‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 49 sur 58 · II · texte numérisé non relu

II

57$ THiOLOGHt te LA NATURE.

homme quHly eét iur la terre. » Mais quelle ^ue fût la prétendue douceur de son caractère , nous ne trouvons pas moins au Chap. XXI, 3, que « V Éternel exauça U vœu 4*I$raël , et il livra entre ses mains les Chananéens , quHl déiruisit à la façon de Vinterdit , avee hurs irilles , et il nomma ce lieu Horma. »

4. < Puis ils partirent de la m>ontagne de Hor^ tirant vers la mer Rouge ^ pour faire le tour du pays d*£dom; et U peuple perdit courage par le chemin. y>

€eux qui croient k la révélation des Livres de TAncien Testament, doivent toutefois avoir de la peine k comprendre pourquoi Tarmée des Hébreux, si efficacement protégée par U Divinité, qui lui a do^né le pays de Chanaan en héritage, ne s*y soit pas maintenue la première fois qu'dlle y arriva, en y pénétrant jusqu'à Rithma et Horma j alors surtout que, par la protection de l'Étemel , les Israélites auraient anéanti les Chananéens k Horma, d'où, quoique vamqueurs, ils ont cependant battu en retraite jusqu'k Hor. Enfin comment les orthodoxes comprendront -ils le Livre des Nombres ^ qui dit qu'après son séjour k Hatséroth , le peuple d'Israël est tUé k Kadés , et de Ik , directement k Hor, sans faire aucunement mention de ce qui s'est passé pendant trente-six ans, alors que ce peuple allait d'un cantonnement k l'autre , ainsi que le dit formellement le Livre des Nombres XXXIII. Quant il moi , je pense qu'il y a non-seulement beaucoup d'omissions dans ces passages des Livres de Moïses, et surtout ée grandes inexactitudes.

En quittant le campement de Hor pour tourner le royaume d'Édomvers l'Orient, afin de tâcher d'arriver en Chanaan par le pays de Moab , le peuple d'Israël ayant encore ea beaucoup k soufirir de la misère dans les déserts qu'il fut obligé de traverser; commença de nouveau non-seulement k s'élever contre Moïses , mais aussi contre l'Éternel , leur reprochant (Chap. XXI, 5) de l'avoir tiré d'Egypte pour le faire périr dans le désert.

Mais quoique sa plainte fût au moins excusable, par les souffrances que ce malheureux peuple eut k supporter, il n'en fut pas moins puni, czr {Verset 6) ^V Éternel emm/a sur le peuple des Serpents brûlants , qui mordaient tellement le peuple^ qu'il en mourut un grand nombre de ceux d'Israël. %

Les Israélites se voyant ainsi poursuivis par ces Reptiles , eurent recours à Moïses, le priant , en reconnaissant d'avoir péché contre TÉternel , de demander leur pardon à TÉtre Suprême, qui le leur accorda à la prière de ce chef, auquel il ordonna de faire un Serpent d'airain , qu'il suffirait de regarder pour être guéri des morsures des Serpents vivants (Chàp. XXI, 8).

Mais qu'était donc ce Serpent artificiel formé par l'ordre de Dieu même , sinon une Idole capable de faire des miracles, et que le peuple devait de là adorer comme une véritable Divinité , ce qui eut en effet lieu plus tard , au dire même des saintes Écritures (II, Rois^ XYIII, i), où il est dit que ËzÉGHus , roi de luda , qui vécut près de neuf cents ans après Moïses , ayant aboli l'idolâtrie dans ses États , <K brisa le Serpent d'airain que Moues avait fait ^ parce que jusqu'à ce jour-là les enfants d'Israël lui faisaient des encense^ ments; et il le nomma Néhuschtan. » Ce qui prouve que les Hébreux transportèrent cette idole partout avec eux , comme un objet très*vénéré, qui, malgré les nombreu^s défaites qu'éprouva cette nation, ne tomba jamais entre les mains des ennemis, ainsi que cela arriva k l'Arche d'alliance, le sanctuaire des Hébreux.

Le peuple d'Israël ayant été repoussé par les Chananéens, à l'occident de la mer Morte , il tenta d'attaquer leur pays k l'orient de cette dernière, en passant par le pays de Moab^ et partant k cet effet du cantonnement de Hor, l'armée , se dirigeant vers le nord , arriva k son quatrième campement k Hiiè - Habarim (Nomb. XXI, H), sur les frontières de Moab, pays séparé par le torrent d*Arnon de celui des Jlmorrhéens^ que les Israélites avaient k traverser. Le passage leur

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ayant été refusé , ils y pénétrèrent de force , s'emparèrent de tout le pays et occupèrent Heschbon sa capitale ( Chapitre XXI , 25).

