‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 21 sur 58 · PAS EXACTEMENT PLACÉES DANS L'AXE DE LA SPHÈRE QUE FORME · texte numérisé non relu

PAS EXACTEMENT PLACÉES DANS L'AXE DE LA SPHÈRE QUE FORME

LE JAUNE , mais un peu vers le côté où se trouve la Cicatricule ou germe de l'oiseau, de manière que, quelle que soit la position de Tœuf , le centre du jaune, qui est h la fois son centre de gravité , vient toujours se placer sous cet axe de suspension ; d*oà résulte que le germe est constamment en

DESSUS : MOYEN AUSSI SIMPLE QUE SAVANT ET ADMJRAELï: , PAR LEQUEL LE CRÉATEUR A DANS SA SAGESSE PARÉ AVEC UN SOIN SI MINUTIEUX AU GRAND INCONVÉNIENT AUQUEL AURAIT ENTRaInÉ UNE AUTRE DISPOSITION DES CHALAZES QUI I^T PERMIS AU GERME DE SP TROUVER SOUVENT CHARGÉ DE LA MASSE DU JAUNE*.

CBAPITIIB Ylll. â79

De méme.que les Animaux parfaits, les Fœtus ayant besoin de respirer pour refaire le sang après qu'il a circulé dans le corps, cette fonction si importante est remplie, chez les Mammifères, par l'interraédiaire de la mère, qui envoie an fœtus du sang artériel qui a respiré chez elle , et en reçoit le veineux après le circuit qu*il a fait dans le fœtus : double transmissioo qui a lieu au point où Tœuf, plus ou moins développé , est greffé sur la matrice. Cet échange du sang ne pouvant pas avoir lieu chez les Oiseauk et autres ovipares , le Créateur y a suppléé en donnant au fœtus de ces animaux UD organe respiratoire propre, formé par la membrane de la coque, qui en remplit la fonetion dans toute son étendue, se trouvant parfaitement disposée pour cela, k la face interne de la coque calcaire criblée de pores , par où Tair arrive à cette membrane, avec laquelle le fœtus communique par un CQrdon oqubiUea) renfermant les deux espèces de vaisseaux sanguins.

Nous trouvons ainsi encore dans les conditions de cette dernière disposition la pubitvb ubs sçins minutieux avec

LESQUELS CHAOiJE INCONVJÎIViBNT EQT PRÉVU ET ÉVIT*.

la vésicule du jaune portant le germe du jeune Oiseau est formée dans l'ovaire , (irgane tout autrement constitué que chez les MAMMiràHBS. Chez ceux-ci, il est pair, ainsi que je Tai déj^ dit plus bf^Ut , tandia que dans les Oiseaux il n'en existe d'ordinaire qu'un leul, celui du côté gauche, le second manquant tout k fait , on se trouve du moins beaucoup plus petit. Dans quelques espèces cependant le^ deux ovaires sont bien développés.

Au lieu d'offrir la foriae d'un^ waiipe en apparence ^andaleuse, cet organe pr^s^nte, chez les Oiseaux, celle d*4itt vaisseau ramifié, dans les petites subdivisions duquel naissent les œufs ; ces rameaux s*embrancbant ^ensuite les uns dans les autres, ne forment k la fin qu*un seul tronc commun qui se porte en arrière pour s'ouvrir dans Tévasement d*une 1 rompe analogue à celle des Mammifères, mais autrement

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disposée, ne formas t, dans sa partie postérieure, qu*un seul canal cylindrique ou Oviductôy qui va s'ouvrir dans le Cloaque , par où passent les œufs , sans interposition d'une Matrice : organe qui serait sans but chez ces animaux.

Les germes des œufs ne consistent d'abord que dans le Jaune , revêtu de deux tuniques, celle qui lui est propre et la membrane de la coque ; mais bientôt l'intervalle de ces deux tuniques s'emplit de la substance du Blanc , et l'œuf prend par Ik toute sa gandeur et sa forme; mais il lui manque encore la Coque calcaire , qui ne se dépose à sa surface que dans l'oviducte.

Quoique la coquille calcaire ne paraisse' être due qu'k un simple dépôt de matière terreuse mêlée d'un peu de substance animale qui s'applique sur la coqye membraneuse , elle offre cependant une structure déterminée , étant criblée d'une infinité de pores visibles à l'œil nu , par lesquels Tair antérieur pénètre dans l'œuf pour servir à la respiration. Tel est l'état de Tœuf au moment où il est pondu; alors, quoique fécondé , le principe vital n'y est encore qu^ l'état latent, son activité ne commençant que sous Tinfluenee d'une chaleur assez considérable, à laquelle il ne se trouve d'ordinaire exposé que pendant V Incubation , ou la mère la lui communique en se posant en permanence dessus; cette chaleur monte graduellement à cette époque de 40 à 50 degrés de température, comme par l'effet d'une véritable fièvre chaude que la mère éprouve, et qu'elle conserve jusqu'au moment où tous ses œufs sont éclos.

Je voudrais pouvoir entrer ici dans les intéressants détails des étonnantes évolutions auxquelles le germe est soumis pendant Tincubation , où il change plusieurs fois de f^rme avant d'arriver k constituer le corps parfait du jeune Oiseau; mais comme son organisme se complique de plus en plus à mesure qu*il se développe, les descriptions que je serais obligé d'en donner deviendraient beaucoup trop étendues pour cef ouvrage , et ne sauraient être comprises sans le secours de

nombreuses figures. C'est à( regret que je me vois forcé de renvoyer à ce sujet aux ouvrages spéciaux qu'on a publiés sur cette partie si intéressante de Tanàtomie comparative , où se dévoilent encore des faits physiologiques des plus remarquables, tant sons le rapport des résultats que, sous celui des

SAVANTS MOYENS QUE L*InTELLIGENGE SUPRÊME Y A EMPLOYÉS

pour produire finalement l'admirable organisme si complexe et si varié dans ses innombrables parties que présente le corps d'un Oiseau ; et des effets semblables se produisent dans le même but chez tous les autres animaux

11 suffira toutefois de dire en quelques mots que le germe ou Cicatricnle , au moment où il reçoit sa vie propre par Tacte de la fécondation, constitue une petite tacbe d'un blanc opaque formé de granulations inhérentes k la membrane du jaune, et reste dans cet état jusqu'à ce que la température de l'œuf se trouve élevée 2i 40*" environ ; alors le principe vital qui l'anime se miét seulement en activité, les petits grains blancs se fondent et semblent disparaître ; mais il se forme à leur place un petit disque circulaire qui s'agrandit progressivement , et finit par envahir une partie notable de la membrane du jaune. Ce disque est formé de trois lamelles, dont la superficielle est destinée à former plus tard les téguments du jeune sujet et ses annexes ; la seconde, une membrane vasculaire renfermant les principaux troncs du systètne sanguin et ses dépendances ; et la troisième, est une membrane séreuse dont les parties constitueront les membranes de même nature , tapissant les diverses cavités du corps.

