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MODIFICATION SPÉCIALE , QUI LES REND PARFAITEMENT PROPRES

A CET USAGE, saus pouT ccla s'éloigner notablement du type qu'ils présentent comme organes locomoteurs. Il est même fort remarquable que ce n'est , ni comme type d'organes préhenseurs , ni comme les mieux appropriés k la fonction de la locomotion, que les membres antérieurs

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offrent le degré le plus parfait de la complication de leur structure; mais que cette extrême richesse d'organes se tronye au contraire dans les espèces où ils exercent a la fois les deux fonctions, c'est-à-dire dans le genre Chat^ véritable type de toute la Classe des Mammifères , et en conséquence, de tout TEmbranghement des Vertébrés, et par suite du Règne animal entier. C'est cet animal et sos congénères, dont le corps offre en général non-seulement la structure la plus riche en organes , mais aussi la plus grande netteté dans les parties , surtout pour les organes locomoteurs ; et cela inGniment mieux que dans l'espèce humaine , qu'on considère à tort comme l'Être le plus parfait de la création.

Pour ce qui est des mouvements de la main sur l'avantbras, leur étendue et leur direction sont également calculées d'après les besoins de chaque espèce animale. Chez V Homme j essentiellement bipède, les flexions de la main ont dû se faire dans toutes les directions , afin que cette dernière pût saisir facilement les objets de divers côtés. La flexion vers la paume , qui , par analogie avec les animaux , est appelée la véritable flexion , et celle en sens opposé ou Fextensîon, sont k peu près égales, et chacune d'un peu moins d*un angle droit; mais les mouvements vers les côtés sont beaucoup plus bornés, quoique suffisants pour permettre une circumduction assez étendue et facile.

Quoique la Palmure de la main fasse un tout, dans lequel les mouvements de ses parties sont peu apparents , elle est cependant susceptible de plier un peu dans toutes les directions , afin de contribuer k la souplesse de la main , et cela toujours selon le besoin de chaque espèce d'animaux. Sous ce rapport même , comme sous tous les autres , nous trouvons cette gradation constante , par laquelle les organes se modifient selon les fonctions qu'ils doivent remplir.

Nous avons déjà vu plus haut que cette palmure était formée de deux parties consécutives, dont la première ou

le Carpe , placée à la racine de la main , est composée , au plus, de neuf petits osselets fort courts, diversement conGgurésy disposés sur deux rangs successifs, dont le premier de quatre , et le second de cinq , tous unis entre eux par des articulations mobiles , dont les mouvements sont toutefois très-obscurs, quoique ces articulations soient munies de bourses synoviales , mais généralement privées de capsules articulaires, suppléées par de nombreux ligaments qui unissent étroitement ces osselets dans toutes les directions. Le léger mouvement que ces ligaments leur permettent suffisent toutefois pour donner au carpe une assez grande élasticité.

L'articulation de la première rangée avec les deux os de Tavant-bras présente , dans l'ensemble de ces osselets , une surface convexe dans tous les sens , beaucoup moins cependant en travers , où le mouvement est fort borné , et bien plus arquée d'avant en arrière.

La secx)nde partie de la palmure , ou le Métacarpe^ est, ainsi que je l'ai déjà dit , formée de petits os allongés , placés à côté les uns des autres comme les dents d'un peigne , et dont le nombre varie selon l'espèce de mammifères, de un, qui existe seul chez le Cheval , jusqu'à cinq qu'on trouve dans Y Homme ^ s'articulant à leur base avec les osselets du second rang du carpe, mais non exactement chacun avec un seul qui lui correspondrait, et souvent avec deux, sans disposition régulière , quoique toujours de la même manière dans chaque espèce de mammifère; et ce n*est que chez quelques Reptiles , tels que les Lézards , qu'on trouve que chacun des cinq os du métacarpe répond exactement à un des cinq du carpe , ce qui semble indiquer qu'en principe chacun y a réellement son correspondant naturel, mais dont les rapports sont plus ou moins troublés dans les autres Animaux vertébrés, sans qu'on ait encore pu en reconnaître la cause; trouble dont il ne résulte du reste aucun inconvénient. L'irrégularité apparente est même telle , que ces deux ordres

cràpitrb m. 1^5

d'osselets s'enchevêtrent les uns dans les antres sans aucune forme géométriquement régulière ; disposition qui , loin de géoer en quoi que ce soit les mouvements de la main , donne au contraire une plus grande solidité aux parties , en prévenant les luxations.

