‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 7 sur 58 · II. ' ' G · texte numérisé non relu

II. ' ' G

8^ THBOLOfitÊ DE LA KaTURK.

lairea et passe dans la chambre qui précède , comparlftnent qui se dilate pour le recevoir, en mêtne temps qu'elle en reçoit aussi par ses propres ouvertures latérales communiquant avec la cavité abdominale. Le sang, ainsi chassé de chambre en chambre, arrive k la fin dans Tarière qui va Tépancher dans la tête.

Ne pouvant pas accompagner cette description de figures explicatives, je suis obligé de renvoyer, pour de plus amples détails , k mon ouvrage sur VAnatomie du Banneton , où le cœur des Insectes est décrit pour la première fois.

C'est ici le lieu où je puis parler de quelques organes àécrétoires spéciaux autres que ceux qui se rattachent k la grande fonction de la digestion, et remarquables, soit par l'effet des substances qu'ils produisent, soit par l'appareil qui les accompagne comme arme offensive. Ces substances consistent d'ordinaire en un liquide venimeux, ou du moins fort corrosif, au moyen duquel certains Aniniaux articulés se défendent ou attaquent les animaux qu'ils ont k craindre , ou dont ils veulent faire leur proie.

Je ne connais aucun Annélide venimeux, si ce u*est la grande Sangsue noire, dont la morsure cause, dit-on , quelquefois de fortes inflammations. Mais déjk, parmi les Myriapodes, les diverses espèces de Scolopendres sont venimeuses, produisant une humeur sécrétée par un organe glanduleux placé latéralement dans les premiers segments du corps, et dont le canal excréteur commun va s'ouvrir k la pointe des grands crochets aigus terminant la mâchoire , de la même manière que le conduit du venin s'ouvre k l'extrémité des dents venimeuses des Serpents.

Parmi les Thysanoures de la Glassb des Insectes, animaux tous fort petits, il n'existe aucune espèce venimeuse; il en est de même des GoLÉOPtÈREs, dont aucun ne produit de venin qui puisse lui servir de moyen d'attaque ou de défense. Quelques espèces sont toutefois pourvues de certains organes qui semblent exister dans ce but, quoique peu efiB*

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caces dans leurs effets. C'est ainsi que les Malachies , par exemple, ont deux vésicules rouges qu'elles font subitement sortir des côtés de leur corps lorsqu'on les irrite ; mais tout se bornant Ib, et Ton ne comprend pfls comment cela peut leur être de quelque utilité.

Le Carabe pétard , petit insecte d'un cebtimètre et demi de long, fait entendre, quand on l'inquiète, des craquements causés par des gaz infects qu'il fait subitement sortir de son anus «gaz qui ne sauraient guère éloigner que de fort petits auimaox» et nesehrent probablement qu'k empêcher que cet insecte ne soit saisi eomme proie.

Les Orthoptères et les MéyroprèreS, dont plusieurs vivent de proie ^ ne la combattent qu'au moyen de leurs organes buccaux ; mais aucun n'est connu comme venimeux.

Pa^mi le6 Insbctbs suceurs, au contraire, il en existe beaucoup dé venimeut, et cela même au suprême degré.

Par une raison difficile b concevoir, tous les Insectes qui piquent les animaux avec leurs organes de la bouche pour socer leur sang , produisent par Ik non - seulement la douleur due à la piqûre même, mais encore une tuméfaction inflammatoire le plus souvent très-douloureusé et plus ou moins persistante « causée par une humeur empoisonnée que ces insectes inoculent dans la blessure qu'ils font. C'est ainsi que les 5tmiib>l^ petits moucherons k peine visibles, produisent des tumeurs aussi douloureuses que celles causées par les Couêim,

D'autres espèces ^ telles que les Hydrocorises ou Punaises^ d'eaiA, piquent avec leurs organes buccaux pour se défendre ; les employant d'ailleurs flus^i poui* blesser et sucer leur proie; tandis que d'autres Insectes, qui piquent pour socer, n'emploient jamais ce moyen pour se défendre : tels sont les Cousins^ les Taons et nombre d'autres.

