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5P THiOLOGIB DE LA NATURB.
Lp If uantité d'aliment^ (|ue la cavité 4îge9^ive p^iff contenir devant être naturellement proportionnée à la masse du corps qui doit y puiser ses particules nijtrilives, et en outre ei) rappqrt avec la qualité plus ou moins nutritive de ces mêmes ajimentç, on conçoit que, lorsque le corps est Iqng et grêle, il suffit que le canal intestinal aille en ligne droite de 1^ bpijcbe à Tanus quand les aliments contiennent beaucoup de parties assimilables; tandis que si ces substances en renferment peu, il faut que, d*une part, le canal alimentaire forme des dilatations telles qu'un Estomac^ ou Gésier^ ou un Jabot, capables de recevoir k la fois une grande masse de nourriture; et que d'autre part, le restant du tube digestif fasse de nombreuses circonvolutions pour présenter dans un petit espace une grande surface absorbant le chyle ; condition surtout nécessaire lorsque le corps est gros. Cette loi, parfaitement confirmée chez les Animaux articulés , s'applique d'ailleurs k tout le Règne animal, et en conséquence aussi aux Vertébrés.
Dans les premiers Annélides, dont le corps est cylindrique, le tube digestif devient un canal généralement étroit, sans renflements notables; tandis quMl forme des dilatations plus ou moins grandes dans les espèces à corps court et gros. Il offre les mêmes conditions chez les Myria* PODES, dont le corps est également fort allongé, en y formant toutefois déia quelque inflexion, et en outre uq petit Gésier où les aliments sont plus particulièrement triturés.
Chez les Insectes, au contraire, dont Ip corps est généralement court, et dont la partie antérieure oyi Ip Tronc, est plus spécialement destinée à renfermer les muscles moteurs des pattes et des ailes, et ne saurait en conséquence contenir aussi une grande portion de l'appareil digestif, celui-ci a été placé, plus particulièrement, dans l'abdomen qui lui est principalement destiné ; et Ik , pour atteindre sa capacité nécessaire, il forme, d'une part, des dilatations plus ou moins
cHAPiTRi nr. M
fortes , et de l'autre diverses circonvolutions proportiomnéçi^ À Là qualité nutritive des aliments ; et c'est déjk à cette disposition qu'on pieqt reconnaître si ces animaux se nourrissent de chair où d^ végétaux; tant sont précises le|
CONSÉQUENCES d' APRÈS LESQUELLES LE ToUT-PuiSSANT A GRÉ^
CHAQUE Être ; et il ei| e^t ()e méiqe pour les Crustacés ef les Arachnides.
P^ autres indicatipRS plus sjpécjalement caractéristiques d§ 1^ nature des alimçuts dont se nourrissent les Aniipaqx articulés , se trouvent epsuite , dans la copformatjon et )a dispositioi) ^ps OT^^ï^^^ buccgi)^ , ipieux encof*^ çn harmonie avec ces substances que chez les Vertébrés , surtout dans les espèces le^ plus é)evé|^ .d^p§ leur or^nisation ; et cela est d'autant plus remar(|]a9ble' que partout l^s organes buccaux suivent une échelle de gradation plus uniforme que dans le preqiier Ërnbranchemep^.
Nous avons vu qyç le? pre)i]f)iers Anpéli4e§ , )es espècei les plus simples de tous lesAniipaux air^ici^Iés, n'^vs^ient aucun organe de n^asticatiou 9 leur Bowhf n'étant qu'ufi simple orifice du tube digpstif , paf }equel j{s reçoivent 1^9 aliments pour les ayaler teljs qu'ils sonf,. C'es| ainsi que Ifi Lombric ou t^r de tfrre , avale simplement 1^ \/difre^n dans lequel il vit, ep sibsorbe les particules nutritives, çt ^xpulsfi le reste ; souvent aussi i) arrache» lorsqu'il le pei||| qq^lqiie^ parcelles des plantes placées a sa portée.
ÇHez les Sangsues , quj viennent I^ientôt s^près dans l'échelle de classification, espèce^ où il n'existe pqint eqcore de véritable tête distincte ; le prefiijer segment de leur corps, dont 1 intérieur forme la oavit^ b^cfi^le, fait ncion seulement l'office de yentojis^ pgur attirer |e ^.^ng dont ces animaux se nourrissent, f^ais (^i\e cavité renferme aussi un appareil fort remarquable de mastication servant à entamer les téguments des animaux dp^t ces vers doivent sucer le sang; ce qui nous offre encore un nouvel exemple di; l'admirable harmonie qui ][ià6NE partout jusque dans lbs
oi2 THÉOLOGIE DE LA NATURE.
MOINDRES PARTIES DE L* ORGANISME ANIMAL POUR LES FAIRE CONTRIBUER k LA CAUSE FINALE.
