‹ Théologie de la natureChapitre 40 sur 119 · CHAPITRE III. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. i

corps, tandis que vers le ventre et sur les pattes, ees piquants, devenant de plus en plus faibles, finissent par n'être plus que de simples poils grossiers , il est vrai , mais très-fleiibles , afin db nb pas blesser l'aniiul lw-uème lorsqu'il se ment on se trouve couché. Or, le hérisson serait en conséquence parfaitement attaquable dans ces parties dn corps , malgré les piquants dont il est couvert en dessus , si la Providence , qui l'a pourvu de ce motbn de défense , NE l'eût pas rendu EFFICACE , OU mettant également la région ventrale du corps k l'abri ; et c'est ce qu'elle a

FAIT EN donnant À CE PETIT ANIMAL LA FACULTÉ DB POUVOIR SB ROULER EN BOULE POUR CACHER CBS PARTIES FAIBLES

DE SON CORPS. Or ce moyen, elle l'a trouvé dans un KouvEL EMPLOI qu'elle A FAIT 1 CE SUJET du grand muscle peaussier qui revêt tout le tronc des Mammifères quadrupèdes; muscle dont il a été question plus haut, en disant qu'il servait principalement k remuer la peau , soit pour en chasser les insectes incommodes, soit poiir lancer au loin Tean qui imprègne le poil. Chez le hérisson, il remplit en outre la fonction bien plus importante de garantir l'animal des attaques de ses ennemis. Pour cela, ce muscle prend chee lai un bien plus grand développement encore que chez les autres mammifères, s'étendanten avant jusque sur le front et en arrière jusqu'au bas des cuisses qu'il enveloppe, ea même temps que les bords latéraux , descendant jusqu'aux côtés du ventre, sont fort épais, et de Ik capables d'une trèsgrande force. Dans cette disposition, lorsque ce vaste muscle se contracte, ses extrémités rapprochent les deux bouts du corps en les repliant vers le ventre , et continuant à se resserrer, il fronce la peau en cercle en dessous, absolument comme le font les cordons d'une bourse, et enferme ainsi la tête, lies quatre membres et la queue dans sa cavité, de manière que l'animal entier prend la forme d'une boule hérissée de toute part de piquants, et k laquelle on œ^. distingue rien de ces parties simplement poilues qui se trouvent ainsi

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renfermées ; et ranimai reste dans cette position tant qa^ dare le danger qui le menace ; s! toutefois le temps n'est pas trop long, et que la fatigue ne le force pas k se dérouler.

C'est , ainsi que j*ai déjk eu l'occasion de le dire , dans rOtiDiiB des Carnivores , qui suit immédiatement celui des Plantigrades , en occupant k peu près le milieu de la classe des Mammifères , que ceux-ci arrivent dans le genre Chat non-seulement au type des espèces digitigrades , mais aussi • k celui de la Classe entière ; dans ce sens que ces animaui offrent l'orgaiiisation la plus compliquée, et que chaque partie remplit le plus complètement ses fonctions, h l'exception des facultés intellectuelles qui arrivent au contraire chez V Homme au plus haut degré de perfection.

En comparant Torganisation du Chat k celle de YBomme, j'ai déjà fait remarquer avec quelques détails les différentes .modifications que le type des ïfammifères éprouvait en passant de Tun k l'autre ; il me reste k faire ressortir les particularités que présentent en général les digitigrades des OnbtiEs des CAttmvoREs, des Harsupuux et des Rongeurs , qui ne diflècent pas essentiellement sous le rapport des organes locomoteurs.

Chez les premiers de ces animaux , tous carnassiers , et par conséquent généralement chasseurs , ainsi que thet les autres , qui , la plupart faihles , ne peuvetit échapper k leurs ennemis que par la fuite, les mouvemehts ayant d(t être surtout très-prompts, et pour cela le corps léger, le squelette est d'ordinaire grêle , quoique fort solide par la compacité des os ; et les apophyses de ces derniers , servant de bras de levier sur lesquels agissent les muscles , sont d'ordinaire longues et étroites , afin d'être assez écartées pour ne pas se rencontrer d'un os k l'autre lorsque ceux-^i se fléchissent; caractères qu'oa trouve parfaitement chez les singes et beaucoup de Plantigrades, ainsi que chez tous les Rgmi- NANTs agiles , mais ici toutefois k un degré bien moindre que chez les digitigrades.

