'analogie qui existe entre les téguments extérieurs et la tunique muqueuse tapissant toute la cavité digestive , doDt l'une n'est qu'un prolongement modifié de l'autre.

En effet , on sait que V Homme même peut absorber par les téguments toutes espèces de substances, qui entrant dans le torrent de la circulation , peuvent servir ë sa nutrition , et en être de nouvieau expulsées sous la forme de diverses e^rélions , confine l'urinç , la sueur, etc. ; maja dont le

i^O THEOLOGIE DE LA NATURE.

pouvoir est très-faible chez les animaax supérieurs , où la modification qu'a éprouvée la muqueuse intestinale est fort grande ; tandis que la propriété est la même chez les Hydres^ où les deux parties des téguments restent dans les mêmes conditions. .

Nous avons d'ailleurs déjà un exemple graduel de cette propriété digestive et absorbante des téguments » chez les Acalèpbes , où les Syphonophores D*ont plus de véritable cavité digestive, mais simplement un système de vaisseaux absorbants ouverts k la face inférieure du corps , par les orifices duquel ces animaux sucent les substances dont ils se nourrissent. Nous avons vu aussi que déjà parmi les Entozoaires parenchymateux , les espèces les plus inférieures n'avaient même pas ce système absorbant à un degré assez développé pour être distinct ; les espèces qui se trouvent dans ce cas, telles que les Gleba^ n'absorbant plus leur nourriture que par de simples pores invisibles de la face ventrale de leur corps , devenue seulement un peu concave pour mieux embrasser les objets, et mieux remplir cette fonction; concavité qui forme ainsi le odlniDencement d'une nouvelle cavité digestive, après que la première a disparu par la dégradation qu'elle a subie ; et qu'enfin chez les Polypes les plus simples, cette nouvelle cavité digestive arrivant déjà à un plus grand degré de développement, forme de nouveau un véritable estomac ; mais qui ne di£Eère du reste encore en rien des téguments extérieurs.

C'est ainsi que répondant également à la loi générale de gradation que suivent tous les organes et leurs fonctions, Tappareil digestif se modifie joon-seulement beaucoup pa^ tout, quant aux organes de la bouche et les diverses formes que prend le tube intestinal , mais aussi, sous le rapport de sa complication , jusqu'au point de disparaître dans les Entozoaires et les Acalèphes, pour être remplacé chez les Polypes par un autre appareil de nouvelle formation, ainsi que cela arrive en général k tous les organes ; disparition qui a été

CHAPlTHft Vl« ^i

iretardée jusque dans les familles les plus inférieures du Règne animal, où cet appareil si important, put seul être un moment supprimé pour être toutefois de nouveau rétabli sous une autre forme chez les animaux d*un type différent; pour disparaître enfin une seconde fois et cela pour toujours, chez les Éponges, Êtres devenus ambigus par leur extrême simplicité, où le Règne animal s*éteint en avoisinant celui des Végétaux.

Les Hydres marchent à la manière des Sangsues, en fixant alternativenaent les deux extrémités de leur corps au sol , au moyen de leur bouche et de la ventouse postérieure de leur ' corps.

Ces animaux, fixés par leur ventouse, étendent au loin leurs nombreux tentacules, dont ils se servent pour saisir promptement les petits animaux qui passent dans leur voisinage, en les entortillant de ces filets, qu'ils replient ensuite vers leur bouche , dans laquelle ils font entrer cette proie.

Tel est en peu de mots tout Torganisme connu de ces animaax, d'ailleurs trop petits pour qu'on puisse facilement étudier leur structure , si toutefois ils ont des organes distincts : ce qui n'est point probable ; la masse du corps des espèces voisines plus grandes n'en laissant guère apercevoir.

A côté des Hydres viennent ensuite se placer plusieurs autres espèces plus petites encore, qui ne sont pas plus compliquées.

Les Vorticeïles , dont le corps est plus ou moins court et renflé en boule, ont l'extrémité du sac terminé en un long fil par le bout duquel elles se fixent comme les Hydres , avec leur ventouse; fil dont la flexibilité leur permet de voguer autour du point d'attache v et qui a la faculté de pouvoir se raccourcir en se contournant en spirale.

Ces petits animaux, visibles seulement au microscope, ont leur bouche assez ordinairement très-évasée , et portant des tentacules courts insérés sur deux tubercules opposés, que l'animal replie souvent avec ces derniers dans

iià TuioLOMB DB .LA MATURB.

rintériBur de sod corps. Les petits tentacules, en forme de

simples cils, exécutant des mouvements vibratoires, produisent par là $iutour de chaque tubercule un mouvement de tournoiement dans l'eau, par lequel ils amènent facilement de petits corpuscules que la YorHe/eiHe saisit et avale pour s'en nourrir.

D'autres espèces formant le genre Corim ont le corps tout hérissé de tentacules.

Dans d'autres espèces encore, plus grandes, le corps prend, au contraire, déjk plus de complication : telles soAt * surtout les Àclinmf parmi lesquelles on en trouve de fort grosses, dont le corps, toujours en bourse, prend la forme d'un gros Cylindre à large base» sur laquelle l'animal rampe k la manière des Limaces.

Leur ^ouch^,.placéekla base opposée du Cylindre, est entourée de plusieurs raogs de tentacules courts , élargis en feuilles, qui donnent k ces animaux Tapparenee d'une fleur polypétale régulière. Les parois du corps ^ en partie formées d'un tissu musculaire a fibres confuses, renferment divers compartiments dans lesquels sont logés les Ovaires; mais cette organisation n'est pas encore bien connue.

Les Zoanihes offrent , avec une oi^anisation a peu près semblable k celle des^Âctmies^ cette particularité, qu'ils sont plusieurs réunis sur une même base; ce qui n'est, du reste, qu'un cas particulier d'une disposition plus générale dans les deux OaoREs suivants^ où toutes les espèces sont composées : circonstance dans laquelle se trouvent déjk fortsouvent les Hydres^ les VorticeUes et autres genres voisins, où la même espèce est tantôt simple et tantôt composée. Cettecomposition dans le corps d'un même individu vient, du moins chez les Hydres et les VorticeUes^ de ce que ces animaux ont la singulière faculté de se reproduire de différentes manières^ d'abord, comme k l'ordinaire, par des œufs, et ensuite par la subdivision accidentelle du corps dont j'ai parlé; mais aussi par un autre mode naturel, différent de ces deux derniers,

CHAPITIIl .VI. S33

OÙ un nouvel ioilividu se développe gradnellemein sor un point quelconque do corps de la mère, y paraîssani d*abord sous la forme d'une simple nodosité qui s'allonge peu k pea et se perce au sommet pour former la bouche, autour de la* quelle se développent des tentacules; le tout absolument comme dans la mère, qui produit ce rejeton de la même manière qu'un arbre produit une branche. Ce nouveau sujet restant souvent uni à sa souche pendant un temps assez long pour que non-seulement la mère en ait produit ainsi plusieurs autres , mais aussi assez longtemps pour que luimême ait donné naissance à plusieurs individus; il en résulte une Hydre surcomposée formant plusieurs générations sur un seul pied ; et ce qu'il y a surtout de remarquable est que, tous ces individus étant réellement adhérentspar la continuité de leur substance, ce que l'un mange profite à tous : fait prouvé par les curieuses expériences de Trembley.

Or ce qui n'est encore ici chez les Hydres qu'un cas particulier propre k des individus, devient dans les Polypes des deux autres Ordres, les Cellulicoles et les Axifèrès, une loi générale k laquelle ils sont tous régulièrement soumis, en offrant des conditions différentes par lesquelles ces animaux se distinguent.

Dans le premier Ordre , le corps des Polypes, qu'ils soient simples ou composés, est, ainsi que je l'ai dît, toujours nu ; dans le second il est, au contraire, revêtu d'une enveloppe solide; et dans le troisième, ilest soutenu intérieurement par un axe corné ou calcaire.

Les Polypes cellvligoles, tous excessivement petits, ayant k peine des têtes de quelques milUmètres de grosseur, paraissent au fond avoir la même organisation que les Hydres et les Actinies, mais ont leur corps composé, enveloppé d'un étui calcaire, par lequel ils prennent des formes générales fort différentes. Ici ce sont des tubes parallèles, réunis en grand nombre par les côtés, et donnant chacun issue par son extrémité à une tète de Polype, dont les corps

â34 TBBOLoan m la haturb.

coramuiriquent inténearement entre eoic. La, Tensemble forme un pelit arbre raniéux, dont chaque bout de branche se renfle en une cellule diversement disposée et conformée, logeant de même une tête de Polype; et de toutes ces formes résulte une grande diversité dont on a fait les caractères des divers genres et espèces.

Dans les Polypes àxifères, le corps également surcomposé comprend souvent un nombre fort considérable de têtes de polypes , et prend, dans les Madrépores , la forme d'une grande lame membraneuse revêtant de toute part «ne masse calcaire produite par une sécrétion de cette membrane ; et offrant, suivant les espèces, des saillies de diverses formes, et entre celles-ci des cavités plus ou moins profondes dans lesquelles la substaiice de la membrane commune s-enfonçe et y adhère. Enfin à la surface de cette membrane générale s*élèvent une foule de têtes de polypes également semblables, k peu près, aux Hydres ou aux Yorli' celles^ mais ayant des tentacules souvent fort différents, tant pour la forme que pour le nombre et la grandeur.

Dans d'autres, tels que le Corail^ la partie solide constituant'Taxe du corps affecte, au contraire, absolument la fojrme d*un petit arbre (le corail du commerce) k tronc simple, terminé inférieurement par plusieurs ramifications irrégulières imitant parfaitement les racines superficielles des arbres, et servant d'empâtement par lequel le tronc est fisé sur quelque corps étranger, tel qu'un rocher.

