II
6t6 THBOLOGU DB LA SATURB.
Je rappellerai toutefois en rbonneur de la mémoire de Samuel ce que j*ai déjà dit plus haut» que ses Livres» ou du moins ce chapitre » paraissent , comme ceux de Moïses , avoir été écrits sy)rès sa mort, vu qu'au Verset 4 il est dit que i^aùl ayant fait le dénombrement des hommes de guerre de ses États , il s'était trouvé ieux cent mille hommes de vied et dix mille hommes dlehouda. Or cette distinction é'Iehouda comme nation à part, ne fut faite qu'après; d'où il ressort que l'historien a commis par inadvertance un anachronisme qui prouve que les Livres de Samuel ont été ^écrits après que le royaume d'Iehouda fut fondé. Et en effet, la mort de Samuel est annoncée au Ghap. XXYIII du Livre I , alors que David était en fuite devant Saûl , par conséquent avant la séparation du royaume d'Iehouda du reste d'Israël ; aussi la seconde moitié du premier Livre et tout le second traitent d'événements arrivés après la mort de Samuel.
Quoique Samuel eût annoncé à Saûl que l'Étemel l'avait révoqué comme Roi, il ne le remplaça toutefois pas de suite; mais Dieu se bprna à désigner son successeur au Prophète dan$ la personne de David (Chap. XYI), trèsjeuqe homme de Bethlèfiem ^ que Samuel oignit , et VÊ-ternel (lyant envoyé , dit le texte , un mauvcUs esprit à SaiU pour le tourmenter (Chap. XVI, 14), celui-ci ainsi troublé demanda qu'on trouvât quelqu'un qui pût le soulager en le distrayant par la musique, et on lui amena k cet effet le jeune David, fort habile harpiste, qui tous les jours lui joua de son instrument ; d'où devait nécessairement résulter que le roi le connaissait parfaitement. Or il arriva que la guerre ayant été déclarée entre les Israélites et les Philistins , les deux armées se trouvant en présence , un de ces derniers, d'une taille de géant, nommé Goliath, s'avança seul enpro- ^ voquant les Israëtiteis k un combat singulier (Chap. XYII); mais aucun n'osa se mesurer avec lui. Ënfiq après avoir été ainsi défiés pendant quarante jours, David, plus intrépide qu'aucuQ autre de sa nation, s'offril pour combattre seul le
CHAPITRB XIT. 627
redoutable ennemi ; et Saûl admirant le courage du jeune homme , le revêtit , k cet effet , de sa propre armure que David trouva trop pesante pour la porter, qaoiqu*il eût déjà avant, assommé dans un même combat, un Lion et un Ours qu'il avait saisis par les mâchoires; et jugeant avec raison que l'adressé pouvait suppléer k la force , il résolut de n'at^ taquer son adversaire que simplement muni d'une fronde et d*un bâton. C'est avec ces faibles moyens de combat qu'il s'avança hardiment vers le gigantesque Goliath, et lui lança avec sa fronde une pierre si bien dirigée que , l'atteignant au front, il tua du premier coup ce fier Philistin, auquel il coupa la tête avec son propre cimeterre pour la porter comme trophée au roi d'Israël , qui ne le connaissant pas , lui demanda le nom de son père (I. Sam., XYII, 58), quoique David jouât tous les jours de ) a harpe devant Saûl. On ne comprend vraiment pas que malgré cette habitude de voir si souvent ce jeune honome le Roi ne l'ait pas reconnu , et cela est d'autant plus difficile k concevoir, qu'un instant avant il l'avait lui-même arnié. De semblables contradictions ne peuvent guère s'expliquer dans un ouvrage révélé.
Saûl ayant plus tard encore voulu faire la guerre aux Philistins , consulta \i^ ce sujet l'Éternel , et n'en recevant pas de réponse, il s'adressa pour le même sujet k une pythonisse, qui refusa d'abord également de lui répondre , regardant sa démarche auprès d'elle comme un piège qu'il lui tendait, sachant qu'il avait fait périr , pour plaire k Dieu, tous ceux qui prédisaient l'avenir par l'esprit de Python. Mais te roi ayant assuré k cette femme qu'elle n'avait rien k craindre, elle se rendit k ses désirs , et Saûl lui demanda de faire revenir Samuel des morts pour le consulter (Chap. XXVIII, 11 ). C'est la première fois qu'il est simplement fait allusion dans l'Ancien Testament k l'eocistence de l'Esprit des hommes après la mort; encore est-ce k l'occasion d'une évocation faite par une devineresse païenne , qui crut , ainsi que Saûl,
(i!28 THÉOLOGIE m LA NATURB.
k la possibilité de faire apparaître les morts. Mais cela ne prouve pas que les autres Israélites y croyaient.
Saùl eut, dit le texte, ainsi une conversation directe avec Samuel, qui lui reprocha cCaveir troublé son repos ^ et ajouta que l'Éternel s'était retiré de lui et avait donné l'empire k David , pour n'avoir pas exécuté l* arrêt de r ardeur de la colère de t Éternel contre les Hamalékites (Verset 18), c'est-kdire de n'avoir point entièrement exterminé ce peuple avec tout son bétail. Étrange motif de disgrâce que Samuel prête à la Divinité.
Ce passage de l'Ancien Testament renferme en outre la remarquable contradiction échappée à Taateur , qui dit tacitement que cette femme avait, par le pouvoir de Python , la faculté d'évoquer les morts ; ce qui tend à prouver, ainsi que je Tai déjà fait observer ailleurs, que les Dieux du paganisme avaient un pouvoir égal h celui du vrai Dieu, et n'étaient, en conséquence, point de simples idoles matérielles, comme le prétendaient les Hébreux.
Saul ayant, malgré les avertissements des mânes de Samuel, osé attaquer les Philistms, fut non-seulement battu, mais périt lui-même avec tous ses fils, à l'exception d'un seul , en laissant tout le pays à l'occident du Jourdain au pouvoir de ses ennemis (I Sam.^ XXXI, 7); nation cependant bien faible en comparaison de celle des Israélites, l'alliée de l'Éternel.
Ce n'est qu'au second Livre , faussement attribué h Samuel, Chap. II, qu'il est dit qu'après la mort de Saûl, David fut élevé à la dignité de Roi , d'abord sur la tribu d'Moiida, qui forma alors, pendant sept ans seulement (Verset H), le Royaume de ce nom; tandis que le i^este du pays, occupé par les Israélites, conserva le nom de Royame d* Israël ^ et eut pour Roi Isch-Bosceth, fils de Saûl {Verset 9).
Les deux peuples ayant ensuite marché l'un contre Tautre, se livrèrent bataille près de Gabaon^ où l'armée d'Israël , quoique beaucoup plus forte que celle d'iehouda , fut battue
par cette dernière , commandée par David , et perdit trois cent soix^te hommes , tandis que celle dlebouda n*en a perdu que dix-neuf; bien eatendu au dire du deuxième Livre de Samuel (Chap. II, 30).
