II
^9 THJOLOflf VI U M«TUU.
»ccu>é d'iD9x»t)tud«i'U Ujt% d* Utmbo* «jaat, nùTuitli
foi des JQges dç cet illustre géomètre, été impiré, «a m d'autres ternies, dicté par le Dieu Éterael. Qae léoschoa l'ait dit parce qu'il croyait en effet que les deux astres foUaient tous les jours le tour de la terre , rien de plus naturel ; mais que cela soit réellement, les plus ignorants ne le croient plu aujourd'hui.
Malgré les efforts que fireot les Israélites pour se rendv .. mattres du pays entier de Chanaan, qu'ils conToitaienl dep si longtemps, oîi léoschoa, en occupant successivement toidt Les parties , fit massacrer à la façon de l'interdit au nom* . F Éternel (Cbap. X, 28 et suivanU ; Chap. XI, 30), tous lesL . , bitants des villes qui lui résistèrent ; ce chef ne parvînt c pendant à soumettre réellement, après de nombreuses aDWde guerre, que les contrées voisines du Jourdain. Devendt. an vieux pepdaut ces longues guerres d'extermination, et siranl accomplir la promessequ'il avait faite 4 son peupk lui donner tout Chanaan en partage, il se borna à le lui i tager avant même de l'avoir conquis , et cela encore sui\ l'ordre de l'Être Suprême (Cbap. XIII, 1), a)i oom de il prétendait touï faire, ï l'instar de Utùses. C'était yarl la peau de l!ours avant de l'avoir tué. Il envoya pour des ingénieurs dans toutes les provinces, aÛn d'eu ^ le plan de partage suivant les Tribus, sauf k celles-^ emparer plus lard. Mais il arriva que , soit que les-^ chargés de ce grand travail ne fussent pas de fort habiji graphes , soit qu'ils n'aient pas eu la facilité d'ctudief ■ML pographie du pays sur les lieux, il arriva, entre autresdt
tés. que les Tribus de 5c/t(m(mc et de Dane eurent h Philistins pour leur lot, coalrée que les Israélites rentk occuper délinitivement que plusieurs siècles le règne de DAvin. Or la part échue à la Tribu dcDal^ non seulement très-esijjuë , mais elle fut, ainsi qV' de Schlmone, si bien défendue pftrleswicienK baliîll' plus décent aii&M|èkduktfm^d^'"* '*'Vuges, XV«
€ la ttitm dé Dam (HmtMit un hintag$ pour «Ut , <i^n d"i demeurer; car ju$qu*alorg il ne lui en était point échu entré les enfants d'Israël pour le posséder , » et elle dlïa en couqaérir un bien loin de là dans les biontagnes du Liban.
En thèse générale , les succès réels des Israélites furent si peu considérables pendant la longue guerre qu'ils firent en Chanaan pour se rendre mattres de ce pays que , renonçant k Tespoir d*en exterminer les habitants, ainsi que Moïses et léoschoa le leur avaient ordonné au nom de l'Éternel , ils finirent par se mêler k eux , en adoptant leur idolâtrie k la place du culte du vrai Dieu, auquel Moïses leur avait cepen-^ dant tant recommandé de rester fidèles; et de son côté léoschoa, qui parvint k Tige de 110 ans (léosch. XXtV, â9), voyant sa fin approcher, réunit tous les chefs et les Juges de la Nation pour leur recommander égal^nent encore de ne point abandonner les lois de Moïses , et jsurtout de ne jamais s'allier ea rien avec les anciens habitants restés dans le pays , afin de ne pas être détournés par eux du culte du vrai Dieu (Chap. XXlII, 7) ; mais ce fut en vain.
Ce passage prouve que, malgré les guerres d'extermination que les Israélites avaient faites aux Chananéens des villes, sans déposséder ceux des campagnes , il en est encore de*< meure un certain nombre ; que , nonobstant la recomman^ dation de l'Éternel de détruire le coite des faux Dieux , il a si bien continué d*exister, que les Israélites, loin de convertir les Chananéens k la religion mosaïque, retombèrent, au contraire, la plupart, dans Tidolàtrieet sacrifièrent aux nombreuses divinités des diverses provinces qu'ils habitèrent, ainsi que le dit rAncien Testament lui-même. Ce peu de foi dans le vrai Dieu alla même bientôt jusqu'au point que les dix tribus qui formèrent plus tard le Royaume d'Israël abandonnèrent sans retour, peu après la mort de léoschoa , le culte de l'Éternel *, et dans le Royaume de lehouda , formé par les tribus de lehouda et de Beniamine, la doctrine mosaïque fut aussi fort souvent abandonnée , et quelquefois ré-^
612 THÀ>U>«IB 9S LA HATÙM.
tablie momentanément par certains rois , mais elle n*y fat ja* mais suivie par la nation entière. Et tout cela, malgré la soidisant alliance avec TÉternel, qu'ils violaient a tout moment, et à laquelle ils ne revinrent que de temps à autre en implorant la miséricorde divine quand ils se virent exposés à de grands malheurs.