Cette masse pierreuse et quelquefois de consistance cornée, également produite par une sécrétion de l'animal, est immédiatement recouverte de la partie vivante charnue de ces animaux qui la recouvre de toute part, comme Técorce vivante d'un arbre recouvre le bois ; et se termine au sommet de chaque branche par une tête de Polype libre, ayant le plus souvent la forme d'une fleur, imitant même parfaitement celle d'une jacinthe, dont la partie renflée répond à la cavité digestive du polype; et les cinq digitations de la co-

rolle aux tentacules foliacés entourant la bouche; seulement que chaque tête porte à sa base une collerette circulaire n^embraneuse assez large , formant un godet dans lequel la tête du polype peut se renfermer en se contractant. . Cette partie vivante, ordinairement de consistance fort dé- Ijcate et blanche du Potype composé , est a son tour revétuç d'une croûte en apparence terreuse paraissant se former k la surface par des couches successives, dont les extérieures, les plus anciennes, ont cessé d'être vivantes et sensibles, et ne servent plus qu*k protéger les parties profondes encore vivantes ; imitant ainsi parfaitement la vieille écorce des arbres.

C'est ainsi qne tous les Cératophvtes, Famille composée d'espèces fort nombreuses, parmi lesquelles se trouve le Corail , ressemblent très-bien k de petit^^ arbres où Taxe pier^ reux, ou corné, représente la partie ligneuse; la membrane vivante qui enveloppe celui-ci et le sécrète par couches concentriques à sa face interne, occupe la place du liber ou partie également vivante de lécorce des arbres qui produit de même en dedans les couches successives du bois, et en dehors celles de Tépiderme , ou bien forme des couches d'ancien liber, dans lesquelles la vii' a cessé , couches répondant à l'écorce terreuse des Cératophytes qui protège la partie charnue de ces animaux. EnGn , pour qu'il ne manque rien ï la justesse du parallèle, les tètes de polypes terminant les rameaux, étant formées d*une chair blanche fort délicate, représentent parfaitement des fleurs; et c*est en effet cette ressemblance si grande qu*ont ces productions aquatiques avec les plantes terrestres qui leur a valu le nom d*ANiMAux- Plantes, terme qu'on a reproduit avec des racines grecques dans le nom de Zoophytes, qu'on a ensuite étendu a tout le qaatrième et dernier ëmbra?4Chement du Règne animal.

A l'extrême limite de l'Ordre des Polypes axifères, nous trouvons enûn V Éponge (du commerce), où l'organisation tombe au degré le plus bas possible, sans offrir pour cela en

226 THBOLOGII DI LA HATURI.

rien le même caractère négatif des Pro(ée5. L'état de simplicité de ces derniers consiste en ce que ces animaux n'ont plus aucun organe spécial circonscrit, et que leur corps n'a pas même de forme déterminée, constante, mais par contre une motilité à laquelle aucun autre animal n*offre rien de semblable ; tandis que dans les Épongbs , le Créateur est ar*

RIVÉ À UN mode de simplicité TOUT AUSSI ABSOLU, MAIS DIFFÉ- RENT, en supprimant, au contraire, à ce qu'on dit, toute faculté de se mouvoir et même la sensibilité ; en donuant d'un autre côté à ces animaux une forme constante, par cela même que l'animal est réduit à la plus complète immobilité. Ces productions marines consistent en un support fibreux de substance cornée , que tout le monde connaît sous le nom i' Éponge ; support fixé sur le sol par une base plus ou moins large , d'où il s'élève sous différentes formes propres aux diverses espèces. Ce support se compose d'Une infinité de fibres qui s'entre-croisent dans tous les sens , eu ménageant entre elles un nombre infini de pores ou espaces irréguliers, remplis, dans l'état vivant , d'une gelée tremblottante extrêmement délicate et presque fluide , constituant la chair de ces animaux; mais dans laquelle on ne distingue aucune trace d'organisation , et surtout aucune tête de Polype, ni aucune indication de motilité ou de sensibilité quelconque; ces Êtres restant dans l'état de la plus complète ioerlie, lors même qu'on cherche k les exciter par les agents les plus irritants.

Mais outre les petites porosités remplies de la gelée dont je viens de parler, la masse du corps est percée d'un nombre considérable de canaux de différentes grosseurs, vides dans l'état vivant et remplis de sable après la mort. D'après certains observateurs, il existerait toutefois dans l'eau qui remplit ces tubes un courant ascendant continu , entraînant avec assez de rapidité les corpuscules qu'on y introduit ; d'où résulte que ces tubes ne sont jamais remplis de corps étrangers tant que l'Éponge ^t vivante. C'est là tout

CHAPITBI Yf. 227

ee qu'on $aît sur les lacultés de ces Êtres placés au$ confins des deux règnes organiques ; Êtres que |e$ Zoologistes et les Botanistes réclament ^ la fois coipme étant de leur domaine.

En effet, si Y Éponge n'est susceptible d'éprouver aucune sensation par laquelle islle peut distinguer les corps étrangers , ni produire aucun mouvement par lequel elle puisse fuir une sensation fâcheuse, op attirer à elle les substance^ dentelle se nourrit, il est évident qu'on doit la reléguer parmi les végétaux, qupique par la cqnoi position chimique de sa ^ubstanpe elle apprqche beaucoup plus d^s i!^nip[|aux. Mais je fer^i toutefqjs observer que les courants d'eau qui ont lieu d^p^ les gros capapx doivent être mis en j^ouyement i^^lv y Éponge , c» qfii suppose une mobilité sans dopte imperceptible k Yc^il de Tob^ervateur, mais qui ne doit pas moins exister pour cel^; et dan§ quel but c^s cqurapts peuvent-ils exister, si pe n'est d3ns celui d'amener des substances dont FJ^pon^e se nourrit, pour Ips absorber au passage; faculté qui laisse toutefois leprs fqpctipps digestiyes et circulatoires au dernier degré de possibilité, mais dqnt nous avons cependant déjà un exempje r3j![)rQcbé dans les Gleba , qui ne se nourrissent également que par 1 absorption cutanée ; et si Ton n'a encore observé ni nnouvemept ni irritabilité chez les iSpong^^, c'est san^ doute que les effets isn sont trop faibles.

Le§ Polypes ayant en gépér^l une organisation trèssinjple, mais toutefois peu cqupue encpre, vu Textréme petitesse de la plupart ^^ c^s aniquaux, oq a pj^nsé qu'il n'existait plus chez eu:|f de syçième nerveux bieq circonscrit dans sa partie prjncip^le. Un Apatoifpiste allemand, M. Spix, en découvrit cépepdant un d^ns |es gfan^es espèces à' Actinies^ placé dans la partje inférieure idu corps formant le pied , et consistant ep troi§ paire§ ()e ganglions (disposées en triangle équilatéral autour de |'axe du corps , et liées entre elles par des branches de pomipupipation. De ces ganglions partent ensuite des nerfs qui i^e portent vers la péri-

!228 THÉOLO&IB ht Là NATURfi.

phérie et se distribuent dans tout le corps. Quoiqu'on tt*ait encore découvert rien de semblable dans les petites espèces , il est par analogie toutefois très-probable qu'elles sont également pourvues de nerfs.

Je n'ai plus qu'un mot à ajouter sur la dernière Classe de la série animale dans laquelle les Naturalistes ont réuni , sous le nom dlNFusoiRES , tous les animaux aquatiques d'une petitesse telle, qu'échappant à la vue simple, on ne peut les apercevoir qu'avec le secours du microscope. Ces animalcules étant, comme on le conçoit, très-difficiles à découvrir, on a remarqué qu'on pouvait en faciliter la reproduôtion en quantité prodigieuse, en faisant infuser toutes sortes de substances dans de l'eau ; et s'en étant procuré , par ce moyen de nombreuses espèces fort différentes, on les a toutes désignées pour cela, sous le nom de d* Animalcules des infusions y ou simplement d'iNFUsoiRES , nom fort impropre qu'on leur applique encore aujourd'hui.

On conçoit que par cela même qu'on a réuni simplement dans une même classe tous les animalcules qui n'ont d'autre caractère commun que celui d'être d'une petitesse extrême, on a dû rapprocher nécessairement des espèces fort différentes, qui souvent n'ont aucune autre analogie entre elles ; et c'est en effet ce qu'on reconnaît au premier coup d'œil qu'on jette sur ces Êtres infiniment petits ; vu qu'il suffit de comparer simplement leurs formes extérieures et les appendices que beaucoup d'entre eux portent, a ceux que présentent les animaux mieux connus des autres classes ; comparaison par laquelle on peut se convaincre qu'à un très-petit nombre de genres près, tous les autres Infusoires appat'tiennent évidemment aux Classes des Crustacés , des Entozoaires et des Polypes, mais surtout k la seconde; et quelques genres seulement , formant la Famille des Rotifères, peuvent être considérés comme devant constituer une Classe h part, qui sera le mieux désignée sous cette dernière dénomination ; encore ces animalcules ont-ils les plus grandes analogies avec

CHiPlTRE VI. 229

les Polypes, et spécialement avec les Vorticelles. En effet, ces petits animaux ont , comme celles-ci , le corps en forme de bourse, terminé par une queue, au moyen de laquelle ils se fixent momentanément, et portent sur deux côtés opposés de leur bouche un petit appareil en forme d'entonnoir membraneux cilié, qui, par ses mouvements vibratiles, semble tourner avec vitesse sur lui-même. Ce mouvement produit dans Teau un tournoiement qui semble indiquer que ces roues servent à la respiration; en même temps que le" mouvement qu elles impriment au liquide ambiant , entraine les corpuscules environnants, et les conduit dans la bouche, où le Rolilère les relient s'ils sont susceptibles de pouvoir servir k sa nourriture. Ces petits appareils ne sont, comme on voit, au fond, que ceux des Vorticelles^ qui ont les mêmes effets , mais sont un peu plus compliqués que ceux-ci, et peuvent de même que ces derniers être repliés dans la cavité buccale lorsque Tanimal se contracte.