On, voit par ce passage que déjà, dans ces anciens temps, les bulletios officiels des batailles avaient la plus grande analogie avec ceux qu'on publie de nos jours , où Tennemi perd vingt fois plus de monde que Tarmée amie. Mais quoi qu'il en fût , l'armée d'Isch -Bosceth ayant été battue , et le roi bientôt après assassiné, son peuple entier se soumit a David, qui réunit ainsi de nouveau toute la nation israëlite, sur laquelle il commença k régner k l'âge de trente ans, et la gouverna pendant quarante (Chap. Y, 4). Il résida d'abord sept ans à Bébron et ensuite trente-trois ans k Jérusalem.
L'Arche d'alliance ayant été déposée d'abord k Scilo , ville deChanaan, où léoschoa établit en premier le siège de son gouvernement, quand il fit la conquête de ce pays ; elle fut, ainsi qu'il a déjk été dit, transportée plus tard , k l'occasion d'une guerre contre les Philistins , comme bannière sacrée , dans le camp même des Israélites, k Êbenhézer , afin que le peuple combattit en présence de son Dieu (I. Sam, V). Mais TÉternel permit qu'elle fût prise par ces infidèles et transportée comme trophée de guerre, successivement k AschdOy dans le temple de Dagon , l'idole de ce peuple, puis k Gathj k JGfékron , et enfin de nouveau au camp des Israélites , k Beth- ScèmèSy où on la rendit très- respectueusement k ce peuple.
Revenu au camp des Hébreux, k Beth-Scémès, les habitants de cet endroit ayant simplement regardé dans TArche , furent, pour ce faible péché, également frappés d'une grande plaie, qui en fit mourir un grand nombre. Effrayés k leur tour des effets que cette Arche sacrée produisait, ils demandèrent k grands cris qu'on voulût bien l'éloigner d'eux , et on la transporta k Kiriath-Iéharim , où elle resta déposée pendant plus de vingt ans dans la maison d'ABiNA- DAB, sous la surveillance d'ÉLÉAZAR son fils (I. Samuel.
630 TKBOLOGIS DB LA ICATURB.
Chap. VÏI , 1). Enfin , le roi David ayant fixé le siège de son gouvernement à Jérusalem, il fit conduire T Arche d'alliance, avec le plus pompeux cérémonial, dads cette ville. Il la plaça d*abord dans la maison de Hpbed-Êdom , où elle resta trois mois, puis dans son propre palais (II. Samuel ^ YI, 10) , où elle demeura jusqu'à ce qu'elle fût enfin placée dans le sanctuaire du temple de Jérusalem , que Salomon , fils de David , fit bâtir pour la recevoir.
L'un des Bœufs attelés au char sur lequel était placée l'Arche d'alliance, étant venu à glisser sur le chemin de Ririath-Iéharim à Jérusalem , un homme du cortège la retint, dans la crainte qu'elle ne tombât; mais cet acte de bonne intention fut considéré par TElernel comme une profanation de l'Arche ; et il frappa , dans sâ colère , ce malheureux, à Vinstant même, de mort subite (Chap. VI, 7).
C'est ainsi que, suivant Fauteur des Livres de Samuel, Dieu récompensa les bonnes intentions de cet homme.
Da^rid soumit successivement les Philistins, le Hoi de Tsoba^ les Syriens de Damas, et même le$ Moabites et les Iduméens jusqu'à la mer Rouge , en les rendant Esclaves et tributaires (Chap. VIII) /
Aux Chap. XI et XII, sont rapportés divers faits si déshonorants pour David , pour ce roi soi-disant si saint, pour cet Oint de Dieu , si favorisé de la Divinité , qu'on ne comprend pas comment la main de Fauteur ait osé les écrire; et Ton conçoit encore moins, ainsi qu'à l'égard d'une foule d'autres passages dont il a déjà été parlé , comment on a pu considérer ces Livres comme ayant été inspirés par la Divinité. Il suffira de les indiquer ici pour en faire apprécier toute Finîquité, sans qu'il soit besoin d'y ajouter la moindre obser^ vation.
Quoique l'Éternel ait formellement défendu aux Israélites de soumettre les Hamm^nites (Deutéronome, Chap. Il, 19), cela n'a point empêché le saint roi de s'emparer de leur pays, e( de les faire non-seulement passer au fil de Fépée,
mais encore de les faire scier ^ de les déchirer sous des herses de fer^ som les haches^ et de les faire passer à travers un four à briques (II. Samuel, XH,9) (1).
Pendant cette même guerre , ce roi , représenté comme le modèle des hommes vertueux , et des plus agréables à la Divinité y fit enlever à Jérusalem la femme d'un de ses officiers , pendant que celui-ci était k l*armée; et Payant déshonorée, il ne trouva rien de mieux pour empêcher que le mari fût instruit de son malheur, que d'ordonner k son général en chef de placer cet officier aux postes les plus dangereucô pendant la bataiUe^ afin de le faire tuer; ordre qui fut si bien exéquté que le malheureut périt au preinier combat ; et le vertueux David prit sa fehime pour lui (Chap. XI). Or le texte ajoute que TÉternel , pour le punir de ce double crime , lui fit simplement annoncer par Nathan , son Prophète , Chap. XII, H : >< .... Je vais faire sortir contre toi un mal de ta propre maison^ et f enlèverai tes femmes devant tes yeux , et je les donnerai à vn de tes proches ^ et il dormira avec tés femmes à la vue de ce soleil; »
12. « Car tu Vas fait en secret,- mais pour mot, je le ferai aux yeux de tout Israël et à la vue du soleil. »
13. (t Alors David dit à Nathan : Tai péché contre V Éternel; et Nathan dit à David : V Éternel aussi a fait passer ton péché ^ tu ne mourras point; » mais il lui annonça que le fils né de cet adultère mourra.
Les reproches que Nathan fit k David amenèrent celui-ci k reconnaître la réalité de son péché, d'où il composa, k ce sujet, le Psaume LI , où il en demande le pardon k rEteriiel ; ayant toutefois soin d^ajouter que Dieu devait le purifier
(1) Le traducteur de ce révoltant passage de TApcien Testament , répété dans la !'• Chronique , XX , le trouvant sans doute trop horrible , y ajoute une Note, où il cherche à en atténuer ce qu*U a d'odieux; disant que d'après une autre tradueUon (qu'il a soin de ne pa» nommer] David^aurait eftiployé les habitants de ce pays aux travail dès scies , ^es herses de fer et des haches ; mais malheureusement le texte est ici formel.
complètement de tout ce péehé , afin qu*il sM plus blanc que la neige (Verset 9); promettant, de son côté, qy'k cette condition il chanterait ses louanges {Versets 15-17); mais qu'il ait été exaucé ou non dans sa prière , cela n'a pas empêché l'orgueilleux hypocrite de garder, au mépris des menaces de punition de Dieu,. la femme d'Urie, qui bientôt après lai donna Salomo^ pour second fils , que « (Éternel aima » (Verset 24).
L'Éternel pardonne ainsi en partie le crime de David , en faisant périr à sa place l'innocent enfant , fruit de ce lâche adultère; et ce roi, après quelques simulacres de repentir et quelques prières pour tâcher d'obtenir que cetenfant fût sauvé, cessa de suite ses prières quand il apprit qu'il était mort.