Ils défirent de même, k ÊdreHi , Bog, roi de Baschany quarante ans après la sortie d'Egypte (Deutéronomey I, 3), et s'établirent définitivement dans ces deu\.Royaumes ( Nombres XXI, Verset SS).

Après avoir pris possession de ces deux pays, les Israélites se tournèrent vers les Moabites , descendants de Lot , neveu d*ÂBRÂHÀM , peuple dont le roi Balàk , pour mieux leur résister, s'allia contre eux avec les Madianites , et envoya une députation au devin Balâam de Béthor en Aram ou Mésopotamie (Chap. XXII , 5) , pour le prier de donner sa bénédiction la son peuple contre les Israélites {Verset 6); mais le devin ayant consulté TÉternel sur ce qu'il devait faire (Verset 12), « Dieu dit à Balaam : Tu n'iras point avec efox , et tu ne maudiras point ce peuple ; car il est béni. » Réponse que Balaam rapporta aux députés de Moab. Le roi ayant envoyé une seconde députation à Balaam , pour le prier de se joindre à lui, ce dernier, après avoir formellement résisté, dit: (Verset 18) c .... Qteand Balak me donnerait sa maison pleine d'or et d'argent , je ne pourrais pas transgresser le commandement de l'Eternel mon Dieu , pour faire aucune chosCy ni petite ni grande. » Ajoutant toutefois qu'il consulterait encore l'Éternel à ce sujet.

20. « Et Dieu vint à Balaam la nuit , et lui dit : Puisque ces hommes sont venus f appeler , Uve-toi , et va-Ven avec eux; mmsquoi qu'il en soit ^tu feras ce que jeté dirai. »

Le devin partit donc dès le matin , monté sur une ânesse.

22. c Mais la colère de Dieu s'alluma parce qu'il s'en allait^ et un ange de V Éternel s'arrêta dans le chemin , pour s'opposer à Balaam 3»

Or rânesse apeccevant l'ange refusa de marcher ; et son maître l'ayant battue pour la forcer d'avancer , elle finit par se coucher k terre.

CHAPITBE XIV. 581

28. « Alors ï Éternel fit parler Vânessey qm dit à Balaam: Que t'ai" je fait , que in m'as déjà battiie trois fois 7 »

29. (( Et Balaam répondit à Vànesse : Cest parce que tu m'as foulé. Que n'ai-je une épée en mes mains! je te tuerais maintenant, »

30. « Et Vânesse dit à Balaam: Ne suis-je pas ton ânesse^ que tu as toujours montée depuis que je suis à toijusqu^à ce jour! Ai' je accoutumé de te faire ainsi! Et il répondit: Non, »

Ce ne fut qu'après ce dialogue que Balaam aperçut également TÂnge , qui lui reprocha d*avoir injustement battu sa monture , lui disant que c'était lui qui avait empêché cet animal d'avancer.

Le devin reconnaissant qu'il avait péché , quoiqu'il ne sût pas qu'il eût un Ange de l'Éternel devant lui, ajouta que, si cet envoyé de Dieu ne voulait pas qu'il allât plus avant, il s*en retournerait chez lui.

35. a Et TAr^e de V Éternel dit à Balaarh : Va avec ces hommes ; mais tu ne diras que ce que je t'aurai dit, Balaam donc s* en alla avec les Seigneurs qui avaient été envoyé» par Baldk. 1»

On voit , d'après ce chapitre, que non-seulementies Moabites,maisaussi les habitants de la Mésopotamie (Chap. XXIY, 4 et 16) , parlant de rÉternel , le Dieu fort et tout-puissant , adoraient également le vrai Dieu. Mais comment expliquer cette étrange contradiction, où TÉternel défend d'abord à Balaam de se rendre auprès du roi de Moab , puis le lui permet, et envoie ensuite un Ange pour l'empêcher d'y aller, Aqge qui enfin le lui permet encore? N'est-ce pas traiter la Divinité d'une manière indigne que de la faire agir d*une façon aussi inconséquente? Ensuite le dialogue entre l'ânesse et son maître , n'est-ce pas de la Mythologie toute pure?