Cet Appareil de mastication consiste en trois petites scies arquées, rayonnant vers Tintérieur du tube intestinal. Dans ces petite organes, extrêmement jolis par leur conformation ,
ON REMARQUE DÉJÀ DANS LA FORME ET LA STRUCTURE , COmmC
d'ailleurs dans toute autre chose , cette haute Sagesse du Créateur, dont les soins se manifestent jusque dans les plus minutieux détails de tout objet destiné à remplir
une fonction, pour atteindre le BUT AUQUEL l'eNSEMBLE DE
l'appareil doit arriver. En effet, si chacune de ces trois petites scies avait ses dents disposées en ligne droite , leur action eût été fort inefficace , vu que ces organes eussent été très-gênés dans leurs mouvements de va-et-vient ; la scie ne pouvant pas se déplacer assez pour cela. Il était de là bien plus rationnel et plus conforme aux principes de la mécanique de donner à ces scies une forme arquée , comme elles l'ont en effet, par laquelle elles n'ont qu'k se mouvoir sur ellesmêmes pour agir avec le plus d'efficacité. A cet effet, les petites dents cornées dont elles se composent sont portées sur la crête en arc de cercle d'un mamelon charnu , comprimé , se mouvant sur le centre de l'arc. Mais cela n'était pas assez, il fallait aussi que chaque dent fût solidement fixée, afin de pouvoir agir efficacement contre la résistance que lui oppose la dureté des téguments qu'elle doit entamer. Pour cela , chaque petite dent est formée de trois branches , dont deux appliquées à plat sur les deux faces latérales du mamelon charnu , en se confondant avec ses téguments dont elles font partie, et la troisième, libre, forme la dent de la scie.
Dans d'autres Annélides déjà plus composés dans leur organisation, l'appareil masticatoire prend successivement plus de complication.
Dans les Polynoës^ dont j'ai déjà parlé un peu plus haut , les mâchoires sont placées dans l'état ordinaire au fond d*uo large œsophage, dans un emplacement occupé par le Génier
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chez les autres Animaux articulés , où se trouve V Appareil de rumination propre k ces animaux , appareil dont les mâchoires des Polynoés constituent la première apparition; et l'orifice antérieur du canal alimentaire ou la Bouche^ n*est qu'une simple ouverture dépourvue de tout organe de mastication . Mais lorsque l'animal veut saisir et mâcher Tobjet dont il doit se nourrir, il produit ses mâchoires gastriques au dehors, en renversant l'œsophage en forme de trompe, et le fait ensuite rentrer de nouveau avec les organes masticateurs. Chez les Néréides , placées vers les degrés supérieurs de la classe des Annélides , animaux qui ont déjk une tète bien distincte , formée de plusieurs segments réunis , la bouche renferme plusieurs paires de mâchoires latérales fort robustes, avec lesquelles ces animaux entament des corps même fort consistants.
Les Myriapodes ont déjà une Bouche composée des mêmes parties que les Insectes qui leur font suite , consistant , chez les Scolopendres , d'abord en un Labre ou lèvre supérieure, en forme de petit lobule écailleux fermant la bouche en dessus.
Immédiatement sous cette lèvre supérieure se trouve une paire de Mandibules^ organes cornés fort durs, formés d'une seule pièce, articulés avec la partie supérieure de la cavité buccale , et garnis de plusieurs dentelures â leur extrémité libre incisive ; ^caractère indiquant généralement que l'espèce se Dourrit de substances animales ; tandis que les insectes vivant . de végétaux ont le bord incisif des Mandibules non denté.
Sous les Mandibules se trouve chez les Scolopendres , une seconde paire d'organes masticateurs latéraux, nommées plus particulièrement les Mâchoires, et formées par des pattes transformées; tandis que, par analogie de rapport, ces orgaues sont plutôt les analogues de la Lèvre inférieure des Insectes qui ferme leur bouche en dessous ; et dans la Scolopendre, au contraire cette cavité est close en bas par une trèsgrande paire d'organes latéraux cornés , formées également
S4 TSiOLOGIB DB LA NATURE.
par des pattes transformées, et qii'on appelle la Lèvre inférieure; mais qui est pliis particulièrement le représentant des Mâchoires des Insectes, dont elle remplît en effet les fonctions, étant armée k l'extrémité d'un crochet aigu fort vigoureux avec lequel les Scolopendres déchirent les corps des Insectes dont elles se nourrissent.
Le Canal alimentaire va presque, droit de la Bouché à l*Ânus , ne formant qu'un léger repli dans lequel se trouve le Gésier; légère dilatation dans laqùetle est placé un appareil de rumination corné faible, servant k broyer une seconde fois les aliments qui y passent.
Dans la Classe des Insectes, on retrouve les mêmes organes buccaux que chez les Scolopendres , mais un peu autrement conformés pour mieux remplir chacune sa fonction spéciale, ces animaux étant en toutes choses tes plus parfaitement organisés de tout I'Embranchement des Animaux ARTICULÉS.
Chez les espèces des quatre premiers Ordres qui se nourrissent de substances solides, et broyent en conséqiience leurs aliments, le Labre ou Lèvre supérieure, est de même que dans les Scolopendres une petite plaque cornée mobile, simple ou divisée en deux lobes latéraux, qui ferment la bouche en dessus en s'articulant sur le bord antérieur de la tête.