Mais outre ces espèces appartenant aux Ordres des Hémiptères, des Diptères et des Aptères (Puces) ^ plusieurs autres de l'Ordre des Hyménoptères sont tout spécialement

SA THÉOLQÇIE .QS -hk NATURE.

armés d'un véritable aiguillon , qu'ils ont reçu comme arme , ^t toujours placé à l'ei;(trémité postérieure de. l'abdomen. ; , jDans pln^ieurs espèces, telles que les Uouches à seie^ cet organe ne sert point k la défense , mais simplement k enta* mer l'épiderme de certains végétaux sous lequel ils placent leurs œufs. Cheiz d'autres, où il ne sert légalement plas à la défensç,.du mpinspas chez toutes,, telles que lés Ichneu-mansy 1^ Aiguillon, prolongé en une longue tsKrière placée entre dei^x lames latérales canaliculées qui lui servent d'étui ppur le protéger, cet aiguiUonSiertspéeîaleBftent k p^cer la peau de certains insectes , et le plus ordinairement des chenilles pour y, déposer leurs œufs ; les j^uies qui naissent de ces derniers, yivant en parasites dans le corps de ^s aniniaux qu'ils dévorent. Enfin, chez les espèc^8 d'Hyménoptères formapt la famille des Diploptères (Gu^s) et celle des Meluf$R£ls (Abeilles)^ l'aiguillon, caché dans l'abdomen, ne sert qu'k la.défense , et produit même sur les personnes des effets plus ou moins fâcheux : le Frelon , la plus grande espèce du genre Guêpe ^ pouvant causer non-seulement des douleurs très-vives, mais aussi, en Jblessant pbisieurs fois la même personne , des maladies graves , telles que des syncopes, des convulsions et jusqu'au délire; effets dont j*ai été témoin, la personne blessée ayant été piquée à la fois par trois de ces insectes. Quoique ces animaux soient fort redoutables, ils n'attaquent cependant jamais que dans le cas où ils croient leurs petits exposés à quelque danger de la pari des personnes ou des animaux qui approchent de leur nid; dans toute autre circonstance ils fuient , ou bien ils ne font usage de l'arme dont ils son tmunis que pour se défendre lorsqu;'ils sont directement attaqués ; tandis que Thomme , qui ose haïr et mépriser ces insectes , descend souvent au-dessous d'eux dans sa moralité, se dégradant au point de faire le mal pour le seul plaisir de Je faire.

L'aiguillon dont les femelles de ces insectes sont seules munies, fait partie d'un petit appareilfort remarquable par

son ingénieux médâiitsne et les soins avec lesquels Taiguillon lui-même est proit^é contre les Atteintes auiquélles il peut être exposé, afin qu'il <eonaene' toujours une plurfaite finesse dans sa pointe, qu'aucun instrument fabriqtié par la main de Thomme n'a jamais égalé.

Ce petit appareil, renfermé dans les segitfentl^ po^éiriëurs de l'abdomen , se compose entre autres d'une Glande eu foi^^ me de vaisseau sèt^HkUÀre duvmm\ s'ouvrant dans ùtié vé^si^ cule assez<;onsidérable placée en* arrière, sertantde réservoir à ce dernier. Cette vésicule est revêtue en dehors, ddnslés Guêpes^ d'une couche de fibres musculaires principalement transversales ,* au moyen de laquelle l'Insecte peut à «volbnté comprimer fortement la vésicvie pour, en faire sortir le venin, qui coule lentement le long de raiguillon sous la fbnhé d'une très-petite gouttelette parfaitement limpide, pour être inoculée dans la plaie que fait ce dernier, cet aiguillon, en se produisant au dehors, est dirigé avec une agilité extrême vers le côté où il doit agir. Pour exécuter ces divers mouvements , il est monté k sa base sur plusieurs pièces cornées diversement conformées pour offrir de suffisantes attaches k de nombreux muscles qui le mettent ' en mouvement dans des directions différentes ; en même temps que ces mêmes parties forment une ^véritable armure protectrice k l'aiguillon. Cette armure consiste d'abord en une âouble gatne écailleuse, dont la première, qui la* recouvre immédiatement , se compose de deux lamelles latérales ^ formant ensemble, étant réunies, une aiguille 'déjà fort aiguë, ellemême reçue entre deux autres lamelles plus courtes et un peu plus obtuses , constituant la seconde gaitié <ïu véritable aiguillon, le tout protégé par d'auti'es pièces entrant dans la coUEfposition du dernier segment abdominal.

Lorsque l'insecte veut lancer son dard , il le produit au dehors avec ses deux étuis immédiats qui s'écartent pour le mettre k découvert; et k Tinstant il se dirige, muni de la gouttelette de venin , avec une extrême agilité , vers l'objet

86 TBEOLOQff 0K 14 XfATURK.

dan^ lequel il doit rinooculer, et se retire aussi vite pour piquer encore s'il y a lieu; et e^la plusieurs fois de suite, avec la plus grande promplitiide.