Sur la membrane moyenne se forment bientôt de nombreuses petites gouttelettes de sang , d'abord isolées; mais qui, confluant bientôt lés unes dans les autres, forment de petites traînées de sang qui constituent les premiers rudiments de vaisseaux qui se dirigent progressivement vers la circonférence, où ils s unissent tous en un gros vaisseau circulaire occupant le bord de la lamelle. A mesure que ces

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vaisseaux se forment, il s*y établit un mouvement circulatoire (lu sang , allant du niilieu de la membrane vers le canal circulaire, et d'un point de celui ci vers le centre de la triple lamelle, où se forme plus tarxl le tronc du jeune sujet

Pendant que cet effet a lieu, on commence aussi h voir se former, au milieu du mênie disque, un petit trait blanchâtre constituant la première trace de la Moelle épinière^ei dont Tune des extrémités, répondant à la tète de roisean, se renfle considérablement en devenant le Cerveau.

Après ces premiers rudiments de Tanimal, la triple membrane commence à se plisseï;,. principalement d^avant en arrière, et ces plis se r^pprocbeot par paire, leurs bords finissant par$e rencontre^ ppuri^e souder entre eux de différentes manières ; et p*^^t de tous ce^ plissemeats en différents sens que résultent ii la fin toutes les parties et cavités principales du oorps dfi Toiseau ; en méipe temps que . les divers organes se forment dans leurs inlisrvaUes. Enfin ce disque, enveloppant ui^e partie no^ble de jaune, l'étreint par ses bords et se ferme sur li|i ep formant les parois abdominales; et le reste ie la vésicule du jaune, formant une bourse rentre dans Tabdpmen , ojj il ne disparaît complètement qu'après la naissaiicç d^ TOiseau.

Le petit animal étaiat complètement formé, il est curieux de voir comment il est artistem^nt pelotonné sur lui-iaéme pour conserver, malgré la forme propre à son corps, celle d*un ovoïde que présente Tfipuf dans lequel il est renfermé, et cela sans laisser en quelque sorte aucun vide*

Les deux pattes dirigées en avant sont appliquées contre la face antérieure de l'abdomen ; le cou recourbé de coté passe sous Tune des ailes, et la tête revenant en avant, a la pointe du bec appuyée contre la coquille ii côté de la poitrine; oii par Teffet de sa dureté il commence par enfoncer la coquille peu de temps avant Téclosion , afin que déj^ alors la respiration directe par les poumons puisse librement s'établir ; et une fois percée 1^ coquille, deveque très-friable, se brise bientôt

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tout autour par spito des mouvements d'extension que fait le petit animal. Mais ce qui est en outre remarquable, gomme

SOIN OË PRÉVOYANCE DANS L' ACCOMPLISSEMENT DE CET ACTE SI IMPORTANT W LA NAISSANCE DE l' OISEAU, C^EST QU'iL PORTE AU BOUT DE LA MANDIBULE SUPÉRIEURE DE SON BEC UNE PETITE ÉCAILLE CORNI^K FORT DURE, CARÉNÉE |^N ANGLE DANS SON 1|IL1|:U, BT DONT LE TRANCHANT, FA1SAN.T LES FONCTIONS DU DIAII^^T DU VITRIER , ENTAME AISÉMENT LA COQUILLE ET FACI- LITE PAR LÀ CONSIDÉRABLEMENT SA BRISURE. Cette petite

écaille persiste encore quelque temps api'ès la naissance, et tombe après compe devenue inutile.

Quoique le se^e du jeune Poulet paraisse ne devoir influer auçunemeqt sur la forme d'abord toujours sphérique du jaune, et moins encore sur celle du blanc, qui n*est qu'une 8ul|stance simplement sécrétée et fluide qui devrait , par Teffel même de celte fluidité, tendre à prenclre également la forme a^rrondie, il est remarquable que cette influence du sexe est cependant asse^ grande pour que rensem))le de la forme de Foeuf soit déjà diSerent k une époque où le jeune Oiseau aeiiste encore qu'en simple germe; lui-même tout à fait rudimentaire. J'ai remarqué que du moins les œufs de Poules qui produisent des mâles sont d'ordinaire plus grands que ceux dont doivent naître des femelles , en ofl'rant CD même temps des diamètres des extrémités plus inégaux; tandis que les œufs qui donnent naissance à des Poules sont plus elliptiques , les deux bouts ét^ut presque de même grosseur.

Dans tous les autres Vertébrés , et je dirai mêine chez tous les Animaux, Tœuf est au fQnd toujours composé des mêmes parties analogues a celles des Oiseaux qu'on a le mieux étudié dans les évolutions du germe et du Fœtus , en offrant toutefois, comme on doit le penser, des difierences notables, suivant les Classes: et déjà celles-là, que la température nécessaire au développement des jeunes sujets varie considérablement; se trouvant être, pour la plupart des

espèces, celle de Tair pendant Tété. Aussi aucun autre animal que les Oiseaux ne couve réellement ses œufs , ne pouvant leur communiqur aucune température plus élevée que celle de Télément ambiant. Les animaux aquatiques les déposent cependant assez ordinairement dans des lieux où Teau peu profonde est exposée au soleil , et peut de là s'échauffer un peu plus; en même temps que l'effet de la lumière parait avoir une grande influence sur le développement des germes.

Si la plupart des Animaux ne couvent point leurs œufs , par cela seul que cela n*est pas nécessaire , un grand nombre, et surtout ceux des classes supérieures , leur donnent toutefois divers soins , ainsi qu'aux petits qui en proviennent , afin de les amener à bien , et mettre ceux-ci en état de pourvoir eux-mêmes k leur entretien. Mais les limites que j*ai dû donner à cet ouvrage ne me permettent pas de décrire ici les soins assidus et la tendre affection que les animaux ont pour leur progéniture; affection que le Créateur a , dans sa sublime sagesse , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer ailleurs , élevée dans tous jusqu*à la passion la plus vive , surtout chez les mères , en vue

d'assurer PAR l'effet DE CE NOBLE SENTIMENT , l'eXÉCUTION DE TOUS CES SOINS DONT CES ÊtRES, d'ORDINAIRE SI FRÊLES ET SI DÉLICATS^ ONT BESOIN DANS LES PREMIERS TEMPS DE LEUR