Balaam ayant par trois fois consulté rÉternel en lui offrant des sacrifices, prononça sa bénédiction sur Israël, au lieu

88S THiOLOtn H LA VATURC.

de le maudire , et prophétisa même qu'il vainera Moab et Êdom , ainsi que Séhir , en ajoutant qu'il « détruira les enfants de Seth » (Fi^rM^5 17 et suivant), ainsi que tous les descendants de Seth , et par conséquent les Israélites eux-mêmes , car c'est de cette manière qu'il faut l'entendre pour être con* séquent. Balaam prédit de même la chute des rois des Hamalihites et des Kéniens^ aiqsi que la eaptivité en Babylonie.

Gemment surtout expliquer et justifier cette guerre contre les MoabUes , et surtout la protection si efficace que Dieu accorda aux Israélites , alors que l'Éternel avait formellement défendu k Moïses de les inquiéter , ainsi que les Bamr monittSy peuples également protégés par l'Etemel , comme descendants de Moab et de Hammon, fils ;de Lot, le neveu d'Abraham, desquels Dieu avait dit a Moïses ( Deutéronome^ Chap. II, 9) : L Éternel lui dit : uNe traitez point les Moabi" tes en ennemis , et n'entrez point en guerre avec eux; car je ne te donnerai rien de leur pays en héritage , parce que foi 4onné Har en héritage aux enfants de Lot. »

Et Verset 19 : ^Ettu approcheras de la frontière des «nfants de Hammon; tu ne les traiterai point en emnemis , et Hi iCauraÀ point de démêlés avec eux, car je ne te donnerai rien dupays des descendants de Hammon en hérittMge , parce que je Vai donné en héritage aux descendante ^e Lot. »

Il estvraiment impossible de concevoir queMoïses, homme d'une haute intelligence, ait pu écrire de semblables contradictions , et surtout comment il n'a pas compris l'indigne rqle qu'il a fait jouer k la Divinité. Encore si ce n'était que dans ce seul endroit de ses ouvrages qu'on trouve de semblables inàpossibilités ; mais ses livres , ou du moins les livres qu'on lui attribue , en sont remplis , ainsi que j'ai déjà souvent eu l'occasion de le faire remarquer : et ce «ont de tels ouvrages qu'on nous présente comme dictés par la Divi* nité même , et comme sacrés par conséquent.

Mais a4)eine les Israélites f urent-ils-étahlis dans le royaume de Moab , qu'ils abandonnèrent le culte de l'Éternel , pour

se livrer à celui des idoles de ce pays qu'ils étaient venus habiter , culte auquel les filles des Moabites les entraînèrent (Nombre XXY , â); et Dieu pour les en punir,, ordonna à Moïses de faire pendre tous les chefs du peuple au soleil devant VÊter^ nel ( Verset A ) ; ordre que ce chef transmit aux Juges « ea leur commandant d'exécuter, sans autre forme, cette sen* tence isur tous les hommes de leur juridiction qui se seront rendus coupables d'avoir recherché les filles du pays.

A cette même époque, un Israélite ayant amené une femme Madianite dans sa tente , Phinées, fils d'ÉLÉAZAR le grand sacrificateur -, y entra , et les assassina tous les deux de sa main : ^ et la plais f'^t arrêtée de dessus les enfants d'Israël » ( Verset. 8 ). Gomme il est parle ici d'une plaie qui sévit contre le peuple , plaie dont il mourut 24,000 indi^ vidus , tandis qu'il n'en est du reste aucunement ques^tion , il est très-probable qu'une partie du texte primitif a disparu ; observation qu'on peut d'ailleurs appliquer encore h plusieurs autres passages du Pentateuque, où il parait y avoir évidemment eu des suppressions. Mais quoi quil eu soit, le double assassinai commis par le petit-fils d'Aaron ne fut non-seulement pas puni , mais Moïses , son grandoncle, déclara même, au nom de l'Eternel, qu'il avait, par cet acte, détourné la coUre de V Éternel de dessus les enfants d'Israël ; Dieu ajoutant ( Verset 1 2 ) : « Cest pourquoi , déclare-lui, que je lui donne mon alliance de paix. »

Au Verset 17 TÉternel ordonne k Mo'ises de tuer tous les Madianites ; ce qui n'est guère miséricordieux : mais , cela parut sans doute fort naturel a l'auteur du Pentateuque , qui fit surtout bon marché de la bonté de l'Éternel..