Chez les Mâl^s, TAiguilIoa et son appareil protecteur sont remplacés par l'appareil d'^oeoupletâent , dont toutes les parties ne sont que les analogues de celles de la femelle , mais autrement conformés pour servir k un usage différent :

TINT EST BIBtf OBSERVÉE L4 {.01 n'ANiXQ^Ifi ET U'iÈCONOMIE PAR LAQfJELLp JAMAIS UN liOUVEli OROA^E n'EST INTRODUIT DAJVS l'organisme SI UN AUTRE d6|À EXISTANT PEUT Y ÊTRE EMPLOYÉ.

Les Fourmis , assez voisines deis Guêpes et des Àbeilies , ont reçu un au(re moyen de défense analogue au leur, mais fort différent pour Tappareil mis en action , et offrant cet avantage qu'il est plus efficace, pouvant produire son effet à distance. Il consiste en une humeur très-corrosive , fortement acide (Acide formique) que ces petits insectes lancent assez loin par Textrémitë de leur abdomen sur les objets qu'ils veulent atteindre. Ce venin est tellement énergique que la plus petite Fourmi produit, même sur les personnes, des dQuleurs aussi vives que celles que font les orties« Cette ^ufpeur offre ensuite eepi dp remarquable que biei) , qu'elle soi|: tr^s-irritante poi^r tpus les sinimauK, plie ne produit pas le ipoîndr^ effet fâcheux §mr les Fournis elles-mémos qui se trouvent ^i souvent e^ppsées k en être aspergées : tant

L'ÉtER]HEL k OBVIÉ PAflTOUT, hJ^S H SU$»R£l|fi ^^OE^E , ]R4^ SA TOUTE-SCIENCE, À TOUS f^ES INqp^VÉNIE$«T^ ; rfPJUTRALIS^^T ICI , PAR UN MOYEN QUE NOUS NE CONCEVONS P48 , l'eFFET p'UIf AUSSI VIOLENT GQRRQSIF.

Il n'existe parmi les Crustacés mw^^ espèce connue munie d'une arme venimeuise. Certaiqs genres (t!cTev^$es^ Crabes)^ comppsant I'Ordre des Décapopiss, sont toutefois pourvus de pinces d'une puissance soUFeiilcpa^ldérable* terminant leurs pattes de h première paire, ^vee le^u^Ues ces animaux peuvent serrer et écraser mptae d^ corps fort

CB^niRB lY. 87

durs; mais ils sont toutefois si peu agiles, que ces armes doivent rarement leur servir avec quelque efficacité contre leurs ennemis.

Dans la Classe des Arachnides, au contraire, un nombre coDsidérablei d'espèces sont pourvues d'armes venimeuses. Déjk les Scorpions , armés k Tipstar des Écrevisses de trèsfortes pinces qui terminent leurs meipbres Sinlérieqrs, soqt en outre munis d'un dard venjmeuK, très- redoutable surtout dans les grandes ^spèpe^ , dppt U piqûre peut facilement causer (a piort des per^onpes. Ce dard est formé simplen^ent p^ rext^émité du dernier segment de la queue prolongée en une pointe arqnée en dessous . et percée au bout pour permettre TéjsicplatioQ d'yn yiole^i^t vçnin renfermé dans la base du même segment, r^nlié çq boule pour loger l'organe ^écrétoire de ce poison.

Cbez les diverses espèces d'Araignées, toutes venimeuses, l'aiguillon est au contraire formé par Varticle terminal de l^urs cbélicères , rqçoyrbé en crocbet fort aigu et tubuleux , percé d'une petite ouverture en fente , placée au côté concave du prpcbet, afin p^ 14^^^^ ^ x^'extré^ité même; toptb la FINESSE de sa POINTE i dîspositiou qu'Qp refflarqye en génpr^I ^ tous les bfl«ts tubiilçu^^des qr^ftpes venimeux, pour

JlflEUX ASSURER Î^B ^iÉ^PLT^T ^^ î-^ FïQVRE;,

I^^ glaflde ^écr^tpire du: vçpjn est placée, chez r4^aiflfn(^ ordinaire des fpaispns 1 (l^ps la partie antérorlatérale dp tropc-, tandis que cfeçz les Myaqles elle se prouve dans le bqrd supérieur du pjrepiier article des cbélicères.