Tels sont les Furculaires^ les Tubicolaires, les Vaginicoles et les Branchions. Ces deux derniers genres se distinguent même des autres en ce qu'ils ont le corps renfermé dans une carapace calcaire en forme de cornet largement ouvert en avant, par où le corps de l'animal peut sortir en partie, et offrant postérieurement une ouverture donnant issue à la queue, servant k fixer l'animal.

Outre ces particularités qui indiquent déjk une grande complication dans leur organisation , les Rotifères nagent avec une extrême vitesse, ce qui prouve aussi que leurs organes du mouvement sont assez compliqués. Enfin la grande transparence de leur corps permet de voir que, même intérieurement, ces animalcules sont loin d'être aussi simples dans leur organisation qu'on a bien voulu le penser, laissant apercevoir divers viscères , et entre autres un canal digestif plus ou moins compliqué.

Enfin ces animaux , qu'on place à tort au dernier rang , ne sont jamais composés.

Cette petite Classe â offert , dans la Furculairé des toits , le premier exemple d'ârlithalix qiii pouvaient rester très-longtemps k i'éldt de coîiajjlète deèâiccàtîon , où totit signe de vie disparaît, pôUr revéiiir etisdltfe, en peu d'instants, par ude espèce de résiirrectioil , à i'ecbiivrer toutes leurs facultés vitales, après avoir été de Nouveau humectés; comme s*ik n'avaient jamais éprouvé aucune altération.

Ces tirès-pétits àdimàl'cUlës l^ivent d'ordinaire dans les gouttières des toits, où ils itoiivent d'inimenses espaces pour s y mouvoil* entité leS %H\ûè de sablé qcll s'y amassent. Mais côhlme ils se trouvent forl souvent dans le cas d'être complètement desséchés, H pîaraît que cette alternance de vie et de mort appat-'ehlé pfeUt se renouveler souvent sans que ces petits Êtres péHssent, malgré les énormes variations de température qu'ils subissent; le theriHomètre s'élevant, dans le sable où ils se trouvent desséchés, au soleil, à plus de 55**, suivant lés observations dtl ProPessIeur Spalanzàni, à qui nous devons celte remarquable découverte; faculté qu'il à en outk'e trouvée dans deut autres animalculëis viVaiit également dans le sablé des gouttières, mais doht Tun, qu'il noiûme Tardigrade , appartient évidemment îi là classe des Crustacés, et le second, tn forme de petit vêr, est probabletûént un Entozbaire (1).

Or ces dessiccations et ceé Retours à la vie peuvent nonseulement se répéter plùsiedîrs fois stit* te hléilie individu , mais la dessiccation peut duréi* méhib piusilBdrs âhnées, sans que ces atiimaUx périssent réellement , ainsi que l'affirme déjà SpalaUzani, etapirèsliii M. le Professeur Schultzé, qui a répété ces expériences sur le Tafdigradé , auquel il â imposé le nom plus scientifique de Macrobîotns Hufetandii; animalcule qu'il a rappelé k la vie après huit années dé dessit^cation, en rhumectant simplëmetlt pendant quelques mibUtes.

(1) Spalanzàni. Opuscules de Physique animale et végétale, 1777 , vol. 11, |>1. IV, fig. 7 et 8.

Une autre espèce . que Othon Mii ller désigne sous le nom de Yibrio SaxilUfer, dont lé corps a la forme d'une petite tige droite ^ est remarquable en ce qu'il a 1 habitude de marcher par troupes nombreuses parfaitement alignées comme des soldats , en exécutant comme eux des changements de front avec toute la régularité d'alignement des militaires les mieux exercés.

Enfin le plus petit animal connu, le Monas termo (1), qui me semble avoir beaucoup d'analogie avec les Cypri$, de la Classe des Crustacés , ne parait , vu aux microscopes les plus forts , que simplen^ent sous la forme d'une petite boulette ovale , k laquelle on n'aperçoit aucun appendice qu'on puisse considérer comme une rame; et cependant cet animalcule nage avec une extrême célérité. Cette Monade est tellement petite que 125,000,000 réunis n'égalent pas le volume de la plus petite tête d'épingle ; son corps n'ayant pas plus de -^ de millimètre de long ; et cependant V91 seulement la facilité de ses mouvements, son organisation doit être fort compliquée. Qu'on juge alors de l'extrême ténuité de ses différents organes , dont chacun reçoit des nerfs plus petits encore , lui communiquant le pouvoir de remplir ses fonctions; et cette extrême limite où nous abandonnent tous DOS moyens d'investigation ne saurait être celle à laquelle A DU s'arrêter la TOUTE-PUISSANCE DU CRÉATEUR , TOUTE-PUISSANCE QUI SB MANIFESTE BANS CES ANIMALGULES SI PETITS , d'une manière PLUS SUBLIME ENCORE QUE DANS LES ESPÈCES LES. PLUS COLOSSALES DE LA NATURE.

(I) Voyes \h note n* 34.

:232 TUÉOLOGiR DB LA NATURE.

REMARQUES SUR LES PRINCIPAUX FAITS DE L^ORGAiriSMS ET DES FACULTÉS DES ANIMAUX.

En jetant maintenant un coup d'œil rétrospectif sur l'ensemble de Torganisation du Règne animal dont je viens simplement d*esqoisser les principaux traits , on remarquera mieux encore la sublime harmonie qui règne partout entre les Ttinombrables modifications que le Créateur a fsût subir aux Êtres vivants, afln que chaque espèce en particulier soit en tout parfaitement confoi^née pour que les divers organes qui composent son corps remplissent le mieux possible les fonctions qui leur sont assignées, pour contribuer au grand

RÉSULTAT DE LA CONSERVATION DE SA PROPRE INDIVIDUALITÉ QUE CHAQUE ANIMAL DOIT CHERCHER À ATTEINDRE , but qui

constitue l'une des deux grandes causes finales pour lesquelles LES ANIMAUX ONT ÉTÉ GRÉÉS.

J'ai fait remarquer, autant qu'il m'a été possible de le faire, que toutes les espèces animales sont distribuées suivant une vaste échelle de gradation ramifiée k l'infini, dont toutes les parties sont liées entre elles par les affinités les plus évidentes , en formant plusieurs troncs principaux sortant tous d'une même souche commune , occupée par les Entozoaires Parenchtmateux, les animaux les plus simples sous tous les rapports , étant réduits aux seules parties rigoureusement nécessaires à l'entretien de la vie; offrant par là même, à la fois , le minimum de la. possibilité d'existence de chaque fonction principale, et le point de départ de tous les modes d'organisation susceptibles de pouvoir être établis ; modes fondés sur diverses lois auxquelles le Créateur a assujetti l'organisation des animaux. Nous avons vu que par l'effet dr

CBAFITRB Vit. ^3 3

ces lois tout le Règne animal se trouvait distribué en quatre grands Embranchements qui s'élevaient sur cette souche commune; c'est-h-dire que Tensemble de toute la série zoologique formait d*abord deux principaux troncs primitifs , dont Tun comprenait les animaux soumis à la toi du rayonnement des organes , et Tautre ceux soumis à celle de la dualité des parties.

On a vu que le premier de ces troncs fondamentaux ne constituait guère qu'une seule tige h petites branches latérales formant d'abord la Classe des Eniozoaires eux-mêmes, d'où l'organisation s'élevait ensuite graduellement sous rinfluence de la loi de rayonnement vers des types plus compliqués et par Ik plus parfaits , en s'étendant successivement à un plus grand nombre d'organes, en produisant successivement les Échinodermbs Fistuldies, Échinides etSiELLÉRiDES, OÙ Ic type arrive déjh à son maximum de perfection; qu'à partir de là, le mode d'organisation dégradait ensuite de nouveau, et cela rapidement dans les Classes des AcALÈPHES et des Polypes, pour s'éteindre dans les derniers genres de ceux-ci qui terminent le Règne animal^ où l'organisation offre de nouveau la plus grande simplicité dans les Éponges , animaux placés encore plus bas , s'il est possible, que les Protés de la Classe des Entozoaire^, formant la souche sur laquelle tout le Règne animal s'élève.

Dans le second et principal tronc primitif du Règne animal, celui des Animaux k corps par partie paire, qui s'élève sur la même souche fondamentale, l'organisme arrive de même graduellement à des degrés bien plus variés et plus élevés de perfection que dans le premier, en allant vers trois types différents constituant les Embranchements des Mollusques, des Animaux articulés' et des Vertébrés, partant à la fois de l'organisme le pluâ inférieur des Anne- UDES, où le corps, encore très-simple, se compose toutefois déj^ d'un nombre considérable de divers organes bien

St'SA THléOLOGIl DE LA NATURE.

distincts les uns des autres, afin que leur action soit plus indépendante.