Quant k la punition dont l'Éternel avait menacé David même , elle no fut exécutée que plus de quarante ans après, quand son fils ABSG^AL0H, se révoltant contre lui , le déshonora ainsi par ordre formel de Dieu, en violant publiquement les concubines de son père (II. Samuel, Chap. XVI, 22) restées a Jérusalem , pendant que David fuyait devant lui. telle fut l'ignoble punition que la Bible dit que Dieu imposa à ce roi ; punition descendue jusqu'au plus honteux degré d'immoralité , dont on chercherait en vain quelque chose de semblable dans un ouvrage dit profane : mais tel Père tel Fils.
Au Chap. XIII se trouve un autre fait historique, qui peut seul faire pendant k celui dont il vient d'être parlé , et plus imn^oral encore s'il est possible , raconté jusque dans ses plus ignobles détails;, dont je crois devoir m'abstenir par égard pour le lecteur; une simple analyse suffisant pour en faire comprendre toute l'indignité.
Amnon, l'un des fils de David, s'étant épris d'un violent amour pourra propre sœur Tamar, la viQla lâchement, et la fit ensuite chasser de sa présence par ses valets; et quand le Père apprit cette infâme action , il se borna a une simple
colère bientôt passée. Mais Absghalom , le frère utérin de Tamar, forma le projet de la venger, et eut pour cela Thypocrite constance de dissimuler son ressentiment pendant deux ans , sans en parler ni en bien ni en mal à son frère , épiant le moment favorable à l'exécution de son plan , en simulant la plus froide indifférence à ce sujet. Enfin ayant un jour in* vite toute sa famille k une fête, il y fit assassiner Amnon au milieu du festin par ses gens , et s'enfuit auprès du Roi de Gueschur, où il demeura trois ans.
Plus tard , Abschalom , conspirant contre son père , leva une formidable armée, et marchant contre Jérusalem, força ce dernier de s'enfuir, accompagné seulement d'un petit nombre d'hommes qui lui restèrent fidèles , pour se réfugier au delà du Jourdain , où son fils le suivit de près. A^ant déjk atteint sa petite troupe en deçk de ce fleuve , dans les forêts d'Éphraïm (Chap. XVIII, 6) , l'armée d' Abschalom fut battue , malgré la supériorité du nombre , et lui-même tué dans sa fuite , où il resta suspendu par les cheveux aux branches d'un arbre.
C'est ici où se termine le récit, historique des Livres dits de Samuel , et où commencent les Livres des Rois , qui ne sont, au fond, qu'une espèce d'extrait des Chroniques qui suivent, et souvent même une véritable copie, commençant par l'histoire de David vers la fin de ses jours , et se terminant à l'époque de la Captivité des Juifs à Babylone.
§X. Livres des Aots, les Chroniques y le Livre d'Ezra^
celui de Néhèmia et d'Ester.
Au.Chàp. III de la première Chronique sont indiqués les enfants de David , avec les noms de leurs mères ; nomenclature qui ne s'accorde.pas avec ce qui a été dit, soit dans les Livres de Samuel, soit dans les Livres des Rois, Suivant le Livre H de Samuel, XII, 24, Salomon était fils de Bath- ScÉBAH , filles d'ÉLiHAM , et veuve d'URiE , tandis que d'après
h première Chronique, III, 5, sa mère se nommait Bethscua, fille de Hammiel. Si cette contradiction peut être attribuée h une différence d'orthographe et de prononciation , ainsi que cela arrive asse2 souvent dans Tancien hébreu , il n*en saurait être de même du second fils de ce roi , qui s'appelait KiLEAB, suivant Samuel (Chap. III, 3), et était fils d'ABi- GAÏL, tandis que d'après la Chronique, il se nommait Daniel, ce qui prouve une fois de plus que ces ouvrages ont éprouvé d'assez fortes variantes , dues sans doute h ceci, qu'ils ont été rédigés longtemps après les événements qu'ils rapportent, ainsi que les auteurs le disent eux-mêmes implicitement, ajoutant souvent que cette chose existe encore jusqu'à présent; et qu'ils ont écrit d'après des documents iiicorrects.
David étant devenu vieux , fit sacrer son fils Salomon Roi , pour régner après lui sur tout le peuple d'Israël , ainsi que sur les autres nations quMI avait soumises k sa puissance; et, prêt à descendre dans la tombe , il lui donna encore ses dernières instructions , liii recoÈumandant de vivre selon la volonté de TÉternel , en restant fidèle aux lois de Moïses ; mais sans oublier surtout de lui rappeler qu'étant en fuite devant Abschalom , un certain Scimhi , de la maison de Saûl, le maudit en lui reprochant son usurpation du trône et le sang qu'il avait fait verser; offense pour laquelle il lui avait toutefois personnellement pardonné , en lui jurant fnétne par T Éternel qu'il né l'en punirait pas; mais il recommanda k son digne successeur, qui n'avait pris aucun engagement k ce sujet, de ne point manquer de le faire périr (I. Livre des Rois, II); ce que Salonaon ne tarda pas à faire , en saisissant l'occasion de la première faute que commit cet individu, de s'être un instant absenté de sa maison^ que le roi lui avait assignée comme prison perpétuelle , et il le fit tuer par Benaia, son assassin attitré; homme digne de lui, qu'il avait élevé déjà avant au rang de général en chef de ses dirmées, k la place de Ioab, que ce saint roî , si réputé pour sa sagesse et sa justice , avait également fait assassiner par
le même meurtrier, ainsi que le lui avait commandé David sur son lit de mort. Or cet assassin le poignarda même par ordre de Salomon devant le tabernacle, où loab s'était réfugié comme lieu inviolable. Enfin le pieuK Salomon fit également assassiner, bientôt après son avènement au trône, son propre frère aîné Adoniia, pour lé soi-disant crime dé lui avoir demandé en mariage une jeune fille qu'on avait fait placer auprès de David pour le soigner dans ses derniers jours : c'est sans doute parce qu'il a voulu la garder pour luimême.
Salomon s'étant ainsi débarrassé , paf l'assassinat, de tous ceux qu'il avait à craindre, ne songea plus qu'à la puissance, et demanda pour cela k l'Éternel de lui donner la sagesse , ce qui lui fut accordé ; et comme il s'était borné à ne solliciter que cette unique faveur , Dieu lui en sachant gré , lui dit que, puisqu'il ne lui avait demandé ni richesses, ni une longue existence, ni la mort de ses ennemis ( avantage qu'il sut bien se procurer sans l'assistance divine), il lui donnerait encore la richesse et la gloire , afin qu'aucun autre roi ne régalât. Favorisé ainsi d'une manière toute particulière pair la toute-puissance de Dieu , il étendit bientôt tellement son pouvoir, que son empire s'étendit du fleuve de l'Euphrate au pays des Philistins, et du Liban aui frontières de TÉgypte. Mais quoique ce roi si sage et si pieux vécût selon la volonté de V Éternel , en observant rigoureusement les lois de Moïses , qui défendaient aux Israélites de s'allier en aucune façon aux idolâtres, cela ne l'empécha pas de s'allier au Pharaon d'Egypte , en épousant sa fille ; mais comme cela l'arrangeait, il sut se permettre , comme partout, cette petite infraction aux lois divines.