Daqs les petite^ egpèpç? ^'4raigné0s^ 1^ piqûre n'a d'effet grave que sijr les tP«lj peliiQ apimau^, tel§ que les insectes dont elles se ppprri§sent, et qu'elles tirent en les piquant ^vec lewrs crqcbetg .yenimeux ; mais on dit qije les blessures faites par les Myagle^, énormes espècqs^ vulgairement nommées Araignées qvicyîmw e^moe vivant de petits oiseaux, pe\ivept même etrç dançerenses pour les personnes.

On prétend anssi que les diverses espèces dp Q^Uoie^^ les

seuls grands Holètres égalant lés pliis grosses araignées 4e nos maisons, sont égàléniënt ïrès-vénimeases ; mais ce)s animaux des contrées les plus chaudes de l'Afrique sont encore fort peu connus.

Beaucoup d'ANiMAUi articulés' exercent diverses industries dont la plupart ont rapport à Tëducation de leur progéniture, objet dont il sera parlé à Toccasion de la fonction de la génération t mais' certaines espèces aussi font en outre des constructions pour leur piropre usagé.

Parmi les Annélides, les Tubicoles fiabitent des tulbés diversement conformés, qui, ne tenant pointa leur corps, sont nécessairement construits par ces animaux. Xes' uns* calcaires , paraissent être dus à de siihplès éxùdations dé certaines parties de leur corps ; chez d'âùtrës ces tubes sont membraneux ou cornés, et très-probablement produits de la même manière, mais dans la construction desquels cqs animaux font entrer tantôt des débris de végétaux, ettantpt du sable; ce qui prouve que ces tubes sont réellement construits.

Quant aux Myriapodes et ^aux CRtrsTACÉs, aucune espèce n'exercé d'industrie.

Les Insectes construisent au contraire fort souvent dés édifices fort remarquables, soit par leur étendue, soit pour la forme et tes moyens employés. Le plus ordinairement cependant ce n'est que pour y mieux soigner leur progéniture, ou bien pour y trouver un abri où ils passent le temps de leurs métamorphoses; objets dont il sera parlé à^occasion dé la génération ; mais rarement ils cônstrùiseni pour eux-mêmes , k moins que ce ne soit k l'état dé larve, industrie dont il sera également parlé à Tôccasion de la génération.

Dans la Classe des Arachnides, au contraire, nous trouvons toute la grande Famille des Aranéidks (Araignées) qui se construit non-seulement des demeures au moyen d'une soie que ces animaux produisent, mais encore des filets ser. vant k prendre les petits insectes qui viennent se poser des-

sas; filets non-seulement fort remarquables par la formç qu'ils présentent, mais surtout par les moyens instinctifs les plus ingénieux que ces animaux emploient pour les con* struire.

Devant parler, à Toccasion de la génération, de la manière dont les Aranéides font leurs nids, je me bornerai k indiquer siiûplemènt ici en quoi consistent leur appareil producteur de la soie et la forme des toiles que ces animaux tissent pour leur servir, d*une part, d'habitation, et de Tautre, comme filet pour prendre des Insectes.

L'organe sécrétoire de la matière de la soie est formé d'un ou de plusieurs vaisseaux simples ou ramifiés, repliés sur eux-mêmes, et se réunissant sur autant de canaux excréteurs communs qu'il y a de filières ; c'est-à-dire deux ou quatre; et à ces canaux aboutissent encore d'autres vaisseaux sécrétoires dé forme et de dimensions différentes de celles des premiers , dans lesquels est produite une matière gluante avec laquelle l'animal colle les fils de soie.

A en juger par l'analogie avec les Vers à soie, chez lesquels le fil est déjk tout formé dans les vaisseaux producteurs de la soie, celle des Araignées serait àus^i toute formée dans les premiers vaisseaux dont je viens de parler, et n'aurait besoin que d'être défilée par les filières, k la volonté de l'animal, ainsi qu'on voit que ce dernier le fait.

Les Filières des AraignéeSy et particulièrement celles de la Diadème, cette grossis espèce si commune dans le^s jardins , constituent, ainsi qu'il a déjà été dit, quatre petits appendices placés autour de l'anus, et formés chacun de deux petits articles mobiles successifs à téguments ordinaires, et dont le dernier est criblé à son extrémité , comme une écumoire , d'une infinité de petits trous, d'où sortent de petits tubes cylindriques mobiles constituant les véritables filières, chacune donnant issue à un fil simple.