Au Chap. XXIY, léoschoa, résumant en peu de mots, devant tout le peuple , au nom de TÉternel , Thistoire de* la nation depuis Térah , père d'Abraham , qui servait d'autres Dieux ( Verset 2), engage les enfants d'Israël k n'offrir de culte qu'au vrai Dieu , disant :
Verset 14. « Maintenant donc , craignez V Étemel y et servezle en intégrité et en vérité , et quittez les Dieux que vos pères ont servis au delà du fleuve, et en Egypte^ et servez VÊternel.n
15. « Que sHl ne vous plaît pas de servir V Éternel ^ choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir y ou les Dieux que vos pères , qui étaient au delà du fleuve , ont servis , ou les Dieux des Amorrhéens , au pays desquels vov,s habitez ; mais pour moi et ma maison , nous servirons f Éternel, »
Mais tout le peuple déclara qu'il resterait fidèle au culte du vrai Dieu. Or ce passage prouve que léoschoa lui -même était prêt k faire bon marché du culte de l'Éternel , ayant permis au peuple de choisir librement les Dieux qu'il voulait servir; c'est-k-dire de choisir entre ceux de leurs pères et ceux des Amorrhéens. Ce qui fait entendre que leurs pères ont jusqu'alors continué k être idolâtres, malgré les remontrances si souvent répétées de Moïses et de léoschoa , qui ajoute :
Verset 23. < Maintenant donc , dit léoschoa, ôtez les Dieux des étrangers qui sont parmi vous y et tournez votre cœur vers V Éternel, le Dieu d'Israël. ï>.
Le peuple ayant de nouveau promis, comme d'ailleurs toujours, de ne servir que l'Éternel , léoschoa conclut avec Dieu une nouvelle alliance , qu'il écrivit dans le Livre de la loi, et renvoya les assistants chez eux; ce qui prouve que les an* cieonçs alliances étaient tombées en désuétude*
CflAPITRB XIV. 613
A sa mort, arrivée kiin &ge fort avancé, léoscboa fut enterré sur le territoire d*Éphraïm , £(a tribu , et les restes de loseph, que les Israélites avaient emportés d'Egypte, furent déposés dans un tombeau, à Sichem également, dans la tribu de ses descendants. Enfin Éléazar, le grand sacrificateur, étant aussi mort, fut enterré dans la propriété de s^nrfils Phinées , qui lui succéda.
Le Livre , dit de léoscboa , se terminant par plusieurs versets où il est parlé de la mort de ce chef ainsi que de celle d'Éléazar , ces passages ont nécessairement été ajoutés par un tiers, qui parait avoir été l'abteur de tout le livre.
Ici se terminent les véritables Livres canoniques des IsraërliteSy ceux plus spécialement indiqués comme renfermant les lois que TÉternel a instituées, en les prescrivant directement k ses deux élus. Moïses et léoscboa.
Quant aux Livres qui leur font suite dans TAncien Testament, c'est-à-dire les Livres des Jugesy de Rulh^ de Samuel^ des Rois , les Chroniques , les Livres d'Erza , de Néhémia et d'Ester, ils constituent plus particulièrement la continuation de l'histoire profane du peupled'Israêl , entremêlée de prophéties et de considérations théologiques.
§ YII. Livre des Juges.