EXISTENCE ; soins qui varient à l'infini selon les espèces innombrables du Règne animal. Il suffira toutefois d'en indiquer ici quelques-uns pour rappeler simplement à l'esprit ces soins si dignes de fixer l'attention de tout le monde et sur-; tout celle du moraliste : quoique ces soins soient souvent peu appréciés chez les Animaux; qui, par cela même qu'ils sont plus inférieurs à l'Homme , lui font souvent honte par les sentiments d'attachement portés jusqu' au dévouement le plus absolu qu'ils témoignent à leurs petits; tandis qu'un grand nombre de personnes s'en trouvent si peu capables. Nulle part chez les Animaux on ne trouve cette froide et

barbare indifférence avec laquelle une Mère abandonnne dès sa naissance à la main étrangère TEnfant t|u'elle vient de mettre au monde ; et précisément au moment où cette créatare si faible et si digne d'une tendre afiection a le plus besoin des secours que nuls autres que ceux qui Taiment passionnément ne peuvent lui prodiguer ; sublime tendresse à laquelle Tanimal ne manque jamais, tandis que l'espèce humaine est seule capable de se dégrader jusqu'à ce point, en descendant ainsi au-dessous de la brute. Or cette tendre affection naturellement innée à toutes les mères ^ ne disparait du cœur de la femme que par l'effet du plus méprisable égoisme, qui étouffant dans son sein les sentiments les plus sacrés, ne lui permet plus de penser qu'aux frivoles jouissances du moment , à la satisfaction desquelles la présence de Tenfant fait obstacle. Aussi combien est peu digne d'estime cette femme qui ne se marie que par un sordide intérêt pécuniaire, et dans l'espoir des plaisirs que cette nouvelle position lui procure ; et qui ne devenant enceinte que. par surprise est désolée de voir arriver le moment où elle doit devenir mère, maudit et condamne déjk d'avance le malheureux enfant qu'elle va mettre au monde !

Je suis loin , bien loin , de vouloir accuser ici toutes les femmes; la plupart accomplissant heureusement la volonté du Créateur, qui a mis dans leur cœur, comme chez toutes les mères, un attachement instinctif pour leurs enfants porté jusqu'à la plus brûlante passion , y apporteqt encore cette exquise douceur, cette tendre bonté qui les caractérisent , unies au sentimentde la plus charitable bienfaisanc; éminentes qualités par lesquelles Dieu les a rendues capables de prodiguer avec délice les soins les plu3 affectueux au tendre fruit de leur amour; aussi le cœur de la plupart des femmes est-il le plus admirable objet sorti des mains du Créateur, et devant lequel nous n'avons qu'à faire fléchir notre orgueil, en lui rendant le respectueux hommage qui lui est dû«

La divine Providence avant ainsi rois dans Tinstinct de

286 THléOLOfrlV Dl LA HATURE.

tous le» Étred sensibles leè sentiments de Ift plos vive affection pour leur progéuitare, avec l'indication <ie& soins qu'ils doi*^ vent donner aut nouveaux individus qu'ils produisent, nous

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avons souvent lieu d'admirer Tart avec lequel une foule d'espèces, et entre autres les Oiseaux, construisent Jes nids dans lesquels ils élèvent les petits qu'ils vont prochainement pro- ' '^^ duire en conséquence de leur accouplement; véritable ma- ' jriage auquel est attachée chez eui l'idée d'une affectueuse fidélité. Unis alors par le& liens d'un amour constant, les cou- '^^ pies, d&nisla plupart des es|)èces, ne se séparent plus jamais, ~ '-^ pas même pendant les plus rigoureux hivers , où toute l'ar- ' ' ' deurde l'amour paraît dévoir ^tre éteinte chez eux , mais '^• qui renaît avec une nouvelle passion aux premiers beaux ^'-'^ jours du printemps, qui les raniment en les portant de nou- ^r' veau k s'occuper assidûment du bonheur d'élever une nou- '''velle fatnille, alors que la précédente a été dispersée. -^ '

Quoique cet art soit instinctivement inspiré à chaque e$- ''^^ pèce par la divine Providence, et soit par là constamment le ^^] même, sans avoir jamais été perfectionné, produisant tou- *^^ jours le tnême objet; il n'en est pour cela pas tnoins admirable tant par la charmante construction que reçoivent ^^ ces nids^ où Ton croit apercevoir l'application d'une science ''^ raisonnée , que par le peu de moyens d'exécution que ces ^ animaux possèdent, leur bec devant suffire h tout. ^^

Or ce petit édifice fait avec tant de soin ne doit cependant '^ pas servir d'abri à eux-mêmes, mais simplement de ber- ^ ceau k leurs petits; ne l'habitant jamais après que l'éduca- i tion de ceux-ci est achevée; et l'abandonnent alors pour i vivre ailleurs avec leur famille, en errant, comme avant, ; dans la contrée ; n'adoptant que pour le repos du sommeil , quelque lieu convenablement choisi , où ils établissent à cet ^ efi'et leur domicile, auquel ils reviennent chaque soir par l'effet de l'habitude; conséquence du sentiment d'affection qui les anime tant pour leur fànàille que pour les objets qu'ils y retrouvent.

Ceméoie soin dans la conslroclioii des nids pour Tédoeal/oo des petils , ne se trouve guère cbex les MâvwpkaBs que dans quelques petites espèces ; celles qoi par leur faiblesse ont le pins besoin d*étre k l'abri de rintempérie de Tatmosphère ; encore j mettent-elles bien rarement cet art qui distingue les nids des Oiseaui. Les grandes espèces se cooteotent de mettre bas an lieu ordinaire où elles se reposent habituellement; et parmi celles de nioyenne taille, il n*y aiDéme qu'un petit nombre, celles qoi, par instinct habitent dans des cavités, qui y établissent aussi le berceau de leur progéniture ; et si certains Mammifères se font remarquer par les soins qu'ils mettent dans rétablissement de leurs hatitations, c*est plus pour leur propre bien -être , que pour celui de leurs petits.

Il est fort intéressant de voir les moyens intelligents d*édocation que certaines espèces d*oiseaui emploient pour apprendre à leurs petits k trouver eux-mêmes leur subsistance ; moyen que j*ai eu plusieurs fois Toccasion d'observer chez le Moineau , qui nourrit ses jeunes en grande partie de chenilles. Dans leur premier ige, ces petits oiseaux reçoivent simplement, en ouvrant largement leur bec, l'aliment que leur apportent leurs père et mère, qui Ty déposent avec soin ; mais plus tard , alors que les jeunes ont déjli acquis un peu de force , l'ardeur de la faim les fait avancer un peu vers ceux qui leur présentent la becquée; surtout lorsque ayant une fois quitté le nid , ils vont en criant et battant des ailes d'impatience, au devant, en s'arrétant toutefois k une petite distance pour attendre que leurs Père et Mère achèvent de s'approcher d'eux : mais alors aussi , ceux-ci commencent ^ ne plus aller tout \k fait jusqu'h eux, et leur montrent la chenille en s'arrétant d'abord assez près pour que les jeunes oiseaux n'aient que quelques pas à faire pour aller la recevoir. Habitués bientôt à ce moyen de recevoir leur nourriture et plus jamais autrement , ils s'empressent d'aller la chercher pour la prendre du bec de celui qui l'apporte; alors

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celui-ci , au lieu de tenir la chenille élevée , la tient plus bas , près de la branche sur laquelle les deux oiseaux posent; et le jeune, déjà plus exercé^ va la recevoir : enfin le Père et la Mère ne la leur déposent plus directement dans la bouche, m^is la placent sur la branche devant le petit, pour le forcer h la prendre ailleurs que de leur bec. C*est là la partie la plus difficile de toute l'éducation , le jeune ne pouvant pas facilement concevoir qu*il doit enlever lui-même sa nourriture sans la recevoir directement; et les Père et Mère tenant ferme k ne pas céder aux instances de leurs petits, exprimées par des cris et des battements d*ailes vivement répétés , restent inébranlables devant eux , en leur montrant leur pitance, que les jeunes, forcée par la faim, sont bien obligés d'aller prendre eux-mêmes. Alors tout est fait, il n'y a plus qu'k les conduire aux lieux mêmes où ces objets se trouvent, pour qu'ils les saisissent de suite à la première vue.