Les Mandibules^ placées immédiatement au-dessous, sont intimement articulées avec là partie palatine de la cavité buccale , au moyen d'une petite tête arrondie qui existé seule dans le premier Ordre ; tandis que dans les ordres suivants elles s'articulent aussi çivec le bord inférieur de l'orifice buecal par une seconde tête, qui ne fait qu'appuyer dans une petite cavité de ce dernier; ce qui constitue avec la petite tête palatine une articulation en c/iafmér€. Cette articulation rend les mouvements de ces mandibules plus réguliers et plus sûrs, en les bornant exclusivement à l'abduction et à Tàdduc. tion , où les deux organes dirigés en avant hors la tête vont à
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la rencontre l'un de Tautre, comme les deux branches d'une tenaille. Ces Mandibules, toujours d'une seule pièce, plus ou moins en crochet, présentent toutefois des formes assez différentes, SELON LA NATURE DES ALIMENTS DONT CHAQUE ESPÈCÇ
SE NOURRIT. Chez les Insectes herbivores ou frugivores le bord incisif est généralement tranchant ^ tandis qu'il e^t denté dans les espèces vivant de substances animales ; et c^s dents sont d'autant plus longues et plus vigoureuses que l'animal est plus carnassier et vit de proie. C'est avec ces organes que I'Insecte saisit et dépèce sa nourriture.
Sous les Mandibules se trouve une paire de Mâchoirç^ servant plus spécialement à broyer et à triturer les aliments. Ce sont de même deux organes latéraux, mais artjculés par un seul condyle sur le bord inférieur de l'oriGce buccal d^ la tête, d'oii ils se portent en avant, appliqués sous les Mandibules. Ces niâchoires sont dans le principe formées de î^ réunion des deux paires de pattes céphaliques dont les articles basilaires constituent la partie triturante de ces organes, et les extrémités, qui conservent encore quelque analogie de forme avec les pattes du corps, constituent ce qu'on nomme le Pulpe et le Galea; deux petits appendices multiarticulés , placés sur le bord externe en sortant de la bouche, et dans lesquels réside évideînment un sens dont je parlerai plus tard.
Le corps de ces mâchoires, outre les deux appendices qu^ je viens d'indiquer, est foriiié de plusieurs parties mobil^ iesunes sur les autres, pour permettre k ces organes de 3e mouvoir en tous .sens ,. afin de pouvoir mieux broyer le3 corps doiimis ^ leur action, et faire arriver le bol àljmei^'taire au fond de la cavité buccale^. d*où i\ est.pou^sç dans 1^ Pharynx. Ces organes assez coo^Uqués, et d'autant plu^ dentés à leurs extrémités gue ces animajux sont plus carnassiers, remplissent ainsi à la fois , et fort bien , les fonctions des dents mâchelières des Mammifères , celles des jo^gs et même de la langue ; action dans laquelle ils sont secondée par une véritable langue et la lèvre inférieure.
56 THIÎOLOGIB DE LA HATURK.
La Langue est, comme chez les Yertébrés, un lobule impair plus ou moins mou, placé entre les mâchoires au-dessus de la lèvre, k laquelle elle adhère, ainsi qu'au bord inférieur de Torifice buccal de la tête ; et sa tunique supérieure se continue eu arrière avec le pharynx.
La Lèvre (inférieure) également formée de la réunion de deux pattes céphaliques qui suivent celle des mâchoires, ' constitue ensemble dans la pièce basilaire une plaque impaire articulée sur le bord inférieur de l'ouverture buccale de la tête , d'où elle se porte en avant sous les mâchoires , en fermant la bouche en dessous. Sur chaque bord latéral s'articule une Palpe, consistant, comme aux mâchoires, dans la partie terminale de la patte qui constitue la lèvre.
Cette lèvre et la langue qu'elle supporte servent principalement à saisir les petites parties des aliments et à les maintenir, pendant la mostication , entre les mâchoires et les mandibules, en contribuant en outre à la déglutition.
Ces organes varient aussi assez fortement dans leur conformation, selon la nature des aliments.
Les organes buccaux arrivent & leur plus haut degré de développement et de perfection comme organes broyeurs dans I'Ordre des Orthoptères et des Névroptères, et spécialement chez les Sauterelles. Â partir de \\ ils subissent graduellement des modifications par lesquelles ils se transforment en organes suceurs; et continuant après k dégrader de plus en plus, ils finissent tous par disparaître complètement, conformément à la loi générale ; et cela dans les derniers genres des Diptères qui n'ont réellement plus de bouche du tout, k l'état d'Insecte parfait; état où ces animaux ne vivent que peu de jours : le temps nécessaire pour s'accoupler, pondre et mourir.
Cette transformation des organes buccaux de broyeurs qu'ils sont dans les quatre premiers Ordres d'Insectes, en organes de succion dans les Ordres suivants, est également fort remarquable par les modifications graduelles que chaque
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