‹ Théologie de la natureChapitre 109 sur 119 · CHAPITRE IIK · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIK

La partie antérieure de ce sphéroïde présente une grande ouverture circulaire (b b) , fermée par une calotte sphérique (bcb) faisant saillie, et formée par une membrane fibreuse dense, incolore, parfaitement transparente, ressemblant, pour sa forme et sa disposition , ^ un verre de montre enchâssé dans l'ouverture de la sclérotique , et paraissant formé d*une lame de corne très-mince, d'où elle est appelée la Cornée.

Immédiatement derrière cette cornée, la même ouverture de la sclérotique est fermée par une cloison plane , mince , membraneuse {d d) ou Y Iris , ainsi nommé pour les différentes couleurs dont elle est teinte, variant du gris au bleu , au verdâtre , et dans différentes teintes de brun. Cette cloison est formée en partie de fibres musculaires circulaires, non soumises à la volonté, et en partie de fibres ligamenteuses élastiques disposées en rayons de la circonférence au centre , où elle se termine ^ la Pupille ou Prunelle («), ouverture arrondie chez Y Homme et la plupart des Mammifères, où elle forme cette tache noire au centre de Tiris. Chez certains animaux, tels que le Cheval et la Chèvre y cette ouverture est carrée , et dans les espèces du genre Chat , etc. , elle est ronde lorsqu'elle est complètement ouverte , et en fuseau plus ou moins étroit quand elle est contractée.

A une petite distance derrière Tiris, se trouve une seconde cloison verticale membraneuse (ff) , formée par un repli de la Choroïde (g g), membrane mince qui tapisse toute la partie postérieure de la sclérotique. En arrivant près de Tiris, cette membrane forme le repli dont je viens de parler en séparant la cavité de l'œil en deux compartiments inégaux , un plus grand ]»ostérieur et un plus petit en avant , ce dernier luimême encore divisé par l'iris en deux Chambres , communiquant entre elles par la pupille. Cette seconde cavité est également tapissée d'une membrane très-fine, qui en revêt toutes les parois , et vient en conséquence aussi doubler les cloisons formées par la choroïde et l'iris.

Au centre de cette double cloison, entre ses deux feuillets,

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se trouve placé le Cristallin (A), grand corps lentieiilaire, rond, faisant face eu avant en touchant presqu*k Tiris. Ce cristallin est formé d*une substance entièrement incolore, d*une transparence parfaitement limpide comme la cornée, et ayant la consistance de la corne très-ramollie; mais consistant principalement eu albumine, substance analogue au blanc d*œuf

La cavité postérieure (k) du globe de Tœil, tapissée par la choroïde , est enduite , à Texception de la partie qui répond au cristallin, d*une substance onctueuse brune, presque noire; et il en est de même de la partie de la membrane qui tapisse la face postérieure de Tiris.

La cavité de la choroïde est à son tour tapissée par la Rétine (lll), membrane nerveuse formée par Tépanouissement du Nerf optique (m), qui, venant du dessous du cerveau, pénètre dans le fond de Torbile osseux, et plus avant dans le globe de Toeil»^ en perçant la sclérotique et la choroïde dans leur partie la plus postérieure , où il se déploie en formant la rétine, qui s'étend en avant jusqu'auprès du cristallin. C'est dans cette membrane nerveuse que réside le sens si délicat par lequel Tanimal perçoit les plus légères nuances des couleurs.

Enfin la cavité du globe de Tœil, circonscrite par la rétine, est remplie de Y Humeur vitrée , ainsi appelée de sa parfaite transparence qui la rend semblable k une masse de verre . quoiqu'elle n'ait que la consistance du blanc d'œuf.

La cavité antérieure de lœil, placée entre la cornée et le cristallin , est au contraire remplie de V Humeur aqueuse , liquide peu différent de l'eau.

Tels sont les principaux organes qui constituent la partie proprement dioptrique de Tœil , lesquels se trouvent ensuite accompagnés de divers autres, simplement accessoires, qui contribuent toutefois puissamment à l'accomplissement de la fonction de l'œil. Je les indiquerai successivement eo parlant de leurs fonctions.

CHAPtTM 111. S5S

L'œil étant dirigé vers un objet, reçoit les rayons lumi* neux diversement colorés qné celui*ci lui envoie ; et qui pé* nètrent dans son intérieur à travers la cornée , Thomeur aqueuse, le cristallin, ta capsule de ce dernier, etThumeur vitrée placée derrière celui-ci , tous incolores et d'une trans* parence parraitement limpide. Les rayons émanés de chaque point de cet objet forment un faisceau qui couvre la cornée , et la traverse en y éprouvant une première réfraction , vu la forme convexe de celte membrane ; de manière que ces rayons de lumière y sont brisés en se rapprochant de Taxe do faisceau : par l'effet nfi cette loi de l'optique Qofc

TOUT RATON LUtfI^ËUX QUI PASSE d'uN MILIEU MOINS DENSE

(Tair) DANS UN MILIEU PLts DENSE (l'humeur aqueuse),

Él>ROUYE AU CONTACT AVEC CE DERNIER UNE DÉVIATION DANS 8A DthECTION QUI LE RAPPROCHE DE LA PERPENDICULAIRE ABAISSÉE SUR LA SURFACE DE CE CORPS PLUS DENSE ; inflexiOD

différente suivant la réfrangibilité de ce corps.