Salomon ayant fait bâtii* à Jérusalem un magnifique temple à l'Éternel, y déposa l'Arche d'alliance, ne renfermant que les seules Tables de la loi; et près de cette Arche sainte, furent placés les autres objets consacrés & Dieu. Tout étant ainsi disposé, le roi consacra ce premier temple élevé h la
636 THÉqLOGlE DE LA NATURE.
gloire du vrai Dieu,, en présence de tous les anciens des douze tribus , et autres chefs commis sur le peuple , et prononça, en le bé;iissant(GHAP. VIII), une sublime prière, digne des plus beaux temps du Christianisme , où il appelle la bé-
nédiction et la miséricorde de I^Eternel , non-seulement sur le peuple d*Israël, mais aussi sur les étrangers qui viendraient rendre hommage au vrai Dieu. C'est pour la première fois, dans TAncien Testament , qu'on trouve dans cette éloquente invocation l'expression de la grandeur infinie de l'Être Suprême ; Salomon disant , en nommant ce monument la maison de Dieu {Verset 27): « Mais serait-il vrai que Dieu habitât sur la terre? Voilà, les deux; et même les deux des deux ne te peuvent contenir , combien moins cette maison que fai bâtie ? » Mais pas un mot qqi fasse la moindre allusion k la vie future et à la béatitude étemelle des personnes qui, par leurs vertus, mériteraient la miséricorde de Dieu, et par Ik ce bonheur éternel, dont les Israélites dé ces temps reculés paraissent ne pas avoir eu idée. Ce que je dis ici parait d'autant plus probable que, dans la belle et dernière prière que David adressa a FÉtre Suprême , en appelant la, bénédiction sur son fils Salomon, qu'il venait de proclamer son successeur comme roi d'Israël, il dit ( I"* Chronique , XXIX , 15) : « i?« nous sommes étrangers devant toi , et des voyageur» cofnm^ tous nos gères ; et nos jours, sont comme V ombre sur la terre ^ et il ny a rien d'autre à. attendre. »,
Aussi ne. trouve-t-on dans la longue et éloquente prière de Salomon , ainsi que dans toutes celles rapportées , soit dans les Livres de Samuel , soit dans ceux des Rois ou dans les Chroniques , comme ayant été prononcées du temps de David et de son fils, même dans le Cantique, du reste trèsbeau , que le roi adressa à l'Éternel lors de ]a translation de l'Arche dans son propre palais (P® Chronique^ XVI, 23), rienautre chose que des demandes de bienfaits purement terrestres les plus matériels.
La prière de Salomon , dont je viens de parler , est répétée dans la II* Chronique^ VI, avec des variantes assez considérables ; ce qui arrive d'ailleurs pour un grand nombre d'autres passages encore, et prouve *que les auteurs de ces deux ouvrages, ou du moins Tun d'eux, les ont rédigés d'après des documents altérés , et laissent des doutes sur l'exactitude de leur texte ; et si , ainsi que cela est possible , le même historien a écrit le tout, il y a toutefois introduit, par négligence, une foule d'inexactitudes.
Suivant ce qui est dit ( I. Rois ,, III , 5) , Dieu avait apparu une première fois à Salomon à Gabaon , mais en songe seulement , ainsi que cela était d'ordinaire , pour lui annoncer qu'il le comblerait de sa bénédiction , lui recommandant de rester fidèle a ses commandement^. Il lui aurait ensuite apparu une secondé fois , après l'avoir eu rendu grand et puissant, mais toujours en rêve (Chap. IX) , pour lui rappeler ses bienfaits , et l'exhorter de nouveau à garder ses lois , lui promettant encore sa protection s'il restai fidèle à ses statuts ; le menaçant de déchirer son empire s'il lui arrivait de se laisser entraîner vers les faux dieux ; ajoutant toutefois , avec une singulière indulgence , que , dans ce cas même, il ne détruirait l'empire d'Israël qu'après sa mort, et cela uniquement pour l'amour de David son père ; condition où la Divinité est encore présentée, d'une part, comme un simple homme , trop bon par faiblesse , qui pardonne le vice par la bienveillance pour des tiers; et, d'autre part, comme un être injuste et mauvais , qui punit Tofilense qui lui a été faite en se vengeant sur des innocents ; tandis que cette Divinité continue d'accorder ses bienfaits à l'homme vicieux lui-même. En effet , Salomon étant arrivé au faite de sa grandeur, abandonna, malgré sa prétendue sagesse et sa piété, le culte de l'Éternel, pour s'adonner a celui des faux Dieux ; et cela non-seulement h un seul , mai« même à plusieurs à la fois ( Chap. XI, 5) , sacrifiant sur les autels de toutes les divinités païennes connues dans son vaste empire.
638 TsioLOCIS DB LA MATmifi.
C'est-h-dire que, dans ces temps de la plus haute aQtiqmté, ee qui malheureusement a eu lieu jusqu'à nos jours, TËtre Suprême a toujours été le jouet des caprices des hommes, qui lui promettaient fidélité taqt que cela pouvait leur convenir, et trahissaient ensuite leurs serments à toute occasion, égaleinent selon leurs convenances, sûrs qu'ils ge croyaient de recouvrer la bienveillance divine quand il leur plairait d'adresser à Dieu, du bout de leurs lèvres, quelques hypocrites prières, auxquelles le cœur n'avait du reste aucune part ; voire même de trouver le pardon de leurs péchés par la prétendue efficacité des prières d* autrui, de gens qîii, pécheurs eux-mêmes, n*en ont pas moins Forgueilleuse prétention de croire que leurs vœux , exprimés même mécaniquement avec le sentiment de la plus complète indifférence, doivent produire les effets les plus heureux sur les déterminations de la toutepuissance de rËtre Suprême , dont ils admettent que la justice vase plier k leur demande. C*est ainsi que nous trouvons souvent dans TÂncien Testament que des peuples entiers ont été les innocentes victimes de la malédiction de TÉternel , pour des péchés commis par les rois; et c'est ainsi , entre autres, que Tidolâtrie dans laquelle est tombé Salomon fut, suivant la Bible, punie après sa mort seulement , dans RoBOAM son fils , dont la majeure partie de l'empire fut enlevée par là révolte de dix tribus (I. Roi$ , Chap. XII) qui constituèrent le Royaume d'Israël, en élisant Iéroboah
pour roi ^ et établissant le siège de leur gouvernement d'abord à Sichem , puisk Samarie; tandis que les seules tribus à'Iehouda et de Beniamine , restées fidèles au fils de Salomon , formaient le Royaume d'Iehouda.
Mais quoique léroboam fût élu Roi par la volonté de VÊternel (Chap. XII, 24) , qui a voulu le démembrement du royaume de Salomon, ce roi ne tarda pas à tomber dans Tidolâtrie, énorme péché dans lequel ont ensuite persisté tous les rois ses successeurs, ain^i que tout le peuple jusqu'à la destruction de cet empire; idolâtrie ou léroboam fit
CHAPITRl XlV. 639
exécuter deux veaux d'or, qu'il plaça, l'un à Beth-el et l'autre à Daue , pour servir de Divinités aux Israélites ; leur persuadant que c'était là le Dieu qui avait fait sortir leurs ancêtres d'Egypte; mais en réalité pour empêcher le peuple d'aller sacrifier au temple de Jérusalem resté au pouvoir de Réchoboam (Ghap. XII).