La palmure faisant directement suite lu Tavant-bras auquel elle est liée par une articulation plus ou moins mobile dans tous les sens, en même temps que les parties s'em-boitent peu, les luxations seraient très-faciles dans les grands efforts, si l'intelligence suprême n'avait pas, dans SA sublime sollicitude , paré autant que possible à ce grave accident, qui prive l'animal pour longtemps de Tusage de son membre. Les déplacements vers les côtés sont déjà difficiles par la plus grande largeur des facettes articulaires , et prévenus en outre par de forts ligaments latéraux , disposés comme ceux dont il a été parlé à l'occasion des articulations du coude; ligaments fixés aux deux parties près de l'extrémité des os formant l'articulation; c'est-àdire du côté du carpe portant la facette convexe, à peu près au sommet de l'axe de mouvement, de manière que les ligaments n'éprouvent aucun effort pendant la flexion et l'extension de la main. La luxation en arrière est empêchée par la présence de nombreux et puissants tendons des muscles qui croisent l'articulation , en se rendant de Tavantbras k la main et aux doigts ; enfin la luxation en avant est prévenue également, en partie, par ces mêmes tendons, ainsi que par ceux qui , placés au devant de l'articulation , se rendent de ce côté aussi au carpe et aux doigts. Cette dernière luxation est dailleurs plus difficile , et de là moins fréquente, vu que très-rarement, et peut être jamais , l'animal n'a de grands efforts à supporter dans les ligaments du dos de la main; circonstance qui ayant été parfaitement PRÉVUE a fait que ces mêmes ligaments dorsaux de la main ont été laissés faibles, à peine suffisants pour maintenir les 08 en place.

446 TKéowçn w u raturs.

J'ai dît plus haut que la seconde partie de la palmure était soutenue par les os métacarpiens , au nombre de un k dnq, selon l'espèce de mammifères, c'est-il -dire suivant le degré de dégradation que présente la main dans les diverses Familles de cette Classe d'animaui; os dont chaeun porte un Doigt à son extrémité , appendice plus ou moins libre dans leur longueur, suivant l'dsage que chaque akimal DOIT en faire. Chez Y Homme ^ ainsi que chez un grand nombre d'autres mammifères, il existe ainsi cinq métacarpiens et autant de doigts , mais ja^nais plus , sans qu'on ait pu reconoaitre encore quelle a pu être la raison pour laquelle la VOLONTÉ CRÉATRICE s'cst arrêtée à ce chiffre, qu'oy retrouve d*ailleurs dans une foule d'autres cas de l'organiaflue des Êtres vivants, surtout dans les végétaux.

De ces cinq doigts, quatre sont placés k côté Tun de l'autre au bord terminal de la palmure, et suscel^tibles de se rabattre sur elle au moyen de trois articulations successives; règle générale pour tous les mammifères, k l'exception des Cétacés souffleurs qui en offrent plus; et au bord interne de la palmure se trouve le cinquième doigt ou le Pouce , formé chez tous les Mamuifèrës de deux Phalanges seulement, Tanalogue de la moyenne manquant. Ce doigt se distingue en outre des autres, en ce que l'os métacarpien qui le supporte est lui-même très-mobile, et susceptible, dans certaines espèces, telles que Y Homme et les Singes^ de se fléchir vers la paume de la main, en entraînant le pouce, atiu de l'opposer, lors de la préhension, aux autres doigts , avec lesquels il forme ainsi une véritable pince à deux parties opposées mobiles.

