‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 57 sur 58 · TT · texte numérisé non relu

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Je viens de faire remarquer qu*Ézéchiel habitait comme captif la Ghaldée , et c'est (fans ce pays qu'il prophétisa l'avenir aux Juifs de la Judée , éloignés de plus de cent cinquante lieues ; mais ce qui est plus curieux encore , c'est qu'il leur prophétisa à cette distance, en visions, par de simples rêves (Chap. VIII à XI) , ce qui devait être excessivement iùstructif pour eux. On ne comprend pas facilement comment on a jamais pu attacher une idée sérieuse k de semblables écrits.

Dieu dit, au Chap. XXXIV, 22 et suivants , qu'il sauvera son troupeau, lui donnera David pour pasteur, qui le paîtra lui-même en régnant en Prince sur lui. Or les théologiens ont pensé qu'il s'agissait ici de Jésus-Christ ; mais ils se sont bien évidemment trompés ; car si Jésus-Christ a été descendant de David, il n'était donc pas le fils de IHm^ ainsi qu'on le prétend ; et d'ailleurs, loin d'avoir été lui-même le pasteur du peuple juif, le soi-disant peuple de Dieu^ ce peuple l'a au contraire repoussé en le faisant mettre à mort, de manière que jamais il n'a régné sur lui, ni au temporel ni au spirituel.

Au Chap. XXXVII est encore racontée une vision où Éeechiel vit de nombreux ossements se couvrir de chair et revivre ; et l'Éternel lui dit que c'est ainsi qu'il ressucitera un jour toute la maison dlsraël qui habitera toujours en paix le pays donné k lacob, et que David régnera à perpétuité sur elle. Or on a voulu voir là la promesse de la résurrection des hommes en chair et en os.

Mais si cela était vrai ce ne seraient donc que les seuls Juifs qui ressusciteraient ainsi , si toutefois cela était physiquement possible , et tous habiteraient une contrée fort peu étendue pour le nombre immense qu'il y aurait à la fin. Extravagance pardonnable à Ézéchiel qui rêvait.

Les prophéties de Daniel ressemblent un peu plus à de l'histoire que celles de lérémia et surtout d'Ézéchiel.

Daniel , fort jeune encore , était au nombre des Juifs qui furent déjà , du temps de léhoiakim , transportés en capti-.

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vite à Babylone par ordre de Nébueadnetsar , et fut choisi avec trois autres jeunes Hébretix pour être élevé dans le palais de ce roi.

Mébucadnetsar et son fils Belschatsar , ayant fait divers songes que personne parmi les Cbaldéens ne put interpréter, on s'adressa pour cela |i Daniel qui en donna la signification à la satisfaction de ce^ puissants monarques , qui , pour le récompenser, rélevèrent aux plus grandes dignités du royaume. La première épreuve de son savoir, w ce genre, a consisté à expliquer au premier lin rêve guHl ne »e rappelait pa$ lui-même (Ch4|>. II, ^). La seconde fois, il lui dit que ^on rêve signifiait que malgré aa grande puissance il serait cbassé du trône , f^w^\ réunit ^ manger Therbe des champs comme un Bonf , ve^m qu« plus tard il serait rétabli dans tout son ppuvoir ; ^t aela arriva ep effet un jour où il entendit une voix du 6Ù4 qui lui annonça sa chuta , et à l'instant même C0 grand (shangement s'ppéra en lui ^ns qu'il soit dit dans la Bibls pa^* qii^l ennomi il fut ainsi

détrôné; mais Nébucadpetsar en dpnq^ le mot, disant (Ch4p. IV, 34, 36) qu0 sou iw5 Im étant retenu ^ il fut de nouveau investi de toute aa puiaaance» c'oat-k-dire que penr dant quelque temps il fut fou-