Après la mort de léoscboa, les Israélites furent gouvernés par des Juges dont l'histoire est pleine de confusion , plusieurs faits qui y sont rapportés étant indiqués comme ayant eu lieu après la mort de léoscboa, tandis que ce ne sont tantôt que des répétitions plus ou moins variées , quelquefois tout à fait différentes, et souvent, au contraire, littéralement co- .piées de ce qui est arrivé du temps de ce chef, et cela même bien des années avant sa mort. C'est ainsi que suivant le Livre de lèosehoa , ce général des Israélites avait fait déjà 4ongtemps avant sa mort la conquête de tout le pays situé entre le I^iban et le pays d'Édom, tandis que, suivant le
614 TfliOLOGIB DB L4 HATURK.
Livre dêê Juges (Chap. IY, 38 etVI)) la majeure partie restait encore h eonquérir après sa mort, et ne le fut réellement que BOUS le gouvernement de David/qui vécut près de quatre cents ans après.
léoschoa a conquit les royaumes de cinq rois ligués contré lui qu'^l fit prisonniers, et parmi eux le roi de Jérusalem quHl fit pendre (léosch. , X , 26); tandis qu'il est dit anLiwré des Juges (Chàp. I, 6) que ce même roi Adoni ne fut fait prisonnier que longtemps après, qu'on lui coupa les pouces des quatre membres, ainsi qu'il avait fait lui-même 2i soiiante-dix rois qu'il a vaincus, et qu'on l'avait envoyé à Jérusalem, où il mourut.
C'est ainsi encore que non-seulement tout le pays de leh&uda , de Schimone et de Caleb n'auraient été conquis qu'après la mort de léosehoa ; et k ce sujet on trouve répété, Versets 12 et suivant, exactement la même déclaration que Caleb avait faite avant (/éosofc,, XY, 16), qu'il donnerait sa fille k celui qui prendrait la ville de Débir qui lui était échue en partage.
' ku Verset 11 il est fait mention, du descendant dn Beaufrère de Moïses qu'on dit avoir été Miniers , tandis que celuici était Madianite; contradiction qu'on ne peut expliquer qu'en admettant que le parent de Moïses serait venu habiter parmi les Kéniens.
' 11 est dit aussi , Livres des Juges , (1, 17), que les tribus de lehouda et de Schimone , différant des Chananéens de Tséphat (Philistins), détruisirent cette vUk à la façon de Vinterdit ^ et qu' on l'appela ensuite Jlorma. Or ce lieu portait <léjk ce nom h l'époque où les Israélites firent, sous Moïses, une tentative contre le pays de Chanaan et furent battus par les Hamalékîtes et les Chananééns (Nombres, XIY , 45).
Ces contradictions, ainsi que beaucoup d'autres, prouvent ^Qtcore que le Livre des Juges n'est également qu'une compilation, même mal faite, d'histoires recueillies sans discernement. Il est dit dans le premier ehiipitre que les Itrailitat
CHAPITRK XlY. 61S(
Be dépossédèrent pas les anciens habitants, mais les rendi rent tributaires pins tard, quand ils devinrent les plu^ fort^i; voire même que les Amorrhéens tinrent les descendants de Dane fort resserrés dans les montagnes : ce qui prouve que rÉternel n'avait point livré ce peuple entre les maim Aeê Israélites , ainsi que cela est si souvent répété partout.
Je ne continae^ai pas de faire l'analyse de l'histoire des Israélites depuis la mort de léoschoa, le dernier chef suprême qui leur fat soi-disant imposé directement par TÉternel; il su£Bra de dire qu'à peine en possession du pays qui leur fut doâné en^ partage par ce chef, ils oublièrent leurs devoirs envers le vrai Dieu pour embrasser le culte deBAHAL, le Dieu des Idolfttresau milieu desquels ils habitaient, en contrevenant sur tous les points aux lois de Moïses , surtout h celle de ne point s'allier par le mariage avec les anciens habitants et d'adorer leurs Dieux.
Quoique les Israélites eussent pénétré déjk du temps de léoschoa dans toutes les parties du pays situé entre le mont Liban et l'isthme de Suez, ils étaient loin de l'avoir soumis; le Livre des Juges faisant mention de nombreuses défaites qu'ils éprouvèrent encore dans la suite , dé la part des anciens habitants, qui souvent même les subjuguèrent; échecs que l'historien a chaque fois soin d'expliquer en disant qu'étant revenus k l'idolâtrie, TÉternel, trahi par ceux avee qui il avait si souvent conclu et juré alliance, s'en vengea en les livrant k leurs ennemis , et les reprit ensuite aussitôt de nouveau sous sa protection , quand souffrant sous leurs oppresseurs, ils crièrent à lui, en demandant son tout-puissaut appui. C'est ainsi qu'on continue dans toute Cette histoire k faire jouer , comme dans le Pentateoque et le Livre de léoschoa, le rôle le plus ridicule k l'Être Suprême, lé présentant partout, non-seulement comme le protecteur complaisant de ce peuple barbare , sans foi et sans loi , mais encore comme le complice directeur de toutes espèces de frimes, de trahisons et des plus horribles cruautés, dont
le récit fut, à ce que prétendent les orthodoxes, ^icté par Dieu même aux auteurs de ces Livres ainsi révélés.