Dans V Homme j les quatre doigts sont, comme leurs métacarpiens, placés parallèlement les uns à cété des autres, et dans la même direction que ces derniers , tandis que le pouce, dont le métacarpien est dirigé obliquement en arrière, prend cette même disposition, en tournant avec lui de près d'un quart de tour autour d'eux , de manière

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que la direction transversale de leur articulation fait un angle presque droit avec celle des autres doigts; disposition qui peut même être portée, par le mouvement volontaire , an point d*amener le pouce presque en face de ces derniers , ce qui constitue Topposabilité du pouce ; faculté qui caractérise exclusivement la main de VÈomme et des Singes.

Dans tons les MAim ifères , le métacarpien du pouce est constamment pins court que celui des autres doigts, et même plus remonté sur le carpe ; ce qui fait paraître ce doigt beauconp plus court que les externes; et il Test en effet chez tons les quadrupèdes, mais non pas dans Thomme, où il est pins long et surtout plus fort que dans toute autre espèce, devant, dans son opposition avec les autres doigts, constituer k lui seul Tune des branches de la pince , dont la seconde est formée par ceux-ci.

La première phalange des cinq doigts ne jouit d'un mouvement bien étendu que d'avant en arrière , encore ne dépasse-t-il pas cinquante grades, tandis que les flexions latérales sont assez borniées; d*ob résulte cependant un mouvement de circumduction a^se;^ marqué, qui devient d'autant plus apparent que les métacarpiens eux-mêmes peuvent un peu tourner dans leur articulation supérieur^ on carpienne. Pour cela^ la facette articulaire du méti^carpien est en forme de tête arrondie , et celle de la phalanj^e en cavité de même forme.

Quant aux mouvements des deux autres phalanges , ils n'ont lieu que dans un 3eul sens , le même que celui de la flexion de la première , et ne peut dépasser dans l'extension que la ligne droite avec la phalange qui précède, tandis qu'elles arrivent dans 1^ flexion jusqu'à former un angle droit avec celle-ci, de manière que les trois phalanges étant fléchies forment, avec les métacarpiens, les quatre côiés d'un carré, afin de contourner entièrement les objets que la main saisit, lorsque ceux-ci ne dépassent pas les dimensions

indiquées par l'espace que ce cadre circonscrit. Dans le cas contraire, les doigts ne peuvent plus contourner Tobjet qu'en partie , le pouce leur fait alors opposition , en formant la pince avec eux.

Je ferai remarquer k ce sujet que, pour mieux s'opposer les uns aux autres, les quatre doigts externes ont été DISPOSÉS SUR une LIGNE OBLIQUE déterminée par la longueur graduelle de leurs métacarpiens, afin qu'en se pliant ils soient tournés en partie vers le pouce, et que, celui-ci, tournant en dehors , entraîné par son métacarpien , vienne se placer en face du milieu de la palmure , en s'opposant presque directement aux quatre doigts externes pour embrasser l'objet k saisir.

C'est aussi d'après cette fonction qu'ont été réglées

LA longueur et LA FORCE RESPECTIVE DES DOIGTS , objCt dont

on n'a pas encore cherché la raison , quoique tout l'organisme en ait une. En examinant cependant ce fait, on reconnaît, d'une part, que chacun des quatre doigts externes

A LA force et la LONGUEUR PROPORTIONNÉES A LA PART QO*IL

PREND A l'action d'empoigner. Lc pouco, CD se rabattant sur les autres doigts fléchis, se trouve plus spécialement opposé au doigt du milieu, secondairement au doigt annalaire , moins encore k l'index, et pas du tout au petit doigt. Quant k la longueur des doigts, elle est également

RÉGLÉE PAR LE MÊME PRINCIPE. Lc pluS lOUg, qui CSt k la

fois le plus fort, devant serrer plus particulièrement les objets les plus gros , est, dans cet acte , directement opposé au pouce; et les autres, destinés k serrer des objets plus petits, se trouvent placés k côté du grand doigt en lui venant en aide, sont plus courts. Enfin, cette même longueur est encore réglée par la forme de la partie de la paume de la main , contre laquelle chacun vient k appuyer lorsque la main se ferme : Tlndex, sur la partie la plus élevée de la saillie de la base du pouce; le Grand doigt, contre le milieu de cette saillie ; l'Annulaire , dans le creux ,

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entre cette dernière et celle qui lui est op|>osée ; et le Petit doigt sur celle-ci.