Parmi les Oiseaux qui vivent habituelfement k terre , tels que tous les Gallinacés ainsi que là plupart des Palmipèdes, les petits ont la faculté de courir, et cela même avec une grande facilité « peu d'instants après être éclos; en même temps qu'ils ont l'instinct de saisir seuls les objets dont ils se nourrissent , sans que leurs père et mère les leur offrent.

Dans toute la classe des Reptiles, les appareils génitaux n'offrent rien de particulier qui les distingue d'une manière notable de ceux des Oiseaux. Ces animaux ayant le sang froid, c'est-k-dire k peu près k la température de l'élément ambiant, l'incubation est sans but , aussi aucune espèce ne fait de véritable nid ; les uns se contentant de placer leurs œufs dans des lieux k Tabri de l'intempérie de l'air, où ils les gardent souvent k vue jusqu'k ce qu'ils soient éclos , et même encore quelque temps après, sans leur donner du reste des soins.

Ces animaux étant généralement peu intelligents, la Providence les a dispensés de ces soins, en leur accordant la fa-

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culte de poavoir se suflSre à eax-mémes dès leur naissance , où ils peuvent marcher, ou nager et manger, sans le secours de leurs Père et Mère. Il n'y a guère que quelques espèces qui donnent certains soins k leurs œufs afin d'en faciliter Téclosion. Pour cela , les uns les enterrent dans le sable, qui leur conserve une chaleur forte et égale pendant Tincubation. Le Crapaud accoucheur aide sa femelle à se débarrasser de ses œufs qui se suivent en un long chapelet dont il s'entortille le corps, et les porte ainsi dans Teau , où seul ils peuvent éclore. Le Ptpa, au contraire, les place sur le dos de la femelle dont les téguments se tuméfient tout autour , en formant k chacun une cellule dans laquelle non-seulement il éclôt , mais où le petit passe même la première période de sa vie , celle de Têtard.

Parmi les Serpents , certaines espèces et notamment les Vipères , qui en tirent leur nom, mettent des petits vivants au jour ; mais ce n'est point qu'ils soient pour cela Vivipares à la manière des Mammifères , mais seulement parce que leurs œufs éclosent dans le corps même de la mère avant d'être pondus, en y subissant une espèce d'incubation , sans adhérer à la mère après la fécondation , ainsi que cela a lieu chez les Mammifères; et ce mode est appelé de Ik Ovo-Vivipare.

Tous les Reptiles, a l'exception de ceux de T Ordre des Batraciens, naissent avec la forme qu'ils doivent toujours conserver, tandis que ces derniers offrent dans leur premier âge une organisation ayant itne grande analogie avec celle des Poissons , surtout quant au système circulatoire et à Tappareil de la respiration ; et subissent plus tard une véritable métamorphose graduelle , par laquelle ils perdent certains organes , et en acquièrent d'autres pour prendre la forme des individus adultes : ce sont les seuls Vertébrés qui subissent de ces transformations.

Sous la première forme, où ces animaux prennent le nom de Têtards , les Grenouilles et les Crapauds , aussi bien que les Tn^om, etc., ont le corps rond déprimé, sans aucun

2dO THÉOLOGIE DB L4 MATURE.

membre, et terminé par une longue queue aplatie latéralement en Igngue lame, au moyen de laquelle ils nagent à rinstar des Tritons adultes et des Poissops.

Leur Appareil rjespiratoire est double , étant formé k la fois de deux Poumons et de deux Branchies. Ceux-lk, d'abord rudimeDtaires et sans fonction bien active, se développant graduellement dans les Têtards pour fonctionner seuls après la métamorphose; celles-ci, en forme d*arbuscules placés extérieurement sur le cou , chez les Urodèles , et cachés sous la peau dans les Anaures , n'agissent que pendant la vie aquatique , pour disparaître après chez la plupart des espèces.

Le Système circulatoire consiste, de même que chez les adultes, en un Coeur à un seul Ventricule et une seule Oreillette , et le tronc artériel qui en sort forme de chaque côté autant de rameaux qu*il y a de parties principales aux I^iranchies auxquelles ces vaisseaux se distribuent, et d*où le sang revient par des Veines branchiales qui se réunissent en uu sçul. tronc se continuant avec Y Aorte dorsale ^ comme chez les Poissons ; et c'est de pe dernier vaisseau que nais* sent la plupart des artères du corps ; une seule branche se rendant au poumon copstitue la Veine piUmonaire.

Lors de la métamorphose, les vaisseaux branchiaux s'oblitèrent , à l'exception de deux qui deviennent les Veines pulmonaires,

L'Appareil digestif éprouve de même de notables chan-

gements, ces animaux étant la plupart herbivores à l'état de larves ou de Têtards , et carnassiers à l'état adulte.

Ces animaux n'ayant point de membres sous la première forme , il leur en pousse graduellement , et d'abord la paire postérieure, la première visible au dehors; tandis que l'antérieure se développant sous les téguments , qu'elle perce ensuite, n'est d'abord pas apparente.

Les Anaures (grenouilles et crapauds)^ pourvus d'une longue queue servant à la nage, la perdent par une espèce

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de gangrène qui la consume, au point qu'il n'en reste que les premières vertèbres cachées dans la chair et formant plus tard le stylet caudal dans l'animal parfait. Chez les Urodèles (Tritons j Salamandres)^ an contraire, la queue persiste.

Les Ovaires de la plupart des Poissons cartilagineux, ceux qui s'accouplent, offrent k peu près une composition semblable à celle des ovaires des Reptiles; mais il n'en est pas de même des Poissons ordinaires ou osseux. Ici, ces organes forment deux longs sacs fusiformes placés le long de la colonne vertébrale , et qui «'ouvrent directement au dehors près de l'anus, sans interposition d'un Oviducte. Ces sacs sont divisés intérieurement avec une assez grande régularité par des plis longitudiiàaux auxquels adhèrent les œufs , tous de même grandeur, et qui doivent être pondus à la fois au moment du frai , et dont le nombre est souvent prodigieux, allant, dans certaines espèces, au delà de plusieurs centaines de milles, et même de 1,400,000 dans V Esturgeon. (Voyez CuviER, Anat. comp , t. Y, p. 996.)