Les Aranéides emploient la soie qu'ils produisent soit à envelopper leurs œufs, pour les mieux porter avec eux jus-

90 THiOLOftlE DE LA NATURK.

qu'à ce qu'ils soient éclos, soit k se construire des nids, ou bien k forn^er, ainsi qu'il a déjà été dit, des toiles diversement disposées, et que tout le monde connaît; mais dont la plus remarquable est celle de cette même Araignée Diadème dont je viens de parler, formant ces beaux réseaui^ verticaux qp'on voit tendus librement dans les jardips entre divers corps fixes, auxquels ils sont attachés, et w centre dejsql)^ls ranimai se tient suspendu.

Ces réseaux k très-claire voie, sont formés dans le principe d'un certain nombre de fils rayonnes partant du ^entr^, et réunis transversalement ppr d'autres fil3 disposés en spirale autour de qe dernier : |e tout niaintenuen pl^oe p^r quelques longs cordages dirigés dans (Jivers ^ens, entr^ le^ objets servant de point fix^ a tP^t^ ç^il^ copstructiqn.

C*esl un des spectacle^ le^ plus i^f^ressai^tsi que de. Ypir ces petits £)tres cpnstruire ç^e% QIet§. Le plus difficile, ^t je dirai le plus inconcevable, qu4n4 9» w s^it pas fiowip^ntils le font, est ^e disposer le§ premiers flls, couvent tendue k de très-grande§ 4i§^^Ç^s» fit X'^^W ^ travers 4^s ruisae^fix , que le faible animal 0o|t fr^QcJ)ir ^ plusieurs reprises sans grançl danger, )LprsqH'}l fle s'agit que f}e petites di^t^qpep sur up sol résistant, Tar^ignée^ gprès avoi^ fait choix ç|(i lieu qui lui parait le plus cqnyepable popr y établir son Qlet, c'est-k-dire celui où il est prQl)at)lp qu'elle attrapera 1^ pjus de petits infectes, coinïneniep par fi^r son prepajer ^1 k l'objet le mieu^ dispos^ pour ^pi^tepir 1^ rjéseap, e); se {pissant de Ik tomber k terr§ en s^ suspepd^nt aq ^\ qui jse dévide au fi|r et k mesure Hp s^s filières, il court enjsuil^e^ur le sol jusqu'au i^econ4 Qbjet a^que} il vput fixer l'autre bqut de cette prepiière çqrde 4^ jsuspengiop, y monte ej l'y attache k 1^ hauteur Ig plus propre k remplir sa fpqction, en attirant le plus fortement possible le |il k lui, ^fm d^ le bien tendre avant de le fixer.

Ce qu'il y a déjk de reniarquable d^ns ce prepaier actç de cet animal si petit, c^ §ont les soins qu*il est obligé de

prendre pour que daus ce grand trajet le fil qm se dévide de rexlrémité postérieure de son corps, el qu'il doit en consé^ quence avoir de 1^ peine ^ surveiller, ne touche k aucun corps ^uque) il Qp n^gnquerait pas de s'att^pber, d*où ii lui serait impossible d^e le détacher après , pour le tendre entre les deux poinM ^yxqqels il doit être fixé. Ce premi^r fil unQ fois établi, le rest^ e^i pioios difficile. Qei\e corde savant de pont pour passer d'un cf&té k Tautre , TiVraignée la paroouPt autant de fpis gue cela est pécess^ir^ pour (eiidre de niéuie d'aujtres cordes dp suspension dans diverses directions ; ipaîs toi^our3 dans le piânie plan vertical. Çroiisfint ensuite les derniers fils sur un même point qui doit devenir le centre du réseau, TÂraiguiâe forme \e^ Qls irayopués de pe dernier avec un écartemept ext^éuie ^ s^ circouférepcp, de la distance d uu de ses pa§; fdin de pouvoir passer facilement de Tun ^ Fautre. JSe plaçant epsuite au centra, rAr^jgnée covimence ï dispp^r le Ql spjr»l , en toprna^ U>vjpurs a^^Qpf ^p c^ poipt , et 4évid2>û^ son fil qu'ejlp ^^t^aabe ^ disque p»s , i^ moyen de l'e^trépaif^ de ^f^ p»m ppsl^W^ilfe , ^ m^ l£# rayons sur lesqpels il passe. Ce tr^v^il, que j>i so^Y^n^ VU e^jéciifer avec le plps gr^nd i^tér^l » est également de^ plus rejparquablei^ pa^r )g pr^ci^oq avec laquelle Tanwal saisit chaque fois le iil pour le oondui^e sur le r^yon ^uivaut auquel il rattache au moyen 4^ )a glu 4p!^t il (3st enduit ] e|; par Teffet d*up mouvemept de pr^^sion avec s^ patte. Or comme les yeu^ placés sur le deyapt dn cprp; sont dirigés au-dessus, il pst jniposible que l'apimal puisse yoir ce qu'il fai( ; de manière q^e tout le tale^n^ , dans cett^ cour struction, doit se trouyer^ans upe ^^q^se sensibilité que ranimai ^ ^ans scjs patf^es, qui lui pefme|; de jug^r si parfgjr tement de la direction que prend le fil et du ppiç^t Qi\ il le fixe : aussi le^ u^rfs (}^s membres SQnfr4ls incomparablement plus gros qifp cei^x ^p^ br^^ et d^s extrémités postérieures de Y^Qtnme lui-mém^* Le réseaji 4'une régqlwté Qhw^mau^e u»e foi§ J^rwipé ,