Pour que l* organe de préhension soit plus parfait, la

PAGE palmaire DE TOUTE LA MAIN A ÉTÉ GARNIE, SOIT DE

MASSES MusGULEUSEs , quc l'usage des doigts a permis d'y placer, soit simplement des coussinets fibro-graisseux plus ou moins saillants, formant les uns et les autres des saillies élastiques , au moyen desquelles la main peut plus ou moins fortement presser les objets quelle saisit, sans les briser lorsqu'ils sont fragiles, et sans meurtrir la main elle-même. Deux de ces masses charnues se trouvent placées vers les bords de la palmure. Tune k la base du pouc^, et formée par les muscles fléchisseurs et abducteurs de ce dernier; l'autre à la base des doigts , formée également par leurs muscles moteurs, recouverts d'une couche de tissu graisseux.

A l'extrémité inférieure de la même palmure, se trouvent en outre trois saillies arrondies , formées seulement par du tissu fibro-graisseux répondant aux intervalles des quatre doigts externes ; saillies qui ne sont que les rudiments d'une masse proportionnellement plus considérable, mais encore trilobée, existant sous les pattes des mammifères digitigrades , masse que j'ai nommée la Pelote^ et dont je parlerai avec quelques détails de plus quand il sera question de la main de ces animaux.

Des coussinets semblables se trouvent ensuite , toujours POUR LE MÊME USAGE , à la facc palmaire de chaque phalange , et dont celle de la dernière sert surtout à mieux saisir les très-petits objets , et constitue également le premier rudiment des Pelotines des doigts sur lesquelles les mammifères digitigrades appuient également dans la station et la marche. C'est aussi dans cette pelotine des doigts de l'homme que se trouve plus spécialement le siège du sens du toucher, cette partie étant, par sa disposition et son élasticité, le mieux placée pour servir k explorer les objets.

Afin de donner a l'extrémité des doigts de l'homme la

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fermeté nécessaire pour saisir de très-petits objet» , la Sagesse créatrice, toujours si ingénieuse dans tout ce qu'elle a produit, a revêtu la face dorsale de rextrémité de chaque doigt d*un Ongle ^ simple plaque cornée, légèrement courbée en portion de cylindre, se reproduisant constamment par sa base à mesure qu'elle s*use par le bout , afin d*être toujours au niveau du doigt ; plaque qui , ne devant servir qu'a raffermir le bout des doigts, n'est dans le principe que Télat rudimentaire de la Griffe et du Sabot des autres mammifères , où cet organe arrive à son plus grand développement, en emboîtant entièrement la der* nière phalange. Mais, quelque imparfait qu'il soit encore dans l'espèce humaine, cet ongle remplit dans cette condition la fonction spéciale qu'il a, beaucoup mieux que s'il contournait toute la phalange comme dans les mammifères quadrupèdes, où la partie molle élastique du bout du doigt, spécialement destinée, chez l'homme, ainsi que je viens de le dire, à faciliter le moyen de saisir les trèspetits objets, ne pourrait plus remplir cette fonction; et cela d'autant moins que c'est aussi dans cette partie élastique qu'a dû se trouver plus essentiellement localisé le sens du toucher, nécessaire à sentir la présence de ces mêmes objets, nouvel exemple de la Sublime sagesse avec laquelle tout est réglé dans l'organisme des Êtres» où un organe en luimême rudimentaire remplit mieux sa fonction , dans la vue dans laquelle il est employé , que s'il présentait un plus haut degré de perfection.

V Homme ^ devant se servir de ses membres antérieurs pour exécuter les divers travaux auxquels il est conduit par son intelligence^ la station et la marche bipède en devinrent des conditions' en quelque sorte obligées.