Tous les organes suivant, en conséquence de la loi générale, une gradation plus ou moins régulière dans la série de ces animaux, deviennent tantôt plus simples et tantôt plus compliqués, en changeant de Ik souvent de fonctions pour se suppléer ou se remplacer les uns les autres, lorsque Tun devient insuffisant, ou bien tiiiit par disparaître Dans ces diverses modifications, il arrive souvent que dedx organes ^ et même des appareils ou des systèmes entiers, suivent tantôt une marebe semblable, et tantôt une marche contraire; et dans ce dernier cas, toutefois une même direction ^ lorsque Tun a par $a fonction une influence telle qu*il maintient l'autre sous sa dépendance , jusqu'h ce que, devenu lui-même trop faible pir la dégradaiioh qu'il a subie, il cède la domination a un autre , et (Quelquefois même k celui qu'il a longtemps dominé;

C'est ainsi que nous dvons vu chez les Vertébrés te système muscukire si compliqué et si varié dans ses parties, suivre, d après les lois indiquées plus haut. Tome I, p. 94, esaiitement le système osseux auquel il est intimemadt lié par isa fonélion : Tun coRlmé puissance active des mouvements, et Tâutre comme puissaitce puremeet passive. A mesure que les diverses parties du squelette se modifient dans les séries que forment les os analogues , tels que les Verlèh'es, les Côtes^ les Phalanges èes doigts et des orteils , lés HMiscles qui meuvent ces pièces varient égalentiant comibe elles ; et sitôt qu'un de ces os disparait, les muselés qui le meuvent disparaissent aussi, k motné que leur puissance ne puisse être utile k une autre fonction « à LAtustLE là aAesssB du . Créateur les a employés alors.

C'est ainsi que les Biu^cles très-complexes de la colonne vertébrale et des côtes i par exemple , forment plusieurs chaînes parfaitement réfolièfes tout le long du corps, chez les S^rpmls, où rinfluenee de ces os reste partout exactement la

CHAPITlUC VII. 235

thénle; tandis (jue chez d'autres animaux ces mêmes séries sfe ftiodifient pldSou moins fortement sur les diverses régions, (juand ces mêtfleS os changent de forme d'après les nouvelles fbnctiotis qaMts otit li remplir; et cela au point qu'on a de U peine â reconnaître leurs véritables analogues; modifitatioss ëttftdbt t*én1ar(]U£iblès d'une classe d'abitriaax ii lautre. Mais sitet que ces Os reprennent leur uniformité de dégradation, leftUiuscles qUi les servent reviennent adssi ii la leur, ainsi qti'btt le voit h là colonne vertébrale des Cétacés.

De tbêtne àUsèi , les diverses parties du squelette se tienlient les unes le» abtres en subordination. C'est ain^i que la présettce des membres et la forme qu'ils prennent influent fdrietbeUt sur h cblonue vertébrale , h laquelle la paire postérieure se lie iritimement pal* le bassin , en forçant les vertèbres correspondants à s'unir pour (brrtter le sacrum ; et sitôt que ces membres dispâraissettl che2 les CÉtACÉS, non-seu temedt le bassin dëviéttt rudimeutâlné, mais tnétne les vertèbres voîsinefe restent, d'urie part, semblables k celles des Ibihbeè qui {Précèdent , et 4é Vautre ^nx caudales qui suivent ; et les muscles spëeiaux, ailleurs^ fortement influencés par k^ diverses ^arlieis dé la ctilonne vertébrale, prennent au contraire ici une 4is|)Osition régUlièiiB, uniformément décroissante jusqu'ail bout de la qUeue , en suivant la gradation des vertébrée de celle-ci, qUi conservent b la base des dimensions et tinè forme peu différentes de celles de^ lombeis.

Cette influence est encore plus sensible dans les Oiseaux, où les Vertèbre» 4h cou sont très-mdbiles , celles du dos , au contraire, fort peu , et les lombaires pas du tout^ comme étante ainsi que les sacrées v envahies par le bassin ; tandis qae les caudates sbnt de nouveau fort mobiles; et les muscles dé l'épine étant soumis h ces os , suivent la même gradation ; c*est-b-dire que , nombreut et bien distincts au coii ; ils deviennent rudimentaires et confondus au dos , nuls au bassin , et de nouveau fort distincts k la queuCt

Chez les Ghélokiens, les vertèbres dorsales » loipbaires et sacrées, ainsi que les côtes et les pièces sternales, se trouvant soudées eo une seule pièce sans disparaître, leur simple immobilité a entraîné la disparition de tous les muscles destinés ailleurs k les mouvoir; et les membres se trouvant transportés dans Tintérieur de cette carapace y ont amené aussi, par Teffet du plus singulier déplacement, les muscles qui les meuvent. Tels sont les muscles pectoraux, le granddorsal et autres; tandis que sur le cou et la queue, dont les vertèbres sont restées mobiles, les muscles ont persisté.

Cette même domination des os se fait en outre remarquer chez ces animaux à 1 égard des vaisseaux et des nerfs, qui conservent leurs rapports respectifs avec les diverses parties des membres, malgré leurs changements de place, en prenant par là également une disposition toute particulière, exclusivement propre à ces singuliers animaux.

Cette même subordination se retrouve dans les muscles des Poissons. Comme il n'existe plus chez ces animaux aucune différence entre Les vertèbres dépuis la tète jusqu'au bout de la queue, pour ce qui constitue la partie su|)érieure dorsale, et fort peu quant à la région inférieure du corps , où les vertèbres sont dans la région antérieure sous Tinfluence des côtes, et en arrière sous celle des apophyses upsiloïdes , qui ne sont que des paires de côtes rapprochées, en même temps que les vertèbres ne sont guère mobiles que latéralement; nous avons vu toutes les séries de ces muscles , propres à chaque genre de mouvements spéciaux chez les Vertébrés supérieurs, se confondre en une seule, formant une grosse masse occupant la gouttière vertébrale; et tous les moteurs des côtes et des vertèbres par les apophyses upsiloides forment également une seule masse placée le long de la face latérale du corps. Et dans Tun et Tautre, les muscles, ailleurs surcomposés , franchissant par leurs divers chefs un ou plusieurs espaces intervertébraux, n'occupant plus qu'un seul de ces derniers.

r.tiAPITIlB vit. "l'Ai

La gradation que suivent ie Squelette d*uiie part et le Système musculaire de l'autre, a encore ceci de remarquable; qa*à mesure que le premier se simplifie pour disparaître sans retour dans les dernières espèces de Poissons formant les genres Lamproie et Ammocette^ les muscles, dont la fonction essentielle doit être conservée (2"" Loi) jusque dans les dernières espèces du Règne animal , au lieu de disparaître aussi, passent, au contraire, simplement sous la domination des organes tégumentaires , dans rEMBRAi<(GHBMENT des Animaux ARTictiLÉs. Cette nouvelle condition à laquelle ils sont soumis est préparée de loin déjà par le Créateur, dans les Mammifères et les Oiseaux, mais surtout dans les Poissons, où, devenus de plus en plus et en grand nombre moteurs de la peau, ils le deviennent enfin tous, dans les An- NÉLiDEs, et changent en même temps beaucoup sous tous les autres rapports, pendant qu^ils sont dominés par le Squelette.

Dans cette nouvelle subordination, le Système musculaire suit également toutes les variations du Système tégumentaire, qui , très-subordonné chez les Vertébrés , où il ne constitue qu'une simple lame uniformément étendue sur tout le corps, se conforme aux moindres inégalités des parties subjacentes, tandis qu'il devient au contraire, dans les Animaux articulés, Fappareil le plus important de leur organisme , en remplaçant le Squelette comme organe passif de la locomotion , et dominant à son tour tous les autres , même le Système nerveux qui suit toutes ses modifications.

Le Système musculaire devient de nouveau en quelque sorte libre, chez les Mollusques, où les téguments , reprenant toute leur mollesse , ne constituent, comme chez les Vertébrés, qu'une lame uniformément étendue sur tout le corps, en même temps qu'ils sont le plus souvent tellement dégradés, qu'ils ne sont plus guère distincts dans la plupart des Familles. Il résulte de là que le Système musQulaire présente chez ces animaux une troisième condition , celle d'une indépendance presque complète , en formant ainsi dans son en-

semble, un tout, où ii agi! presque partout sur ses propres parties; et par cela même qu'il u-existe du reste que peu d'organes spéciaux, organes qui ne le dominent qu^ep partie seulement ; aussi ne fôrme-t-il dans lia plupart des régions que de simples couefaes fibreuses , plus ou moins irrëgulières ; surtout chez les GiSTÉROPOPBS, où les téguments sont le plus imparfaits. Ils sont plus distincts dans les Acéphales, et surtout chez les Céphalopodes , où celte tunique est plus apparente; en même temps que, chez les Acéphales, les muselés sont dominés par la coquille , k laquelle ces animaux sont plus intimement liés sur plusieurs poipte.

Enfin le même effist a lieu dans les Zoophytbs. Lk où il existe des téguments distincts , ou bien des parties solides remplissant les fonctions du squelette, ou du tôt d^s Animaux articulés, le système musculaire est non-seulement plus développé, mais aussi mieux localisé dans ses partie^, suivant ses rapports avec la charpente; et là où celle-ci disparaît, le système musculaire offre également le caractère qu'il présente dans les Molhisques; celui de former peu de muscles spéciaux, et d'ordinaire simplement un tissu fisuUré, qui, arrivant k son état le plus imparfait dans les classes iofé> rieures du Règne animal, offire partout ce dernier caractère, en devenant enfin même complètement indistinct , sans cependant disparaître nulle part; sa fonction étant une de celles qui caractérisent essentiellement tout animal.

Celte dépendance des organes les uns k l'égard des autres est encore bien marquée chez les Vbrtébbés entre les vertèbres sacrées , les os latéraux du bassin et les membres postérieurs; mais comme toujours, plus particulièrement par rapport aux fonctions que chaque partie doit reinplir.

Chez les animaux , où les membres postérieurs ont de puissants efforts k produire dans la station , le bassin est grand, large et immobile sur les vertèbres sacrées , elles-mêmes soudées entre elles pour donner plus de fixité k ce dernier; tandis que Ik où les membres postérieurs doivent plutôt agir

CHAPITII Vil. 939

danades mouvements rapides comme dans le saut, le bassin est moins développé et plus mobile sur le sacrum, dont les vertèbres sont généralement moins nombreuses que chez les espèces essentiellement stationneuses.