Ce mpme roi ayant fait conatimire une atatue d'or (et non dorée seulement) de soixante ooudées de bautepr, pour servir d*idole, ordonnai squs peine de mort, qun tout le

monde se prosternât devant elle ; pr les trois compagnons de Daniel a'étant refuaéa de lui rendre cet hommage , Néhucadnetsar les fit jeter tout vif^ dans une fournaise ardente , ou ils furent garantis de Faction du feu par un Aqge qui s'y trouva avec eux. Ce miracle ayant achevé de convaincre ce souverain de la toute-puissance du Dieu des Hébreux , il fit sortir les troi^ jeunes hommes , les éleva en digpité , et fit défendre dans tous ses Ëtats de dire le moindre ipal du Dieu qif'ils adoraient.

p^Rius , m 4^ Persfifi et d' Aasyf ie , établit Danfel comme

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gPDverDeur d'u»a grande partie de ses vastes États. Cette faveur ayant excité la jalousie de plusieurs personnes mar« quantes, elles cherchèrent à le perdre, en l'accusant auprès du roi de servir un autre Dieu que celui des Mèdes, contrairement au^ lois très- rigoureuses de ce peuple k ce sujet; €it forcé de eéder par là à leurs instances , il fit jeter Dapiel daps une fosse w% Lions, où il resta jusqu'au lendemain sans que ces animaux lui fissent le moindre mal. Cette gpfinde preuve de protection dont le Dieu des Hébreux couvrit Daniel, ayant prouvé à Darius que TÉternel était en réalité la seul Dieu tout-^puissant, il fit sortir le Prophète du lîqu où on l'avait enfermé , et y fit jeter k sa place , av^c tQute^ leurs ft^milles, ceux qui l'avaient accusé, et les Lions las dévorèrent sur-le-champ. Mais le roi ne s^arréta pas h cetta grâce; il ordonna, par un édit, que, dans tous ses vastas États on aùt k craindre et k respecter le Dieu des Hébreux (CuiP. VI, 86),

Aux CnAP. Vil et YIH ^ont racontés des soqges f^ntas? tiquer que Daniel a aua, et dont il applique l'explication aux événements de ce temps-là . •

l.e Chap* IX est une trè&Thelle pri^e que ce Prophète adresse à l'Être Suprême , en faveur de Jérusalem dont ii demande le pardon.

Aux Versets S5 et S7, il parle de la Venue du Chrisv, que TApge Gabriel lui annonça, mais de telle façon qu'il est impossible de l'appliquer k Jésus. Encore faut-il paveir quelle idée Daniel a attachée au nom de Christ , pris de la langue grecque.

Voici le passage 2 Ysrset Sa. a Tu sauras àono et tu Ven^ tmdrq$9 que depuis que la parole wa $oftie, pour s'en rettourner et pour rebâtir Jérusalem , jusqu'au Christ le conàu^r l#ur, il y a sept semaines et sei^oanteydeux semaines ; et la place et la brèche s^ont rebâties dans un temps fâcheux. »

26. « Et après ces saiwanterdeux semaines , le CJirist sera rei/ranehij et p6n|i<u pour so\i puis le peuple d'un conéuth

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teur qui viendra ^ détruira la ville et le sanctuaire ^ et la fin en sera avec débordement ^ et les désolations qui ont été déterminées arriveront à la fin de la guerre. »

27. (( Et il confirmera ï alliance à plusieurs , dans une semait^; et la moitié de cette semaine -là, il fera cesser le sacrifice et Voblation ; puis par le moyen des ailes abominaJbles , qui causeront la désolation jusqu'à V entière ruine qui a été déterminée j la désolation fondra sur le désolé. »

Le mot Christ ou Oint parait beaucoup mieux js'appliquer à Zorobabel , qui ramena les Juifs dans leur patrie. Enfin la dernière partie du Verset S7 est tout k fait obscure. Cette opinion est d'autant jdus probable, que Daniel prophétisa encore du temps de Cyrus (Chap. X, i), qui permit aux Juifs de retourner en Judée , sous la direction de ce descendant de David , et qui fut témoin de ce grand événement.