Nous avons déjk vu plus haut que, i)ar diverses conséquences , qui , k leur tour, découlent de l'attitude redressée du corps , le tronc a dû nécessairement être conformé tel qu'il est en effet , en admettant comme condition première

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rexistence d*iili squelette formant l'un des principaux caractères ADOPTÉS PAU LA tOttB-PUlSâANCE DtJ CRÉATEUR, paf

lesquels il a distingcé les ANmAcx vertébIiés de tous les autres animaui. Nous avons vu également que de ce dernier principe fondamental il suit, comme conséquence naturelle, que tout Tédifice devait avoir pour partie centrale, à laquelle toutes les autres se rattachaient, une série d*os courts impairs, mais symétriques, formant la colonne vertébrale. On a vu aussi que le tronc a dû présenter dans la succession de ses parties diverses inflexions en sens inverse, pour rendre possible la station et la marche redressées de l'homme; que ces initexions se retrouvent toutefois aussi chez les mammifères quadrupèdes par TefTet de causes semblables ii celles qui les produisent dans l'espèce humaine, quoiqu'elles ne soient pas partout rigoureusement les mêmes. Tai fait remarquer eti outre que de part et d*autre ces dispositions sont dues h des causes éloignées, étrangères à la statique proprement dite, qui semble au premier aperçu, avoir dû fournif seule le principe diaprés lequel la forme du corps est déterminée; causes étrangères qui sont la disposition et les fonctions des organes sersitifs, la disposition de fappareil digestif, celle des appareils de la respiration et de la circulation , et enfin celle des organes de la préhension et de la locomotion.

Nous avons va aussi que, par cela même que les membres antérieurs ont été destinés chez Thomme à servir à la préhension, ils ont dû jouir d*une complète liberté de mouvemétit dans toutes leurs parties, afin de pouvoir être dirigés de tous côtés pour y saisir les objets, si ce n*est directement en arrière, o& Fhomme ne peut rien apercevoir; que le bras devait jouir d'un mouvement très-étendu de circumduction , quoique solidement articulé sur l'épaule; condition pour laquelle les os qui soutiennent cette dernière ont reçu dafis l'espèce humaine une disposition spéciale. En effet, r omoplate a sa tête articulaire tournée directement en

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dehors, direction moyenne de cette même drcumduction , et comme le bras a souvent de grands efforts k faire , il trouve pour cela de solides appuis, d'une part, dans Tomoplate; placés en arrière et en dessus , et , d'autre part , dans la clavicule, qui fixe encore plus solidement Tépaule au sommet du sternum , pour lui servir d'arc-boutant. C'est-à-dire que le bras, pour tirer avec force les objets qu*il veut approcher, devant faire un grand effort avec les muscles destinés à produire cet acte, ceux-ci devaient, comme puissance active, trouver un point d'appui , afin qu'en se contractant d'une quantité possible pour chacun , cette contraction ne soit pas rendue inutile par le rapprochement du bras entier; etc*est Ik la FONCTION SPÉCIALE DONNÉE dc la clavicuIc, qui, toutefois légèrement mobile sur son extrémité interne , peut se prêter aux mouvements plus ou moins forcés du bras , et leur donne la souplesse convenable. Ces mouvements sont toutefois limités, d'une part, par les ligaments qui fixent [la clavicule , et , de l'autre , par les puissants muscles de la poitrine et du dos qui s'y opposent, et ne cèdent qu'autant que cela est nécessaire.

Les Membres postérieurs (PI. II, /îff. 1 nuvxy)^ devant servir exclusivement à la station et à la locomotion , forment deux colonnes élevées sur les pieds posant dans toute leur longueur sur le sol , afin de servir de base à tout l'édifice. Il semble au premier aperçu que ces membres auraient pu n*étre soutenus dans toute leur longueur que* par une seule Uge osseuse fonctionnant comme des échasses ; mais combien d'inconvénients n'en seraient point résultés? Le moindre manque d'équilibre aurait causé la chute du corps dans toute sa longueur , sans qu'il eût été possible d'amçindrir le choc, en diminuant la hauteur du corps, et sans l'amortir par l'effet de l'élasticité résultant de la flexion de ces membres dans leurs articulations. Enfin l'homme, une fois k terre, il lui eût été impossible de se relever; mais ici, comme aux membres antérieurs, la divinb providence a

CBAPITRB 111. 153

GOUFORHÉ LES PARTIB8 ÉGALEMENT D*ÀPRÈS LEURS FONCTIONS , ET PRÉYINT AINSI TOUS CES INCONVÉNIENTS, et Ceh nOO-SeulO-

ment dans Tespèce humaine , mais pour les mêmes raisons aussi chez tous les Animaux vertébrés, suivant le genre

DE VIE qu'elle leur A PRESCRIT.