Tous ces œufs étant pondus en même temps avant d'être fécondés, le mâle qui vient après, et souvent pas immédiatement, répand sa laite dessus pour leur communiquer Taction vitale, qui anime dès lors les germes dès jeunes Poissons qui-^n naissent.

Chez les Poissons cartilagineux qui s'accouplent, les Ovaires renferment au contraire des œufs en nombre bien pli^s petit et de grandeurs différentes ^ devant être sans doute fécondés successivement > et pondus seulement k mesure de leur maturation.

PREUVES DE L^EXISTBlfCE DE DIEU ET DE SES ATTRIBUTS , TIRÉES Dfi LA GRANDE FONCTION DE LA REPRODUCTION CHEZ LES ANIMAUX ARTI- CULÉS, LES MOLLUSQUES ET LES ZOOPHTTES.

§ I. Animaux articulés.

Dans le second Embranchement du Règne animal , celui des Animaux articulés , la fonction de la génération proprement dite s*exécute en principe de même que chez les Vertébrés; c'est-k-dire que les Femelles produisent des œafs entièrement analogues k ceux des Oiseaux , et auxquels les mâles impriment l'activité vitale par l'acte de la fécondation au moyen d'une liqueur proliûque qu'ils lancent sur les ceufsdans leur accouplement avec les femelles; mais jamais après la ponte.

Les Organes femelles se composent également, comme chez les Vertébrés, d'Ovaires , dans lesquels les Œufs se forment, et d'un Oviducte, canal par lequel ils sont conduits au dehors , mais qui diCTèrent toutefois assez notablement dans les diverses Familles de ces animaux.

Us offrent surtout des différences fort grandes chcz«les ÂNNÉLiDES, animaux essentiellement de transition sous tous les rapports. Ce sont d'ordinaire, toutefois, des vaisseaux dans lesquels les œufs se forment, où ils sont progressivement portés vers un tronc commun, un Oviducte, mais sans offrir une forme qui soit partout semblable , pas même dans leurs parties principales.

Cela est également ainsi chez les Animaux articulés à téguments solides.

Dans les Scolopendres de la Classe des Myriapodes,

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YOvaire n'est qu'an vaisseau simple placé le long du dos , se terminant postérieurement par une partie plus étroite for^ mant VOmducte^ qui passe à droite du rectum pour s'ouvrir au devant de lui au dehors. Les œufs paraissent sous la forme de petits grains dans l'épaisseur de la tunique propre de rovaire , où repoussant la membrane muqueuse qui tapisse rintérieur de ce dernier à mesure qu'ils grossissent, ils finissent par faire de plus en plus saillie dans la cavité dans laquelle ils sont k la fin suspendus k un pédicule formé par cette membrane, dont la partie qui enveloppe ces œufs constitue plus tard leur coque membraneuse; et le pédicule se coupant k la fin , ces œufs tombent successivement dans le canal de l'Ovaire et sortent par TOviducte.

Dans le genre Lithobius de la même classe , on trouve k peu près la même chose ; seulement le vaisseau de l'Ovaire est un large sac carré fort long , terminé postérieurement par deux oviductes embrassant le rectum.

Quant aux Organes mâles, ils diffèrent complètement dans ces deux genres. Chez les Scolopendres, la liqueur prolifique est sécrétée dans la cavité de sept couples de petits corps fusiformes, quatre k gauche et trois k droite, placés dans la région dorsale de la partie postérieure du corps , et dont chacun de ces fuseaux produit un canal excréteur fort court à chacune de ses extrémités , mais qui s'unissent presque de suite k celui du fuseau voisin , en formant quatre canaux pliis loDgs qui vont s'ouvrir dans un long tronc impair commun à tous, qui lui-même va s'ouvrir dans le cloaque. Avant de s'y terminer ce canal commun reçoit les canaux excréteurs de deux autres paires d'organes sécréteurs, dont Tune a la forme de très*longs vaisseaux repliés sur eux-mêmes, et l'autre celle de deux masses de graisse.

Chez les Lithobius, au contraire, les principaux organes sécréteurs de la liqueur fécondante consistent d'abord en deux gros vaisseaux presque droits qui vont s'ouvrir séparément dans le cloaque; Près de leur terminaison, ils sont

upis eptre em par.uneeomiaissure en forme de petite boole, sw laquelle s'iosère iin troisième vaisseau impair atténué ^ son extrémité et àem. foôs aussi long que les premiers. Chacun des dewj, cauaux e:&eréteiirs reçoit en outre eeux de deux glandes latérales en forme de masses de graisse , et en outre, près du ctoaque même., ils portent chacun une autre glande arrondie servant de ré^ptacle a une infinité de petits vaisseaux aveugles. Ces dernières glandes se retrouvent égaement chez les f^elles qui en ont du moins de semblables iK)ur la forme.

' Dans la Classée des iNspcTfs , les (kmreê sont au contraire lormés de chaque côté» or^iiM^irement de cinq vaisseaux coniques réunis en un m^ine peÂnt sur une Trempe unique de chaque côté ; et les deux forment ensemble un peu plus en arrière un (h)i4ucte impair qui va s'ouvrir dans la partie antérieure du cloaque. D'autres fois il y a quatre ou six ovaires de chaque côté; et souvent tout k coup, dans certaines familles , un nombre beaueaiiip plus considérable, sans que j'aie pu reconnaître la cause de cette subite diffi^ rence.

Les (Dufs se forment dans l'extrémité gréle de ohaque branche des ovaires» o^ leurs germesi paraissient former une masse commnne. Ce|te masse est placée également en dehors de la membrane innqw^se qui tapisse les ovaires et la repousse ^ mesure que cettçj ma$se ayaneç, en la faisant rentrer en elle-même covame un doigt de gant. Lorsque la masse arrive dans la partie d^ un peu dilatée des ovaires, le canal de ces derniers se res^rre sur elle et se moule sur chaque œuf en par^imUer, en le fyéparant de ceux qui Tavoisinent, de manier^, que ceux-ci forment dans son intérieur un chapelet d'œufs déçreissant en volume, depuis le plus postérieur jusqu'à la m^^ c^^.nanne dc^ plus jeunes ; tous tenant encore ei^v^emlp^^ p^r des pédjicules intermédiaires, qui finissent par se couper entièrenient lorsque chaque œuf est arrivé à maturité > pour tomber libremeot dans la

partie la plus dilatée de chaque ovaire et muni de sa coque membraueuse formée, comme chez les Scoî&pendres, par une portion de la muqueuse de Tovaire. Dans cette partie dilatée de ce dernier organe , les œufs se^gonflent encore considérablement en y absorbant une matière blanche (chez le Hanneim) que sécrètent les parois de Tovarre; et la coque ayant pris la consistance convenable, les OBUfs passent successivement par leur trompe respective dans Toviducte qui les conduit au dehors.