(Test surtout dsihs le gëdtè (%at, le parfait tbodèle des mammifères sauteurs , qu'on trouve bien prononcé le caractère que présentent les apophyses de la colonne vertébrale d'être dirigées oUliltiuement vers le nœud de mouvement de cette dernière lorsque Tanimal saute ; caractère qui existe d'ailleurs aussi par la même raison chez beaucoup de RoNGfititis, et certains Marsupiaux, très-bons sauteurs; Inàis non dans les Ruminants, tels que les Chafnois et autres de la Famille des Antilopes, qui sautent bien avec une grande facilité, mais en ne débandant que les membrei et non ta colonne tertébraley comme les digitigrades. Auâsl ces animaux ne peuvent-ils guère exécuter de sauts trèsétendos qii'en prenant un élan k la course; sauts dans lesquels les membres postérieurs agissent presque seuls , mais ees aniittaux ne s'élancent jamais de pied ferme comme le chat et autres digitigrades, qui débabdent eki même temps leur colonne vettébrale.

Dans TORDRE des Amphibies , animaux destinés à iine VIE PRESQUE entièrement AQUATIQUE, et ne comprenant qu'un très-petit nombre de genires, tels que celui deâ Phoqueê et des Morses, ordre qui fait suite k celui des CAMNtvbRÉd , en faisant la transition aux Cétacës , animaux essentiellement tnarins , le CRÊATEtlR ^ pour passer ainsi de l'organisation d'espèces purement terrestres et chasseresses \ celles d'animaux aquatiques, n'a fait que transformer quelque péules membres en les aplatissant en larges palettes , pour leur faire remplir parfaitetttent les fonctions de rames ; c'esl-k-^ii'e que la paire antérieure , tout en conservant dans MU ensemble les mêmes parties dans leurs rapports ordinaires, a simplement été plus raccourcie et fortement comprimée ; et lès cinq doigts ; étendus k cêté les uns des autres, ont été réunis dans toute leur lotigueur par une épaisse expansion charnue , donnant k la main entière la foftne d'une palette ovale, très-propre k la nage', mais ne teirvant plus que très^^imparfottement k la marche , lorsque

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ces singuliers animaux sortent de la mer pour se reposer sur la plage.

Le corps de ces animaux étant soutenu dans toute sa longueur par Teau qui Tentoure, les membres postérieurs, composés encore des mêmes parties que ceux des carnivores, n'ayant de là plus besoin d*étre dirigés en dessous,

ONT ÉTÉ RÉDUITS DANS TOUTE LEUR LONGUEUR , TRÈS- FORTE- MENT TOURNÉS EN ARRIÈRE ET UNIS LATÉRALEMENT À LA QUEUE POUR FORMER AVEC ELLE UNE LARGE RAME TERMINALE, faisant

k la fois les fonctions de gouvernail ; disposition qui commence ainsi déjà, à partir de là, à conduire vers la forme de poisson que prend plus loin le corps des cétacés. Mais , du reste , les os de la cuisse et de la jambe conservent leurs premiers rapports ; et les diverses parties du pied , avec ses cinq orteils , unis également en une large palette , servent très-efficacement à la nage.

Enfin , dans TOrdre des Cétacés , la Nature créatrice

ARRIVE AU TYPE LE PLUS PARFAIT DES ANIMAUX AQUATIQUES ; AU- TANT DU MOINS QUE GELA EST POSSIELE , SANS SORTIR DU PLAN

d'après lequel ont Été formés les Mammifères , classe*que les Cétacés terminent, en formant la transition ^uxPÛsùh saurm et aux Ichthiosaurus , Reptiles essentiellement nageurs dont on ne connaît toutefois que des restes fossiles.

Ici c'est par la suppression complète des membres postérieurs que la principale modification a été opérée, en même temps que les antérieurs ont eux-mêmes été encore réduits davantage dans leurs dimensions ; ne devant plus être comme dans les Poissons que de simples organes accessoires pour la nage; fonction exécutée principalement, chez les uns comme chez les autres, par les battements de la queue; tandis que les membres antérieurs n'agissent principalement que pour les changements de direction.

Nous venons de voir que , déjà chez Ics^Amphiries , la queue, confondue avec les membres postérieurs en une seule nageoire terminale fort grande , agissait efficacement

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