La condition essentielle était donc que les memrrbs

POSTÉRIEURS fussent , COMME LES ANTÉRIEURS , doUt ils SOUt

les analogues de rang , également composés de plusieurs

PARTIES consécutives, SOUTENUES PAR DES OS ARTICULÉS

ENTRE EUX , afin de pouvoir se fléchir et s'étendre, selon le besoin , pour faire varier leur longueur dans le but de donner plus de souplesse au corps , et d'agir surtout efficacement dans la locomotion , en poussant par leur allongement ce dernier dans la direction voulue ; ces articulations donnent en même temps, au membre, la faculté de pouvoir céder en se fléchissant, pour prévenir, sinon la fracture, quand le choc est violent , du moins des secousses douloureuses.

Mais si les membres postérieurs de l'homme ont dû être composés de plusieurs parties consécutives « ces parties ont toutefois dû constituer dans leur ensemble une colonne, sans fléchir les unes sur les autres sous le poids du corps. En effet, si la cuisse et la jambe faisaient des angles avec l'horizon , comme cela a lieu lorsque l'homme est accroupi , et qu'elles le font toujours chez les quadrupèdes, il eût fallu aussi employer des efforts musculaires fort considérables pour maintenir le corps dans cette situation ; circonstance qui eût exigé une forme tout autre dans le bassin que celle qui existe en effet ; c'est-à-dire que , de même que chez les quadrupèdes , cette ceinture osseuse aurait dû se prolonge^ beaucoup en avant et en arrière, en agrandissant par là inutilement la cavité abdominale , en même temps que cette disposition anomale eût été sans but réel ; d'où il a été

BIEN PLUS DANS L^S PRINCIPES D'UNE SAVANTE THÉORIE MÉCA- NIQUE, que chez l'homme. Être bipède, les membres postérieurs reçussent la disposition qu'ils ont en effet.

154 THfouOGIK DB LA IfATURB.

Mais , si dans la station et la marche sur deui pieds , avec le tronc redressé, les cuisses et les jambes ont dA former deux colonnes verticales , le Créateur à nu aussi

LES PLACER DANS DES CONDITIONS d'ÉQUILIBRE TELLES , QUE CES DEUX FONCTIONS PUSSENT ÊTRE CONVENABLEMENT REM- PLIES.

Quoique le mode d'union des membres avec le tronc pût être le même dans les deux paires , les conditions de fonctions diffii^rentes ont aussi exigé que cela fût autrement.

La première paire ayant été amenée par l'effet d*an certain perfectionnement h servir à la préhension, il était, ainsi que nous Tavons vu plus haut, convenable qu'elle eût la facilité de pouvoir se diriger facilement de tous côtés, et qu'elle fût pour cela surtout très-mobile sur le tronc, même dans sa première partie, formant l'épaule. La paire postérieure, exclusivement destinée k la locomotion, devait an contraire trouver non-seulefnent utt appui très-ferme sur ce dernier, mais encore de vastes attaches pour les mascles puissants qui devaient les mouvoir ; conditions qui ont nécessité dans l'absence dune partie résistante du trotie, comparable au thorax qui ne se prolonge pas jusque- lit , qn6 la première portion du membre , on le bassin , répondant k répaule de la paire antérieure , devint elle-même fixe, afin d'offrir ces deux avantages h ces membres postéfienf^.