Je me borne ici à quelques remarques sur la véracité du Uvre des Juges , sans chercher k faire ressortir toutes les autres contradictions dont il est rempli.
Toute la génération qui avait fait la conquête de la terre promise ayant été remplacée par une autre qui n*avait point connu l'Éternel (Chap. II, 10), les Israélites tombèrent dans ridolàtrie, et Dieu les en punit en leur suscitant des ennemis qui les pillèrent , et les livra finalement entre les mains du Roi de Mésopotamie, qui les tint subjugués pendant huit ans (£hap. III , 8). Afiant crié alors à V Éternel ^ Dieu les délivra de nouveau, et leur donna pour chef Hotuniel,- Iûut premier Juge, qui les gouveriia pendant quarante ans.
Ils furent ensuite asservis par le Roi de Moab pendant dix-huit ans , quoique Moïses eût déjà conquis tout ce pays. Ayant enfin encore crié à V Éternel^ il les délivra de nouveau, et cela au moyen d'une lâche trahison, suivie de l'assassinat de ce roi, par Eludy le nouveau chef qui gouverna Israël (Verset iby.
Comme il a été dit que léoschoa avait entièrement soumis et partagé tout le pays de Chanaan , on est tout surpris de voir qu'il est fait mention, au Chap. IY, 2, d'un roi de ce pays nommé Iabime, qui, loin d*étre le vassal des Israélites, les soumit et les tint pendant tingt ans sous sa domination, bien que l'Éternel leur eût dit si souvent, qu'en leur qualité de son peuple privilégié, il leur donnerait ce pays à jamais en partage.
Les Madianitesy si cruellement massacrés du temps de Moïses, et les Hamalékites, que Dieu avait promis d*effacer de dessous les Cieux (Exode, XYII, 14) , reparaissent de nouveau au Chap. YI du Livre des Juges, et cette fois même eomme opprimant tellement les Israélites qu'ils furent forcés de se réfugier dans les cavernes des montagnes; mais, comme à l'ordinaire, les malheureux Hébreux crièrent dans
leqr détresse à l'Éternel, qui leur envoya un libérateur dans la personne de Gédéûn, qui défit avec 300 hommes toute V armée des MadianiteSydes Ham^ilékites et des Orientaux réunis j forte de 135,000 ftommes, dont ils en tuèrent 120,000 dans une seule rencontre (Ghàp. YIII, 10). Mais hâtonsnous de dire que ce prodige de valeur a été fait par des hommes que Dieu lui-même avait choisis parmi tous les Enfants dlsraêl, pour avoir bu dans le Jourdain y en lapant comme les chiens (€hap . VII, 4 et S) .
Pans cette mémorable journée^Gédéon fit prisonniers deux des ebef ennemis, Horeb et Zéeb, qu'on tua, le premier an rocher de Uoreb^ et le second au pressoir de Zéefr, singU" Hère concordance des noms de ces chefs avec le lieu où ils furent mis à mort; encore ne faut-il pas, je pense, confondre ce rocher de Horeb avec son homonyme du désert de Sinaï , car ce n'était probablement pas là.
Il existe en outre dans tout ce Livre des Juges une foule de passages obscurs et évidemment tronqués , mais du reste sans importance pour le présent ouvrage; <l'où il résulte toutefois que cette partie de l'Ancien Testament a du moins été altérée par des suppressions. G'est ainsi , par exemple, qu'il est dit au G^ap. XIII que les Israélites étant tombés de nouveau dans l'idolâtrie. Dieu les livra pendant quarante ans entre les mains des Philistins. Or ces Philistins n'étaient qu'une bien (aible nation occupant un petit territoire de quelques lieues d'étendue, situé sur les côtes de la Méditerranée, au inidi du Ghanaan, pays que léoschoa avait soidisant donné en partage aux tribus de Schimone et de Dojne^ où était précisément la ville de Tséphat dont il vient d'être parlé ; tandis qu'en réalité ce peuple , loin d'avoir été suIh jugué par les Israélites, contre lesquels il soutint avantageusement pendant plus de six . cents ans une guerre presque continuelle , les défit au contraire souvent en leur enlevant une fois jusqu'à V Arche d*aUiance où résidait l'Éternel (Samuel, I, Gbap. IV, 11). Ge peuple les avait même déjà com->
618 TfflbLOOn DB LA NATURS.
plétement soumis longtemps avant, c'est-h-dire , bientôt après la mort dlëoschoa , ainsi qu'on vient de le voir.
