CHAPITRE ni. Mli
àeh deux seils ; nàai's ôU peut fecileitaent se coiivaihcre du contraire , en mâchant ou en bilvant ces substances aromatiques pendant qù*oil maintient les iiai*ines n^rmées en les pinçant, t>oùr empêcher le cotlrant d air venant de la bouche. Dans cet état, les substances qu'od dit éToilr le goût le pliis fort n'ont plus (}ue ceui iiidi(}ui£s plus haut. C'est ainsi que le fromage n'est plus que sàUy le jpéivrlé ii'est que simplement caustique, lé vin n'est qu'actde, caiistique, amer et astringent , mais sàfas aucun bouquet ; tandis que tous les Bants-goûts des aliments reparaisseht h l'instant même od l'on rétablit le courant d'air t)ar lés nai*ines.
Le véritable goût n'a ainsi lieti qu'au bonthct dés corps comme le toucher, dont il n'est qu'une première modiGcation spécialisée dans certaines piropriétés, et pair là un toucher exceptionnel.
Dans sa condition passive , ce sens reçoit pluâ spécialement le nom de Goût , tandis qhe lotis^ùe la volonté inter- ▼ieût pour explorer les substances sous ce rapport , il 1-eçoit Celui de Saveur. Dakis le premier cas, oh goûte les aliments, dans le second, ott les savoure.
Quoique l'emplacement où se trouve l'organe du sens du goût soit très-naturel , et ne paraisse avoir isous ce rap[)ort rien d'extraordinaire , il n'en est pas moin^ vrai que ce ne
PEOT ÊTRE QUE PÀE L'EFFET d'uNE PUISSANCE INTELLECTUELLE OUI A VOULU , DANS SA HAUTE SAGESSE , QU'lL SE TkouVAT AU GOmiENCEMENT DE L' APPAREIL DlGÈSTiP, POUR EXCITER l'anI- ■AL » PAR L* AGRÉMENT DE LA SAVEUR , À SAISIR LES ALIMENTS AVEC SA BOUCHE , Et QU'UNE POIS ARRIVÉS LÀ , L'Ei^FET SYM- PATHIQUE QUE LA MÊME PROVlbENCE A ÉTAÈLI kNTRE LA CAVITÉ BUCCALE ET L*ESTOMAC , ÉTANT EXCITÉ PAR LE VIDE CAUsIè PAR l'absence DES ALIMENTS DANS CE DERNIER , ENGAGE L* ANIMAL À AVALER CE QU'iL A DANS LA BOUCHE, ET DE REJETER CE QUI , PAR SON INSTINCT, LUI EST DÉSAGRÉABLE ; Car pÔUrquOl
l'appareil dégustatif n'est-il Jamais ailleurs , dans quelque animal que ce soit?
Le sens de Y Odorat a, comme on sait, son réceptacle à l'intérieur des fosses nasales dans la membrane plus ou moins développée en surface qui tapisse ces cavités , et cela suivant les replis et circonvolutions que font certaines lames osseuses ou cartilagineuses placées dans la partie supérieure de ces cavités; membrane dans laquelle viennent se subdiviser à rinfini les deux nerfs Olfactifs , les seuls qui kXEsn
REÇU DE LA SAGESSE DIVINE LA FACULTÉ DE POUVOIR PERCE- VOIR LES ODEURS. Mais quoiqu'il y ait encore contact entre les corps étrangers et Torgane sensitif , ce contact est du moins excessivement subtil , n'ayant lieu que par cette substance à rétat volatil ; subtilité qui permet aux exlrémités nerveuses d'être presque a nu, et par conséquent sans former ces papilles qu'on remarque soit au bout des doigts , soit sur la langue, pour y préserver les nerfs du contact trop rude des objets extérieurs. Cette presque nudité des nerfs olfactifs , qui ne se trouvent recouverts que de la membrane muqueuse très-mince et molle des fosses nasales , nomnoiée Membrane pituitaire^ était d'ailleurs nécessaire pour gue l'impression de simples vapeurs, d'une subtilité souvent inconcevable , puissent produire une impression sensitive sur les nerfs k travers cette membrane.