Les Israélites étant arrivés dans le pays de Moab, jusqu'en vue de lérico, situé en Ghanaan, au delà du Jourdain, Dieu ordonna (Ghap. XXVI) à Moïses de faire le dénombrement de tout son peuple en état de porter jes armes , travail qui donna le, chiffre de G0L730, à peu près égal à celui que fournit, quarante ans avant, le premier dénombre-

ment après la sortie d'Egypte, dont il n'^existait plus que deux personnes (Verset 64) ; d*où il résulté que dans cet espace de temps celte immense armée a entièrement péri , et que malgré la misère il en est né encore plus ; deux dénombrements qui sont, du teste, bien évidemment de beaucoup exagérés.

Quoique les Hébreux ne fussent encore arrivés que dans le pays des Amorrhéens , Dieu ordonna que ce royaume , aussi bien que le Chanaan encore ^ conquérir, fussent partagés par tête, entre tous les enfants dlsraël, à l'exception des Lévites qui ne purent rien posséder ; et ces derniers qui^ furent encore cette fois dénoHri[)rés depuis Fâge d*tin fnot5, fournirent 23,000 individus du sexe masculita, dont le revenu devait se trouver dans les dimes que leur payeraient les autres tribus.

Ilieu ayant déclaré k Moïses que , vu la désobéissance des Israélites aux eaux de contestation dans le désert de Tsin, pour laquelle il leur avait dit qu'aucun d*eux n'entrerait dans Chanaan , il était temps aussi que lui-même mourût, lui disant (Chap. XXYII^ 12) de monter suY laMontagne de Habarim, et de contempler le pays quHl donnait aux 'enfants d'Israël.

13. c Tu le regarderas donc^ et puis tu seras aussi recueilli vers tes peuples ^ comme Aaron ton frère a été recueilli. j>

L'Éternel lui ordonna ensuite de présenter Iéosghoa (Josué) comme son successeur au peuple , et d'instruire ce chef de ce qu'il aura k faire.

Après avoir répété encore le cérémonial des sacrifices, Moïses institue (Chap. XXYIII, 26), au nom de l'Éternel, la Fête de Pentecôte, en répétant au Chap. XXIX le cérémonial de la fête des Trompettes, de l'Expiation et des Tabernacles. Au Chap. XXX est indiqué le cérémonial relatif aux vœux, où il est, pour la première fois, parlé do serment par l'âme {Versets 3 et suivants), serments (|uî seront

XHAPITRS XIV. 58f(

nuls pour ia femme, lorsqu'elle habite encore ehez son père, ou bien chez son mari, si ceux '-ci la désavouent. Encore est-il k savoir si Moïses n*a pas entendu par le mot Ame un synonyme de Sang, comme au Chap. IX, 4, de la Genèse, où il est dit que Tâme est le sang.

Au Chap. XXXI, Dieu ordonne de faire marcher une armée contre cinq rois madianites , afin d*exécuter la vetigecmce de rÉternel; c'est-àrdire mille himmes de chaque tribu; et ces 12,000 hommes ont suffi pour tuer tous les mâles ^ ainsi que les cinq rois et Balaam, le devin de la Mésopotamie. Quant aux femmes et aux enfaïUs , ils furent emmenés prisonniers , après qu*OH eut tout pillé et incendié , les villes et les châteaux. Quand l'armée revint au camp de Moab , Moïses allant au-devant d'elle se mit en uqe violente colère en voyant qu'elle amenait des prisonnières, disant que c'étaient précisément les femmes madianites (une seule), qui avaient été cause de la plaie qui a sévi contre Israël a Péhor (Chap. XXV, 3) ; et il ajoute, Chap. XXXI, 17 : « Tuez donc m4iintenant les mâles d'entre les petits çnfants , et tuez toute femme qui aura eu compagnie Xhomme, »

18. « Mais vous laisserez vivre toutes les jeunes filles qui n'ont point eu compagnie d'homme. »

Comment ne point éprouver une indicible horreur pour un homme qui a pu se permettre une aussi affreuse cruauté, surtout quand on pense qu'il aurait dû se rappeler combien il fut heureux lorsque , forcé de quitter sa patrie pour cause d'assassinat, il reçut noungeulement pendant quarante ans une bienveillante hospitalité chez ce même peuple qu'il vient de faire si lâchement massacrer ; mais qu'il eut encore, le bonheur d'obtenir la main de la fille de l'un des hommes les plus distingués de cette nation; enfin quand on se représente que peut être sa propre femme , ses enfants ou d'autres de ses propres descendants ou alliés, ont dû se trouver au nombre des vic|iimes, qu'il a commandé d'égorger sans distinction ni d'âge ni de $exe, lorsqu'il envoya ses

586 THÉotocie oi la nature.

barbares soldats contre eux ; soldats ^ui moins féroces qne lui crurent deyoir du moins épargner ceux qui n'avaient jamais pu avoir de tort k leur égard. Et c'est là ee qu'on appelle l'homme inspiré de Dieu.