9â TH^OLOGIt 1>E LA NATURE.

V Araignée Diadème se place aa centre où il attend tranquille* ment que quelque Mouche qui traverse Pair, n'apercevant pas le filet, vienne s'y jeter et s'y accrocher de plus en plus en cherchant à s'en arracher ; tandis que pour l'embarrasser davantage, l'Araignée^ avertie parles secousses que la mouche produit dans la toile, tiraille vivement les fils qui conduisent à celle-ci, et accourant bientôt elle saisit sa proie et la suce, si son appétit demande à être satisfait; si, au contraire, eHe est sufiisamment sustentée pour le moment , elle roule la mouche entre ses pattes antérieures, en l'enveloppant de soie de toute part, pour la laisser ainsi garrottée suspendue kson filet, afin de la retrouver plus tard au besoin.

Je viens de dire que les Araignées suçaient leur proie; en effet , quoique ces animaux n'aient pas de véritable trompe pour humer les liquides , telles que celles dont sont pourvus les Insectes suceurs , ils ne font cependant que sucer les petits animaux dont ils se nourrissent ; mais cela avec une telle

force d'aspiration , qu'ils enlèvent toutes les parties molles ; ne laissant absolument que les débris de la carcasse sèche et trop dure. Pour cela les Araignées commencent par saisir leur proie avec les crochets venimeux , les tuent , et pressant ensuite le cadavre entre ces crochets et l'article basilaire très-renflé de ces organes , souvent garni de fortes dents , elles brisent ses téguments. Transportant ensuite la masse entre les deux m&choires placées aux côtés de la bouche , elles l'expriment au moyen de ces dernières , en attirant par la succion dans la cavité buccale , toutes les parties liquides et molles de la proie ; succion qui s'effectue au moyen d*un petit appareil accompagnant le pharynx , et , en principe , analogue k celui que j'ai décrit chez les Cigales ; mais autrement disposé.

J'ai dit aussi un peu plus haut que Y Araignée Diadème plaçait souvent sa toile librement en l'air au-dessus d*an ruisseau qu'elle était obligée de franchir à plusieurs reprises, ce qui est difficile k concevoir ; et en effet , on donnerait en

CHi^lTRB IV. 93

vain à deviner le moyen que ces .petit9»aiiimailX' emploient pour cela , on ne saurait l'imaginée; «t moi-même je n'eusse pu le croire si je ne l'avais pas vu ^ même. expérimenté. Mais rien m'a été impossible à la sagesse suprême du Créateur , et ici , comme partout , le moyen qu'il a mis

DANS l'instinct DE CES PETITS ÉtRBS EST AUSSI SIMPLE Qu'É-

tonnant. Pour cela , l'Araignée même encore jeune et fort petite attend un moment où le vent souffle avec quelque force dans la direction dans laquelle elle veut établir sa toile, et se plaçant alors de façon que le bout de son abdomen portant les filières soit tourné de ce côté , elle lâche le (il de soie en l'air au gré du vent, qui le fait défiler par la force de traction qu'il exerce sur lui.

Ce fil , devenu aiusi très-long , finit par atteindre quelque objet fixe placé dans la direction du vent, et s'y accroche; età riustant où l'animal sent qu'il est fixé, il l'attache aussi Ik où lui-même se trouve , et passe, immédiatement dessus compte .sur un pont. On dit même que ces araignées, encore petites , voyagent ainsi en l'air, portée par le fil que le vent soutient, en les emportant avec lui.