Une partie des rayons de chacun des innombrables faisceaux lumineux qui traversent ainsi la cornée tombant sur l'iris, membrane opaque, y sont ai*rétés et perdus; tandis que la portion centrale de chaque faisceau passe par la papille, qui le calibre selon le diamètre de son ou«verture ; et celte partie seule contihuant dans la nouvelle direction qu'elle a prise, rencontre, Un peu au del^, le Cristallin , corps plus denSe encore que Thumeur aqueuse qui fait subir dans le même sens une nouvelle réfraction à ces faisceaux lumineux ; ce qui les rapproche encore davabtage de Taxe de chacun de ces derniers. Ces faisceaux, dont la lumière se concentre ainsi de plus en plus , traversant le Cristallin , éprouvent une troisième réfraction en passant de celui-ci dans Thudieur vitrée dont la detisité est moindre que la sienne; et par cela même la réfraction alieii en sens contraire; c'est-k-dire que les rayons lumineux de chaque faisceau s'éloignent de ia perpendiculaire abaissée sur chaque point respectif de la face postérieure du Cristallin ;

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mais comme la courbare de cette surface est en sens inverse de celle de la face antérieure, Teffet de cette réfraction est de rapprocher encore plus le rayon dans chaque faisceaa , en les rendant convergents de divergents qu'ils étaient en rencontrant la cornée. Or la forme des surfaces oti les

RÉFRACTIONS ONT LIEU EST SI SAVAMMENT CALCULÉE QUE LA CONVERGENCE QU ELLE PRODUIT DANS CHAQUE FAISCEAU EST TELLE , QUE TOUS LES RAYONS D*UN MÊME FAISCEAU SE REN- CONTRENT EXACTEMENT SUR UN MÊME POINT DE LA RÉTINE, en

s'y condensant autant qu'ils Tétaienf snr le corps dont ils émanent ; condensation dont le résultat est de reproduire la même couleur du point de l'objet d'où le faisceau est parti ; et tous les points de condensation des innombrables faisceaux sont placés suivant une même surface courbe approchant de la sphérique , qui est précisément celle que présente la concavité de la rétine, membrane blanche sur laquelle l'image de chaque point de l'objet se reproduit ainsi , en formant par conséquent une image parfaitement nette de cet objet entier ; mais dans nne position renversée due à rentre- croisement de tous les faisceaux dans la pupille , dispositions nécessaires , ainsi que je le ferai voir, pour que l'individu ait conscience de la position réelle ou redressée de cet objet. Or chaque point de la rétine, transmettant au Moi , par le nerf optique dont cette membrane est l'épanouissement, la sensation de la couleur de Tîmage avec laquelle il est en contact , ce même Moi se représente par l'ensemble, non-seulement la couleur de chacun de ces points , mais encore , par l'effet de la disposition de ces derniers , la forme de l'image entière.

La question de savoir comment il se fait que nous voyons les objets dans leur situation naturelle redressés , quoique leurs images soient renversées dans l'œil , a longtemps occupé les physiciens et les physiologistes, qui ont essayé d'en donner des explications , les unes plus singulières que les autres ; et revenant en résumé à ceci que , ce n'est que

CfiAPlTilE lit. to?

par l'effet de Tbabitude que nous voyons droit ce qui est k Tenvers : comme si jamais cela pouvait être; tandis que l'explication de ce fait se trouve exclusivement dans la nécessité mathématique du fait lui-même; c'est-à-dire que cela ne peut pas être autrement; en d'autres termes, que si, par une raison quelconque , l'image de l'objet était redressée dans l'œil, nous verrions cet objet k tout jamais renversé. En effet , quoique nous sachions par l'expérience que nous voyons par les yeux , ce n'est toutefois pas de Timage peinte au fond de notre œil que nous avons conscience : cette conscience nous disant au contraire que l'objet est hors de nous , dans la direction de l'axe visuel , et cela même a une distance déterminée, souvent très- précise ; absolument comme nous entendons que le bruit se fait k distance de nous et non dans notre oreille. Or, en projetant ainsi la cause de l'image hors de nous dans la direction de l'axe de chaque faisceau lumineux qui le produit, il est tout naturel que , les axes se croisant dans la pupille, le sentiment de tel point de la rétine soit projeté en dehors vers le côté opposé k celui où l'impression sensilive a Heu. G'est-k-dire que la partie de Timage qui est en bas est projetée vers le haut; celle d'en haut vers le bas, et celles des côtés vers les côtés opposés. Cet effet est absolument celui qui a lieu lorsqu*on veut voir ce qui arrive au dehors d'une fenêtre qui représente la pupille de l'œil ; la personne qui veut voir ce qui se trouve k droite est obligée de se placer k gauche dans le fond de l'appartement; et lorsqu'elle veut voir ce qui se trouve en haut, il faut qu*elle se place en bas. Or cette personne remplit successivement les conditions de chaque point sensitif de la rétine.