Enfin, dans les animaux aquatiques, dont le poids du corps est soutenu par Teau, le bassin n'est grand et fixe que cbez les espèces qui nagent avec leurs membres postérieurs; tandis qu*il est petit et souvent rudimentaire là oiï la nage est exécutée par la queue. Ces différences se font surtout remarquer entre les Mammifères lourds et les espèces trèslégères aptes a sauter ; chez les Oiseaux qui n'appuient que sar leqrs extrémités postérieures qui leur servent aussi k la nage; cbez les Reptiles terrestres et aquatiques, et enfin tbe^ les Cétacés et les Poissons qui nagent par les efforts de leur queue. Ceux-ci ayant les membres postérieurs très-faibles ou nuls , le bassin est rudimentaire et éloigné de la co« lonne vertébrale ; et les vertèbres qui devraient s'y rapporter, au lieu de se modifier pour former un sacrum, conservent, par le manque d'influence du bassin , la forme de celles qui les avoisinent.

Cette même domination du squelette se fait remarquer h l'égard des autres systèmes d'organes partout où il existe , c'est-k-dire cbez tous les Vertébrés. Les principales parties des systèmes sanguin et nerveux sont k la même place; et il en est de même pour l'appareil de la respiration, qui ne varie qu'un peu dans sa situation chez les Poissons , où il n'est plus anatomiquement l'analogue du poumon ; tandis qae tous ces organes prennent subitement un autre caraclère Ik où le squelettte disparaît, soit pour rester plus ou moins indépendants, soit pour se trouver sous la domination de quelque autre appareil ou système d'organes.

C'est ainsi que dans I'Embranghement des Animaux articulés les téguments qui ne constituent, dans les Vertébrés, qu'une simple tunique revêtant uniformément le corps sans aucune influence sur quelque organe que ce soit, deviennent

240 thÉulo&ib AI LA Nature.

presque tout kcoup le système dominateur chus ce second embranchement, où tous les autres systèmes suivent ses changements dans les gradations qu'ils subissent.

Le système tégumentaire .lui-même , encore mince et membraneux dans les Annélidbs, commence dès lors à se diviser en anneaux successifs partageant le corps en un certain nombre de segments égaux, qui se compliquent graduellement de plus en plus d'une famille à Tautre; d*une part en produisant chacun des membres pairs qui deviennent eux-mêmes graduellement plus parfaits, jusque dans la classe des Arachnides et des Insectes ; tout en subissant bientôt une dégradation de rang par laquelle ils changent de fonction ou disparaissent.

Les segments eux-mêmes, d'abord tous semblables dans les premiers genres de la Classe des Annélides, se <;ompliquent graduellement dans les diverses parties tégumentaires jusque dans la Classe des Insectes, oii ils arrivent au maximum de leur complication , en y formant entre autres les Ailes, qui ne sont , au fond, que de simples plis latéraux fort larges des téguments. Ces organes, encore nuls dans le premier ordre , celui des Thysanoures , sont subitement introduits dans Torganisme au nombre de deux paires chez les Coléoptères ; la première sans forme rudimentaire, ne servant que d'étui de protection dans le repos, et la seconde paire , seule chargée de la fonction du vol ; mais à partir de là, ces deux paires d'ailes suivent , ainsi que je l'ai fait remarquer, des gradations en sens opposés; la première aUant en se perfectionnant de plus en plus jusqu'aux Diptères, où elle exerce à sou tour seule la fonction du vol; et la seconde en dégradant au contraire progressivement pour finir par devenir rudimentaire dans le même ordre d'iNSECTEs; et tous les deux disparaissent pour toujours dans le deroier Ordre , celui des Aptères.

D'un autre côté, nous avons vu les segments antérieurs se grouper déjà chez les Annélides pour former une tête , où

ciumitt vil. :24f

leurs membres locomoteurs se tranèforment en organes uias^ ticateurs. Cette première tête rentrant plus loin dans ie corps , ces mâchoires se trouvent transformées , dans le gésier qu'elles occupent alors , en un appareil de rumination ; et les segments suivants du corps éiant devenus les antécieurs, se groupent à leur tour ensemble pour former une seconde lélc dans les Myiuapodes, les I.nsectes et les premiers Crustacés, où cette tête est mobile, mais disparaît bientôt dans les Stoiutapodes, où il se Torme encore une troisième aux dépens des segments suivants du corps; tête qui disparaissant également, laisse les Arachnides qui Tont suite à Tétat de véritables acépbales, obligés de mâcher leurs aliments avec les hanciies de leurs membres locomoteurs. Enfm il se forme en dernier lieu une qiiatruième tête, mê/ne mobile, chez les Leplm c\ les Ixodes, par la séparation de la partie antérieure du tronc.

Dans ce même Embranchement des Animaux articulés, les systèmes nerveux et sanguin ainsi que I appareil respiratoire, également soumis au système tégumentaire, prennent de Ih aussi une autre disposition en harmonie avec les changements que les téguments éprouvent.

Ce même système tégumentaire, si éminent dans Ics-Ani* «AUX ARTICULÉS, nous Tavous trouvé tout h coup fortement dégradé dans tous les Mollusques et surtout chez les Gastéropodes, et plus encore dans les E.ntozoaires, où il est difficile de le distinguer des muscles subjacents; mais redevenu fort éminent et très-compliqué dans ses parties chez les ÉcHiNODERMES il y forme de nouveau un têt complet, composé d*un grand nombre de pièces , et enfin une charpente intérieure fort compliquée chez les Stellérides, rappelant en quelque sorte les vertèbres des animaux supérieurs, avec lesquelles ces pièces du système tégumentaire n*0Dt toutefois aucune analogie analomiqne; mais ces téguments si compliqués se réduisent bientôt après de nouveau dans les Acalèphes et les Polypes, pour disparaître, k ce

20 THKOLOGIS If ^ MiTURt.

qu'il parait, complétemeoi dam hd&tfmg^, placée&au dernier degré de réçhelle asimale.

Nous ayons vu aiussi quelle admirable harm<mie eiislaii partout entre l'appareil digestif et ses nomt^reux orgaMs ac« cessoires , souvent fort éloignés , tels que les membres et les Qrganes des sens , mais qui eoiicourenl pliia ou ipoins îndi* rectement à raccomplissement de la fonction digestive , oà les moindres modifications dans la qualité des aliments sont signalées là où cela est nécessaire par un changement quelquefois très-léger, mais suffisant dans ces mêmes organes; changements qui x^e peuvent avoir été amenés que par l'uy*

TBRVENTION d'une INTELLIGENCE SUP&jlllS OMIiISCIENTE ; Ces

parties étant, par elles-mêmes, complètement indépendantes de toute autre, et surtout indépendantes des objets extérieurs dont l'animal doit se nourrir.

En suivant également ici la marche de gradation de cet appareil , nous l'avons vu dans sa plu3 grande complication chez tous les Vertébrés, oii il est constamment formé des mêmes parties successives, qui ne subissent encore, dans toute la série de ces animaux , que de simples modifications dans leurs formes , leurs proportions et leur contexture ; quoique les organes buccaux présentent déjk des différences de détails assez grandes dans les dents, les os et autres accessoire». Nous avons vu toutefois ces mêmes organes de la bouche se simplifier graduellement , d'une part, ep ce que les dénis disparaissent dé|k chez les Oiseaux et les Chéloniens poor être remplacées dans leur fonction par des lèvrea cornées, formant les deux mandibules d'un Bec, et sont au contraire maintenues dans les Reptiles et la plupart des Poissons , où les dents offrent dans certaines espèces, telles que les Sei^ pents, les Sélaciens et autres, les dispositions les plus remarquables ; tandis qu'elles deviennent rudimentaires dans les espèces les plus inférieures , pour disparaître a{Nrès sans retour.

Mous avons vu aussi, qu'en conséquence de cette dispari-

Ç&AFITMI VU. S^

^OQ des organes masticateurs, la bouche dea- (tri^^iî^ ^^i' lides n'était plus qu'un simple orjfic^ du canal intesUnal; mais que bientôt les premières paires de pnen^bres s§ fapproebaient entre elles pour se transformer en de fjouyeaiw organes de mastication tout aussi parfaits que ceun des Yei^tébrés supérieurs , mais d'une tout aiftr^ nature , et , p^ip coi^ séquent, autrement faits, et fQi^ctionns^f)t aussi différe^np^enV

Ces organes, d'abord conformé^ pour la ffiastic^tioq de substances solides, nous les avons yus se transformer graduellement en organes suceurs , et disparaître ^{^Gp , d'iii^e part , dans les Papillons Bombycites , où ils ne sppt plps que nidimentaires , et d^^utre ps^rt eopipléleqi^cait dans les def'uiers DiptèreSy où les OEstres , n'opj plus de bouphe du tout après leur métamorphose.

Dans les Classes des Crustacés et des A^racl^pides , les organes masticateurs provenant également 4^ pat|es transformées, se maintiepnent au contraire partout, ^ devenai^t toutefois très-simples et entièrement rudimenf^ire^ d^nç le& genres les plus inférieurs, tels que les Lernées.

Enfin dans tout TEmbranchement des Mollii^q^yes , ^inç i que dans celui des Zoophytes , l'appareil djg^sti|'i^e oiain tient dans sa fonction jusque dans les genres les plu§ dégradés, où il disparait, comme tout autre, A^n^ le§ ^Ie64, le^ J^rq^ tées , de la classe des Entozoaires , et dans les Êponçja^^ ^e celle des Polypes , où tout parait se réduire ï lx^ simple tissu uniforme.