Or Dieu voyant que $an élu léroboam était tombé dans ridolàtrie, Ten punit en faisant périr sa famille^ «n commençant par son fils qui mourut de maladie; tandis que lui» le vrai et Vunique coupable , régna tranquillement pendant vingt-deux ans sur son peuple.
Une série de dix-huit autres Rois, tous idolâtres, régna ensuite sans interruption sur Israël jusqu'à HosÉ, où ce royaume fut détruit par les Assyriens qui transportèrent ce peuple en Assyrie, où il resta jusqu'au delà de l'époque où les Livres des Rois furent écrite (II. RoiSt XYII, 23). Sous Achâb, le septième roi, parut Eli, le Prophète, qui ressuscita l'enfant d'une femme chez qui il demeurait; et s'adressant à cet effet à rÉtaro^l , il dit (I. Rois, XYII, 21) : < ... Éternel mon Dieu f je te prie qus l'âme de cet enfant rentre en lui. » Et l'enfant ressuscita. C'est la première fois qu'il est question dans l'Ancien Testament de VAme comme d'un Être vivifiant qui abandonne le corps au moment du trépas. Mous avons vu plus haut que, d'après Moïses , l'âme n'était autre chose que le sang , et que c'était en conséquence de cette idée qu'il avait défendu aux Israélites de manger du sang.
Quant au petit royaume d'Iehouda, il fut gouverné successivement par vingt rois, tous descendants directs de David, qui permirent souvent à l'idolâtrie de s'établir dans le pays^ au point que même le temple de rÉternel fut entièrement abandonné. Enfin, sous Sédécias, Nabucadnetsar, roi d'il^syrie, soumit également le reste de j'Empire de Salomon , pilla la ville et le temple de Jérusalem qu'il fit incendier, et transporta la majeure partie du peuple d'Israël à BABVLaNE , où il resta pendant soixante-dix ans en captivité*
640 THÉOLOQtB DB^ tA HaÏCRR.
Mais déjà longtemps avant, pendant la cinquième attnée du règne deRéchoboam, fils de Salomon, Sciscak, roi d*Égypte, avait pris cette vïlle et pillé son temple ainsi que le palais royal; et plus tard encore, tout le pays fut soumis aux Romains, qui n'interdirent pas toutefois aux Juifs d*exercer librement leur religion.
Ces trois événements, joints à celui de la prise de TArche d'alliance par les Pbilistins , sans compter les autres défaites si nombreuses que les Israélites ont essuyées dans les longues guerres qu'ils eurent à soutenir depuis leur sortie d'Egypte, prouvent, au delà de tout besoin, combien ))eu de foi Ton doit attacher h la soi-disant alliance appuyée de serments que l'Éternel avait, au dire' de Moïses et des Prophètes, conclue avec le peuple hébreu.
Pendant la durée du règne des deux longues séries de rois qui ont gouverné les royaumes d'Israël et dlehouda , il s^ëleva de nombreux Prophètes parlant au nom de l'Eternel , qui imposèrent leur autorité prétendue sacrée tant au peuple qu'aux monarques eux-mêmes ; prophéties dont le nombre s'éleva souvent à plusieurs centaines a la fois, qui, k Tinstar de Moïses et de Samuel, firent commettre, dans diverses circonstances, des crimes et même des massacres atroces; et cela toujours au nom de la Divinité dont ils se direut inspirés.
Durant tout le temps qu'ont existé les royaumes d'Israël et d'Iehouda , l'idolâtrie n'a , ainsi qu'il a déjk été dit , jamais cessé d'être le culte principal du premier de ces États; mais l'Eternel n'en continua pas moins, selon le texte, à la protéger, mâlgrél'obstination avec laquelle ses habitants ontrefusé d'observer ses lois ; et cela tout autant que le royaume dlehouda , où le culte du vrai Dieu ne fut que momentanément abandonné k certaines époques ; quoique en tous temps celui des idoles fût toléré. Enfin Aghaz, le douzième roi après Salomon , se livra lui-même k l'idolâtrie. Mais son fils Ezéghias rétablit le culte de l'Éternel qu'il exerça lui-même très-rigoureusement, et fit détruire tous les autels élevés k Bahal^ l'idole
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principale du pays , et même le serpent d'airain de Moines , auquel le peuple sacrifiait (II. Rois, XYIII , 4). Cependant , bien que ce roi fût un des plus fervents protecteurs du culte du vrai Dieu, son royaume n'en a pas moins été envahi par les Assyriens qui, sans entrer dans Jérusalçm, lui imposèrent, avant de se retirer, une^coniribution dé guerre tellement forte, qu'il fut obligé ,.pour y satisfaire, de dépouiller luimême le temple de TÉternel de tous les objets en or qu'il renfermait (IL Rois, XVIU, 14).
Or cet événement de la retraite des Assyriens qui avaient assiégé Jérusalem est tout autrement raconté au Livre de la IPChron., XXXII, 21, où il est dit que l'armée des Assyriens, loin d'avoir reçu une contribution de guerre, fut détruite par un Ange que TElernel avait envoyé, k la prière d'Ëzéchias qui avait imploré son assistance, et que le roi des Assyriens se retira tout confus dans son pays.
Mais malgré le bon exemple de la constante fidélité d'Ëzéchias au culte de l'Être Suprême , son fils Manàssé et son petit-fils Amon, qui régnèrent ensemble cinquante-sept ans, se livrèrent entièrement à l'idolâtrie , que le premier poussa jusqu'au point de faire élever dans le temple même dé Jérusalem un autel k Bahal. Ce qui ne s'accorde guère avec l'assurance quel'Éternel avait donnée k David ei k Salomon qu'il y habiterait toujours.
loscHA, suecédant k son père Amon, rétablit de nouveau le culte du vrai Dieu dans ses États , et cela non-seulement en faisant détruire tous les autels des divinités païennes , mais encore en faisant réparer k grands frais le temple bâti par Salomon , menaçant ruine. Ayant ordonné k cet effet les travaux nécessaires , le grand Prêtre découvrit le Livre de la loi de Moïses, qu'il remit au sacrificateur ScHAPHAN, en le chargeant de le porter au roi, k qui ce dernier en fit la lecture (IL Rois, Chap. XXII, 8, 10).
Ce passage prouve que la langue hébraïque n'était pas assez altérée alors pour qu'on ne pût comprendre ce Livre, u. 41
642 THBOLoi&IB DB LA NATURE.
écrïl près dé neuf cents avant, par Moïses. En effet , nonseulement Schaphan put le lire , mais encore le roi et même tout le peuple purent le comprendre (Chap. XXIII, 2).
