‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 58 sur 58 · n Et il se maintiendra , et il gouvernera par la force de · texte numérisé non relu

n Et il se maintiendra , et il gouvernera par la force de

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V Éternel y et avec la ma^gnificence de nom de V Éternel son Dieu, Et ils reviendrotU; et maintenant il sera glorifié jusqu'au bout de la terre ^ -et c'est lui qui fera la paix* »

Le nom de la ville de Bethléhem, où est en effet né Jésus- Christ, a fait penser que c*est de lui que Mischa a parlé; mais il est bien évident qu'il &'agit ici d'un chef politique, et non d'un chef spirituel, puisqu'il est dit qu'il sera dominateur en Israël ; or Jésus*Ghrist n'a jamais eu de pouvoir sur le peuple juif, qui l'a au contraire persécuté et mis à mort.

Le prophète Nahum , qui s'élève contre les vices des habitants de Ninive, qu'il menace de la punition de rÉternel, commence par un éloquent exposé de la majesté et de la toutepuissance de Dieu; exposé auquel on ne peut reprocher que les paroles de violence, de colère et de vengeance qu'il met, k l'instar de tous les anciens Hébreux, dans la bouche de l'Être Suprême , paroles si contraires aux attributs de bouté et de miséricorde de Dieu , sur lesquelles est fondé tout l'espoir que les hommes peuvent avoir pour le pardon de leurs fautes.

Habacug , plus moraliste que prophète , adresse de fort belles prières k l'Éternel, pour appeler ses bienfaits et sa miséricorde sur le peuple, et faisant beaucoup moins que les autres prophètes parler l'Être Suprême , il lie lui prête pas non plus des paroles aussi contraires a sa sublime bonté, mais il s'élève fortement lui-même contre les vices de tous les peuples, qu'il menace de punition.

SoPHANiÂ, au contraire, prophétise en annonçant, comme les autres prophètes , les plus terribles vengeances que Dieu exercera contre tous les peuples , pour les punir de leurs vices , et les exhorter k la repentance.

Haggaï , qui prophétisa après le retour de la captivité , reproche aux Juifs leur négligence k rebâtir le temple de Jérusalem, et prédit la gloire de ce nouvel édifice , mais tout cela dans un style un peu obscur et exagéré , faisant dire à TÉternel ( Chap. II , 6 ) : « Encore une fois , et ce sera dans peu

de temps , f ébranlerai les deux et la terre ^ et la mer et le sec. « Ce qui n'est point arrivé : mais c'est là une de ces figures dont les Hébreux faisaient un si grand usage , ayant seulement le tort de prêter ces expressions k la Divinité.

Zâgharia prophétisa à Jérusalem également après le retour de la captivité. Les premiers chapitres de son Livre ne renferipent que des descriptions de songes qu'il désigne , sous le nom de Visions^ et qu'un ange, présent k ses visions, lui expliqua, mais de façon à y comprendre fort difficilement quelque chose de raisonnable. Les chapitres suivants sont des exhortations au peuple , et des promesses que Dieu fait aux enfants d'Israël de les reprendre sous sa protection.

Le reste du Livre deZacharia n'est qu'un galimatias de prophéties où il est impossible de découvrir une idée. On a voulu y voir des allusions au messie , tandis qu'avec la meilleure volonté du monde , il est bien impossible d'en trouver la moindre trace.

Enfin Mélakia, le dernier prophète des Hébreux, commence, pour engager les Israélites k suivre les préceptes et les lois de Moïses , par faire dire k Dieu (Ghap. 1,2): « Je vous aime, a dit V Éternel. Et vous avez dit : En guot nous as'tu aimés ? Êsaii n'était-il pas frère de lacob ? dit V Éternel. Orfai aimé lacob. »

3« « Mais faihdi Ésaii^ et fat mis ses montagnes en désolation , et exposé son héritage aux Bradions du désert. »

4. a Que si Édom dit : Nous avons été appauvris, mais nou^ retournerons , et nous rebâtirons les lieux qui ont été détruits , ainsi a dit V Éternel des armées : Ils rebâtiront \ mais je les ruinerai ^ et on les appellera : Le pays de méchanceté , et le peuple contre lequel V Éternel est indigné pour toujours. »