Vu Tétroite liaison qui existe entre la fqnction de la Girculation sanguine , {ie l'Absorption et de la ][iespiratiqn ; on trouve dans la série animale toutes les conditions d'existence possibles, depuis l'état le plus élevé et le plus parfait chez les Vertébrés supérieurs, jusqu'à la disparition en apparence complète de ces trois fonctions, qui, en définitive, peuvent être réduites k une simple imbibition, dernière condition de l'absorption et de la circulation , ainsi qu'il parait que cela existe chez les atiimaux les plus inférieurs de l'Embranché-

ment des Zoophytes , où toutes les fonctions arrivent d'ailleurs il leiir plus simple expression.

J*ai fait remarquer que le Système circulatoire était trèscomplexe chez les Mammifères et les Oiseaux , où il existe deux cœurs unis en une seule masse, formés chacun d*un ventricule surmonté d*une Oreillette propre; que dans la classe des Reptiles, les ventricules commençaient h commuquer ensemble par une ouverture formée dans leur cloison commune; que cette ouverture, devenant de plus en plus grande dans d*au(res espèces, Unissait par envahir la cloison entière dans les Grenouilles; de manière que chez ces animaux les deux ventricules ne forment plus qu'une seule cavité, où le sang veineux se mêle avec Tartériel^ mais quà partir de là, cet appareil éprouvait une modiGcation plus notable encore par la disparition du cœur artériel, qui n'existe plus chez les Poissons; nouvelle condition amenée par une remarquable transition qu offrent les Grenouilles ^ ainsi que tous les Reptiles Batraciens dans leur jeune âge , où ils présentent une organisation différente de celle des adulles; état de Larve où ces animaux, connus sous le nom de Tétards ^ approchent beaucoup des Poissons sous le rapport de la respiration, alors aquatique, et de la circulation ; état dont il sera parlé plus bas au sujet de la fonction de la génération.

Cette dégradation ^ans le Système circulatoire arrivant au dernier degré chez les Poissons inférieurs , les deux cœurs dis|)araissent complètement, mais non pas les vaisseaux, qui se maintiennent jusque dans les Zoophytes, en éprouvant toutefois les plus grands changements graduels.

Dans les Ânnélides qui font immédiatement suite aux Poissons , le système circulatoire sanguin ne consiste plus en effet qu'en un lacis de vaisseaux s*envoyant réciproquement le sang, par les pulsations qu exécutent les plus gros troncs. Ce mode continue d*àvoir encore lieu dans les premiers Echiuodermes , mais où la simple artère puisante des Holoihuriet

CHAFITRB VU, 245

se renfle en un véritable cœur artdrid dans les deux autres Ordres de celle classe, pour disparaître enfin aussi complètement dans tous les autres Zoôphyles formant les Classes des AcALÈPHEs et des Poltpes, où le Système circulatoire proprement dit est remplacé, pour la distribution des bu* meurs nutritives, par des ramifications de pins en plus compliquées de la cavilé dîgestive elle-même; cavité qui disparaissant h la fin aussi , laisf^e la circulation , réduite dans ton<( les organes h une simple imbibition, ainsi que je Tai déjh dit en dernier lieu.

A partir de ces mêmes Annélides, le système circulatoire prend, au contraire, de nouveau une marche. ascendante dans les antres Animaux articulés, en y offrant un cœnr simple, mais artériel , au lieu d'être veînenx, h Tinslar de celui des Poissons; comme pour prouver qu'il n'est pas analomîquemenl l'analogue de celui de ces derniers, dont il serait la vf^ pétition; prenant non-seulement une antre disposition le long de la ligne dorsale du corps , mais aussi une tout autre forme , avec des vaisseaux également tout différents.

Ce nouveau système circulatoire se simplifie ensuite également par la disparition des veines, qui prennent dans les Crustacés et les Aracbnéides le caractère des Sinus , & parois peu apparentes, et formant de larges cavités remplissant les intervalles des organes, pour disparaître enfin aussi en entier chez les Myriapodes et les Insectes; ofi toutes ces poches, confondues en une seule, ne sont plus autre chose que la cavité viscérale du corp^^, dans laquelle le sang est épanché. Or comme, dans ce nouvel état , il n'existe plus d organes en dehors des veines, qui ont disparu comme cavités spéciales , les artères, étant également devenues inutiles, ont en conséquence aussi été supprimées, ainsi que roreillette qui n'a plus à recevoir le sang venant des organes respiratoires, ceux ci étant eux-mêmes distribués dans toutes les parties du corps sous la ferme d'un système complet de vaisseaux aërifères ou trachées.

^'tà THiOLOGII DV LA MATUM.

Dans rEmbranchement des Mollusques^ qui fait aussi suite aux Àunélides, le même système de vaisseaux sanguins se complique au contraire de nouveau en formant un cœur, mais en affectant encore une autre disposition que chez les Vertébrés et les Articulés , en se rapprochant toutefois plus de celui des premiers ;. vu que le cœur, qui est le représentant de râriériel , a de nouveau la forme d'une vésicule musculeuse constituant un Ventricule surmonté, comme dans les Vertébrés , d'une oreillette égalenient en forme de poche renflée. Cela est du moins ainsi chez les Gastéropodes, où le genre Patelle â ménie deux oreillettes, comme dans les Ëatraciens, une branchiale et une veineuse.

Dans les Céphalopodes, nous avons vil ce nouveau système de circulation se compliquer même plus encore., en ce que ces animaux ont trois cœurs, un artériel et deux veineux: un pour chaque côté du corps.

L'appareil respiratoire est surtout remarquable par les grands changements qu'il éprouve dans les diverses classes d*animaux; ce qui est d'ailleurs facile h comprendre, sa Tonction, étant au fond complètement indépendante, consistant k fournir au sang l'oxygène dont il a besoin pour se débarrasser du carbone dont il est surchargié comme sang veineux; substance qui le prive de sa propriété nutritive. Or on conçoit que cet eîÉet peut avoir lieu sur tous les points du corps, sans qu'il soit besoin que cet appareil affecte pour cela une forme rigoureusement déterminée; il suffit que la membrane qui sépare le sang de l'oxygène soit très-mince pour que la combinaison puisse avoir lieu , et que la surface respiratoire soit en outre assez étendue. Enfin dans le principe , il est indifférent que Toxygène soit pour cela contenu dans l'air ou dans l'eau. Or toutes ces conditions sont, ainsi qu on Ta vu , non-seulement remplies partout de la manière la plus remarquable, et surtout la plus savante, mais il semble que le Créateur se soit attaché à fournir des exemples de toutes les possibilités. C'est ainsi que, chez les Mammi*

CHAiniKt VII. i47

fères, l'organe respiratoire, bu le Poumon, forme one cavité celluleuse très compliquée , où chaque potite vésicule communique à TeitéHeur par une bronche, qui s'ajoute à d'autres, lesquelles finissent par ne former qu'un seul canal commun ; que chez les Reptiles cet organe se simplifiant ensuite de plus en plus par la réduction des cellules, finit, dans les Grenouilles s par ne plus former qu'un sac simple; et disparait après pour être remplacé dans sa fonction par des Branchies, organes destinés k la respiration de l'eau; mais qui fi'existebi que chez cfertaitîs Batraciens et les Poissons , et disparaissent ensuite à leur tour dùhs les espèces les plus ittférietirès de Cette éérhîèhe classe d'animaux.

k bette limite des Aûimaux vertébrés, tout apfiareil respiratoire localisé disparaît, et là fonttîon s'exencie h toute la surface du corps chèi les premiers Annélides, mais bientôt elle se localise de nouveau dans des Branchies de forme fort différentes, distribuées stti» diverses parties, en formant toutefois des séries par paires successives sous la domination de la forme iiTti^uWe du corps.

Cet appareil Oflfrfe le même caractère t^hez les Mollusques , avec cette dîlWt'etotîe quYpprochant de tiouveau du ^»oint où il doit dispàraltlre , il feâX feoins constant dans sa disposition queichez les Antïëlidèâ; prenatrt des Wftties très-variés dans les Gastéropodes , et é'y transforme wêtoe en un tfouvel 6rgjine resprratéiîsÉ dé 1 W feti forme de cavité, mais qui diffère

DôtaWemèiit dfe X^^"^h » ^^°* ^ "^^ aucunement les caractères, sûitont pas celui de s'ouvrir au dehors par la bouche.

Cet appareil disparait enfin k son tour, et av^c lui la fbiic* im élfè-tnême , dans les vers ime^tibatix àe l'Ëmbt'àtîcfaeliieût des ZoopH^^teS ; eft re^araSt pli*è <oi« «hefe îes BcMnodermes î'istiàHflês. toirts sous la fbriii(B d'une autre espèce de brafefehiës, qàS, W lîéfft d'être bàig&éfe ^ l'ôâu à sa -surface extérieure , teÇôit aU confriaiire ce liquide dans sa caviié, en for fri^am h *et effet *tn i^rbre ^éreuît .

Ce h^Bvë oi»gàm* lii^rSiU bientôt 'é^lement dans tes

948 TBBOLOGIE DB LA NATUBB.

Ëclnnodermes Ëchinides et Stellërides , où sa fonction est remplie par toute la cavité viscérale ; c'est-à-dire qu il disparaît par cela mêine qu*il envahit toute cette cavité, oii aucun organe n*est plus en dehors de lui; fait qui a la plus grande analogie avec ce qui existe chez les Oiseaux , où l'air inspiré se répand presque partout pour faire respirer le sang sur chaque point; offrant la condition contraire de ce qui existe chez les Insectes, où le sang est é|)anché; tandis que c*esl rélémcnt rcspirable qui circule partout.