Je me suis assuré , même par l'expérience , de ce moyen que les Diadèmes employaient pour franchir l'espace : me trouvant un jour assis dans un jardin , une de ces araignées , moins grosse qu'un grain de chènevis, vint tout à coup tomber sur ma main, soit qu'elle ait voyagé librement dans l'air, soit qu'elle ait lancé son fil sur moi ; et en examinant ce petit animal, je le vis tout k coup s'envoler sur un arbre placé à un mètre de distance de moi. Voulant m'assurer s'il y avait passé au moyen d'un fil ainsi abandonné au vent, je repris l'animal sur mon doigt , et passant une canne entre lui et Tarbre , je m'assurai qu'il n'existait , pour le moment, aucun fil de l'un k l'autre , quelque fip et imperceptible qu'il pût être. Au bout de quelques minutes la petite Araignée reprit le même chemin a travers Viiv pour se rendre sur le même arbre, où je la laissai. a elle-même.

94 THEOLodfc ht m Maturb.

D*àQires Atâftéldéé^ les SàlHqiieè, espèces généralement petites , qui ne forment pcfint de toiles , inais qu'on rencontre souvent courant sur les appuis des fenêtres, ou le long des murs , où elles s'élancent sur leur proie , en sautant dessus pour la saisir, produisent toutefois de la soie , dont elles se sérient pour se garantir contre les chutes , lorsque placée^ ^ur des objets qui ne sont pas horizontaux , elles veulent cependant sauter sur quelque petit insecte. Pour cela , la 5altiquê attache son fil au corps sur lequel elle pose , et sautant dans qtielque direction que ce soit, elle ne peut jamais tomber que de la hauteur mesurée par la longueur du fil ^lu'elle a lâché.

Beaucoup de larves d'Insectes exercent diverses industries dans leurs manières de vivre ; mais comme dans ce premier état ces animaux sont encore imparfaits, et en quelque sorte des Fœlus marchant et mangeant , je n'en parlerai qu'à Toceasion de la génération.

Le Système nerveux ne disparaissant rigoureusement ehee aucun animal , dont il constitue , par sa fonction , le caractère le plus essentiel , celui de lui donner la conscience de son propre Être, continue en conséquence d'exister dans l'ËMBRANCHEMENT dcs Aulmaux articulés , où ce système prend toutefois tine autre disposition dans sa partie centrale formant la moelle épinière , que celle qu'il affecte chez les Vertébrés. J'ai déjk dit en signalant les caractères qui distinguent les Animaux articulés ûeé vertébrés, que cette moelle épinière était située le long de la ligne ventrale du corps au lieu d'être placée le long du dos ; mais que le preinier renflement , d'ordinaire le plus volumineux de tous , et qu'on compare avec raison au Cerveau , reste toutefois placé dans la partie supérieure de la tête , et en conséquence audessus de l'œsophage ; tandis que tous les autres sont sous le canal intestinal. Telle est la situation du Système nerveux principal, celui qui , à l'instar du Système encèphalo-rachi-dien des Vertébrés , dont il est l'analogue, produit tous les

Èëffs irolof)talt*es , aiùsl quë ceai des sôtià; mais j*ai aussi décodteH Cbez les Ii^ïsectes l'analogiiô du Éyslèrhe automatique ou du Grand sympathique , (}ui fdUrnit les nerfs des organes non sottifils k la Volonté.

Le Système encéphalo-rachidiën se compose , en principe, toujours d*un Cerveau ou Encéphale^ formé principalement d une grosse paire de Ganglions placés , sans exception , près de la bouche, ati-dessu§ deTOËsophage, et en outre d'une série d'antres Ganglions situés par paires dans la partie inférieure de chacun des segments dont se compose le corps.

Dans chaque série, ces ganglions sont (inis entre eux par on gros tronc nerveux ou Cordon de la moelle épinière; et ils sont en outre liés dans chaque paire par des commis* stireâ transvei^sales , de manière h ne former qu'un tout.

Le cerveau étant placé au-dessus de Tœsophage, les deux premiers cordons de la moelle épitiière embrassent latéraibent ce demies*, en formant ce qu'on appelle le Collier de T Œsophage.

La partie terminale des cordons , placée aii deik des derniers ganglions , se comporte comme les iiutres troncs nerveux , en se distribuant aux divers organes de la partie postérieure du corps.

