‹ Théologie de la natureChapitre 24 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

et C*EST EN EFFET CE CARACTÈRE QU'eLLE PRÉSENTE CHEZ TOUS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS MARCHEURS. PoUF Cela Textré-

mité supérieure du Fémur ou de l'os de la cuisse (figA.nu) recourbe assez subitement en dedans , et se termine par une tête arrondie , représentant près des deux tiers d*une sphère, couverte, comme toutes les surfaces articulaires mobiles, de cartilages articulaires lisses; et cette tête ou Condyhy est reçue dans une profonde cavité de même forme, placée, ainsi qu'il a déjk été dit, sur le côté du bassin.

n semble au premier aperçu qu'il eût été plus convenable de placer les cavités articulaires de la hanche (n) sous le bassin et non sur ses côtés; vu que, dans cette situation, la tête du fémur en appuyant par en dessus dans cette cavité y eût trouvé plus de solidité , en même temps que la cuisse eût été moins sujette aux luxations. Mais en examinant le fait avec quelque soin , on trouve bientôt que cela n'a pas dû être ainsi, et pour deux raisons majeures. En effet , TOUS les Mammifères ayant du être formés sur le MÊME PLAN, les cavités articulaires ou Cotyldides des hanches, devaient toujours correspondre au même endroit; d*où résulte que si elles avaient été placées sous le bassin chez Y Homme qui marche debout, elles eussent été en arrière du bassin dans tous les autres vertébrés où le corps est horizontal; disposition bien plus défavorable que sur les côtés, vu qu'elles se seraient trouvées plus loin du centre de gravité que les membres doivent soutenir; en outre que les muscles extenseurs et adducteurs, mais surtout les abducteurs des cuisses n'eussent eu ni chez Thomme ni chez les animaux , des emplacements suffisants pour y prendre leurs points d'insertion ; tandis qu'sN plaçant les cavités cottloîdes

DE l'articulation DES HANCHES SUR LES CÔTÉS DU BAS- SIN, tous CES INCONVÉNIENTS SE SONT TROUVÉS LEVÉS.

Tout en donnant cette disposition latérale aux articulations des cuisses, la bienveillance divine n'a toutefois

PAS MANQUÉ D* AVOIR ÉGARD AUX DIVERSES SPÉCIALITÉS QUE LES DIFFÉRENTES ESPÈCES ANIMALES QU*ELLE A CRÉÉES ONT DU PRÉSENTER DANS LEUR ORGANlSATIOJi, SPÉCIALITÉS QUI DEVAIENT AVOIR QUELQUE INFLUENCE SOIT SUR LA STATION, SOIT SUR LES DIVERS MODES PE LOCOMOTION QU*ELLE LEUR ▲ PRESCRITS.

Chez toutes les espèces, les cavités cotyloïdes sont d*abord un peu obliquement dirigées en dessous , de manière à appuyer plus largement sur toute la tète du fémor; et la partie supérieure de ces derniers os, dirigée en dedans, n'est également pas tout à fait transversale; ce qui ne lui aurait pas donné assez de force pour soutenir le poids du corps ; mais elle est , pour cet objet même , toujours plus ou moins oblique de bas en haut et au dedans. Dans plusieurs espèces de Mammifères mêmes , ces parties ont bien subi diverses modifications très-légères , il est vrai , luis

TOUJOURS FORT SAVANTES, PAR LESQUELLES L*InTELLIGENC£ CRÉATRICE A OBTENU L*EFFET QU*ELLE S*EST PROPOSÉ , Ct

dont je ne citerai ici qu'un seul exemple. L^Eléphant, animal excessivement lourd, et en conséquence fort peu agile, ne pouvant ni courir, ni sauter, n'avait de là pas besoin d'une grande étendue de mouvement dans la cuisse , mais bien d'une force considérable pour porter le poids énorme

du corps, LES CAVITÉS COTYLOÏDES ONT ÉTÉ FORTEMENT DIRIGÉES EN DESSOUS, AFIN D APPUYER LE MIEUX POSSIBLE

SUR LES FÉMURS , cu même temps que la partie supérieure de ceux-ci est , par la même raison , presque dans la direction de la tige de l'os , afin de mieux soutenir le bassin.