Sur Toviducte s'insèrent deux vésicules, une plus petite renfermant une humeur mucilagineuse qu'elle laisse couler dans Foviducte pour y fticiliter le glissement des eftHfs ; et la plus gnnde renferme une substance onctueuse dans laquelle seméle, h ce qu'il parait, la liqueur prolifique du mâle au moment de Faccouplement ; en formant un mélange que celte vésicule verse ensuite peu à peu sur les œufs h leur passage pour les féconder; et cela à une é|)oque où souvent leur coque est d^k entièrement formée et même très -compacte, alors qu'il n'est gnère possible qu'une quantité appréciable de liquide vivifiant puisse y pénétrer.

Beaucoiip d'inseetes^ et spécialement certains Pamlloms, tels que les JPition» de miit^ pondent it ta fois^ tons leurs CBufs aa nombre de plus d'un cent, ayant des coques trèsdures; et cela souvent peu d'instants après la fécondation.

Quant aux Organes mâles, ils varient pins fortement encore que^^atx des femelles , lenr forme n'étant au fond d'aucune importance dans leur fonction ,^ qui consiste k sécréter la liqueur prolifique, laquelle peut provenir de glandes de toutes espèces de formes; et en effet, oe sont tantôt, eomme p6uc les glandes salivaires, le foie , les reins , etc. , des vaisseant simples fort allMgég, repliés snr enx-mèmes; tantôt de petits foilticules b parois épaisses donnant chacun un canal excréteur qui , variant considérablement en nombre de chaque côté, se réunissent à ptusienrs autres semblables, sur BB cwai cooMBun, qui s'unit k son tour à celui du côté

opposé, pour n*en former qu'un seul impair, allant s'ouvrir à Textérieur, et accompagné d*un appareil très-variable aussi , au moyen duquel le liquide prolifique est lancé au dehors pour mieux arriver jusqu'aux œufs; appareil toujours fort remarquable POUR SA SAVANTE COMPOSITION MÉCANIQUE.

Mais ce n'est pas seulement sous le rapport de la conformation des organes génitaux que la fonction de la génération est remarquable chez les Insectes, c'est surtout par les particularités et les facultés qui l'accompagnent qu'elle est digne du plus grand intérêt.

Ces animaux présentent , de même que les Batraciens , de la classe des Reptiles , dont j'ai déjà parlé , la remarquable condition de subir des métamorphoses après leur naissance , par lesquelles leur corps change complètement de forme et de composition, quoique au fond les parties restent les mêmes, ne faisant que se transformer, s'atrophier ou se développer, selon les fonctions nouvelles qu'dies ont a remplir; mais c'est précisément par cela même que tout n'est que transformé, que ces métamorphoses sont éminemment remarquable et du plus grand intérêt pour le véritable Physiologiste , par les moyens aussi ingénieux que savants que l'Intelligence créatrice t a employés ; mais qui varient considérablement selon les Ordres qui constituent cette immense Classe d'animaux » comprenant plus de cent mille espèces aujourd'hui, connues.

Cette partie de l'histoire des Insectes n'a encore qu'à peinte été effleurée jusqu'à présent, vu l'immense difficulté de la traiter k fond k cause de l'extrême petitesse de ces animaux, dont il faudrait étudier l'organisation jusque dans les plus minutieux détails ; et cela sous trois formes différentes : celle de ces animaux auisortir de l'œuf, où ils reçoivent le nom de Larve; celle de leur état parfait ou adulte et celle de l'état intermédiaire de transformation ou de Nymphe , étal ]ui-n^ême constamment variable.

Ayant étudié autrefois avec quelques soins l'organisation

de ces animaux, dont j'ai fait l'objet de mes premières publications , j'ai formé le projet de consacrer plus tard un ouvrage spécial k l'histoire de ces métamorphoses; mais la longueur du travail, d'une part, et de l'autre le mauvais état de mes yeux, trop fatigués aux recherches microscopiques, m'ont obligé d'abandonner, depuis de longues années, l'étude de ces transformations, dont je veux essayer d'indiquer simplement ici les faks les plus remarquables ; plutôt dans l'espoir d'attirer l'attention de quelques zélés observateurs sur cet objet si intéressant que pour en donner une véritable description, qui prendrait une trop grande éten^ (lue , et serait d'ailleurs incompréhensible sans le secours d'an nombre considérable de figures.

Nous distinguons , sous le rapport des métamorphoses , les Insectes en trois catégories : ceux qui n'éprouvent aucune métamorphose apparente, ceux qui n'en subissent qu'une partielle, dite demir^métamorphose ^ et ceux qui se transforment entièrement , et comprenant k beaucoup près le plus grand nombre des espèces.

Dans la première de ces catégories , se trouve exclusivement TOrdre des Thtsamoures, où les ailes ne sont pas encore introduites dans l'organisme des Animaux articulés , et qui se trouvent, du reste, dans le cas des Insectes k demimétamorphose ou de la seconde catégorie , dont la transformation consiste en ce qu'ils acquièrent simplement des ailes ; les autres parties du corps restant les mêmes ; d'où il suit que, les Thtsanoures ne se métamorphosent pas du tout.

Dans la seconde catégorie se trouvent les premiers Coléoptères, formant surtout le genre Perce-Oreille, où les ailes commencent seulement k paraître ; et en outre tout TOrdre des Orthoptères, qui se rattache k ces mêmes Perce-OretUe , et tout TOrdre des Hémiptères , qui n'acquiert aussi que des ailes. Les six autres Ordres des Insectes subissent des métamorphoses complètes.

998 THÉOLOGIE DK Li NATURE.

La transformation q$I la plus forle chez les Papillons , où la Larve, qui proQd le non) de Chenille, est un auimal vivant de substances solides qu'il ronge avec des mandibules fort dures et bien conditionnées pour cet usage ; tandis que V Insecte parfait ou le Papillon, ne peut, vu la forme de longue trôtnpeque présente sa bouche, que. sucer le miel des fleurs.

Dans toute Larve d*|u8tectes , et par conséquent dans les Chenilles , le corps se compose , outre la tête , de douze segments conséculifs ^ peu près semblables, et entièrement mous chez ces derniers aoimaux , qui présenteqt de là tout à fait la forme de ver^ cylindriques.

Les trois premiers d^ ces sego^nts portent sieuls chacun une paire de pattes écaUlf^^ses ooi^rtes , oq côoe grêle nrqué en dedai;^, et composées de quatre articles mobiles successifs^ dopt les trois pi^^iers cylindriques e( le dernier eo çracbet; le tout semids^ble au^ pattes des Scolopendres, où ce^ organes sont encore très-^mp^rfaits.