Quoique les Israélites prétendissent que seuls ils -adoraient le vrai Dieu, j'ai déjà cité plusieurs j)assagés de l'Ancien Testament où il est formellement dit que d'autres peuples y croyaient aussi. On en trouve encore une preuve au deuxième Livre des Chr&n.^ Chap. XXXV, 21 , oùNéco, roi d'Egypte, dit à loscha que Dieu lui avait parlé et Vavait pris sirus sa frolection; d'où l'on doit nécessairement conclure qu'il ieiroyait h l'existence et au pouvoir de l'Éternel.
Mais quoique loscha eût de nouveau ramené tout le peuplé d'Iehouda au culte du vrai Dieu, et l'y eût maintenu rigoureusement pendant toute la durée de son règne de trente et iiii âîis , il le fit avec un zèle si violent et si cruel qu'il fit immoler et brûler les sacrificateurs de Ëahal sur leurs propres autels (II. aro., XXXIV, 5; II. ïtois, XXUÏ, 20 et 26). « Toutefois, T Éternel ne revint point de T ardeur de'sa grande 'coUre, qui s* était allumée contre lehouda, à cause de tout ce que Manassé avait fait pour V arrêter (Verset 26). »
27. « Car V Éternel avait dit : Je rejetterai aussi lehouda de devant iha face , comme f ai rejeté Israël; et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'ai choisie, et ta ihaisondelaqueUe fai dit: Mon nom sera là. » Et TÉternel ne prononça pas moins, suivant Tàuteur du deuxième livre des Roi5(CÊ[ÀP.XXIt, 16, ékfi. Chro., XXXIV, â4), cette malédiction, encore du vivant de ce roi , en appelant sur cette malheureuse nation tous les fléaux de la guerre, et jusqu'à son asservissement par les Assyriehs , qui transportèrent ce peuple à fiabylone , où il Vécut soixante - dix ans en servitude ; et cela, comme d'ordinaire , malgré la nouvelle alliance que loscha et tout Israël avec lui avaieiit contractée avec l'Éternel (II. Rois, Chap. XXIII, 3).
Or ces malheurs ne furent point appelés sur les vrais pécheurs vivant du temps de Manassé et d'Amon , ni même
sur les sujets de loscha, i^evenus au culte du vrai Dieu, mais bien sur leurs descendants, ainsi que le dit la Bible (Chap. XXIV). C'eât ainsi que Iéhoachaz, fils de loscha, fut dépossédé déjk après trois mois de règne, parNÈco, qui le fit transporter en Egypte , où il mourut , et nomma à sa place son frère Iéhoiakim , en lui imposant une forte contribution de guerre.
Après onze années de règne , ce dernier fut k son totir subjugué par Nébugadmetsar , roi A'As^rie , qui le fit conduire prisonnier à Babylonë, et ^fa fils Iéhoiakin, enfant de huit ans , qui lui succéda , ne régna que tt'ois mois , après lesquels il fut, comme son père, envoyé en captivité dans les États de Nébucadneisar , qui lui donna pour successeur Sédéciâs, parent du jeune roi. Enfin, Sédécias s'étant révolté contre son suzerain, celui-ci le fit également transporter là Babylonë , et , teWd fois , avec la majeure partie du peuple juif, en incorporant le royaume dlehouda dans son vastf empire. Il enleva tous les objets précieux du temple de Jérusalem et incendia bet édifice ainsi que toute la ville.
Cette mémorable captivité de^ Israélites dura jusqu'à la conquête de Babylonë par Gyrus , roi des Perses , qui permit non-seulement aUx Juifls de retourner dans leur patrie , sous la conduite de Zorobabel, jouais il dit lui-même (II. Chron., XXXVI, 23) : « V Éternel, le Dieu des deux, m^a donné tous leÈ roifaumies de la terte , et lui-même m* a ordonné de lui bâtir une maison à J&usàlemi qui est dans VIehouda. Qui est-ce d'tntte t)tnis , de tout son peuple , qui ê^y veuille employer? Que V Éternel siM Dieu soit avec lui , et qu'il monte. » Passage répété mot à mot danè le premier Livre d'Ezra, Chap. 1, 2.
D a déjà été parlé plus haut (pàge458 ) des Livres du Sacrificateur Ezra , qui étant revenu de Babylonë en Judée avec Zorobabel , continua avec Iérémia, déjà révenu de la captivité, k écrire Thistoire du peuple dlsraël. Nous avons vu que le Pentateuque ayant été perdu lors de Vincendie du
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temple de Jérusalem, Ezra le rétablit dit-on, de mémoire , et que c*est en conséquence cette reproduction qui constitue aujourd'hui Touvrage connu sous ce nom. J'ai fait remarquer aussi que, dans plusieurs.éditions de rAncien Testament il n'existait qu*un seul Livre d'Ezra, taudis que dans d'autres il y en avait quatre, le Livre de Néhémia é^ant considéré comme le second et que les deux derniers étaient regardés comme apocryphes ; Or c'est dans le quatrième qu'il est dit qu'Ëzra a rétabli tout le Pentateuque.
Le Livre d'EsTER> femme d'AssuÉRus, roi de Babylone , n'est qu'un épisode de l'histoire des Israélites pendant la captivité en Babylonie;.où il est dit que ce peuple devant être exterminé d'après un ordre secret de ce roi, qu'obtint de lui son ministre Hamân, la Reine, elle-même Israélite, sans que le roi le sût, lui fit connaître sa religion et sauva par là ses coreligionnaires en lui demandant de rapporter cet ordre.
Si donc les Chroniques et surtout les Livres d'Ezra étaient des livres révélés et par conséquent sans erreurs , Cyrus eût été roi de l'univers entier, ce que personne n'a jamais osé soutenir, et en outre il n'eût point été idolâtre, vu qu'il appelle YÊiernel le roi des deux; ajoutant même qu'il lui avait directement ordonné de rebâtir le temple de Jérusalem. Or ce qui prouve en outre combien sa foi en le vrai Dieu était grande , est qu'il commanda non-seulement qu'on reconstruisit cet édifice, mais il rendit encore aux Juifs tous les objets enlevés par Nébucadnetsar dans le temple de Salomon.
Il en est de même de Darius et d'ARTAXERXEs qui nommèrent l'Éternel le Dieu des ciev^ (Ezra, I" Livre , Chapitre VI, 9, 10; et Chap. VU, 12).
§ XI. Livre d'Iob.
Le Livre d'Iob , qui fait suite k celui d'Ester, est un Poème de morale religieuse, très-beau dans sa traduction et à ce qu'on dit, d'un stylesublime en hébreu, langue dans laquelle
il a été composé par un auteur resté inconnu. C'est Thistoire de rînfortune d'IoB qui, d'abord heureux par sa fortune , sa haute position sociale et sa famille, et agréable à Dieu par sa piété, est cependant livré par la Divinité à Satan pour le tenter par tous les tourments qu' il jugera à propos , sauf à ne pas le faire mourir (Chap. l, 7), dans le but de s'assurer du degré de fermeté de sa foi jusqu'alors inébranlable. On trouve ainsi encore ici, comme d'ailleurs dans tout l'Ancien Testament et jusque dans les Évangiles, sous les formes les plus diverses, cette déplorable pensée, que l'Être Suprême est la cause volontaire du malheur des hommes, persécutant ici sans pitié l'infortuné lob qui , privé de tout moyen de trouver justice ou grâce, est obligé de supporter ses tourments sans qu'il lui soit seulement permis de s'en plaindre, et cela, soidisant, dans le but de l'éprouver; ce qui suppose que Dieu, au défaut de l'omniscience qu'on prétend cependant admettre chez lui, emploie k plaisir les plus affreuses persécutions tant au moral qu'au physique, pour connaître les vrais sentiments de cet homme qui paraissait en avoir de bons.