Toute la force que les animaux emploient dans la course, et surtout dans le saut, se concentrant dans les articulations des hanches , l'obliquité de celles-ci est d'autant plus défavorable que cette force est plus grande ; aussi pour parer AUX INCONVÉNIENTS attachés à cette disposition , cette articulation a-t-elle été accompagnée de tout ce qui peut contribuer A les prévenir. C'est ainsi que, pour empêcher

CRAPITIUE III. Itt9

SA LUXATION , EIXE ▲ NON-SEULEMENT ÉTÉ ENTOUKÉE d'uNE GàPS€LE àRTIGULAIEE TRÂS-aÉSlSTANTE QUOIQUE FORT LACHE , AFIN DB PERMETTRE UN MOUVEMENT EN TOUS SENS A LA CUISSE, MAIS ENCORE POURVUE D*UN LIGAMENT INTÉRIEUR

SPÉCIAL, formant un gros tronc fibreux , arrondi , implanté d'une part à la tête du fémur, un peu au-dessous do milieu de sa tête articulaire; et de Tautre , dans le fond de la cavité eotyloide de la hanche , aussi un peu plus bas que son eentre. Par le moyen de ce puissant ligament , les deux os sont solidement unis , en congervant toutefois un mouvement libre en tout sens ; ce ligament central pouvant même subir an certain degré de torsion dans les mouvements de la cuisse , mouvement qui ne va du reste jamais beaucoup au àelï d*un quart de tour chez Thomme, et moins encore chez les quadrupèdes.

Je viens de dire que ce ligament est placé plus bas que Taxe de la tête du fémur ; celte disposition semble devoir fadliler la luxation en haut de la cuisse chez les quadrupèdes, et en arrière dans Thomme ; cet accident est PRt-

OSÉMENT CELUI QUE CE LIGAMENT INTÉRIEUR DOIT EMPÊ- CHER, et il se trouve puissamment secondé dans sa résistance, par la grande puissance des muscles abduc^ leurs de la cuisse ( les rotateurs en dehors dans Fespèce humaine) , qui appuyant par leurs tendons sur la tête articulaire du fémur Tempéclient de déboiter, tandis que vers le côté opposé , des muscles très-forts ayant été inutiles , c'est au contraire ce ligament qui est plus socialement chargé de résister à la luxation.

L*articulation du genou (u) est un véritable chefd'œuvre DE mécanique qu'on na saurait voir sans en admirer la SAVANTE COMPOSITION. Lcs membres devant produire des effets considérables , cette articulation devait être . k la fois forte , bien réglée , et avoir ses mouvements étendus et faciles, sans être sujette à la luxation. Si Ces mouvements n^avaient dû être qu'alternatifs , comme au coude , cela eût

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été facile ; il eût suflB d'y emboiter solidement les os , et de les maintenir par de robustes ligaments latérani ; mais cela devint pins difficile au genou où le principal mouvement a lieu d*avant en arrière lorsque la jambe approche de son extension ; moment où le membre fait de grands efforts pour soutenir ou pour pousser le corps, et où les os ont besoin de se trouver fortement engrenés , afin de donner la plus grande fixité aux parties , soit dans l'immobilité, soit dans le mouvement ; tandis que dans les moments de relâchement seulement, cette articulation devait être au contraire assez libre pour permettre des mouvements de rotation à la jambe , par lesquels le pied peut tourner selon le besoin en différents sens, condition contraire à la première , mais n'ayant toutefois pas lieu en même temps ; et c'est la gongiliatioii de

CES DEUX FACULTÉS , QUI SEMBLENT s'eXGLURE , QUI EST PAR- FAITEMENT OBTENUE dans cette articulation. Pour cela, Tos de la cuisse et le Tibia ^ le principal de la jambe , qui lui fait suite , s'unissent par de gros renflements pour donner plus d'étendue , et par là plus de solidité à l'articulation. Du côté du premier, ce renflement forme à peu près les trois quarts d'une poulie, k bords très-épais et arrondis, dirigés d'avant en arrière; et leur intervalle, une large gorge, surtout très-profonde postérieurement , où les deux saillies latérales ou Condyles forment de fortes proéminences arrondies en tous sens; tandis qu'en avant, ces saillies sont peu éminentes , et la gorge qui les sépare , large mais peu profonde, en se perdant insensiblement le long de la face antérieure du renflement de l'os,

La tête du tibia (tiv) , au contraire , présente une simple troncature \k peu près perpendiculaire à l'axe de l'os , où il n'existe de chaque côté qu'une légère dépression , dans laquelle appuie le condyle correspondant du fémur, qui s*y roule d^arrière en avant. Pour régler et diriger ce mouvement, les deux os sont liés entre eux par deux forts ligaments latéraux , implantés au tibia près de sa troncature ;

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et au fémur, aux faces latérales des deux coodyles , aux points répondant à leur axe de mouvement.