Les deux segments s^ivant^ n*ont aucun membre et ne formant que de sia\plçj&a^Qeau( cylindriqiies. Les qua^ce qui viennent après ont la fAê^ie. forme, mais sont pourvus à la face ventrale chacun de dcAix pattes en forfue de grois piamelons mcQ^braneux „ for^ différentes des premièresi, et terminées soit par un ce^rçie complet de très-petits crocb^Mf corpés , dont les extréipiU^s aoqt opposées au centre 4h farcie , $oit par un demi-cerçle dç çrocbet seulement. Le dinième et le onzième segmèut sont de nouveau dépourvus de membres, en prenant également la forme de simples anneaux. J^nfin le dernier segment porte une cinquiè«pe paire de pattes membraneuses, e^ arrière de laquelle est Tsibus.

Sur les côtés du premier segipent, se trouve^ dans toutes les Larves, une paire de Stigmates; les deux suivaotsien sont dépourvus, ainsi que le dernier* et chacun des huit autres en porte une paire : cr tout dix-huit stigmates.

La Tète , seule écaiUeuse, ^ ordipaireinent la forme duo

of aie légèrement déprimé , portant à son extrémité , dirigée en bas, une Bouche d'Insecte rongeur; c'est-^k-dîre quelle est fermée, en dessus, par une Lèvre supérieure onZabre; qu'immédiatement au-dessous est une paire de Mandibufos cornées, fort dures, k bord tranchant ; plus bas encore, une paire de Mâchoires membraneuses , aussi conformées comme chez les Insectes broyeurs ; et enfin la bouche est fermée en dessous par une Lèvre, composée également GOBune œlles des Insectes broyeurs , mais aussi membra- Deuse, et sous cette lèvre est un petit tuyau mobile, doù a échappe la soie que ces animaux filent. Aux côtés de la iéte, près de ]^ bouche, sont deux petits appendices mobiles , qu'on a considérés à tort comme des palpes , étant réellement les Antêfmes; et au-dessus, on remarque de chaque c^té quatre ou cinq petites granulations arrondies, formant les cornées d'aulant d'IT^Js simples, rapprochés sans se toucher.

Le Canal intestioal va droit de la hanche k Fanus , comme ebez tous les Animaux ahtigulés k corps grêle, et forme saœesaivement un Pharynx musculeux , un très-long Œsophage dilaté en un long Jabet , up Gésier petit et arrondi , dans lequel les aliments sont une seconde fois triturés . et eafin un Intestin qui se termine k l'anus.

Quant aux organes de la Resfiiraiion > de la Circulation et \d Sj/s^éme uervtucs , ils sont également comme diez les infectes broyeurs : ce dernier présentant aurteut les caraetè?e£k de la loi indiquée pour les Inseelesdcal le corps^ est composé 4^ segments semblables ; c'est-knlire que chaque segmiki ffixle sa psaire de ganglions k la Moelle, èpiniire.

Pour ce qui eat des organes génitaux , ils n'existent en* me qu'en rudjmenits méconnaissables, et ne se développent que pédant la métamorphose.

Outre les muscles contenus dans la tête, et destiné^ aux mouvements des organes buccaux , muscles égs^lwient analogues k ceux de pén)^ fonction chez tous, les Insectes

300 THÉOLOGIE DE LA NATURl.

broyeurs parfaits , le corps de la chenille en renferme encore plusieurs autres servant aux mouvements des segments et des seize pattes dont cet animal est pourvu.

Les moteurs des segments se bornent généralement k une paire de lames de fibres longitudinales allant dans la région dorsale d'un segment à l'autre ; k une seconde paire, k peu près semblable dans la région ventrale , et k quelques petits muscles verticaux ou obliques placés sur les côtés ; les longitudinaux servent k raccourcir le corps et k le faire fléchir, et les verticaux k le déprimer pour le faire allonger.

C'est cette Chenille^ si simple dans son organisme, si lente et si lourde dans ses mouvements, qui ne lui permettent que de ramper péniblement sur les objets qui la portent, qu'il s'est agi de transformer souvent, dans le court espace de quinze jours que dure son état de Nymphe ou de Chrysalide, en ce charmant Papillon dont tout le monde admire non-seulement les vives couleurs variées k l'infini , mais encore l'élégance des formes, la^ grâce des mouvements ec la légèreté de son vol folâtre; nouveDes conditions qui exigent une complication beaucoup plus grande dans la composition du corps, et une précision bien plus rigoureuse dans les mouvements particuliers de chaque organe; et d'où résulte en quelque sorte un tout autre mode d'organisation. Or tous

ces CHANGEMENTS MERVEILLEUX , LE CRÉATEUR LES A OBTENUS PAR SA TOUTE-PUISSANCE , EN NE MODIFIANT SIMPLEMENT QUE PLUSIEURS ORGANES DÉJÀ EXISTANTS, ET EN SUPPRIMANT d'autres DEVENUS INUTILES , POUR FAIRE OCCUPER LEUR PLACE À CEUX QUI ONT DU AUGMENTER DE VOLUME , AFIN DE CONSERVER, PAR CETTE SAGE ÉCONOMIE d'ESPAGE, LES PRO- PORTIONS LES MIEUX APPROPRIÉES AUX FONCTIONS QUE LES ORGANES ONT À REMPLIR SANS QUE , NULLE PART, IL Y AIT AUCUNE PLAGE PERDUE , ET SANS GRÉER RÉELLEMENT DE NOU- VELLES PARTIES.

Sous leur forme de chenilles, ces animaux , ainsi que tous les autres Insectes, changent plusieurs fois de pean;

CHAPlTAB iX. 3Ui

c'est-k-dire qu'il s'en forme une nouvelle sous celle qui existe déjà , et quand elle a pris tout son développement , la chenille se dégage de ses anciens téguments, en exécutant successivement dans les diverses parties de la longueur de son corps , des contractions et des dilatations alternatives au moyen desquelles elle fait glisser en arrière ses téguments , devenus un simple fourreau qui l'enferme, et qui enfln , trop fortement tendu sur la tête, s'y fend; et l'animal, en continuant les mêmes mouvements, s'en dégage entièrement, en sortant de cette envetoppe , avec sa nouvelle peau , déjk toute garnie de poils ou d'épines , lorsque l'espèce doit en porter.

Enfin , k l'époque de la métamorphose , la chenille mue une dernière fois ; mais alors au lieu de sortir sous la ménie forme de ses anciens téguments , elle parait sous une forme toute différente , celle du Papillon , dont toutes les parties sont encore tellement imparfaites et si délicates , qu'on peut à peine les toucher sans les blesser ; et l'animal ne jouit d'aucun autre mouvement que de celui de la flexion dans ses segments abdominaux. C'est cette transformation qui constitue sa première Métamorphose apparente , où la chenille prend Tétat de Nymphe ou de Chrysalide , dont je viens de parler.