Qir'était donc la puissance du peuple hébreu, de cette nation qui, avec sa prétendue armée de plus de 600,000 combattants, et malgré la protectiondivine, fut d'abord obligé de lutter pendantquarante anscontre les plus horribles privations dans les déserts de l'Arabie Pétrée, avant d'avoir pu arriver en^Chanaan, Tobjet de tous ses vœux, où cette nation ne put même jamais parvenir b vaincre les Philistins, qui lui résistèrent pendant tout le règne de léoschoa , et longtemps après encore^ et finirent par la tenir subjuguée durant quarante ans. Mais quoi qu'il en soit, je dois toutefois faire remarquer aussi que, s'il est vrai que les Philistins ont réellement dominé pendant longtemps les Israélites, ce ne peut guère être entendu que d'und faible partie de cette nation si grande alors; d'où l'on doit conclure que le texte ne dit pas toute la vérité iei ; tandis que dans une foule de cas , l'auteur du Livre des Juges, ainsi que celui des Liii>reê des Roi» et des Chroniques, qui parait avoir été le même, entre dans les détails de la plus complète insignifiance; ce qui prouve que tout cela ne fut écrit que longtemps après, ainsi que cet auteur le donne souvent lui-même h entendre en disant que, tel monument , ou tel objet , existait encore de ses jours ; et il est très-probable qu'il n*a rédigé son histoire que d'après de simples fragments de documents , quels quMIs fussent, ramassa de toute part, en mêlant ainsi sans jugement le vrai \i l'exagéré, et souvent du surnaturel et h l'impossible.
Mais quelque imparfaite que soit cette histoire des anciens Israélites, elle ne manque pas d'être du plus grand intérêt, non-seulement comme fournissant, ainsi que je l'ai déjk fait remarquer plus haut, les seuls renseignements qne nous ayons sur les événements de ces temps si reculés , mais aussi en nous montrant, par le seul exposé des faits, que les conditions dans lesquelles^ce peuple s'est successivement trouvé ators, et jusqu'aux caractères individuels des divers person-
nages qui ont joué quélqne rôle important dans ces temps antiques, ont la ptns grande analogie avec ce que nous voyons encore de nos jours. En effet, si, prenant en considération rétal à demi barbare dans lequel ces anciens peuples se sont trouvés par leur peu de connaissances sciènliflques et philosophiques ; leur crédulité pousisée jusqu'à la superstition la plus matérielle ; le penchant à la cruauté ihné à la plupart des hommes , et non mitigé encore chez euï par l'éducation morale , dont les premiers principes , k peine ébauchés par Moïses, ont dA bientôt être oubliés avec 'toute sa doctrine religieuse que le peuple abandonna; si , dis-je, on compare les Israélites de l'antiquité aux classes inférieures, illettrées des peuples d'aujourd'hui , même chez les nations dites civilisées , on trouve la plus parfaite l*e5senïblance entre leurs penchants , leurs actes et par suite entre tout Tenchainement des faits dont se compose leur histoire, avec ce qui arrive aujourd'hui, au point que, tenant compte des exagérations qui ont dû s'introduire dans les récits des événements , ainsi que des altérations qu'ils ont dû éprouver par la tradition ; il semble, en lisant la Bible, avoir sous tes yeux les premiers exemplaires antiques des journaux de notre époque. Cette analogie des faits est même d*autant plus grande, que de nos jours, où la presse peut tout rectifier en combattant les erreurs, les exagérations poussées jusqu'aux miracles , semblables ii ceux rapportés dans l'Ancien Testament, sont publiées comme réelles, et trouvent de nombreux croyanls,même chez des personnes appartenant à des classes dites supérieures.
Quoique rÈternel eût si sévèrement défendu de se faire des idoles et de leur rendre un culte, il est rapporté aux Chap . XVII et suivants du Livre des Juges qu'un homme nommé Mica s'en était fait en argent, h l'usage de sa maison, et prit à sa solde un Lévite chargé de remplir les fonctions de sacrificateur, mars que les descendants de Dane, qui n'avaient point encore d'héritage, cherchant un lieu pour s'y établir,
enlevèrent à la fois ces idoles et le Lévite, pour leur servir dans la contrée où ils espéraient s'établir ; et le Lévite enlevé leur assura qu'ils seraient protégés dans lear entreprise par rÉternel qui, k ce qu'il parait, s'était arrangé de ce partage d'hommages avec les idoles.