Enfin ce moyen de faire respirer le sang à toute la surface intérieure du corps est portée encore à sa plus grande extension chez les Polypes, où la respiration s*exerce partout sans doute dans la cavité digestive aussi bien qu h la surface extérieure, vu qu*il n'y a plus de différence entre les deux : un Polype renversé continuant k vivre tout aussi bien après qu*avant.

Dans l'autre branche du Règne animal qui se rattache aux Annélidcs, celle comprenant les Myriapodes et les Insectes, animaux où le système circulatoire est réduit au seul ventricule aortique sans système nerveux , où le sang contenu dans la cavité générale du corps ne peut plus être amené dans un organe spécial de la res|)iration , le Créateur a compensé ce désavantage en faisant au contraire circuler Tair jusque dans les moindres organes au moyen du système trachéen, qui, portant lair partout» fait respirer le sang dans chaque partie du corps; et eest par cet admirable soin, par cette sage prévoyance que cet inconvénient a été si savamment évité.

Quoique le système nerveux soit le plus éminent de tous , donnant aux Animaux la faculté la plus essentielle , celle de la conscience de leur existence, qui lesdistinguedesPlantes; loin de dominer les autres, ainsi que cela parait devoir être, il est au contraire toujours subordonné. On a vu qu*affeclant ad fond la même forme dans tout rEmbranchement des Vertébrés , il y était canstamment situé longitudinalement an-

CBAPITKB VU. 249

dessus de la colonne rachidienne, et qu*il changeait subitement de disposition aussitôt que le squelette auquel il est subordonné disparaissait, pour se placer au contraire le long de la ligne médiane ventrale dans tout TËnihranchemenl des Animaux articulés; en suivant, par ses modifications, tous les changements qu éprouve le système té^umentaiie, sous la domination duquel il a passé. Bien que ce dernier arrive k UD degré fort bas de dégradation chez la plupart des Mollusques, où il n'a plus guère d*inflqence sur aucun autre oi^gane, le système nerveux conserve toutefois à. peu près les mêmes caractères que chez les Animaux articulés ; n'étant dominé par aucun autre organe, si ce n'est très-faiblement par le système mrsculaire , qui parait être devenu un peu inOuent sur lui , à en juger par la diversité des formes qu'il prend , sans que le système nerveux suive ses nombreuses modifications dans les trois grandes Classes que comprend cet Embranchement. Cest-b-dire que le système nerveux reste , chez les Mollusques, dans les mêmes conditions générales que lui prescrivent les quatrième et septième lois qui le régissent cbez les Animaux articulc's; celles qui ont rapport au cas où les segments du corps sont confondus en uu seul ; ce qui est en effet celui où se trouvent tous les Mollusques.

Dans les Animaux rayonnes, le système nerveux obéissant kla loi du rayonnement, ré|»ète ses parties centrales autour de Taxe du corps ; mais dans les autres Zoophytes dont le corps n'est point rayonné, tels que beaucoup d*Entozoaires, il parait que le système nerveux, devenu tout k fait indépendant èomme tous les autres, n'offre plus rien de constant dans sa disposition.

Dans le court exposé que j*ai essayé de faire ici de la sublime structure des Animaux aux divers degrés de l'échelle de gradation où ils sont placés, je n'ai pu indiquer que sommairement les faits organiques les plus remarquables et les plus faciles à comprendre sans le secours de nombreuses figures explicatives , et n'ai encore parlé que des seuls or-

iSO TH^LOGIE DE LA NATURE.

gaoes dont les fonctions donnent aux Animaux la faculté d^ conserver leur proprie existence individuelle; conservation

QUI CONSTITUE LE PREMIER DES DEUX GRANDS BUTS QU'iLS SONt APPELÉS À ATTEINDRE.

Mais quelque imparfaite qUe soit cette esquisse de Torgahisatibn des Âniinàux , elle peut suffire pour inontl'er combien sont frivoles et profondément erronées ces théories phifosophiques {)ar lesquelles oh a cherché à faire comprendre que l'univei's ehtier, tel qu'il se présents ïi nbs yeux dans sa magnifiqdè côûiplicatioii , ti'ést dû qu*h Vàction des lois physi(}aes qui rêgissébit là ihatîère briite; matière et lois (Jui seraient sieule^ éVétiSeHes, sànô qûMl sioil néfeeiâsaiire d'admettre, mêïlaié par siiâàpfë feypÔthSse , le cbtttdursid'utie Puissatice Ititëliècltielle (Jûi aurait ùità là matière en detUvrë poor en fotmei* )es Ëtréâ k^^i nôtnbr^ <)ue le teôDile renferme. Et pourtant ces lùêDlëi Pîiilôsophes sei-àient jbifetl embarrassée d'e^piîqtié'r, et (de c()to|>rètidrè d'aboi-d eùl -mêmes, cBfaimfent â pu se ifevihèf fefelte ibttnîté d'Êire's viVanls dont \À iêrik est peuplée, vbif^ À^e lé j^vik pètài àhitùàfèdlë.

ciAPiTitB ni. 254

PREUVES DE L^EXISTENGI DE DIEU ET DE SES ATTRIBUTS , T»iK8 D^ LA GRANDE PONCTION DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANTS EN bfelfékAL ET DES ANIMAUX VERTÉBRÉS EN PARTICULIER.

Il n'a été encore question dans ce qui précède que de& appareils organiques au moyen desquels les animaux maintiennent, pendant un temps plus ou moins long, leur propre existence individuelle ; mais comme ils sont soumis à la loi générale de la destruction , que subit tout ce qui constitue le monde , il n'a pas suffi k TÉternel dans sa sublime sagesse d'avoir donné uniquement Texistence k ces innombrables Etires divers; il a voulu aussi qu'ils eussent le pouvoir de

PERPÉTUER LEURS RACES , AFIN QUE PAR EUX-MÊMES l'oEUVRE DE LA CRÉATION FÛT CONSERVÉE.

Oir ce second grand but essentiel que les Êtres vivants doivent atteindre a nécessité chez eux encore d'autres appareils dont le Créateur a enrichi leur organisme, et par lesquels chaque espèce animale est capable de reproduire , par la plus inconcevable l'acuité , un pins ou moins grand nombre de fois son semblable, aGn d'en multiplier les individus et parer ainsi à Fanéantissement de. sa race; fonction essentielle , fort différente oé celle de la siipple assimilation ou dé )a conservation de l'individu, dont il a été exclusivement parié jusqu*à présent.

L'accomplissement de cette nouvelle jurande fonction finale ne devait égaletnent pas être abandonnée uniquement il la simple volonté des Animaux , où rinHuebce de nombreuses causes accidentelles eussenlt trop facilement pu compromettre le succès ; aussi t)ieu , dans son adorable providence, les a-t-il soustraits a cette chance incertaine^ comme

Wi THBOLOGIE DB LA MATURB.

il les a soustraits aux effets de Tiniluence de la volonté et du senlimenl pour la fonction de la nutrition ; mais par des moyens entièrement différents : ici en leur inspirant une horreur instinctive pour la mort, et par la souffrance qu'il a attachée à la faim; et tb, par Tattrait de la vive jouissance dans Tunion des deux sexes, ainsi que par Tamour passionné instinctif pour leur progéniture.

Mais si la volonté ne dut pas être le seul mohile qui portât les animaux h Tacte de la reproduction , elle put toutefois y intervenir comme moyen accessoire avec toutes les autres facultés sur lesquelles elle agit, afin d*en faciliter raccomplissement ; aussi voyons-nous cette puissance auxiliaire employée dans ce but selon le degré d'intelligence anquel peut s*é[ever chaque espèce animale; non-seulement pour faciliter Tèxécution de Tacte même de la génération , mais surtout pour en favoriser le succès.

On conçoit que, moins il fut accordé* aux animaux de moyens qui leur permettent de se placer dans les conditions favorables h Texéculion de Pacte de la reproduction ^ moins aussi cet acte devait dépendre de leurs facultés intellectuelles , et moins encore du concours de plusieurs individus. Enfin, plus les animant sont sujets à des causes de destruction par lés circonstances dans lesquelles ils se trouvent d'ordinaire , plus leurs moyens de reproduction ont dû être faciles, afin de compenser |>ar le nombre des individus nouvellement produits, celni des individus qui périssent. Or rohservation nous montre avec quelle sublime sollicitude

TOUTES ces causas ET TOUS CES EFFETS ONT PARTOUT ÉTÉ

PRÉVUS PAR LA DIVINE PROVIDENCE, qui , pour parcf dans diverses circonstances k de grands inconvénients , a souvent employé des moyens qu*on croirait impossibles si Ton n*en avait pas les preuves les plus évidentes.

En effet , les faits nous prouvent , sans que nous puissions en comprendre la raison , que dans tous les Animaux supérieurs doués des facultés les plus éminentes , la production

de nouveaux sujets est constamment due au concours de deoi individus de même espèce; dont Tun, ou le Sexe femelle, produit la partie ptiremeri^ ma/^nel/e du germe et de SCS accessoires , dont Tensemble constitue l'OEuf; et que Faulre individu , ou le Sexe mâle, communique à ce germe le principe de la vie propre , et par h une activité spéciale plus tard indépendante Cela est ainsi sans exception chez tous les Yeriébrés» et même dans presque tout TEmbrànche- VENT des Ammaux articulés , où il n*y a guère que plusieurs ÂNNÉLiDEs et peut-être quelques Crustacés inférieurs tels que les Cypris et les Àpus, où Ton n'ait pas encore trouvé de mâles, animaux qui seraient ainsi hermaphrodites.