Ce changement si considérable qui s'opère dans tout l'organisme de l'animal, a cependant lieu, au fond, comme par miracle, dans le court espace de deux ou trois jours , pendant lequel la chenille demeure comme engourdie , ses organes, qui se transforment, ne pouvant, pour la plupart, pins fonctionner. Mais déjk, un ou deux jours avant, elle reste immobile, et cesse de prendre de la nourriture, afin de se débarrasser des substances grossières dont elle a vécu jusqu'alors, et qui ne peuvent plus lui convenir plus tard sous sa nouvelle forme de Papillon , où la Nature lui en a destiné une plus délicate, qu'elle trouvera dans le miel que les fleurs lui préparent, et pour laquelle tout son appareil digestif doit subir, en conséquence, de notables transformations.

302 THS0L06II DS hk NATURB.

Après ce premier repos , on voit la chenille courir avec empressement k la recherche d'un lieu convenable où elle puisse subir dans la plus parfaite tranquillité la grande métamorphose qu'elle doit éprouver^ lieu que chacune choisit par instinct selon Tespèce k laquelle elle appartient. Un trèsgrand nombre s'enfoncent pour cela en terre; d'autres se logent souvent dans quelque cavité où elles peuvent trouver un abri; ou bien elles s'en construisent un elles-mêmes, et dans lequel elles se trouvent en sécurité; enfin tous les Papillons diurnes, sans exception, se contentent de se fixer simplement contre quelque corps solide exposé à tout accident, et s'y abandonnent au hasard.

Les premières ^e creusent dans le sol une petite cavité suffisante pour ne point y être gênées , et en tapissent les parois de quelques fils de soie , afin de les maintenir et les empêcher de s'écrouler sur elles.

Les secondes, et surtout les troisièmes, auxquelles appartient le Ver à soie , restant à Tair libre , s'établissent dans une demeure connue sous le nom de Cocon , qu elles construisent avec la soie qu'elles produisent; demeure qu'elles doublent intérieurement en s'y enfermant, jusqu'à ce qu'il ait la solidité nécessaire à leur espèce. Enfin les Papillons DIURNES se distinguent encore en deux catégories pour la manière de se fixer. Les unes, telles que la chenille du Papillon blanc du chou si commun partout . commencent par tapisser de soie un petit espace à peu près aussi long que leur corps, d'une surface verticale solide, et y forment, vers la partie inférieure, un petit monticule de soie. Se plaçant ensuite verticalement au-dessus de ce dernier, elles s'y accrochent au moyen de la dernière paire de pattes membraneuses, dont elles enfoncent les petits crochets dans la soie. Une fois ainsi fixées , dans cette position , elles s'entourent d'une ceinture de soie , en plusieurs doubles , qu'elles attachent latéralement au même disque de soie. Ce dernier moyen de sécurité établi , la chenille reste immobile , attendant tranquillement

CtlAWTRt It. 303

les grands changements qui vont s'accomplir en elle, ie préparant ainsi h une véritable seconde naissance , par laquelle passant k l'état d'Insecte parfait , elle jouira de la plénitude de toutes ses facultés.

D'autres Chenilles encore , tels que celles du Paon de jour, ie h Belle-Dame, etc., se suspendent au contraire simplement la tète en bas , par les pattes postérieures au petit bouton de soie qu elles ont formé sur le disque servant de base k leur établissement , sans se maintenir en outre au moyen d'une ceinture, réellement superflue.

Dans ces diverses conditions où les chenilles se trouvent placées , leurs pattes perdant bientôt leur force et leurs mouvements, se détachent; et l'animal se raccourcissant considérablement parait tuméfié et dans Tétat de mort apparente; pendant que dans tout son Être il s'accomplit les plus étonnantes transformations qu'on puisse concevoir.

Mais la divine ProVidence , toujours si admirable jusque DANS LES MOINDRES SOINS DONT ELLE A ACCOMPAGNÉ LES PLUS PETITS OBJETS SORTIS DE SA MAIN TOUTE-PUIS&ANTE , A PRÉVU DANS SA TOUTE-SCIENCE l'iNCONVÉNIENT QUI RÉSULTAIT POUR LE FUTUR PaPILLON DE POUVOIR RESSORTIR DU LIEU OÙ IL

s'est enfermé , par l'effet du penchant instinctif qu'elle lui a suggéré. Le Papillon n'ayant plus sous sa nouvelle forme aucun organe masticateur qui lui permette de percer son cocon, la Providence lui en a donné un autre amenant le même résultat.

Toutes les espèces qui se filent des cocons, k TexceptioD du Paon de nuit et quelques espèces voisines, rendent à

CET effet par la BOUCHE, AU MOMENT OÙ LE PAPILLON ÉGLOT, UNE LIQUEUR CORROSIYE QUI DISSOUT À l'iNSTANT MÊME LA SOIE

SUR LAQUELLE l' ANIMAL LA RÉi'AND. Par ce moycn ce dernier perce assez largement le cocon pour qu'il puisse en

SORTIR SANS AUCUNE DIFFICULTÉ \ ET CETTE HUMEUR n'a DU RESTE AUCUNE ACTION APPRÉCIABLE NI SUR LES ORGANES bU PAPILLON, NI MÊME SUR LES COULEURS SOUVENT 81 DÉLICATES

ET SI VARIÉES DONT IL EST oi^NÉ. Of cc liquide d uneacUon tellement puissante qu'il ramollit et détruit à Tinstant les cocons les plus fermes, tels que celui du Bombyx vinula dont la soie imprégnée d'une substance gommeuse abondante lui donne par la dessiccation la consistance de la corne.

Le Papillon Grand Paon de Nuit et les espèces voisines très-semblables , n'atai^t pomr reçu la fagutté de pouvoir AINSI dissoudre LA SOIE, coustruisènt des cocons fort remarquables sous ce rapport par leur forme et la disposition des faisceaux de soie dont ils sont composés.

L'ensemrle présente la forme d'une carafe à gros goulot court ouvert, et assez large pour laisser passer

LE PAPILLON, mais GARNI EN DEDANS DE NOMBREUX FAISCEAU! DE SOIE PARTANT TOUT AUTOUR DES PAROIS DB LA PARTIE REN- FLÉE , ET DIRIGÉS VERS l'ORIFIGE , EN CONVERGEANT UN PEU ENTRE EUX , DE MANIÈRE QUE LE PAPILLON EN SORTANT LES ÉCARTE SANS DIFFICULTÉ POUR PASSER ENTRE, TANDIS QUE RIEN, AU CONTRAIRE, NE PEUT ENTRER; ADMIRABLE PRÉCAUTION DE

LA Sagesse divine, qui a veillé avec tant de sollicitude au

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