On raconte auCHAP. XIX, entérines fort peu bibliqaes, l'histoire d'uii Lévite, dont les habitants de la ville de Guibha de la tribu de Beniamine ont enlevé la feamie, qu'ils ont indignement traitée ; insulte dont le mari s'est vengé en coapant le corps de sa femme en douze parties qu'il a envoyées dans les différentes tribus pour demander vengeance; satisfaction que tout Israël lui accorda en faisant marcher une armée de plus de 400,000 hommes contre la tribu de Beniamine qui accepta le conflit, quoiqu'elle ne pût en opposer que 26,700; et le combat des deux armées fut tel, qu'il resta plus de 40,000 Israélites et 25,000 Beniamites sur le champ de bataille, surtout un grand nombre de femmes. Or les Israélites s'étant repentis d'avoir ainsi presque entièrement détruit l'une de leurs tribus, y remédièrent d'une singulière façon, qu'on donnerait en mille à deviner; mais poureox tous les moyens paraissent avoir été bons. Celui auquel ils se sont arrêtés a consisté à faire exterminer en partie les habitants de labès de Galaad, leur frère, en passant au fil del'épée tous les hommes, les femmes mariées et les enfants , poor les punir de ne s'être point joints à eux, Iprs d'un sacrifice qu'ils avaient offert à l'Éternel en actions de grâce du succès de cette guerre, et ne laissèrent en vie que les filles qu'ils donnèrent aux Beniamites pour repeupler leur pays; et le nombre n'ayant passufii, ils enlevèrent par ruse le3 filles delà ville de Scilo également Israélites, pour servir de con^plément. Or ce sont des faits aussi horribles, d'un enchaînement aussi singulièrement absurde et d'une si révoltante ifflmoralité, qu'on nous donne comme ordonnés par TÉtre Suprême, qui en aurait dicté le récit k l'auteur du Livre réfélé des Juges. Mais ce qu'il y a du reste encore de remarquable
dans celte histoire, c'egt qne bira que ces faits se sœeRt passés plus de trois cents ans après la mort du grand sacrificateur Eléàzar, c'est son fils Pfiii(ÉEs, son successeur immédiat, qui consulta l'Éternel pour savoir si l'on continuerait k combattre contre les Benlamites.
% VIII. Livre de Rutk.
Le Livre de Ruth^ qui fait suite ^ celui des Juges, n'est quel^histoire particulière dune jeune femme de ce nom, veuve et sans fortune, que sa Belle-mère engagea k aller se prostituer k un riche particulier, parent de son mari, afin qu'il L'épous&t; ce qui eut en effet lieuvet cette femme eut pour arrière-petit-fils l'illustre Roi David .
§ IX. Livres de Samuei.
Quoique les deux Livres dont j'ai ici k parler portent le nom de Samuel, Grand Prêtre, qui gouverna pendant assez longtemps les Israélites, il est certain qu'il n'en est pas l'auteur, étant déjk lui-même indiqué comme mort au miHèu du premier; d'où cet ouvrage, aussi plus essentiellement historique, doit, comme ceux des Juges, deléoschoa et de Moïses, être attribué k quelque écrivain qni l'a composé plus tard.
Les trois premiers CflAP. du Premier lÂvte simi relatifs k la naissance de Samuel ainsi qu'k son éducation au sanc-^ toaire, sous la dire<stion du grand prêtre Héli, comme ayant été consacré k Dieu par ses parents. C'est au tabernacle même que rÉternel lui parla pour la première fois, comme k son prophète.
