SPÉCIALEMENT ÉTABLIE POUR ATTEINDRE LE GRAND BUT DE LA
coNSEttvATioN bEs ESPÈCES , foDctiou dout il me reste à dëerlre ici l'appareil qui lui est destiné dans chaque cidssë , aihsi que la manière toujours fort remarquable dont elle est
Peur àppdMer plus de clarté dans l'indication des divers modes de génératiofa que Tobservatiotl a fait cotinaftré chez lés Ét^ei^ organisés, Je dois suivre Téchelle de gradation dé cette ëtiiinente fonctioti en allant dit plus simple au plus coinposé ; le {irdgrès eii (Jlus étabt ici plus facile à comprendre que cëliti eii ttioiiis de la dégradation.
PHvés de tout sëntimeiit de leilr existetice, lèS VÉtÈtAijx de t)Ureiit être qn'eittièreiilëilt passifs dans ràccdtbplissettteM de ce grand acte si itUportaut pbui* la conservation de leurs espèces ; ausàî le Voyons-nous s'exécuter clfCE eux dans des conditions en t>ÀtiPAiTE tiAfiMONlÊ avec ce caractère essentiel et fondamental qui les distingue des Animaux; harifloiiiè dont les conséquences fournissent même de fortes pl*ë(l^ës de ce fait, que toutes ces productions 6ont en effet privées de la conscience de leur Être.
Ici surtout rHel*ni8pHrodisme était évidemment la condition la plus favorable i raccomplisscittehi dé Tacte de là fécondation; et en efifet, un nombre ëonsidëhtbie de végétaux présentent ces caractères dâris Tétai le plus Hgoureux possible : celui btt lè^ organes des dèut setes se trouvent en cotitàct dans la dlêtne fleur, où le PisHl, organe femelle, se trouve au centré, et les Étamine^, organeë mâles, placés itoiUédlâtement aiitoUr. Mais cela ne siifBtpas; il fallait encore ^ue le liqiiidé fécondant de ces derniers pût arriver sans àltërélion , et d'une manière plus ou moins éertainé, jusqu'aux gernoies renfermés dans l'iniériènr de l'ovaire dont les parois , plus ou moins épaisses et résistantes , les
2(i8 TUKOLOGIB t)K LA HATURK.
ABRITENT DANS LEUR FAIBLE EXISTENCE COOtre tOUte CaUSe
extérieure qui pourrait nuire k leur entier développement. Mais les Êtamints et le Pistil , privés de tout sentiment , ne pouvaient par eux-mêmes aucunement faciliter cet acte, qui en conséquence , ne put être soumis qu'à des causes pare* ment physiques , inhérentes à la structure de ces organes , en n'agissant Tun et Tautre que passivement. Or cet enchaînement de causes et d'effets est établi de la manière la plus remarquable pour arriver au résultat physiologique final. Si la substance fécondante est partout liquide , il est évident que c'est parce que sous cette forme elle peut le plus facilement pénétrer jusqu'aux germes; et que, plus subtile encore k l'état de gaz, sa trop grande légèreté l'aurait rendu trop facile k être dissipée. Sous la forme fluide, il eût fallu que l'humeur fécondante fût produite sur le corps même de l'organe femelle , et qu'en conséquence elle en fit partie, ce qui était contraire au principe de la séparation des sexes; mais la Nature, toujours si ingénieuse dans les MOYENS qu'elle EMPLOIE, a évité cet inconvénient en renfermant la liqueur prolifique dans de petites vésicules , connues sous le nom de Pollen , produites dans les Anthères des Êtamines y petits sacs d'ordinaire en forme de boutons jaunes qui terminent les filets qui constituent les pieds de ces dernières ; sacs qui s'ouvrent au moment où les germes sont arrivés au degré de développement le plus favorable pour recevoir la fécondation. Le Pollen, devenu ainsi libre» s'échappe, et, emporté dans l'air, il est presque impossible que dans le nombre prodigieux de petits grains produits dans chaque fleur, il n'y en ait pas quelques-uns qui rencontrent l'extrémité du pistil , k laquelle ils s'attachent d'autant plus facilement que cette partie est d'ordinaire plus ou moins spongieuse. Lk la vésicule du pollen éclate, et le fluide fécondant qu'elle renferme s'infiltre dans le pistil , où il arrive jusqu'k la base de cet organe où sont renfermés les germes qiie cettf humeur est destinée k vivifier.
câAHTRt viit. 269
C'est dans cette condition , si favorable pour des Êtres privés de la conscience de leur existence , que se trouvent la plupart des plantes , et spécialement le plus grand nombre de nos arbres fruitiers ; mais il était toutefois possible de faciliter encore plus cet acte, aiusi que cela a lieu en effet dans certaines plantes spécialement favorisées, telles que la Rue , dont les étamines placées autour du pistil se courbent successivement vers ce dernier, au moment de la fécondation, pour déposer le polen directement sur son sommet ; mouvement dont la régularité prouve suffisamment qu'il n'a lieu que par un effet purement physique et non par un acte volontaire.