Le butin se composa de 675,000 Brebis, 72,000 Boeufs, 61^000 Anes et de 32,000 Filles. Or s'il y a eu un si grand nombre de filles prisonnières , quel a dû être le nombre des hommes capables de porter les armes? et comment 12,000 Israélites ont-ils pu exterminer une telle population? Mais tout le miracle n*est pas là : ce qui est plus extraordi* naire encore , c'est qlie pas un seul Israélite ne périt dans cette campagne (Verset 49).

U a déjà été parlé plus bftut de villes de refuge pour les simples meurtriers; maiè c'est plus particulièrement au Ghâp. XXXV que Molseâ règle la loi qui les établit, ainsi que celle relative à certdlfies villes que devaient habiter les Lévites , ceux-ci ne devdfit , du reste , posséder aucuËe pro priété foncière. En tout 48 i^iltes , dont 6 de refuge.

§ V. t)eutêronome.

Ce cinquième Livre du Pentateuque n'est en grande partie qu'une répétition de ce qui a été dit aux deux- Livres précédents; d'où le nom A^ Deuièronome ^ qui signifie étk grec loi répétée , tout en Renfermant souvent aussi divers détails de plus.

Au premier chapitre , Moïses , récapitulant une partie de l'histoire des Israélites, depuis le départ du mont Horeb, leur reproche leur manque de foi, dont ils ont donné des preuves lorsque, partant de cette montagne, il les conduisit, par ordre de l'Éternel, contre les Amorrhéens, dont ils ne purent toutefois envahir le pays que quarante ans après la sortie d'Egypte { Verset 3), alors qu'il n'existait plus de la première armée aucun des hommes capables de porter les armes, qui s'étaient révoltés contre Dieu au désert de Paran ;

C0AF1TU ZIT. S87

et cela sans en excepter Aaron, et Moïses lui-même, qui, après avoir conquis le pays des Âmorrhéen», demanda k l'Éternel de revenir sur son arrêt , qui le condamnait à mourir avant le passage du Jourdain, afin qu'il vit au moins le beau pays qu'il allait donner k son peuple. Mais Dieu lui répondit, Chap. III, 26, ... étant fort indigné contre lui : « Cest ag$ez^ ne me parle plui de cette affaire. » Se contentant d*ajouter : « 27» Monte au sommet de la montagne de Piêga, et élève te^ y^x vers V Occident et vers le Septentrion^ le Midi et VOrient^ et regarde de tes yeux; car tu ne passeras point ce Jourdain. » Manière fort curieuse avec laquelle TÉternel refusa, absolu* ment comme le ferait un homme, même peu poli, ennuyé de la demande d*un solliciteur.

Au quatrième chapitre, Moïses approchant de sa fin^ exhorte encore le peuple k rester fidèle k ses lois, lui disant :

Chap. IY, 1 . « Et maintenant^ Israël., écoute ces statuts et ces ordonnances^ que je V enseigne pout les faire , afin que vous viviez et que vous entriez au pays que V Étemel^ le Dieu de vos pèreSy vous donne., et quevoiLS le possédiez. » .

2. « Vous n'ajouterez rien à la parole que je vous annonce, et vous n'en diminuerez rien; afin que vous observiez les commandements de V Éternel votre IHeUy que je vous prescris. »

6. « Vous les garderez donc et vous les ferez , car ce sera là votre sagesse et votre intelligence devant tous les peuples, qui , entendant ces statuts , diront : Cette grande nation est le seul peuple sage et intelligent. 9

9. « Prend; garde seulement à toi, et garde avec soin ton âme^ afin que tu n* oublies point ces choses que tes yeux ont vues^ et afin qu'elles ne sortent de ton ccBur attcun jour de ta vie y mais que tu les enseignes à tes enfants , et aux enfants de tes enfants, i»