Tel est le premier principe sur lequel cette articulation est formée pour lui donner le mouvement alternatif propre a un grand nombre d'articulations. Mais , ainsi qu'il a déjk été dit y les os devaient être relâchés pendant la flexion , où le membre ne fait d'ordinaire que de faibles efforts ; tandis qu'ils doivent être fortement serrés lors de l'extension , afin d'offrir toute la fixité et la solidité nécessaires au moment où l'animal roidit le membre. Il a fallu aussi trouver um

MOTEM de produire CES DEUX EFFETS , QUI ONT ÉTÉ FACILE- MENT OBTENUS par une simple forme spéciale donnée aux condyles du fémur, qui , au lieu d'être en arc de cercle , comme dans les poulies ordinaires , présentent au contraire des arcs de spirales, dont les rayons sont plus courts dans la partie postérieure. On conçoit que, vu cette forme, les ligaments latéraux qui unissent les os doivent être relâchés, et l'articulation un peu flottante, lorsque, pendant la flexion de la jambe, les condyles du fémur appuient sur le tibia par leur partie postérieure , où leur rayon est plus court qu'en avant ; tandis que l'articulation s'affermit par la tension de ces mêmes ligaments quand la jambe est étendue. Mais ce n'était pas là tout encore : pendant la flexion, la jambe devait jouir d'un léger mouvement de rotation par lequel le pied pût être tourné vers les côtés ; rotation impossible, ainsi qu'on l'a dit plus haut, dans les articulations gynclymoidales ou à mouvement uniquement alternatif, mais qui peut s'exécuter dans le genou , d'une part, par l'effet du relâchement des os, et de l'autre, par le peu de profondeur des deux cavités articulaires du tibia dans lesquelles appuient les condyles du fémur ; disposition qui , relâchant les ligaments latéraux , leur permet de suivre les os dans leur déplacement vers les côtés; mouvement toutefois boAié a une petite partie de tour, suflisante pour Tusage que l'on en fait.

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Le peu de profondeur qu'ont reçu ▲ cet effet les deux cavités dont je viens de parler, permettent aux condyles d*en sortir facilement dans les grands efforts, en forçant les ligaments latéraux « en luxant ainsi le genou :

riNTELLlGENGE CRÉATRICE A PARÉ A CE GRAVE INCONVÉNIENT PAR UN MOYEN MÉCANIQUE DES PLUS REMARQUABLES EN

PLAÇANT de chaque côté , entre les os , deux petites lames cartilagineuses en forme de demi-cercle , k concavité tournée vers le centre de Tarticulation. Ces petites pièces ayant leurs bords convexes assez épais, tandis que le concave est très-mince , remplissent latéralement Tintervalle restant entre les condyles du fémur et la tête du tibia, et rendent par là les cavités articulaires de ce dernier plus profondes.

Si le perfectionnement de l'articulation était borné k cela seulement, les luxations y auraient cependant encore été faciles ; le fémur, en se déplaçant , n'ayant jqu'à entraîner avec lui ces petites plaques cartilagineuses. Hais cet inconvénient AySSI A ÉTÉ PRÉVU ET ÉVITE d'uNE MANIÈRE FORT INGÉNIEUSE , EN ATTACHANT CES CARTILAGES PAR LEURS EXTRÉ- MITÉS AU TIBIA , à l'aide de plusieurs ligaments aplatis comme eux , qui leur permettent de glisser en avant et en arrière sur la troncature de cet os , en suivant les mouvements des condyles des fémurs , afln de rester constamment placés autour de leurs points d'appui ; Mouvements parfaitement RÉGLÉS par les deux ligaments latéraux auxquels ces cartilages adhèrent au milieu de leur bord convexe. Ce résultat, géométriquement calculé, ressort des conditions de dispositions dans lesquelles ces ligaments se trouvent à regard des condyles , quel que soit le degré de flexion de la jambe. En effet, les deux ligaments latéraux étant insérés aux centres des arcs spiraux que ceux-ci forment, leur direction est par là constamment perpendiculaire à la courbe de ces condyles ; d'où résulte que Tendroit où ils adhèrent aux deux cartilages répond exactement au point d'appui de

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chaque condyle, ainsi qu'au centre de chaque cartilage, quelle que puisse être la disposition des condyles.