Cette explication mathématiquement vraie , je l'ai donnée déjk dans mon Traité pralique et théorique d'anatomie com^ parative, t. II, p. 387, 1842, et je ne crois pas qtie d'autres raient présentée avant.

L*œil, tel que je viens de le décrire succinctement dans

!^58 rnioLOiïiB db u nature.

«es parties les plu9 inporUotes , est, comme on voit, uue véritable chambre obscure , semblable k celles que les opticiens construisent; ou plutôt la chambre obscure est une imitation aussi exacte que possible de Tadmirable appareil dioplrique de Tœil , dont les physiciens A*ODt pu imiter toutes les parties , ni surtout leur donner les formes rigoureusement nécessaires; les moyens mécaniques de fabriquer ces objets leur manquant. C'est ainsi qu*ils ont été obligés d'employer, pour les lentilles faisant les fonctions de cristallin, des formes à surfaces spbériques, tandis que ce devraient être des courbes de sections coniques; en même temps que la surface qui reçoit Timage dans les chambres obscures est |>lane au lieu d*étre courbe. Comment est-il possible que jamais un anatomiste ait

|»U EXAMINER LA MAGNIFIQUE COMPOSITION DE l'œIL, EN T RECONNAISSANT LES FONCTIONS QUE CHACUNE DE SES PARTIES Y REMPLIT AVEC UNE Si ÉTONNANTE PRÉCISION , SUIVAMT LA PART QU*ELLE DOIT PRENDRE À l' ACCOMPLISSEMENT DU PHÉ- NOMÈNE DE LA VISION, SANS SE SENTIR PÉNÉTRÉ JUSQU'AU FOND DE L*AME DU SENTIMENT DE LA PLUS GRANDE ADMIMATIOS POUR UN APPAREIL D*UNfi CONSTRUCTION SI SAVANTE , ET SANS ÉPROUVER LÀ LE SENTIMENT d'uN RESPECTUEUX HOMMAGE QD*IL NE SAURAIT SE REFUSER DE RENDRE DANS SON COEUR AU SU- BLIME AUTEUR DE CE MERVEILLEUX OUVRAGE 7

Destiné à faire connaître aux plus grandes distances les divers objets par la couleur qu'ils reflètent, et par suite leur forme, leur disposition et même leur éloignement, l'oeil DES Mammifères présente dans son ensemble la forme d*un Sphéroïde, afin de pouvoir tourner avec la plus

GRANDE facilité DANS TOUS LES SENS, POUR ÊTRE DIRIGÉ VERS TOUS LES OBJETS QUE L*ANIMAL VEUT EXPLORER. CcS

mouvements, qui s'exécutent avec la plus étonnante précision, sont produits principalement par quatre muscles fixés au fond de Torbite osseuse autour de rentrée du nerf optique; d'où ils se portent en avant pour s'insérer Tun k la

' CHAPITRE Ht. 559

face sopérieiirê du globe de l'œil; Tautre tk sa face inférieure ; et les deux derniers aux faces internes et externes : tous les quatre au grand cercle de ce globe. Il suffit d*avoir indiqué la disposition de ces quatre muscles droits, pour faire comprendre que par leur action ils font rouler l'œil sur lui-même , en dirigeant Taxe visuel vers les quatre côtés principaux ; et que les directions intermédiaires sont pro> duites par la combinaison de l'action de deux de ces muscles. Quoique ce nombre de muscles paraisse suffisant pour que Tœil puisse ainsi être dirigé de tous côtés , il en existe oependant encore deux autres , dont Taction est de faire rouler le globe sur lui-même dans un plan transversal ; et cela sur une étendue de mouvement assez considérable. L'un , fixé aux os de Torbite sour le globe , se porte en haut pour s^iusérer au milieu de la face externe de ce dernier, et fait tourner Tcetl en dehors. Le second, devant produire le mouvement contraire, naît dans le fond de Torbite au-dessus du droit supérieur, et se porte en avant, en haut et en dedans, vers Tangle supra-interne de Torbite, où son tendon terminal se réfléchit dans une boucle ligamenteuse fixée k l'os, pour se diriger en dehors , et s'insérer à la face supérieure du globe. C'est ainsi que le Créateur a obtenl ,

PAR l'effet de cette DÉVIATION DU TENDON DE CE MUSCLE , dC

le faire agir dans une direction transversale où l'espace disponible pour remplacement du masde entier est trop court, et Fa en conséquence fait venir du fond de l'orbite , dont la distance est assez grande pour que le corps du muscle soit suffisamment long pour lui permettre une grande étendue de contraction. 11 est inutile de dire que pour faciliter le glissement du tendon dans la boucle ligamenteuse formée en arc de poulie de renvoi, ce tendon y est accompagné d'une gaine synoviale qui diminue considérablement le frottement dans œ ligament; précaution minutieuse qui ne manque nulle

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