Ce sens est en effet, tellement délicat chez certains animaux , que le Chien par exemple , reconnaît après plusieurs heures, à l'odorat, non-seulement qu'une pièce de gibier a passé sur tel point ; mais encore, la direction dans laquelle elle a couru, malgré les vents plus ou moins violents, qui ont souvent passé sur ces traces , et auraient dû en enlever jusqu'aux depi^rs vestiges de matière volatile que l'animal a pu y laisser en appuyant si promptement ses pieds. Or le Chien est loin d'avoir l'appareil olfactif aussi développé en étendue que certains autres Mammifères, tels que les espèces du genre Marte ^ dont tout l'intérieur des fosses nasales est rempli de lames osseuses extrêmement minces, si étroitement contournées et repliées sur elles-mêmes, que la sec-
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tion de cet appareil est k comparer au tulle le plus fin. Ici aussi , rien ne parait plus naturel que de voir l'appareil olfactif placé dans les fosses nasales, h l'entrée du canal par où passe l'air servant à la respiration ; air qui , attiré pour cette dernière fonction , amène avec lui les particules odorantes qu'il tient en suspension. Mais pourquoi cet appareil
OLFACTIF se TROUVE-T-IL PRÉCISÉMENT LÀ, ET NON AILLEURS,
si ce n'est comme pour le goût, par l'effet de la sublime Providence du Créateur , qui l'a ainsi placé dans les conditions les plus favorables à la fonction qu'il a voulu qu'il remplît.
De même que les autres sens, l'odorat présente aussi deux conditions, runepas5îv6 où l'impression des corps volatilisés se fait percevoir sans la volonté ou l'attention de l'individu, condition où on la désigne plus spécialement sous le nom de Sentir; tandis que , lorsque le même individu se sert de ce sens pour explorer les corps, aûn d'en reconnaître les qualités, l'action, devenue ainsi active, reçoit le nom àe Flairer.
Par le sens de l'Ouïe, l'on perçoit des sensations plus délicates encore que par celui de l'odorat , l'agent qui s'y fait connaître n'étant plus un corps quelconque^ mais simplement des vibrations dues primitivement h des corps étrangers éloignés; vibrations transmises au moyen d'autres corps intermédiaires solides, liquides ou gazeux, jusqu'à l'organe sensilif, qui les communique au Nerf acoustique^ et celui-ci finalement au cerveau, en indiquant par les différents genres de vibrations qu'il éprouve , de quelle nature est le corps qui les a mis en activité; et, ce qui est difficile à concevoir, il indique en même temps la direction et la distance où ce corps est placé.
L'Appareil acoustique des Mammifères se compose de trois parties consécutives : YOreille externe^ VOreille moyenne et V Oreille interne,
\^ Oreille externe^ que tout le iponde connaît, se compose du Pavillon , de plusieurs Muscles qui mettent celui-ci en
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mouvetpent et du Conduit auditif externe^ canal étroit communiquant du fond du pavillon avec Toreille moyenne.
L'oreille moyenne consiste principalement en une cavité nommée la Caisse du tympan^ placée en dedans du conduit auditif externe , et formée par la réunion de plusieurs os. Celte cavité est séparée de ce dernier par le Tympan^ membrane mince, rigide, presque sèche, tendue sur un cadre osseux , formant la limite des deux parties, et imitant absolument la peau d'un tambour.
Au fond de cette caisse se trouvent, k peu de distance Tune de Tautre, deux petites ouvertures communiquant dans Toreille interne, dont Tune, appelée h Fenêtre ronde^ est fermée par une membrane imitant un second tjmpan; et dont l'autre, la Fenêtre ovale, est bouchée par la platine de rÉlrier, petit osselet dont il sera parlé ci-après.
Entre la membrane du tympan et cette dernière ouverture, est placée une chaîne de quatre très-petits osselets , dont le premier, ou le Marteau , adhère au milieu du tympan par tine longue apophyse styloide, formant le manche du marteau, et partageant cette membrane en deux parties égales; tandis que sa tète, formant un gros renflement, est dirigée librement dans Tintérieur de la caisse, où elle s'articule avec Y Enclume, second osselet de la chaîne, lequel is'articule k son tour, par Textrémité d'une apophyse grêle et libre avec l'os Lenticulaire, le plus petit osselet de tout le trorps, h peine visible chez l'homme, et qui lui-même s'articule avec le sommet de l'Étrier, le quatrième osselet de la chaîne dont je viens de parler. Cet Êlrier, qui a en effet la forme de l'objet dont il porte le nom , se compose de deux branches partant de l'os lenticulaire, et se terminant aux deux bouts d'une platine ovale, placée dans la fenêtre ovale, au bord de laquelle cette platine est liée par un ligament circulaire qui lui permet un léger mouvement.