10. « N'oublie point ce qui arriva au jour que tu te pré-* sentas devant V Éternel ton Dieu en Horeb , après que VÈ-* temel m'eut dit : Assemble-moi le peuple , afin que je leur fassetntendre mesparolejs, qu'ils apprendront, pour me crain*

dre tout le temps qu'ilê vivront sur la terre , et pour les enseigner à leurs enfants. »

23. c Gardez- vous d'oublier V alliance de V Éternel votre Dieu y qu'il a traitée avec vous, et de faire quelque image taillée , ou quelque ressemblance d'aucune chose que TÊtemd votre Dieu vous ait défendue. »

25. Quand tu auras des enfants , et des enfants de tes enfants , et que tu auras demeuré longtemps dans le pays , si alors vous vous corrompez , et que vous fassiez queU[ue image taillée , ou quelque ressemblance , et si vous faites ce qui déplaît à V Éternel votre Dieu, afin de l'irriter y »

26. « J'appelle aujourd'hui à témoin les deux et la terre contre vous, que certainement vous périrez aussitôt de dessm ce pays que vous allez posséder ^ après avoir passé le Jourdain, et vous n'y prolongerez point vos jours, mnis vous serez entièrement détruits ; )»

27. ^Et l'Éternel vous dispersera entre les peuples ^ et vou$ demeurerez en petit nombre parmi les nations, parmi lesquelles T Éternel vous fera emmener. »

39. nCest pourquoi, sache aujourd'hui, et grave dans ton coBur, que l'Étemel est celui qui est Dieu là-haut dans le ciel , et id'bas sttr la terre , et qu'il n'y en a point d'autre que lui. >

Dans tout ce chapitre, oit Moïses exprime sa paternelle sollicitude pour le peuple qu'il a gouverné pendant quarante ans j qu*il a converti par son génie , sa sagesse et son inébranlable persévérance au culte du vrai Dieu, dont tes Israélites n'avaient aucune idée avant, on ne trouve toutefois, de même que nulle part ailleurs, dans les autres écrits qu'on attribue à cet illustre réformateur, ainsi que je l'ai fait déjà remarquer plusieurs fois . aucune expression qui fasse la moindre allusion à l'immortalité de L'Esprit, et, par conséquent, à la béatitude éternelle après la mort, pour les personnes vertueuses qui ont mérité la bénédiction divine. Tout ce que Moïses fait espérer aux Israélites en récompense de

GHAFITRS XIV. ^9

leurs vertus, c'est de vivre longtemps sur la terre et d'y posséder de grandes richesses , leur rappelant a tout instant le bienfait de TÉternel qui leur a juré une alliance perpétuelle en les faisant sortir d'Egypte. Doctrine toute sensualiste , où la punition du vice ne consiste que dans les plaies que Dieu envoie aux coupables, le fléau de la guerre, la famine et finalement la mort.

Au cinquième chapitre , il répète le Décalogue déjh rapporté au Chap. XX de TExode, en y ajoutant quelques détails de plus. Au sixième, il recommande de rester fidèle aux commandements de Dieu , disant entre autres : Verset 2. « Écoute Israël ; rÉternel notre Dieu . est le seul Éternel . »

5. « Tu aimercts donc V Étemel ton Dieu de tout ton cœur^ de toute tonéme , et de toute tes forces ^ »

6. a Et ces commandements que je te prescris aujourd'hui ^ seront dans ion c(Bur; »

7. « Tu les inculqueras à tes enfants ^ et tu en porteras quand tu te tiendras dans ta maison , quand tu te mettras en chemin y quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras.

Au Chap. YII, Moïses défend de nouveau aux Israélites toute espèce d'alliance avec tes peuples des pays qu'ils vont occuper, disant, Verset 2, que lorsque rÉternel leur aura livré ces peuples ; « alors tu les frapperas et tu les détruiras, à la façon de Vinterdit ; tu ne traiterais point d'alliance avec eux , et tu ne leur feras point de grâce; »

3. € Tu ne f allieras point par mariage avec eux; tu ne donneras point tes filles à leurs fils , et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils , »

4. c Car elles détourneraient tes fils de mon service , et ils serviraient d* autres Vieux , et la colère de V Étemel s' allumerait contre vous , et t'exterminerait aussitôt. »

Enfin, pour mieux affermir encore les Israélites dans leur fidélité envers l'Eternel , Moïses leur recommande même de détruire, dans le pays qu ils vdnt occuper, tout objet qui puisse avoir quelque rapport que ce soit au culte des idoles.