Le poëme commence ainsi, Verset \ : « Ilyavaitunhomm$ au pays de Bats, dont le nom était lob; et cet homme était intègre et droit; il craignait Dieu ^ et se détournait du mal. •
Accablé tout à coup des plus affreux malheurs, tels que la perte de sa fortune, la destruction de sa famille, ensevelie sous les décombres de la maison où elle était réunie ; lob supporta avec courage cette double calamité, s'en rapportant sans murmurer à la volonté de rÉternel, devant lequel il se prosterna en lui rendant hommage.
Mais atteint enfin dans sa propre personne, dont tout le corps se couvrit d'ulcères, et se voyant abandonné de tout le monde, sa fortune ne lui permettant plus de récompenser ceux qui devaient le soulager dans ses horribles souffrances, il finit, sans se permettre toutefois le moindre murmure contre l'Être Suprême, par maudire le jour de sa naissance.
(^/est dans cette affreuse position que quatre de ses
aqiis, Philosophes et Moralistes, vinrent le visiter, et avec lesquels il eut une longue discussion sur Je droit qu*ils lui dénièrent d* avoir à se plaindre de ses so^ffrances; discussion où lob leur décrit non-seulement les douleurs atroces qa*il éprouve , sans qu*il p^isse se rappeler en quoi il a pu mériter un tel châtiment, mais encore il s*élève contre les hommes qui Tabandonnent dans cette affreuse situation; pensées que ses visiteurs réprouvent dans d'interminables sophismes , où sortant à tout instant de la question, ils tâchent de lui prouver que ses plaifites ne sont que V expression de son orgueil^ qui veut prescrire à la Divinité ce qu'elle a k faire , tandis que son devoir ^sX de se soumettre sans murmurer aux décrets de la Prqvidence.
L'un des visiteurs qui parle le dernier désapprouve ï la fois les raisonnements dlob et ceux de ses censeurs qu'il trouve également erronés , mais il arrive au fond de même , par de longues divagations , à conclure qulob , malgré ses intolérables souffrances , doit se soumettre, avec résignation et confiance, à la volonté du Très-Haut, dont il ne lui appartient pas de vouloir pénétrer les mystères.
EInfin l'auteur termine son poëme en faisant même interveiiir l'Éternel en personne, qui parle longuement de sa toute-puissance , ep décrivant entre autres deux animaux gigantesques, mais très-fabuleux, qu'il a créés, le Béhémoth et le Léviathan^ deux animapiL colossaux imaginaires, l'an terrestre et l'autre aquatique, qui n'ont jamais existé.
A la fin. Dieu revenant k sa miséricorde, délivre lob de tons ses maux, le rend plus riche qu'il n'a jamais été, et lui donne sept fils et trois filles, à la place de ceux que Satan a fait périr.
Or dans cette longue discussion, où Dieu ipéme parle à lob , jamais un mot de la vie future ; et si Job parle de Y Ame , c'est simplement coipme d'un être intellectuel vivifiant du corps (Chap. XII, 10), mais non pas comme devant persister après la destruction de ce dernier, disant (jChap.î, 21), en parlant de son trépas : « Avant que faille, pourn'en
plus revenir f dans le pays de ténèbres et d'ombre de la mort 5 » 22. « Dans le pays d'une obscurité semblable aux ténèbres de V ombre de la mort^ où il n'y a aucun ordre, et où il n'y a que Vhorreur des plus épaisses ténèbrçs. » Suivant lob» la punition du méchant qui a constammept été heureux, se trouve dans Taffliction de ses enfants (Cbap. XXI, IQ), c'est-à-dire qu'elle tombe sur des innocents.
§ XII. Psaum£$ de David.
Les Psaumes de David, pjacés dans l'Ancien Testament à la suite du Livre d'Iob' constituent un recueil de cent cinquante cantiques que ce roi poète a comop^é^ k la louange deTÉtre Suprême ; mais ils sont bien peu dignes dp lui être adressés, car ils n'expriment que l'orgueil, la présomption (Ps. XXXV, 24; XLV; LXXXVI, 2 ; CIX, 97i H3) (Bt surtout la haipe la plu^ cruelle coptre to.us les peuples ses voisins {Ps, CYIII, 8) , que dans son insatiable esprit de domination il qualifie partout de méchants et d'ennemis de Dieu, paf cela ^efil qu'ils se refusaient de se souomettre k sa puissance : partout il djeipaqd^ k l'Éternel de lui venir en aide pour les exterminer. Cest dans çeç péraes cantiques qu'il §e dit liii-niénae YŒnt et 1^ Saint de l'Être Suprême, dontilestaiméppur ses hautes perfections (Ps, XVI, 10;XVin,20, 2|, 5lf; le'd^fiantde lui trouver un défaut! !
Dans cette longue suite de Psaupies, David ne demande partout que l'anéantissement de ceux qui ne l'aiment pai^ (P^. LV, 16; Uy, 7;Lyi, 8; ÇX^III, ^2), aiusi gue ceilç des Nations qui ne connaissent point l'Être Suprême (Ps. LXXIX, 6, 12; L^OCXHI) ;' tapdi? 'qù|l prie pieu jle bien vouloir pardonner tcmte iniquité aux Israélites (LXXIX, 8, 11), et se pernaet fnêpie de gourmandpr TEternel de ne pas ravoir secondé dans telle occasion (Ps. XjLXXX) , allapj jusqu'au point de lui reprocher son nianque de foi (Ps. LXXXIX, 39, 41), reproches d'autant plus saillants que,
dans le même Psaume (Versets 3-5; 20-38), il débite longuement toutes les promesses et même les serments de fidélité que Dieu lui avait faits de le protéger à jamais.
Rappelant ainsi k TÉtre Suprême tous ses engagements auxquels il a manqué , il lui demande , et le somme en quelque sorte de revenir à sa fidélité ( Psaumes LXI, 3, 9 ; CXIX, H6); promettant de son côté de le louer, s'il le délivre de ses ennemis (Psaumes XXII, 23; XXXV, 28; LI, 15-17; LVI, U ; LXXX, 19 ; CXVI , 1 ; CIX, 134).
Dans toutes ces hypocrites prières , qui cadrent fort mal avec la conduite scandaleuse et la cruauté de David , ce dernier ne demande pas à être simplement pardonné, mais bien là être tellement purifié aux yeux de TÊtre Suprême , qu'il soit plus blanc que la neige (Psaume LI, 9-11); c'est-à-dire de passer tout bonnement, comme on dit vulgairement, l'éponge sur tous ses péchés, sans qu'il ait besoin de réparer un seul de ses torts ; parlant ainsi toujours k Dieu comme k un homme qu'on peut tromper, en lui faisant toutes sortes d'hypocrites protestations d'amour , de fidélité et de dévouement, dans l'espoir d'obtenir quelque faveur.