Les petits ligaments plats qui fixent ces cartilages par leurs extrémités au tibia» servant principalement k régler leurs mouvements et k les empêcher, conjointement avec les ligaments latéraux , de se déplacer vers les côtés , ne suffiraient cependant pas pour prévenir leur déplacement en avant dans les grands efibrts que Tanimal fait souvent dans l'extension forcée de la jambe. Mais ceci a également été PRÉVENU par l'application d'autres ligaments encore qui fixent les extrémités postérieures de ces cartilages au tibia et au fémur, afin de les empêcher de se porter trop fortement en avant.

Quant k la luxation en arrière du fémur, elle est déjk presque impossible par l'effet de la force excessive du ligament capsulaire formant en avant une boite très-forte qui , fixée aux deux os , enveloppe le genou , ligaments dont je parlerai encore un peu plus loin.

Tocs CES MOYENS ET TOUS CES SOINS , SI INGÉNIEUSEMENT

EMPLOYÉS , n'étaient cependant pas encore suffisants pour donner k l'articulation du genou toute la force et la mobilité dont elle avait besoin. Les ligaments latéraux qui unissent le tibia au fémur, quoique assez forts, ne pouvaient cependant pas être excessivement gros , vu que leur déplacement eût causé trop de dérangements dans les parties environnantes ; et ils devaient de la être secondés encore PAR d'autres moyens. C'est dans ce but qu'il a été placé postérieurement entre les condyles du fémur deux trèspuissants ligaments arrondis, se rendant de cet os en bas , sur le milieu de la troncature du tibia ; en s'insérant l'un au devant de l'autre aux deux os. En partant de leurs deux attaches, ces ligaments se croisent obliquement, en allant Tun de haut en bas et en avant, et l'autre de haut en bas et en arrière. On conçoit par cette disposition croisée de ces deux ligaments , ceux-ci ressemblant tout k fait aux char*

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nières d'un paravent, que, tout en unissant très-fortement les os, ils permettent non-seulement les mouvements de flexion alternative de la jambe , mais que celui dirigé obliquement en bas et en arrière empêche en même temps le fémur de glisser trop en avant , et prévient ainsi sa luxation dans cette direction ; on conçoit que le second, dirigé en bas et en avant , empêche sa luxation en arrière encore pendant que tous les deux, bridant le fémur, maintiennent ses condyles toujours dans les cavités articulaires du tibia. Et lorsque la jambe est arrivée k toute son extension , ces deux ligaments croisés se trouvent fortement tendus, par là même que les deux condyles appuyant sur les rayons les plus longs de leurs spirales, s'opposent k une plus forte extension. Enfin par Tingénieuse nisposmoM croisée de ces ligaments, la jambe, plus ou moins fléchie et alors relâchée, peut sensiblement pivoter sur elle-même , ces deux faisceaux ne produisant dans leur entre-croisement que Teffet d'un seul qui se tordrait légèrement sur lui-même.

Malgré la belle complication de cette articulation , le peu de profondeur des cavités de la tête du tibia , et la facilité qu'ont les condyles des fémurs de rouler sur elles , laissent , nonobstant les divers ligaments qui unissent les deux os , encore trop de chances k la luxation en avant du fémur, pour que riNTELLiGENCE DIVINE n'ait pas dû les prévenir plus efficacement; et le moyen qu'elle employa consiste, comme je l'ai déjà dit un peu plus haut, k envelopper l'articulation d'une capsule fibreuse extrêmement forte, surtout en avant, où elle est principalement consolidée parla Rotule ^ pièce osseuse placée au milieu , où elle forme la saillie du genou , s' appliquant dans la partie la plus antérieure de la gorge de poulie des deux condyles. Par ce moyen cette vaste capsule, se trouvant soutenue par cette dernière, ne saurait être pincée entre le tibia et le fémur lors de l'extension de la jambe , en même temps que le fémur trouve contre cette rotule un vigoureux appui qui l'empêche de dépasser le

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