Suivant les Chap. IV et V, il y eut une guerre entre le peuple dlsraël et les Philistins, où ceux-là ayant été batfUvS, leur Arche d'alliance, qu'ils avaient fait venir au camp pour les protéger, fut prise par les ennemis et transportée ùAsc-^
Mf où ellt f¥t^p)fLO<« dam le Itinplê de DmrM, teIMea4t6 PhiUfitiBfi ) mais dès le leM^inaio « 1« staiue de cette idole fut trouvée gisant h terje devant l'Arche ; et ayant été remise sur 80D piédestal , od. la trouva le jour suivant de nouveau renversée et brisée, ce qui prouva la supériorité de pouvoir de rËtemel sur le Dieu des Idolâtres. Ce miracle engagea les Philistins h transporter TÀrche k Gath^ leur capitale, où elle produisit un autre miracle eu faisant venir des hémorrhoïdes à tout le monde, depuis le plus petit jusqu'au plus grand (CflAP« V,9) * CeOéau sévissant contre un grand nombre d'habitants de cette ville, ils s'empressèrent d'éloigner l'Arche à leur tour, en l'envoyant à Hékrans dont le peuple, effrayé de sa présence, s'opposa «k ce qu'elle restât dans leur ville (Chap. y, 10); et les Philistins ne. sachant plus qq'en faire résolurent de la rendre aux Israélites, et cela avec le cérémonial le pins respectueux i)Qur cet otqet sacré, lui offrant même des oblations consistant, vu les circonstances, d'une parti dans les figures de leurs hémorrho'ides ^ et de l'autre en souris i le toat très-artistement eicécuté en or (Chap. YI, 2 5). On pourrait»croire que ces singulières offrandes n'ont été que de mauvaises plaisanteries de la dernière inconvenance, que se^sont permises les ennemis des Hébreui, en mépris de leur Divinité, si tout n'était pas raconté de la manière la plus sérieuse, etmômeavec l'expression d'une véritable piété. Si tout ce qui est dit dans ce passage est vrai, on ne conçoit pas comment il a pu se faire que par l'effet de ces miracles les Philistins, reconnaissant la puissance du Dieu d'Israël sur Dagon, ne se soient pas de suite tous convertis au Mosftisme»
, Les Israélites ayant été gouvernés pendant fort longtemps après leur sortie d'Egypte par des chefs plus ou moins despotiques, non héréditaires, étaient par Ik même en République. Moïses, qui les commanda le premier, donna k son pouvoir la puissance la plus absolue, en lui imprimant le oh raetère de la Théocratie , se disant le Lieutenant de^Dieu^ qui
.89uv«f9«it Itti^Ane toa peuple d^i^Pédiiectioii, «t dont M| Moïses, D*agissait qm par son ordre, comiae son ialerprèle direct qnî le rempiace au besoin (Exodê^ IV, i6). .
Ge caractère théocratiqoe d*afikiblU ensuite tellemeiit entre les mains de léosehoa, également institué par TÉteniel lai-méme comme chef absolu de la nation,* qu'après avoir établi les Israélites dans le. pays de Chanaan, ce successeur immédiat de Moïses eut si peu de confiance dans son propre pHQUvoir tbéocratique^ qu'il mit auaù voix y pour savoir si le peuple continuerait k observer le^ lois de TÉternel, ou s'il adopterait le culte des Idoles du pays qu'il occupait ; et si par une espèce de déférence pour l'opinion personnelle que •ce cb^f avait émise, le peuple déclara qu'il resterait fidèle k h doctrine mosaïque , cette résolution s affaiblit si facilement , que bientôt après les. Hébreux abandonnèrent, de fait, le culte de rÉt3rBel, pour se livrer k celui des idoles de toute espèce, qu'on adorait dans les diverses contrées qu'ils oce»* paient.
Après léoscboa les Israélites, toujours en République, fu-» rent longtemps gouvernés par des chefs phis ou moins absp* lus, qui reçurent le nom de Juges, dont la plupart arrivèrent & cette haute dignité par les services qu'ils rendirent par les armes k leur nation^ ou bien en s'imposant en quelque sorte, dans des moments de calamités, comme Pi*ophètes de l'Éternel, qui , disaient-Us , les envoyait pour afirancbir Israël de Toppression de ses ennemis. L'un de ees Juges était oième une femme Prophétesse nommée DÉnoBÀ (Juges, lY);
Samuel, le dernier Juge d'Israël, qui vécut près de 600 ans après Moïses , et qui fut, ainsi qu'il a déjk été dit, dès sa naissance, consacré par sa mère k TEternel dont il devint le Prophète, par lequel Dieu parlait au peuple d'Israël, prit par Ik sur Tesprit de ce dernier un ascendant presque égal k celui de Moïses* Ayant affranchi pour quelque temps sa nation dû la domination des Philistins, sous laquelle elle vi« v.ait opprimée, il la gouverna d'une manière k peu près des^i
624 TRioLo^n »b*xa itature.
polique, jusqae vers la fia de ses j'oilrs, où il Sé démit^ du noins pour la forme, du poofoir suprême.
