EFFETS IMMÉDIATS
La haute intelligence dont rbomme est capable le portant natarellement k la contemplation, les innombrables objets que l'univers enserre fixent tour à tour son esprit observateur ; mais outre le vulgaire intérêt de la simple apparence que leur grandeur, leur forme et la diversité de couleur peuvent offrir k son attention , - quels sublimes enseigBements renferme pour lui cet immense livre de la nature ouvert à tous les yeux ! Livre que peu d'hommes ont toutefois cherché k comprendre en tâchant de le lire dans son style symbolique , cependant si clair et si précis.
En effet, quand même l'étude de la nature n'aurait pour objet que de faire connaître le nombre infini des Êtres qui remplissent le monde , elle offrirait déjà Timmense intérêt de nous en faire admirer la diversité. Bornée Ik , cependant, ce ne serait qu'une vaine science aride pour l'esprit; mais rœil scrutateur du vrai Naturaliste y voit plus; il est frappé d'abord de l'admirable harmonie qui règne partout dans Tensemble de l'univers , entre la forme, la disposition et les I. 1
2 THiOLOGIB DE LA NATURB.
mouvements si étonDamment réguliers et constants y établis entre les astres, la succession des saisons réglée d* après ces derniers , et la périodicité que présentent en outre une foule de phénomènes qui se passent sous nos yeux , et dont les influences réciproques déterminent encore d'autres effets d'un ordre secondaire, non moins intéressants. Enfin il voit également s'accomplir partout de nombreux actes de différentes natures entre les diverses substances brutes qui constituent le monde ; d'où naissent une infinité de transformations qu'elles subissent, et cela toujours de la même manière dans les conditions semblables.
Or déjà le seul enchaînement si remarquable de ces causes et de ces effets que le savant reconnaît , lui prouve que ces étonnantes conditions ne sauraient exister qu'autant qu'elles dépendraient toutes d'un seul et même principe universel , devant lequel chacun de ces effets ne serait que le résultat nécessaire des influences que tous exercent les uns sur les autres.
En examinant ces faits avec quelque attention , pour chercher k les ramener ainsi à des principes fondamentaux dont ils semblent être les conséquences plus ou moins éloi* gnées , on a bien reconnu que cette dépendance si remar-* quable par sa précision , entre les causes et les effets , n'était réellement que le résultat inévitable de certaines propriétés inhérentes à la matière même , dont l'action est soumise k des lois rigoureusement invariables qui régissent l'univers entier, lois dont les mathématiciens sont même parvenus a formuler les conditions avec une telle précision , qu'elles donnent la parfaite explication de presque tous les phéno^ mènes physiques qui se passent sous nos yeux. Or, comme ces lois ne sont elles-mêmes que les conséquences mathématiques des propriétés de la matière, elles sont de Ik aussi nécessairement inhérentes k celle-ci. Une seule de ces actions toutefois , celle du mouvement , différant de celle due k l'attraction» ne saurait être due» ainsi qu'on le verra plus
Md , it adcum pwfffiéîè de la" matièi^ , et ddit , en conséqnence , être imprimée an corps qu'eDe anime par une paissanee étrangère à cette dertiièré.
C'est en se fondant sor cette nécessité attachée pôar les résohats à la fatalité mathématique à laquelle sont soumis les phénomènes physiques qui se passent dans l'univers , que certains hommes, f6rt savants du reste, ont peifsé pouvoir tout expliquer par les seuls faits que leur offraient les propriétés de la matière, san^ avoir besoin d'admettre l'existence d'aocmie autre puissance comme seconde cause primitive.
Mais il n'en est point de même des fhits si nombreux et si r^narquables cpie nous offrent les innombrables Êtres vivants qui peuplent la terre. Bien au contraire , rien ici n'est soumis k la nécessité des lois mathématiques , si ce ne sont simplement les moyens secondaires d'exécution , tels que les forces mises en usage pour servir k Faccomplissement des phénomènes qui se passent dans l'admirable complication des corps de ces Êtres si variés dans leurs types ou Espèces, A ces faits, d^ si étonnants, se joignent en outre encore d'autres, plus surprenants s'il est po^^ible, indiquant de nombreuses conditions d'existence par lesquelles toutes les parties du corpH ou Organes (1), sont maintenues dans des rapports rigoureusement déterminés, selon les fonctions qv'enes ont k remplir. Or c'est surtout dans ces diverses conditions que l'on reconmalt, avec la dernière évidence,
l'application Dfi TOtlTES LES SCIENCES À DES DËGHÉS t)*ÉLÉ- VATION QUE L'INTELLIGENCE' HUMAmE NE SÀUfeAlT JAMAIS CON-
CKTom; une BOiitrÉ ineffable par laquelle les moindres ineonvénients ont été prévus et évités; et enfifa , partout nne TOtrrE-PDissANCE vqtû a , entre antres , créé l'incoticevable principe de la vie\ dont Tinfluence sur le corps sonstrait tes Êtres k l'action destructive des nombreuses propriétés chî-
(I) Du grec Organon, instrument.
miques inhérentes k la matière , en suspendant , Ik où il y a lieu, les effets qu^elIes produisent d'ordinaire, et fait, ainsi que je Tai déjk dit dans un autre de mes ouvrages , des Êtres vivants une véritable exception dans la nature.
Or cette harmonie, cette sagesse, cette toute- science, cette bonté et cette toute-puissance , révèlent à Tesprit du Naturaliste l'irréfragable vérité, que le sublime ensemble de l'univers entier ne saurait être que l'œuvre de la volonté d'une Intelligence créatrice ou Dieu , principe primordial et partant éternel , qui l'a tiré du néant ; Être suprême devant qui l'homme n'a qu'k se prosterner humblement pour lui rendre un hommage respectueux, en témoignage de son admiration , de sa reconnaissance et de l'amour dont son âme doit être pénétrée pour tout le bien qu'il en reçoit.
Mais si l'existence du principe divin comme cause première de tout ce qui est, ne se dévoile réellement k nos yeux que dans l'organisme et les facultés des Êtres vivants , les phénomènes de la chimie, de la physique, de la minéralogie et de l'astronomie, sans prouver directement son existence, nous montrent toutefois sa puissance infinie, laissant l'imagination la plus hardie humiliée et stupéfaite devant la gloire éternelle de ce souverain de Tunivers.
La plupart des Philosophes qui cherchèrent k s'élever par la méditation k la connaissance des c£iuses premières des phénomènes de la nature, ont été âm<enés k la nécessité d'admettre ainsi deux essences primordia les, I'Intelligencb et la Matière, qui, par leur concours, ont : produit l'immense ensemble de l'univers, tel qu'il parait à jUOs yeux; et quelques-uns seulement dont j'ai déjk parlé , désignés sous les noma de Physiciens ou de Matérialistes , crurent pouvoir tout expliquer, en n'admettant qu'une seule essence, celle de la matière , avec ses nombreuses propriété.' s , qui seraient , selon eux, aussi éternelles qu'elle-même (1). •
(1) Voyez la note n« 14.