En thèse générale , tous les Psaumes de David n'expriment au fond qu'un seul vœu, celui de la possession de toutes espèces de biens matériels , tels que la domination sur tous les peuples , et par conséquent leur soumission à sa puissance ; sans oublier toutefois des biens plus vulgaires, comme les richesses en bœufs, brebis, graisse, fruits (Psaume CXLIV, 13); tandis que nulle part il n'est question de la vie future , k laquelle il paraît que David n'a point cru ; c'est du moins ce qui semble ressortir du Psaume LXXXVIII, 11, où il dit : « Feras-tu un miracle envers les morts, ou les trépassés se reléveront-ils pour te célébrer? Selah. »
12. c Annoncera-t-on ta bonté dans le sépulcre^ et ta fidélité dans le tombeau ? »
13. « Connaîtra-t'On tes merveilles dans les ténèbres, et ta justice dans le pays de T oubli? »
Bien que plusieurs théologiens aient cru reconnaître dans plusieurs de ces Psaumes des prophéties de la venue de Jésus-Christ et de son Église, il m'a été au contraire impossible d'y remarquer la plus légère trace d'une simple allusion.
Quant au Psaume LXXXVII , où sont exprimées des lamentations des Juifs captifs k Babylone , et qu'on a également voulu considérer comme une prédiction de ce qui est arrivé plusieurs siècles après, sous le règne du vingtième roi , successeur de David , il serait possible qu'il eût trait k des prisonniers du temps de ce dernier; mais il est plus probable encore que ce Psaume est purement interpolé , et composé après la célèbre captivité sous Nébucadnetsar , vu que , d'une part , ce Psaume n'est pas , comme la plupart des autres , formellement indiqué comme étant de ce roi-poëte ; et , d'autre part, il est rédigé de manière k être une véritable absurdité, chantée par des gens qui ont vécu quatre cents ans avant l'événement.
§ XIII. Proverbes deSalomon^ VEcclésiaste et le Cantique
des Cantiques.
Les Proverbes de Salomon, placés à la suite des Psaumes de David , forment un recueil de sentences morales , adressées par un père k son fils, dans lesquelles il y a de nombreuses redites , où le sens est souvent fort difficile k comprendre, et dans beaucoup de cas il n'y en a même pas du tout-, et ici comme ailleurs , pas un seul mot qui fasse la moindre allusion k l'immortalité de l'Esprit, quoique l'occasion d'en parler se soit fort souvent présentée.
Dans le Livre suivant, où Salomon prend le nom d'EccLÉsiASTE , il fait lui-même largement l'éloge de sa propre sagesse ; énumère toutes les jouissances qu'il s'est données , et conclut que tout cela n'est que vanité , vu qu'en mourant on est obligé de tout abandonner k d'autres ; ajoutant (Chap. III, 12) : « C'est pourquoi fai connu qu'il nest rien de
meilleur entre les hommes , que de se réjouir et de bien faire pendant sa vie. »
13. ((Et même, quç chacun mange et boive ^ et qu'il jouisse du bien de tout son travail: c'est un don de Dieu- »
Il trouve qu'en toute chose il p'y a pqint de différence entre Thomme et la bête. Verset 19. « Telle qu'est la mort de Vun, telle est la mort de V autre , et ils ont tous un même souffle, et r homme n'a point d' avantage sur la btte ; car tout est vanité. )»
20. « . . . . Tout a été fait de la poudre , et tout retourne dans la poudre, »
21 . « Qui est-ce qui connaît si T esprit des hommes monte en haut^ et si V esprit de la bête descend en bas dans la tçrre?i>
22. « J'ai donc connu qu'il ny a rien de meilleur à V homme que de se réjouir en ce qu il fait; parce que c est là sa portion; car qui est-ce qui le ramènera pour voir ce qtfi sera après lui? »
Conclusions répétées, après un plus ample examen, au Chap.XIII,15; IX,7.ip.
On voit que le sage Salomon était passablement sensualiste, qu'il doutait très- fort que l'Esprit allât après la mort quelque part que ce soit, et que par ses hautes ètu4e^ phUosophiques il est arrivé au résultat que le ijfiieux était de bien jouir de la vie.
Au dernier chapitre toutefois , Verset 9 , il parle de V Esprit qui retourne après la mort à Dieu qui Ca donpéy en ajoutant au Verset 16 : « Car Dieu fera venir en jugement tout ce qu'on aura fait, avec tout ce qui est caché , soit bien , soit maL » Or cela ne prouve en rien quQ Salomon crût a ce qu'on nomme la vie future, mais simplement que rjEsprit ne périssait point, et très-probablement, (ju'il était employé k vivifier un autre Être, ainsi que le croyait aussi pYTHAGORAs. Quaut à la dernière phrase citée , elle exprime uniquement la pensée, déjà souvent émise ailleurs, que Dieu récompense ou punit les hommes dans cette vie du
bien ou du mal qu*ils opt fait ; car s'il avait cru à la Béatitude après la mort, il D*eùt pas si bien recommandé le çensualisme; et il valait bien la peine qu*il en dit un Hiot.
Mais ce qqj pst le plus fort de tout c'est le Cantiqw des Çanfique^ de Sfilof^on , chanson erotique d'une compositipo fprt peu élégante , un peji (}e mauvais genre et telle qu'oo i]i'o§erait gqère en faire aujourd'hui ; le tout en forme d'uiie espèce lie dialogue entre deux amants ; chanson qu'on n'a Cjspendant pas. craint de comprendre au nooibre des Livres sacrés révèUs , et dans laquelle des théologiens k imaginatiqp un ppu trop complaisante ont même trouvé, du moin^ dans certains passages , Texpressio^ prophétique de ramqqi: réciproque de Jésus-Christ et de sop |)g!ise; je dis dans quelques passages , car pour le coup tout ne $e prêterait d'aucune façon à i^ne semblal^le interprétation, pu d'ailleurs pas up mot ne saurai^ être copsidéré cppiiine faisant j^ moindre allusion à la doctrine chédepne.
§ XÏV. Livres des Prophètes Iésct\qfia , lérémia , Ezéchiel , paniel^ loël, Amos^ Abdias^ lonas. Mischa^ NahtinjLy ffat^amc , Sophaniciy ^agga^, Zffcfiaria et Mèlaiiq. .
Dans le Prophète léschaïa (Esajie), qui vécut sous les ;règnes de Hozi^s , de lotham , 4'Achaz pt d'Ézéchias , du dixième ^ quatorzième Roi d'Iehouda, successeur de Salomon et q^i se disait inspiré de Dieu > ^^ comii)enCja à trouver quelques principes d'une philosophie un peu plus relevée. Dès son premier chapitre il fait parler TÉteruel tout autrement que ne Pont fait parlpr Moïses et s^s successeurs; disant, au Verset H , « Qu'ai-je à faire ^ dit V Éternel ^ de la multitude de vos sacrifices? Je suis rassasié d'fiolocaustes de moutons ^ et de graisse de bêtes grasses; je ne prends point de plaisir qy, sang des taureaux , ni des agneaux , ni des boucs, »