En séparant ainsi les deux sexes sur des individus diiTérents , la consommation de la fécondation eût été incertaine par l'effet de Téloignement accidentel du mâle et de la femelle ; mais le Créateur a prévenu cet inconvénient en les engageant à se rapprocher, par Tattrait de la jouissance qu'il a attachée à Taccomplissement de cet acte; et dont le sentiment porte les Animaux jusqu'à la passion la plus vive.

Cet amour inné que les individus des deux sexes éprouvent l'un pour l'autre n'est toutefois pas également ressenti chez les deux, le mâle I éprouvant avec bien plus de violence que la femelle. Or nous trouvons dans cette différence même, une nouvelle preuve de la. sublime sagesse avec laquelle tout est ordonné dans la nature pour arriver AU BUT QUE l'Être suprême s'est proposé. En effet, si Tun des deux sexes eût seul ressenti le besoin de s'unir à l'autre pour la propagation de sa race , jamais il n*eût pu contraindre l'indifférent la s'y prêter ; et si les deux étaient en tous temps également passionnés pour la satisfaction de ce désir, il en serait résulté le plus grave désordre par 1 effet de leur épuisement trop précoce et le danger qui en serait né pour le convenable développement des nouveaux sujets.

En animant, au contraire, le mâle seul d'une vive passion

%^ tHiûLMIl DE LA NATURK.

|jtour la satisfaction de la jouissance ([^^ V\n^\\\kc\ lui iivspire, il recherche en tqut temps la feQ^e)t^ gui lui prociire cette jouissance, d'où résulte qu*il ne la quitte me rarement , et reyient toujours à elle aux époques plus spécialement fixées pour cet objet. Or, par l'eflet du m^fue çentiment, éprouvé toutefois k des degrés beaucoup plus faibles, la femelle se rapproche également du pâle, itiais refuse ^e «*unir k lui , par cela même que sa passion ne Ty oblige pas ; et elle n'y consent que Iqrsque le moment te plus favorable est venu , où elle s*y trouve contrainte par le besoin de

faire cesser Tardeur qu'elle en ressent; et refuse ensuite de nouveau rapproche du mâle, sitôt que le vœu de la nature est rempli.

Cette différence dans la passion réciproque que les deux sexes éprouvent Tun pour Tautre est ainsi Teffet d'une véritable LOI DE LA NATURE, PAR LAQUELLE LE CRÉATEUR A ASSURÉ LE SUCCÈS DE LA REPRODUCTION , tOUt CD le COnfiaOt

â leurs propres soins.

De cette vive passion plus ou moins permanente chez les mâles , et simplement mpmentanée dans les femelles , naît ensuite un sentiment instinctif d'affection réciproque qui les porte k se rapprocher, et fort souvent k vivre constamment en société, même hors le temps de leurs amours (1) ; et cela surtout chez les espèces les plus élevées pour leurs facultés intellectuelles, oui leur permettent d*en concevoir la satisfaction.

Parmi les Mollusques, au contraire, les espèces les plus parfaites seulement formant la Classe des Céphalopopgs et une partie des Gastéropodes, surtout I'Ordre des Pecti- NiBRANGHEs, sout seulcsk scxcs séparés ; pendant que chez les autres, et spécialement dans les Limaces et les Escargots^ les organes reproducteurs mâles et femelles , tout en existant séparément, sont toutefois réunis sur le même individu, qui est

(!) Voyez la note n* 3. .

CHAFlTftK VU. i(tf

m^i Ihn^^fhrodite i mms s^as potivpir lui-inême vivifier le« œuf$ qu'il produii; et «e triHiiia )^ cet Qffet obligé (W s'mcoupler avec un autre ibdividu de «on Q^pèce, pour procéder i une fécondation réciproque ; d'où l'on déaigne œa animaux sous le nom ^* HermaphrQdite& imj^rfaiu.

Enfin les MoLLu&ouBa^ àgépqàles^, et la plupart dea Zoo- FBTTBS, sont Henmpl^fQiU$s parfaits; ayapt la faculté de pouvoir > s^ns le concours d'aucun autre individu , féconder eqs-mémes les œufs qu'ils produisent.

Il semble, au premier aperçu, que cette condition , déjà ai favorable à la multiplication des animaux , môme les plus imparfaits, aurait dû sufBre pour que le but de la nature fût atteint, et que tout autre moyen de reproduction était inutile. Mais, soit que cela ne Tétait pas aux yeux de Vlnlelligence suprême, soit qu'elle ait voulu, dans sa Sagesse, employer encore d'autres modes de multiplication , dont noire raison ne peut apprécier la nécessité , nous tnmvuna cbei ane foul^ d'ai^imaux inférieurs, et surtout dans les végétaux placés plus bas encore dans l'échelle des Êtres, plusieurs autres modes de propagation, qu'on croirait impossiblessi on ne les connaissait pas ; moyen où se manifeste , comme d'ailleurs en toute chose, cb ^om minutieux qu'un Espeit

OMNISGIBIfT PBUT SBUL Y APPOHTBR.

C'est ainsi qu'un grand nombie d'animaux appartenant toutefois aux classes les plus ûifêrieures ^e multiplient, comme beaucoup de plantes, p^r des Drag^oim, moyen plus spécialement propre aux Polypes composés <|ui produisent de nouveaux individus par un véritable bourgeonnement de quelques parties de leur corps ; d'où résulte précisément la forme composée.

Le premier commencement de ces familles agrégées a d'ordinaire lieu par un sujet simple, provenant soit d'un œuf, soit de la séparation d'une tète de Polype, qui se fix^ ailleurs, et devient ainsi la souche d'un sujet composé* Une fTydre siniple, par exemple,, uo tarde pas à produire latéi^

â56 THiuLUGIK DE LA KATUKI^.

lemeot des nodosités qui, en s*aHongeant progressivement comme des bourgeons d*arbre, deviennent enfin des Pol5pes complets /ayant leur bouche et leurs tentacules , cherchant, comme la mère dont ils font partie, h saisir les animalcules qui passent dans leur voisinage. Or pendant que la mère produit ainsi encore d'autres sujets semblables , les premrcrs en engendrent dojh b leur tour; d'où résulte un sujet plus ou moins surcomposé, Tormant un seul corps commun , nageant libremeutdansFeau. mais portant ainsi plusieurs têtes si bien unies, que tout ce que Tune mange proûle a la Tamille entière. Mais ces diflërenls sujets agrég»^s peuvent toutefois se! séparer pour former des individus simples ; tandis que cela ne peut avoir lieu chez les Polypes tubigules et les AxiFÈREs, unis entre eux par le Polypier, partie plus ou moins résistante et méitae pierreuse de leur corps commun; ï moins que ce ne soit par des séparations accidentelles qui doivent -aErrtfer souvent, où chaque partie constitue alors un sujet à part qui continue à vivre comme avant et multiplie ainsi le nombre des sujets.

Certaines espèces, et entre autres les Nais parmi les Anné- LiDE^, dont Torganisation commence déjh h étre^ assez compliquée, se propagent, outre le moyen ordmairedes œufs, encore par celui d'une autre espèce de Drageons qui se forme constamment à Textrémité potytérieure du corps, dont un certain nombre de segments prennent peu à peu la forme d*un nouvel individu, tenant h la mère par la tête, et non par lextrémilé postérieure du corps, et qui finit par s*en séparer pour devenir libre.

Enfin certains Ikfusoires se multiplient par la division spontanée de leur corps en plusieurs parties égales , dont chacune devenue libre forme un animal complet.

Mais outre ces diflërcf|its modes de multiplication naturelle, beaucoup d'animaux inférieurs, et spécialement les Polypes ,' peuvent être multipliés artificiellement à l'infini, par des sections en toutes directions qu'on fait sur leur corps ;

CHA^ItKft Vltf. â!i7

au point qu'on peut dire que chaque fragment quel qu*il soit reproduit tontes les parties qui lui manquent pour devenir un sujet complet. Les personnes qui voudraient connaître les intéressants détails de ce genre de multiplication liront avec le plus grand intérêt l'ouvrage que Tremblet a publié sur Y Hydre verte sous le titre de Mémoire pour servir à Thistoired'un genre de Polype d'eau douce ^ 1744, et celui de Dicquemâre , Mémoire pour servir à Vkistoire des Anémones de mer^ 1774.

Trembley a fait voir en outre que si, d'une (>art, les Hydres pouvaient être multipliées k l'infini par la section » elles n'étaient pas moins étonnantes encore par toutes les espèces de greffes dont elles étaient susceptibles; c*est-k-dire qu*en joignant deux individus pendant quelque temps par des côtés quelconques de leur corps , ils se soudaient en formant un sujet composé; que si Ton introduisait Textrémité postérieure de Tun dans la bouche de Tautre, celui devenu intérieur, au lieu d'être digéré par Textérieur, se greffait sur lui et mangeait seul pour les deux; que si Ton réunissait deux moitiés étrangères, elles s'unissaient également pour ne former qu'une seule Hydre simple; enfin qu'en les renversant comme une poche, leur surface extérieure devenant les parois de l'estomac en remplissaient parfaitement les fonctions.

Quelque inconcevables que soient déjk ces divers moyens de reproduction, ils pourraient cependant trouver encore une certaine explication, très-sophistique il est vrai, dans ce fait nullement prouvé que l'organisation des Polypes étant fort simple et en quelque sorte partout homogène, chaque partie représentant le tout peut facilement exister par ellemême; mais l'imagination la plus hardie reste stupéfaite devant la faculté de reproduction dont jouissent certains . animaux appartenant aux classes supérieures.

C'est ainsi que depuis longtemps déjà on a remarqué que les Êcrevisses et autres Crustacés avaient l'étonnante faculté de pouvoir reproduire des pattes entières et même leurs

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