Bans la marche bipède , le mouvement le plus étendu des membres postérieurs devant avolf lieti d'arrière en avant, il a fallu que, pendant la station, les muscles de la cnisse exerçassent une action stiffisahle pour maintenir le corps dans sa position redressée ; effet qu'il eût été facile d'obtenir en plaçant l'axe passant par les deux articulations de ta banche exactement sous le centre de gravité du tronc, que les membres doivent soutenir. De cette manière nn effort musculaire très-faible eût suffi pour maintenir le corps en équilibre. Mais comme les membres sont obligés d'employer dans la marche une force assez grande pour étendre la

CHAPlTnB III. ' 155

eilissé en arrière, afin de pousser le corps en avant, tandis ()ue là flexion , ne demande qu'une force assez faible , les muscles extenseurs ont dû être plus puissants que les fléchisseurs; d*où il est résulté que pour maintenir l'équilibre pendant la station , cet axe à du être placé un peu plus EN iRRîÈRB , de manière que l'excès de force passive des muscles exteiiseufs sur celle des fléchisseurs , fit à peu près équilibre au poids du corps ; auquel il faut encore ajoutef t'eflTort du muscle Proméral (Droit antérieur de la cuisse), du Couturier et du Fascialis, qui, plus essentiellement extenseurs de la jambe , agissent comme fléchisseurs de la cuisse, en prenant leurs points files sur la partie antérieure du bassin; disposition très-ingénieuse, par laquelle ces puissants muscles agissent des deux manières très-efficacement dans ta station, en affermissant, d'une part, la cuisse dans son articulation , et de Tàutre , eiï foidissant la jambe qu'ils contribuent k étendre.

Or, pour maintenir ainsi le (îorps redressé sur les cuisses, il a fallu que les muscles qui meuvent ces dernières trou^ vàssent sur le bassin des surfaces d'attaches fort étendues; chacun suivant le volume qu'il doit avoir d'après la force qu'il a U exercer; et c'est en effet la condition que présentent les diverses parties de cette ceinture osseuse.

Le corps devant appuyer dans ta marche alternativement sur les deux membres, le centre de gravité du tronC, placé au milieu de l'abdomen, doit, pour ne [/as porter à faux, être k chaque pas amené au-dessus du pied posant à terre; et [)0ur que le corps ne fléchisse pas trop vers le côté opposé , les muscles abducteurs des cuisses qui s*y opposent, doivent , entre autres être très-puissants, et la partie latérale du bassin k laquelle ils se fixent, par conséquent fort large, AINSI QUE cela EST EN EFFET daus l'hommc; tandis qu'en dedans et en avant, où les muscles n'ont jamais un trèsgrand effet k produire, le bassin est au contraire peu étendu.

15G THBOIiOGlB LE LA NATURE.

Cette fréquente adduction de la cuisse , produite dans la marche par le poids du corps , fait que les membres sont naturellement un peu fléchis en dedans, et de Ik un peu rapprochés vers leurs extrémités inférieures ; ce qui diminue sensiblement la largeur de la base de sus-station , d*où il résulte qu*il suffit d*un léger balancement du corps pour amener le centre de gravité au-dessus du pied appuyé ; effet produit naturellement par Textension du pied opposé, lorsqu'il pousse le corps en avant, ou qu'il agit de Tautre côté du centre de gravité; et c'est au moment où ce dernier est en équilibre sur le membre appuyé, que celui dirigé en arrière est levé pour être porté en avant pour s'appliquer k son tour sur le sol.

En rapprochant ainsi les pieds, il en est bien résulté que la base de sus-station a été diminuée de largeur; mais il a été remédié a cet inconvénient en tournant simplement la pointe des pieds un peu en dehors, de manière que la base forme un trapèze , dont le grand côté parallèle est en avant ; et cette obliquité est telle , que cette base est la plus grande possible , c'est-à-dire que si les pieds étaient plus ou moins obliques , cette base serait, de l'une ou de l'autre façon, plus petite; c'est la raison pour laquelle on est moins solide dans la station, lorsque les pieds sont parallèles ou qu'ils sont très-divergents.

Les membres postérieurs devant ainsi servir d'une part, à soutenir le corps dans la station , et de l'autre à le pousser en avant dans la locomotion , les mouvements de la cuisse sur le bassin devaient nécessairement pouvoir s'exécuter avec facilité dans toutes les directions, d'avant en arrière pour faire le pas et latéralement, pour ramener alternativement les deux pieds sous le centre de gravité; et enfin pour les changements de direction dans la marche , il était nécessaire aussi que ces membres pussent tourner un peu sur leurs axes ; c'est-à-dire , que la cuisse devait pour cela jouir d'un mouvement plus ou moins étendu de circumduclion ;

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