Les Chap. X et XI sont le récit de visions qu'eut Daniel, mais dont le sujet est exclusivement relatif à des événements politiques qui devaient s'accomplir ; le tout raconté d'une manière fort obscure , prédisant du moins des faits qui n'ont pas eu lieu.

Au Chàp. XII et dernier, Daniel parle de la résurrection d'un certain nombre de morts, disant : Verset 2. « Et plusieurs de ceux qui dorment dam la poussière de la terre se réveilleront^ les uns pour la vie éternelle , et les autres pour dèis opprobres et une infamie éternelle. i> C'est la première fois qu'il est parlé dans l'Ancien Testament , k part du rêve d'Ézéchiel, d'une résurrection de la chair ^ et d'une vie à venir éternelle pour ceux qui se réveilleront y mais non d'une résurrection générale de tous les hommes, ainsi que l'admettent le$ Théologiens ; sans doute, d'après cette prophétie, quoique ce soit en lui- même un fait physiquement impossible ; la substance de chaque individu , passant après la décomposition de son corps , successivement par une foule de transformations , dans la composition d'autres Êtres nouveaux , et , par suite , dans celle des corps d'un nombre plus ou moins

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grand d'hommes ; il en résulte que la même molécule, et en conséquence la mime chair ^ ne saurait appartenir k tous , après cette résurrection prédite par Daniel. Encore cette vie future dont parle le Prophète , serait semblable à celle dont jouissent les hommes actuellement sur la terre ; et ce n'est point Ik la Béatitude ou la vie éternelle de VEsprit au sein de FËtre Suprême , que la plupart des peuples admettent après la mort du corps; croyance qu'on ne trouve , ainsi que je l'ai souvent fait remarquer, nulle part dans l'Ancien Testament, et enseignée pour lu première fois par Jésus-Christ notre sublime Sauveur.

Le Livre d'OscHEA , Prophète qui vécut du temps de Hozias, et d'Ézéchias, commence par le conseil que lui donna V Éternel d'épouser une femme débauchée ; et un peu plus loin (Chap. III), il lui conseilla en outre d'en prendre une seconde qui fût adultère , afin d'avoir des enfants des deux ; et tous les premiers Chapitres roulent sur cet ignoble sujet, dans lequel l'auteur a voulu sans doute faire quelque allégorie, mais qui est toutefois du dernier mauvais genre. Le reste des Livres d'Oschea n'est qu'une suite de lieux communs, déjà mille fois répétés ailleurs, de menaces contre les Israélites pour leur infidélité envers l'Éternel , et surtout contre Éphraïm.

Les prophéties de Ioè'l , qui ne forment que trois chapitres , commencent par la prédiction d'une grande famine , pour faire peur aux gens , puis l'auteur engage les Israélites à s'amender pour reconquérir la bienveillance divine, leur promettant que Dieu punira les peuples qui ont contribué k leur dispersion.

Le Prophète Amos commence par menacer successivement de la dévastation par le feu tous les pays des Syriens , des Philistins, des Tyriens, des Iduméens, des Hammonites, des Moabites , de lehouda et d'Israël , pour les punir de leurs crimes.

Au Chap. IY, Dieu rappelle tout le mal qu'il a déjk fait.

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sans t}U'on ire sbit converti , et ainsi de suite, Dieu détaillant io\ïi les tnaiix qU'H fera Vftnîf sur le peuple, et ôelâjusqu aut plus absuNëë, tels ^uë té\û\ dé faire èàucher le è'oleil erl phiinmidi{CMP,yi\l,^).

Le Pn^phètè Aèdias n*à laissé qu'uil écrit fdriiàant ttii âeul Châ^itfè, où il prédit, d'après Une vision qu'il a eUe, divers malheurs, dont Dieu a menacé le Royaume d'Ëdom; mais qui li*dflVe du festé aucttn intérêt.