Cette chaîne d'osselets est mise en mouvement par de trèspetits muscles "destinés à ia tirer, soit en dedans, pour tendre
la roembraoe du tympan , $oit eo dehors, pour la reifteher et faire eo même t^mp^ sortir la plalioe de ïéimt de la fepêtre ovale, dans laqi^elle elle e$t plus ou moios eofoocée.
£afin, sur les cotés, existe un canal eu partie membra" oeux , nommé la Trompe d'Emtuchi, éiabliasant une communication entre la cavit^ de la caisse et les arrière-narines, pour permettre Taceès de Tair dans Toreille moyenne qui en est remplie : condition nécessaire b la fonction de raudition.
VOreilie iniefneest formée ^ntre autres dune cavité fort <:pmpliquée , nommée de Ib le lal^yrinths , creusée dans le Jtocîir. Tos le plus dur du corps, et en conséquence le plus propre ï transmettra les vibrations qu'il éprouve.
Ce Labyrinthe se compose d^une première cavité nommée te V€$iibulf, communiquant par la fenêtre ovale avec la caisse « et par celle-ci avec )es deux entrées de trois Ca^ nau^ ^mi-circulaire» arrondis , faisant également partie du labyrinthe. Enfin ^ plus en dedans encore, est une cinquième cavité de ce dernier, ayant la form^ de celle d'uno coquille de limaçon , dont on lui a donné le nom. Cette cavité spirale est divisée en deux compartiments ou Rampa ^ par une lame également spirale oootouroapt Ta^e ou la Cç^ lumelle du limaçon. L<*one de ces rampes s*ouvre par le gros bout dans le vestibule , tandis que raulre aboutit k la fe^ nétre ronde, par laquelle elle communiquerait avec laeaisaft si isette ouverture n*é<ait pas fermée par une membrane.
Toute la cavité du Labyrinthe est remplie d une pulpe de consistance gélatineuse, brès-délicate , dans laquelle ploagent les dernières fibrilles du nerf acoustique auxquelles cette humeur communique les vibrations sonores qui li|i sont transmises.
Dans la columelle du Limaçon est creusé le Conduit eiudùif interne^ communiquant à sa base avec la cavité du eràne. C*est par Ik que le tronc du nerf acoustique pénèire dans Tappareil de Taudilioii. Dès son enii^ , tp nerf envoie des branches dans la pulpe auditive contenue dans le vesiibuU
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et les trois canaux semi-circulaires. Pénétrant ensuite plus avant, ce nerf forme succesivement un nombre considérable d'autres rameaui, qui perçant les parois de la colomelle, entrent dans le limaçon en se répandant en rayonnant sur la lame spirale qui sépare les deux rampes, en devenant de plus en plus courts , proportionnellement à la largeur de cette lame.
On conçoit, par la courte description que je viens de faire des parties principales de Tappareil acoustique des Mammifères , que les vibrations de 1 air venant rencontrer le Pavillon de rOreiile, y sont réfléchies dans le Canal auditif, en augmentant d*intensité; que rencontrant au fond de ce canal la membrane du Tympan , plus ou moins tendue, celui-ci les fortifie encore beaucoup en entrant lui-même en vibration , et communique les frémissements qu'il éprouve, d'une part, au moyen de Tair renfermé dans h caisse, à la membrane fermant la fenêtre ronde, et par celle-ci \k la pulpe auditive contenue dans Tune des rampes du limaçon; et d'autre part, il communique ses vibrations par l'intermédiaire des osselets de la caisse k travers la fenêtre ovale, à la pulpe auditive contenue dans le vestibule, les canaux semi-circuluires et la seconde rampe du limaçon : divers effets que facilite la propriété éminemment vibrante du rocher comme corps très-dur.
Le pavillon de Toreille répercutant simplement les vibrations de l'élément ambiant sur le tympan, on conçoit que celles-ci pouvent être ou tellement fortes qu'elles deviennent douloureuses pour l'animal, ou bien si faibles que celui-ci a de la peine à les entendre. Or c'est évidemmkjit dans le but
DE GRADUER CONVENABLEMENT CET EFFET, QUE LE CRÉATEUR A, DANS SA SUBLIMI^ SAGESSE , DONNÉ À l' ANIMAL LA FACULTÉ DE MODIFIER , PAR LE MOYEN DES MUSCLES MOTEURS DES OSSELETS
DE l'ouïe , LA TENSION DU TYMPAN , afin d'augmcutcr OU de diminuer l'effet que produit cette membrane éminemment vibrante.