1^ TldOLMIl M LA SATURB.

AiQsi que le dit formellemeot ici cet Dluitre rtformaleor parlaol au nom de l'Être Suprême, ta haine qu'il cherche ^ inspirer U son peaple contre toute autre nation , qu'il recommande d'exterminer sans grâce pour personne, n'eut pour but que d'empêcher les enfants d'Israël de retomber dans le paganisme, auquel ils retiurent cependant à font instant, ainsi qu'ils l'avaient déjk fait avec le très-facile consentement d'Âaron lui-même , au moment même où son frère reçut, à ce qu'il assura , sur le Sinaï , des mains de Dieu , les célèbres tables de la loi ; ce qui prouve que l'Éternel n'exerçait qu'un bicD faible pouvoir sur ce peuple barbare.

Enfin , revenant encore il l'objet essentiel pour les Israélites , h l'intérêt purraient matériel , il leur dit : Verset 12. « Et il arrivera qw si, après atoir enfendu ces ordonfumcet, votu les gardes et les faites, l'Éternel ton Dieu le gardera Vàlliance et la miséricorde qu'iî a jurée à tel pères. ■

13. « Il t'aimera, il te bémra, il te multipliera, il binWa le fruit de ton ventre et le fruit de ta terre , ton froment , Km moût et ton huile, et les portées de tes vaches et des troupeaux de ton ttienu bitaU , sur la terre ^'il a juri à tes pères de le donner. »

a. ( Tu seras héni par-dessus tous les peuples , et il n'y aura ni mùîe ni femelle sUriles jnrmitoi, ni parmi les bêtes.*

15. « L'Éternel détournera de toi toutes les maladies, et S ne fera venir sur loi aucune de ces langueurs malignes d'£gfffte que tu as contâtes ; mais il les fera venir sur tous ceux qui le Missent. >

16. « Tu détruiras donc tous les peuples que VÉtemel ton Dieu te livre; ton ceil ne les épargnera point , et tu ne sermnu point leurs Dieux ; car ce serait un piège. >

Aux Cbap. VIII, IX, Xet XI, Moïses continue, en répétant toujours les mêmes paroles, les mêmes promesses et les mêmes menaces , k exhorter le peuple à observer les lois qu'il lui a prescrites , ayant soin de lui faire comprendre

ÇBAPITAB UY. 891

que le pays dans lequel Dieu va le faire entrer ne lui est point donné en récompense de ses vertus, mais bien à cause de l'impiété des habitants d'alors ; récapitulant tous les actes de désobéissance dont les Israélites se sont rendus coupables envers TÉternel depuis la sortie d'Egypte , et il y ajoute de nobles principes en leur recommandant, d'une part , d'aimer Dieu et de le servir avec fidélité; et de l'autre, la bienveillance envers les étrangers qui habitent parmi eux. Beaux préceptes qui ne cadrent guère avec la haine qu'il cherchait à inspirer aux Israélites contre tous ceux qui ne servaient pas le même Dieu qu'eux.

Au Ghàp. XII, il leur recommande de détruire dans le pays qu'Us vont occuper, non-seulement tous les autels élevés aux faux Dieux , mais encore tout objet servant à leur culte. Quant a celui qu'eux-mêmes auraient à rendre à l'Éternel , il leur dit que Dieu fera choix d'un lieu où il établira sa demeure , et que ce sera là et nulle part ailleurs qu'ils devront lui offrir leurs sacrifices.

Moïses recommande, au Ghap. XIII, de ne point se laisser entrsdner par les faux Prophètes au culte de quelque dieu

autre que l'Éternel; ajoutant : Verset 3. « Car V Éternel

votre Dieu vous éprouvera pour savoir si vous aimez VÊter^ nel votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme. »

5. « Mais on fera mourir ce Prophète y ou ce songeur; car il a parlé de se révolter conire l'Éternel votre Dieu , qui vous a tirés hors du pays d'Egypte , et qui vous a rachetés de la maison de servitude »

Enfin son intolérance alla jusqu'au point d'ordonner que chacun flt mourir toute autre personne fut -ce même son frère , son fils , sa fille , sa femme ou son intime ami qui proposerait seulement de servir les faux dieux ( Verset 6). Horrible prescription qui n'a toutefois guère été suivie , les enfants dlsraël ayant non - seulement toujours conservé un grand penchant pour Tidolâtrie à laquelle ils revinrent souvent; et même bientôt après la mort de ce grand réfor-