Quant aU soi-disant Prophète Ionas , dbut tout le mondé connaît là Àirigulièk*e àventui^e ^ùi lui eki arrivée , suivant spn dire, d'avoir séjourné pendant trois jours dans le Ventre d'un animal uiàHtl , qu'on disait généralement avoir été une Baleine, mais dont on a fait pluâ tard UU Poisson, sans doute un Requifi ,* TAnâtoniie comparative prouvant que les Baleines ne peuvent avâlet que des àtiimaut extrêmement petits. Mais quoi qu'il On sOit, toute cette hisloife n'est évidemment qu'une pure iriVëntiob mal fealcUlée dé lonas, qui, en résumé, n'a été, d'après ce qu'il à dit lui-même, qu'un faux Prophète ; sa prédiction né s'étanl pas accomplie. En effet, il dit que là voix de rÉtëruel lUl fut adressée, lui ordoUnant d'aller à Nînive , et de crier dans lei§ rueâ que la fin jprochàine de cette ville devant arriver, èes habitants avaient k se repentif de leurs péchés. Mais au lieu d'obéir à la volonté de Dieu , il s'enfuit à Târscls, m è^embârqua sur utt navire, dans l'espoir d'échapper k sa vocation.

Or Dieu , pour le forcer h lui obéir, fit élever une telle tempête , que les hommes de l'équipage , craignant de faire naufrage, cherchèirènl la cause de Ce malheur, et ayant découvert que c'était la présence de louas parmi eux , ils le jetèrent tout simplement par -dessus le bord, où il fut k l'instant avalé par le gigantesque poisson dans le corps duquel il fit , sans autre inconvénient, pendant trois jours, de salutaires réflexions sur sa désobéissance k la volonté de l'Etemel (Chap. II), qui , ayant eu pitié de lui , le fit vonair sur la plage par le poisson , sans que celui-ci lui fit le moindre mal. Cette

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histoire extraordinaire pouvait être tôniéé à des gcod qui ne savaient pas ce qtt'ëtalt une Baleine ou un Requin , ou tout autre animal capable de pouvoir manger liU homme sans lé mordrts. Mais lonas , qui sans doute n'était pas Naturaliste, n'a pas pensé qu'on pourrait lui demander comment il à res^pire pendant ce long espace de temps dans l'estomac d'un animal , où il n'y a jamais un atome d^àii* respirable, événement d'autant plus difficile à croire que le Requin , car ce ne pouvait être que ça , ne manque pas de donner quelques terribles coups de dents k sa proie, surtout lorsqu'elle est du volume d'un homme. Mais laissons là le miracle , quelque grand qu'il soit. lonas, revenu sur isette terre, se rendit enfin , suivant Tordre qu'il dit avoir reçu , a Ninive , criant partout dans les rues que dans quarante jours la ville serait renversée ; et les habitants effrayés firent par là si bien pénitence^ que Dieu, touché de leur affliction (Chap. III. 10), « ...i se repentit du fftal qu'il atati ditqu'U Uut ferait ^ et ne le fit point. x>

(Chap. IV, 1) ce Mais cela déplut extrêmement à lonas ^ et il en fut fbrt affligé, » d'avoir prédit j OU plutôt de n'avoir pas prédit la vérité ; condition k laquelle tout le monde peut être tout aussi savant Prophète que lonas.

Le prophète Mischa ^ qui vécut du temps d'IotfiAl!< et d'ÉzÉcmAS, rois de lehouda, s'éleva contre les péchéi^ que com-^ mirent les habitants de Samarie et de Jéruèalem , en leur prédisant les punitions de rEternel ; et cela tdtijoUrs k peu près dans les mêmes termes que les autres prophètes. Au Chap. V , 2, il dit : » Mais , toi, Bethléhem vers . Êphrath ^ quoique tu sois petite entre les fniUiers de lehôUda s c'^t d!e toi que va sortir celui qui doit être dominateur m Israël > et ses issues sont d'ancienneté , vers les jours étetnèh. »

3. k( C'est pourqttoi il les livnra jusqu'au temps que celle q%U est en travail d'enfdiit dura enfanté ^ et le reste de ses frères rttournera ûvec les enfants d'ismël.n

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