CHAPITRE III
chant inné qui les porte k agir de cette façon et non d'une autre; c'est à-dire sans qn*ils examinent en eux-mêmes les motifs qu*ils peuvent avoir de suivre cette indication , et par conséquent sans jamais rien changer par leur volonté aux moyens employés : ces moyens leur étant suggérés par le penchant lui-même , quoique ce soit bien par leur volonté qu'ils exécutent les actes qui s'y rattachent.
Certains Philosophes, confondant les effets de rintelligence avec ceux de Tlnstinct , qu ils ont sans doute mal définis, ont souvent attribué k Tune de ces puissances de l'Esprit ce qui dépendait deTautre; d'où ils sont tombés dans de graves erreurs quant aux conclusions qu'ils ont tirées des faits observés. C*est ainsi que voyant certains animaux établir des constructions que Thomme, malgré sa raison et l'admirable adresse de ses mains, aurait de la peine a exécuter, ne pouvant attribuer ces effets h Tlntelligence qu'ils crurent devoir dénier k tous les Animaux , en la confondant avec la Raison dont ceux-ci sont en effet réellement privés, ont attribué ces actes exclusivement k llnstinct, qui n'était lui même, selon eux, que la cause occulte d'un acte mécanique automatique auquel les animaux étaient réduits, et qu'ils ne produisaient ces effets merveilleux , que simplement comme les Métiers à la Jacquart exécutent les admirables broderies dans les fabriques de soie. Mais ces Philosophes ne crurent pas devoir tenir compte de la spontanéité d'une foule d'actes de ces mêmes animaux qui interviennent dans les travaux qu'ils exécutent d'une matiière si remarquable : spontanéité qu'une simple mécanique ne saurait avoir.
La meilleure preuve que les Animaux , et même ceux des Classes inférieures, tels que beaucoup d'iNSECTEs , ont de l'Intelligence, et même une intelligence très-élevée, c'est qu'ils pen^e/U , faculté elle-même prouvée par cela qu'ils ont de la mémoire; se souvenant parfaitement de l'endroit où ils ont établi leur nid ; et si on déplace celui ci, en le transportant dans des lieux entièrement différents de ceux où ils l'éta-*
sotis le rapport d'une apparence de haute connaissance de la géoniétrie qui semble y avoir été appliquée; ces cellules offrant la forme et la disposition la plus économique que cette science puisse faire découvrir par le calcul , science que ces charmants petits êtres ne connaissent évidemment pas ; aussi ces formes ne sont-elles au fond que le résultat de la compensation des forces purement mécaniques qui y agissent en sens divers les unes sur les autres, en prodaisant partout l'équilibre, et par là ces formes géométriques si admirablement régulières que présentent les alvéoles, dans lesquelles ces insectes élèvent leurs petits. En effet, ce^ adroits constructeurs n*ont, par leur ihstinct, que la disposition de former de nombreuses cellules pour y placer séparément chacune de leurs jeunes Larves , el rangent dans ce but, ces cellules parallèlement lés tihes autour des autres , où chacune à part prendrait naturellement la forme cylindrique; et cela d'autant plus que l'Insecte qui la construit est placé dedans, et s*y retourne Souvent pour la bâtir avec ses mandibules aidées de ses pattes. Mais par cela même que ces cellules se pressent les unes contre les autres , les eflbrts qu'elles exercent chacune sur celles qui Tavoisinent se mettant naturellement en équilibre, elles deviennent toutes forcément prismatiques; et comme, par une loi de la géométrie, sii cylindres ou six prismes de mêmes diamètres en entourent exactement un , chaque alvéole devient nécessairement hexagonal; et cette forme qu'ils prennent ainsi passivement est prouvée par celle que présente la dernière rangée placée à la circonférence du rayon , où la partie extérieure, qui n'est point pressée par les autres, est en effet cylindrique.
Quant à la forme pyramidale à trois pans que présenté le fond de la cellule lorsquelle y est adossée contre le fond d*une autre couche opposée, ainsi que cela a lieu dans les rayons (ï Abeilles, cette forme est également due à des causes semblables, et spécialement k la pression que le corps mou
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de la larve qqi habita chaque cellple exerce sur ce fond qui se moule de même tpujours plus ou moins régulièrement entre trois alvéoles opposés. Cet effet est de même prouvé par la forme en calotte sphérique que présente le fond des cellules des nids de Guipes, qui, ne formant qu'une seule couche, n'éprouvent aucune poutre -pression par le cA^ opposé.
Mais si ces habiles petits constructeurs n'agissent pojiit ici sous l'influence d'une connaissance innée de la géométrie, la forme si économique que ces alvéoles présentent
IV'EN a pas moins été GÀI.CCLÉE p'àVANCE PAR LA TOUTS-
sGi^NCE pu Créateur, qqj arnv^ k ce résultat en oblige^pt simplement ces insectes k donner à ces petites cavité^ une disposition parfaitement régulière dans leur parallélismfi.