Commençant k devenir vien , il conflaf ses fonctions de Juge k ses fils, qui en abusèrent tellement que les anciens d'Israël s'en plaignant au père , lui demandèrent de leur donner k Finstar des atitre's nations, un Roi qui les gouvernât. Le Prophète ayant consulté TÉternel k ce sujet, il lui fut répondu , dit-il , de céder au voeu du peuple , mais de l'avertir aussi des dangers qui en résulteront pocûr ta nation, qui se trouvera par-lk non-seulement assujettie au despotisme d'un seul homme, mais encore k tous les malheurs que peuvent Causer le favoritisme et l'oppression des gens de cour devenus puissants. Or le tableau que Samuel fit, k cette occasion , «u peuple de la condition dans laquelle il demandait k être placé est d'autant plus remarquable que c'est Fesquisse exacte de ce qui existe encore aujourd'hui chez toutes les nations soumises k des Rois ; ce qui nous prouve quedéjk dans ces temps si reculés de Thistoire de l'univers, comûie de nos jours , les malheurs attachés k la royauté ont toujours, et partout, été les mêmes depuis plus de trois mille ans que Samuel en a fait le tableau (I , Sam.VIII).
L'Éternel ayant ainsi cédé k regret, suivant le texte, au vœu irréfléchi du peuple d'Israël , ordonna k Samuel , son prophète , de présenter k ce dernier Sâul comme son premier Roi; ainsi réellement nommé (suivant le texte) par la grâce de Dieu , ou plutôt pour punir Israël de sa versatilité. Or le Prophète, tout en le sacrant au nom de la Divinité, n'en conserya pas moins la suprématie, en commandant k ce roi lui-même, au nom de l'Éternel, dont il était reconnu l'interprète, tout ce qu'il voulait qui. fût fait.
Quoiqu'il f eût près de six cents ans que les Israélites fussent sortis d'Egypte, Samuel n avait pas encore pardonné aux Hamalékites d'avoir alors battu Tarmée de Morses, qui voulait envahir leur pays, et ordonna k Saûl, au nom de l'Éternel , ainsi que les Prophètes le firent toujours
ff
CttAPIÎRE XIV. <}25
pour se faire^nieux obéir, de punir lés Haindlékites de son temps du mal que leurs ancêtres avaient fait aux Israélites du temps de Moïses, hii disant (I . Sam.^XV^ 2), au noih de la Divinité^ de détruire tout ce peuple à la façon de Vinterdil^ en faisant tout massacrer, sans épargner personne^ pas même les femmes et les enfants, etjusquà la dernière pièce de bétail; ordre horrible qui fut rigoureusement exécuté relativement aux personnes; mais le peuple, avide de butin, crut pouvoir se permettre d'emmener vivant ce qu'il y avait de meilleur parmi les troupeaux, et contrevint ainsi aux ordres de Samuel. Mais ce grand et saint Pontife dit, k ce sujet, k Saul (Chap. XV, 23-35), que vu sa désobéissance envers Vieu\ l'Éternel s' étant repenti de C avoir nommé roi^ le rejetait de nouveau , pour donner la royauté à un autre. Or Saûl eut beau s'excuser en disant que le peuple avait emmené le bétail malgré lui, et cela dans l'intention de Tofifrir en holocauste k rÉternel ; que lui-même se reconnaissait d'ailleurs coupable et offrait de faire amende honorable devant TÉter^ nel ; tout fut inutile. Le grand Prêtre d'alors, de même que les Pontifes du moyen âge , qui tous se disaient les lieutenants de Dieu sur la terre et commandaient aux rois , tint ferme dans sa malédiction. Enfin , le malheureux Saûl crut fléchir la ri^eur du Prophète en lui annonçant qu'il amenait prisonnier le roi des Hamalékites ; mais encore cette nouvelle et grande satisfaction ne lui sufiSt pas , et se faisant amener cet auguste prisonnier, il le fit mettre en pièces devant ï Éternel; et , retournant chez lui , il ne voulut plus jamais revoir Saul (Verset 33) .
Or ce sont encore d*ausçi horribles massacres, exécutés après six cents ans, en vengeance d'une légitime défense, qu'un homme , qu'on appelle encore de nos jours un Prophète du Très-Haut, commande d'exécuter, par ordre d'un Dieu de bonté et de miséricorde ; massacres consignés dans des Livres qu'on ose appeler révélés et dictés par l'Éternel lui-même !