5di T9éOL06lÈ DS LA MaTIJRS.

mateur, la majeure partie de la nation comprenant Avl tribus , constituant le Royaume d'Israël ^ adopta formellement Tidolâtrie comme religion généralement reçue; ordre de choses qui a presque régulièrement subsisté pendant plus de mille ans. Quant aux deux autres tribus, celles d'Iehouda ( Juda) et de Beniamine qui formèrent le Royaume de lehouda , ne conservèrent même que peu de temps le culte de FÉternel , auquel elles revinrent cependant successivement plosieurs fois, selon les dispositions à cet égard , des rois qui les gouvernaient; sans que l'idolâtrie y fût jamais complètement abolie.

Moïses reproduit au Chap. XIY, la liste des animaux dont il est permis de manger la chair, et de ceux qu'on doit con* sidérer comme immondes ou souillés ; animaux dont il a été parlé au Chap. XI du Lévitique.

Le Chap. XY n'est également guère qu'une répétition de te qui a déjà été dit ailleurs, relativement à Vannée de Sabbat revenant tous les sept ans, où chacun^ doit rentrer dans la possession des immeubles qu'il aura aliénés.

Au Chap. XVI Moïses répète de même ce qui est relatif aux fêles de Pâques^ de Pentecôte et des Tabernacles j ainsi qu k l'administration de la justice.

Il défend, aux Chap. XYIIetXYIII, de /*mr« passer les personnes à répreuve du feu^ de prédire V avenir ^d^ évoqua les morts et de sacrifier à Python ou mauvais génie ^ diverses pratiques en usage chez les Chananéens. Il recommande en outre instamment d'écouter et de suivre les prescriptions des Propliites que V Éternel désignera^ comme il a été désigné luimême^ ainsi que Dieu l'a dit sur la montagne de Horeb, tandis que tout autre Prophète, qui parlera au nom de I Éternel sans avoir été inspiré par lui, devra être mis à morU

Ainsi, tout en défendant de prédire l'avenir, cette faculté était, selon lui, toutefois permise aux Prophètes inspirés de Dieu, qu'on devait reconnaître à Taccomplissement des faits. Mais alors comment les Israélites purent-ils savoir

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avant cet accomplissemeût qae le Propfaète-était réell^nent inspiré? Car, suivant la prescription de ce grand réformateur, le peuple devait commencer par mettre le Prophète k mort , en attendant, pour y croire> que le fait prédit arrivât. Singulière prescription , où Ton comprend mieux ce que Moïses a voulu dire que ce qu'il a réellement exprimé; c'estk-4ire q&'il a voulu préserver sa nation des failx Prophètes. Mais le moyen était fort mal imaginé.

Quant à la pratique d'évoquer les morts, ce qui suppose qu'ils peuvent apparaître et parler, elle sous-entend nécëssairemept que les Cbananéens croyaient k l'immortalité de TEsprit, à laquelle Moïses lui-même parait n'avoir pas cru, vu qii'il ne fait nulle part la moindre allusion k la vie future.

Le Ghap. XIX est relatif aux villes de refuge dont il a' déjà été parlé , k ]a défense de déplacer les bornes qui limitent les propriétés^ k la prescription de ne jamais condamner un homme diaprés la déposition d'un seul témoin et aux faux ' témoins qui devront être punis par la peine du taUon,

Les lois de la guerre sont réglées^an €hâp. XX. Ici Moïses a soin de recommander de ne pas avoir crainte des ennemis, quand même ils seraient plus forts, vu que Dieu est avec les Israélites ; précepte essentiel , alors qu'il s'agissait d'envahir le pays de Chanaan. Il exempte du service militaire actif tous ceux qui ont des affaires pressantes chez eux, et même les lâches, dans la crainte qu'ils ne communiquent leur poltronnerie aux autres.

Il prescrit en outre que.lorsqu'on arrivera devant une ville qu'il s'agira de prendre, de lui faire des propositions depaioc; et si les habitajfits les acceptent et ouvrent leurs portes^ ils seront tributaires des . Israélites qu'ils serviront. Mais que s'ils résistent et qu'on enlève la ville, on devra passer tous les mâles au fil de ïépée (Verset 13).

14. € En réservant seulement les femmes^ les petits en-fants y les bêies^ et tout ce qui sera dans la ville, savoir ^ tout son butin , que tu pilleras pour toi; et tu mangeras le

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