Quoique les Végétaux n'aient aucun moyen de communiquer volontairement entre eux, le Créateur a cependant placé un nombre assez considérable d'entre eux dans des conditions plus ou moins difficiles pour l'accomplissement de la fécondation , qui d'ordinaire n'en éprouve cependant aucun inconvénient.
C'est ainsi que dans les Plantes monoïques il y a encore hermaphrodisme dans l'individu, mais déjà plus dans la même fleur; ces plantes ayant les organes des deux sexes séparés sur des parties différentes de leur corps ; et cela dans des fleurs de deux espèces ; les unes ne renfermant que des Pistils et les autres des Étamines seulement, et le plus souvent ces mêmes fleurs sont fort différentes dans leurs organes accessoires, telles que les pétales, le calice, et surtout dans leur disposition.
Ici, comme on le conçoit, les chances de la fécondation sont d'autant moins grandes que les organes mâles sont plus éloignés des femelles. Dans le Ricin ou Palma-christi , ils sont immédiatement au-dessous ; mais dans une foule d'autres végétaux, comme le Noyer et le Noisetier, les deux espèces de fleurs, irrégulièrement distribuées partout, sont souvent fort éloignées ; mais ce désavantage dans les plantes MONOÏQUES EST GÉNÉRALEMENT COMPENSÉ PAR UNE PLUS
:^7P TlrfoiXMJIl X^f. U T^^TURS.
lïïëre que le Yfipt, pqrtapt ce^e pou^sjère c|è toqt côt^, pu amène faci)epent si|r |eis fleurs femelles.
Ce n'était cepepfl^pt pas encore 1^ re^^tréme lifoite ^e lu possibilité, et le Cré9te^rep a doffné la preuvç ej) pl9C^pt !es sexes piêmes çurc)^^ jndividu^ différents d^n$ |e^ plaqtes dites (le Yd^ Dioï^nçj, telles que le Chqnvr^t [ Ortie ^ etc., où r^ccopRpIi^seiqeQi de Tacte de la fécondation , quoique plus difficile par réloîgqeaiept soqvept considérable des sexes, est toutefois, ^^tan^ qye. pftssi|)le, «ssuré p^r la quaiilité plus grande encore de ppllèn que ces végétaux produisent; au point que Ton a des exemples où des fleurs femelles ont été fécondées ppr des DRàle? placée^ ^ des diaUmces même très-considérables.
Mais ici interviennent quelquefois des causes fortuites à notre seqs^ mais qui peuvent cependant être en^fées CQmpi^e moyen prévu dans le plan suivi par TlnteUlgence suprême qui dirige tout avec tant de sagesse. G*est ^insi que les ^16^27les, entre aptres, ramassent je Pollen ^ur les fleqrs, dans le but de le faire servir à la fabrication de la cjré de leurs ruches , et le transportent sur les fle^rs fepielles fjfl elle§ recueillent du miel.
EnGn ne serait-il pas possible que beaucoup de yégétau:;^ vivaces puissent, a Tinstar des Ipsecte^, éfre fécondés uo^ fois pour toute la vie? et d^autres ne jouiraient-ils p^s, comme certains aqimaux , de la singulière faculté qu'upe seule fécondation suffise même pour plusieurs générations successives ?
C'est ainsi que nous trouvons déjk chez les Plantes le^ trois grandes conditions dans lesquelles se trouvent les Animaux : V Hermaphrodisme parfait , \ Hermaphrodisme imparfait ou Monoècie^ et la séparation des sexes sur des individus différents , ou Dioécie.
Par cela même que le Créateur a accordé aux Animaux la faculté de discerner les objets étrangers de ce qui fait partie
CHAflTIUI YIIU â7i
de leur propre corps, et le pouvoir de produire d^s ^rtes volontaires , il 9 pu w si las placep, quapt à Ist fooclioQ de la génération , dans des conditions différentes, plus élevées que celles où sont les Planter ; pouvant leur permettre d'y intervenir activemeat par leur intelligence guidée par leur ipstinct.
Il est naturel que )e$ espèces plus ou moins privées de 1^ feculté de changer de place, telles qne les Polypes axi- FÈRES , une foule de MoL,i.tJ8Qi]6S Ar4ÉPHÀL{:s et les Cmnno- PQDEs, dont le corps est invariablement f^xé, aient dû être hermaphrodites parfaits , mais rien n*empéchait que d'autres ne le fussent également; aussi trouve-t-on un trèsgrand nombre d'espèces capables de pouvoir se déplacer facilement, qui le sont de même. En effet, tous les Zoo- PUYTES R4Y0i9Nés et une partie des Entozoaires, ain^i que toute la Classe des âcépsales, paraissent être dans le même m ; tandis que beaucoup de Mollusûv f;s aASTÉaopooEs , plusieurs Aknéudes et certains ëistozoaires sont Mor ooiques; enfin tous les CÉPHALOPonES > tous les Animaui: ARTICULÉS, Il Texception des Cirkhopodes et peut-être la plupart des Ani^iélidies, sont dioïques, ainsi que tous les Vertébrés sans exception.