Il suffit de ce peu d'exemples que je viens de citer pour faire comprendre , non-seulement la différence qui exista entrç Ylnlellijfençe et Ylnsli^c^^ e\ par suite, comment ce dernier peut souvent faire prodiiire aux animaux de9 aptes en apparence merveilleux, $aRS qu*i|3 en conçoivent apciinement le résultai final ; agissant par leur volonté cip
conséquence de ce^ incitations instinctives, absolument comme r^qmm^ agit [^ar sa volonté dirigée par sa faisop , dans l'exécution de^ faijs une cpUp-ci lui a fait concevoir. Je pourrais multiplipr a rinuni les exemples de ces remarquables actes instii|ctif3 ; v^m comme j'aurai plus tard à revenir sur cet intéfessant siget k l'occasion de \2l reproduction des apimau^, fonction h laquelle se rattachent |a plupart des actes de l'intelligence et de l'instinct de chaque espèce , je me bornerai ici aux seuls exemples cités plus haut.
Dans le court exposé que je viens de faire de l'organisation animale, je n'ai porté l' attention du lecteur que sur la merveilleuse structure des Animaux vertébrés, formant le premier des quatre grands Embranchements du Règne ANIMAL, et dont je n'ai même indi(|ué que les faits les plus
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essentiels, afin de faire connaître Tadmirable composition du corps de ces animaux, placés au premier rang de la série zoologique, non-seulement par leur étonnant organisme, mais aussi par les fortes dimensions qu'ils atteignent ; embranchement auquel V Homme appartient au même titre que chacune des autres espèces qui le composent; et si l'espèce humaine y occupe le premier rang, c'est moins par la complication de son organisation que par l'éminence de ses facultés intellectuelles.
En citant les faits analomiques et physiologiques les plus essentiels, et autant que possible aussi les plus faciles k concevoir, sans être accompagnés de nombreuses Ggures explicatives, je crois avoir déjh fourni les preuves les plus évidentes que l'existence d'aussi merveilleux organismes NE SAURAIT ÊTRE ATTRIBUÉ QU'À l'iNTERVENTION DE LA TOUTE-PUISSANCE D'uN ÉtRE SUPRÊME , D*UN DiEU CRÉA- TEUR , SEUL Éternel; et que rien, pas même la plus légère modification ne saurait être due & l'action d'une autre cause primitive quelconque. Je pourrais , en conséquence, borner ici rénumération des faits qui constatent cette vérité fondamentale de toute science humaine, et k laquelle on est toujours finalement ramené , qu'il existe une Intelligence
créatrice COMME CAUSE PREMIÈRE DE TOUT CE QUI EST. Hais
cet ouvrage serait bien incomplet si j'en excluais ce que les autres animaux offrent de merveilleux dans leur structure tout aussi remarquable que celle des animaux vertébrés; et cela d'autant plus, que les espèces inférieures, qui sont en même temps les plus petites, offrent, précisément par la grande simplicité de leur organisation et l'infinie petitesse de leur corps souvent de beaucoup au-dessous de tout ce que 1 imagination peut concevoir , la preuve la plus
ÉCLATANTE DU POUVOm INFINI DE DiEU , POUR QUI RIEN n'eST GRAND , RIEN n'EST PETIT DANS LUNIVERS , DEPUIS TimmefiSité
du système stellaire sorti de sa main toute-puissante, jusqu'à la Monade animalcule, dont la masse réunie de plus de
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cent vingucifiq millions d'individus n'équivaut pas à celle de la plus petite télé d'épingle (1).
Je dois d*autant plus signaler ici ce qu'il y a de remarquable dans l'organisation des animaux inférieurs, dont un grand nombre d*espèces ne le cède eu rien pour la complication h l'homme même, que certains Philosophes, plus sophistes que savants , ont cru pouvoir s'appuyer de leur infinie petitesse pour faire croire que leur structure était d'une simplicité proportionnée \k leurs faibles dimensions, et telle qu*il suffisait que certaines substances brutes soient fortuitement réunies dans un même lieu , pour produire ces animalcules par l'effet de quelque acte chimique ou autre, sans qu'il soit nécessaire d admettre l'intervention d'aucune Intelligence créatrice qui leur donnerait l'existence. Mais avant tout, ces Philosophes auraient dû se demander k eux-mêmes s'ils ont bien conçu la prétendue simplicité de ces petits animaux qu'ils ne connaissaient pas, cl comment l'organe même le plus rudimentaire pouvait se former ainsi de lui-même; car il ne suffit pas d'avoir prononcé aussi légèrement le mot simple, sans chercher k en apprécier la valeur, pour être en droit de croire qu'on a tout dit, tout démontré , et de baser ensuite sur une hypothèse aussi frivole un système théorique entier sur la formation de tous les Êtres de la Nature; formation qui, selon ces Philosophes , ne serait plus que le facile développement progressif de ces espèces primitives, qui auraient été, selon eux,