Cette double série de ganglions subit ensuite diverses modifications, tant pour le volume que pour le lieu que chaque paire occîupô; modifications résultant de plusieurs Lois de relations auxquelles ce Système d*organes est soumis, et que j'ai déjà fait connaître datiiS un autre ouvrage (1). Ces lois sont les suivantes :

PREMIÈRE LOI. « Toutes les fois que te corps se compose de segments semblables , on trouve à la moelle épinière autant de paires de ganglions quil y a de sternums au corps (les sterenums ave les muscles qui se répètent avec eux), variant en

(t) Consid. génër, sut VÀnat, comp. des Ànim. articulés, 1828,

96 THSOLOGIB DB LA lIATURB.

volume selon la naisse des organes de la vie de relation que chaque segment contient , et suivant la plus ou moins grande activité de ces mêmes organes. »

D Ces ganglions sont ordinairement placés au milieu des pièces sternales, le plus souvent k Tentrecroisement des axes des deux hanches.

]> La longueur des cordons de la moelle épinière étant déterminée par la distance des paires de ganglions, elle est ici égale dans tous les segments. Les Scolopendres pré* sentent un exemple de cette loi. »

DEUXIÈME LOL « Lorsque le tronc est composé de segments soit mobiles , soit immobiles , soit même soudés , tandis que V abdomen est formé de segments bien mobiles , les paires de ganglions se répètent dans chaque segment de Vune et de t autre partie ^ ensuivant pour la grosseur la proportion des organes de la vie de relation renfermés dans chaque segment; et la longueur des cordons de la moelle épinière rentre dans les conditions de la loi précédente. Tel est le Système nerveux des Êcrevisses. »

TROISIÈME LOL < Q^^nd le tronc se trouve formé de segments soit mobiles , soit immobiles , soit soudés , mais distincts dàfis leur partie stemale , tandis que ceux de V abdomen ^sont immobiles et dépourvus inférieurement de muscles moteurs , les ganglions se répètent dans les segments du tronc seulement , comme dans le cas précédent; mais V abdomen n'en renferme points et reçoit ses nerfs de la dernière paire de ganglions du tronc , qui est alors plus grosse que les autres. La partie ter^ minale des cordons de la moelle épinière se prolonge jusque vers V extrémité de f abdomen ^ où elle se distribue. Les Crabes en offrent un exemple. »

QUATRIÈME LOI. < Dans les espèces où le tronc est composé de segments entièrement réunis et confondus en un seul , sans quil soit possible d'apercevoir aucune trace d^s sutures qui distinguent les diverses pièces sternales (alors les pattes rayonnant autour du sternum commun), et que V abdomen

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est également formé de segments entièrement soudés ^ quHls soient dC ailleurs encore distincts ou non^ on ne trouve daiis le tronc qu'une seule paire de ganglions fournissant tous lei nerfs de cette partie du corps. Elle est placée au centre sur lequel rayonnent les pattes. Cette masse nerveuse est formée par la réunion de tous les ganglions des segments qui composent le tronc.

> Dans Vabdomen on ne rencontre aucun ganglion (cette partie du corps ne renfermant que des organes automatiques) y et les nerfs naissent d'une partie de la masse nerveuse du tronc j ou bien des cordons de la moelle épinière qui se prolongent jusqu'à l'extrémité de Vabdomen. Mais lorsque cette partie du corps renferme des muscles mixtes (servant k la respiration), les cordons présentent quelques ganglions extrêmement petits. Les Limulus sont dans ce cas.

» Chez les espèces dont la masse des viscères est contenue dans la cavité abdominale, le système nerveux suit les lois suivantes :

CINQUIÈME LOI. « Lorsque le tronc est composé de segments soit mobiles^ soit immobiles^ soit soudés^ mais distincts dans leur partie sternale^ tandis que ceux formant l'abdomen sont bien mobiles , les ganglions se répètent dans l'une et dans l'autre partie^ avec cette différence que dans le tronc ils sont toujours fort gros , et chaq%^ segment a sa paire propre ; tandis que dans Vabdomenils sont beaucoup plus petits, souvent moins nombreux que les segments, et leur situation moins constante. Ces ganglions abdominaux étant presque toujours placés en avant de leurs segments respectifs , se trouvent très-rapprochés dans la partie antérieure de l'abdomen , et plus éloignés à mesure qu'ils sont plus postérieurs. La dernière paire est généralement plus grosse que les autres, l'extrémité de l'abdomen renfermant presque toujours plus d'organes de la vie de relation que les autres segments ; ou bien ces organes sont plus actifs. On trouve un exemple de cette loi chez beaucoup d'Insectes, tels que les Staphylinus.

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