On voit, par cette seule énumération , que \e$ sexes sont séparés dans un plus grand nombre d*espèees, ^ mesure qu'elles appartiennent à des classes plus relevées ; l'hermaphrodisme parfait étant presque général chez les plus inférieurs, tandis que d^v^s les classes moyennes domine la Monoécie , et que la Dioéoie ou la séparation complète des sexes existe, sans exception, dans les classes supérieures; ce qui prouve que cette grande fonciion de la génération est, comme toutes les autres . également soumise à la loi gëné-^ raie de la gradation.
J'ai dit plus haut que c'était l'organe femelle ou YCkcair^ qui produisait la partie matérielle du corps du nouveau sujet procréé , et que l'organe mâle ne faisait que sécréter une
S7!2 THiioLÔGn M LA tlATORI.
humeur liquide capable de communiquer h ce dernier le principe de la vie propre. On avait autrefois pensé au contraire, alors que les connaissances anatomiques et physiologiques étaient encore peu avancées, que le nouvel animal devait, sous tous les rapports , Texistence au concours de matériaux fournis par les deux sexes ; et d'autres Philosophes encore plus adonnés aux élucubrations hypothétiques que savants par leurs recherches d'observations , ont même pensé que c'était le mâle seul qui fournissait le véritable germe du nouveau sujet ; germe qui ne faisait que se développer dans le sein de la mère. Mais tous ces systèmes sont venus, se briser dep^ant les faits fournis par l'observation et l'expér rience (1); et en effet, il eût suffi de. porter la plus légère attention sur les faits les plus vulgairement connus pour qu'on eût déjk pu se convaincre du contraire. Tout le monde savait, par exemple, que les Poules pondaient des œufs sans l'approche du coq , et que ces œufs renfermaient sur le jaune une petite tache blanche opaque ou Ctcàfrtcule, qui dévenait, en se développant par l'effet de la fécondation, le corps du jeune poulet. Il était de Ik évident que la première origine de ce germe du fœtus n'était point due exclusivement k l'action du mâle, et pas même k son concours. On savait aussi que les femelles de Poissons pondaient leurs œufs tout formés avec leurs germes , et que les mâles les fécon^ daient après, en lançant leur laite dessus. Enfln, si l'on avait voulu seulement y réfléchir un jpen , on eût compris que rhumeur fécondante du mâle n'étant qu'une matière sécrétée incohérente , et en conséquence sans aucune structure ou organisation , ne pouvait pas constituer un germe ; mais qu'elle pouvait bien avoir la propriété physiologique de communiquer au germe déjà existant, l'action vitale dont il jouit en effet dès l'instant même du contact; absolument comme une action pathologique et communiquée à un sujet par Tino-
(1) Voyez la note n° 29.
CHAHTRB vut, :273
culation d'un virus, et ce n'est en réalité pas autre chose, on peut-être même qu'une simple commotion vitale, imprimée à ce germe par l'effet de son contact médiat ou immédiat avec le fluide fécondant du mâle; effet qu'on peut comparer k celui d'un aimant qui communique sa remarquable propriété à tout morceau d'acier avec lequel il est mis en communication. En effet, l'acte de la fécondation ne parait être qu'une commotion nerveuse d'une nature particulière , exclusivement propre au contact de Thumeur fécondante.
L'opinion que je viens d'émettre trouve un grand appui dans divers faits que fournit Tobservation, et déjà en cela que les Poissons mâles ne répandant leur laite que sur des œufs pondus d'avance, la fécondation de ces derniers devrait le plus souvent être manquée dans les rivières où la rapidité du courant l'emporterait au loin, sans qu'aucune parcelle pût atteindre la plupart des œufs , si son action vitale ne pouvait pas se transmettre promptement, même a une petite distance, par Teau environnante. Cette action vitale peut même être communiquée aux œufs chez beaucoup d'iN- SECTES, également après leur entier développement, alors qu'ils sont revêtus d'une coque de consistance cornée et d'un tissu serré fort dur ; et cela un instant seulement avant la ponte de tous à la fois, leur nombre se n^ntant souvent à plus de cent chez certaines Phalènes^ en offrant ainsi une condition où il n'est guère probable qu'ils puissent absorber beaucoup du liquide fécondant.
Enfin certaines espèces, telles que les Pucerons parmi les Insectes et les Daphnia de la classe des Crustacés , ont la faculté vraiment extraordinaire de pouvoir produire des petits sans avoir été elles-mêmes fécondées, un seul accouplement pouvant suffire pour un assez grand nombre de générations : pour douze et peut-être plus chez les Daphnia, Ici bien évidemment le mâle n'a rien pu fournir dans la partie matérielle.du corps des individus des dernières générations,