Or c'est ainsi qu'au moyen d'une cruelle injustice envers Ésaû et ses descendants, dont le prophète prête l'expression k rÊtre Suprême, il veut exciter la reconnaissance des Juifs envers Dieu. Plus loin il reproche au peuple de IL 43

n*offrir à rÉternel que des sacrifices impars, et de ne point s'acquitter consciencieusement des dîmes dues aux Lévites; et ajoute des menaces envers les sacrificateurs qui tolèrent une semblable iniquité, en leur disant (Ghap. II, 3) : < Fotct, je vais maudire votre postérité, et je répandrai sur vos visages la fiente de vos victimes , la fiente de vos sacrifices , et elle vous emportera avec elle. » Expressions ignobles que Malakia a Tinconvenance de prêter k l'Être ^Suprême. A ces prescriptions et menaces , le prophète ajoute ensuite quelques préceptes de morale et exhorte les Juifs à revenir k rEternel qui , dans ce cas , leur offrait de nouveau sa bonté protectrice.

Encore ici les Théologiens ont voulu reconnaître des prophéties relatives à l'Évangile et au Messie, tandis que pas un mot ne fait allusion ni k l'un ni a Fautre.

C'est ici que se terminent les Livres canoniques des Hébreux ou V Ancien Testament, En résumant l'analyse qui vient d*en être faite , je rappellerai que la Genèse , qu'on donne comme Thistoire de la création et des premiers âges du monde, n'est en réalité, ainsi que je l'ai fait voir, qu'un Poëme analogue k Y Iliade et k \ Enéide , dont elle a tous les caractères ; et si Ton ne veut voir dans tous ses récits impossibles , des allégories et des emblèmes , que chacun peut expliquer k sa façon , en d'autres termes des Mythes^ ce que je pense aussi , qu'il ne soit du moins plus question k son égard d'ouvrages historiques , et bien moins encore d'un Livre dicté k son auteur par l'Intelligence divine, qui lui aurait révélé ce qui s'est fait depuis le commencement de l'univers.

Quant aux autres Livres attribués k Moïses et k tous ceux des historiens ou Prophètes qui ont écrit après lui , Livres d'une forme plus réellement historique , ils sont encore tellement chargés de faits matériellement impossibles par eux-mêmes ou en contradiction si manifeste avec d'autres rapportés par les mêmes écrivains , qu'il est également im-

possible de considérer ces ouvrages comme ayant été inspirés, ou en d'autres termes , dictés par la Divinité qui n'est que vérité pure; impossibilité évidente qui ressort en outre, avec tout autant de clarté, des actes et des paroles révoltantes , et souvent horribles, que Moïses et les prophètes prêtent à TÊtre Suprême ; expressions que la plus faible foi en la bonté, la justice et la miséricorde de rÉternel doit faire repousser avec indignation , comme d'affreux blasphèmes dont ces hommes n'ont sans doute pas compris toute la portée.

Ces faits étant contraires k toute Religion ayant pour base la croyance dans la perfection de Dieu , j'ai dû m'attacher, dans le cours de cet ouvrage, k prouver par des démonstrations irréfragables que l'Ancien Testament n'offre en rien le caractère sacré qu'on veut lui donner , et qu'il n'est au fond qu'un ouvrage purement historique chargé de Mythes, et surtout de fausses prophéties dont pas une ne s'est accomplie; mais avancées toutefois dans l'intention louable, sans doute, de maintenir le peuple dans ses devoirs envers le Créateur, source de tous biens.

Or le sentiment de la foi la plus absolue que j'ai acquise dans la sublime perfection de Dieu, ne me permet point d'admettre comme vrai le plus simple fait qui puisse , par la conséquence la plus éloignée, être en contradiction , soit avec l'idée de l'existence du Créateur, soit avec ses attributs irréfragablement prouvés , sur lesquels seuls doit être fondée Tunique Religion digne de rallier tous les hommes dans les mêmes sentiments d'admiration , de reconnaissance et d'amour pour leur Créateur, en lui offrant du fond de leur cœur le vrai culte qui puisse lui plaire, celui de l'expression du plus respectueux dévouement dont leur esprit est pénétré envers Sa Majesté Suprême le bienfaiteur de l'univers.

Ce n'est que par cette foi inébranlable, basée sur des preuves évidentes], qui sans pouvoir blesser la conscience

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