‹ Théologie de la natureChapitre 42 sur 119 · CHAPITRE m. "-HZ · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. "-HZ

Les membres postérieurs étant plus de trois fois aussi longs que les antérieurs dans le Kanguroo^ et les pieds surtout proportionnellement beaucoup plus grands qu*à l'ordinaire , ces animaux s'ils s'élevaient sur les extrémités de leurs pieds , comme les autres Mammifères , le corps serait presque perpendiculaire sur les membres antérieurs , qui en porteraient toute la charge , quoique très-faibles ; aussi là station et la progression n'ont-elles pas lieu comme chez ees derniers. Lorsque les Kanguroos veulent manger ou boire , ils se placent bien k quatre ; mais les membres postérieurs sont alors entièrement plies , comme dans l'altitilde d'un chien assis ; position déjà très- fatigante , le corps étant beaucoup trop fléchi en avant sur les cuisses ; aussi dans l'état ordinaire de sa statiod , cet animal a*t-il le corps redressé sur ses membres postérieurs plies , ainsi que je viens de le dire ; et quoique dans cette position la base de 8Q8- station soit fort grande étant formée comme chez l'homme par les deux pieds étendus sur le sol ; cette attitude èerait devenue très - fatigante par t'effet de la forte flexion des Jambes sur les pieds : aussi le Créateur a-t-il kËiÉDiÉ h ce défaut en donnant k cet animal ëétéroclite t!YE QtECE LONGUE ET TRÈS-FORTE sur laquelle il s'appuie tomme sur une troisième jambe.

Pour marcher, le Kanguroo se place k quatre , et appuyant sa forte queue k terre , il enlève à la fois ses deux membres p()stérieur8 pour les porter simultanément en avant, les pose, et fait ensuite avec les pattes antérieures plusieurs petits pas pour avancer le corps, en même temps qu'il porte également la queue en avant , et déplace ensuite de nouveau les membres postérieurs. Mais , comme on le pense bien , ce ittode de progression ne peut guère être que fort lent; et lorsque l'animal veut avancer plus rapidement, c'est au moyen de grands sauts qu'il s'élance, sauts qu'il exécute par le débandcment simultané de ses membres postérieurs et de sa queue : celle-ci agissant k la façon d'un grand

ressort, et dans lesquels le bassin loi -même agit en se mouvant sur la seule verlèbre dont se compose le sacrum. C'est ainsi que par une raison qu*il nous est impossible d'expliquer, la volonté suprémb a voulu que le corps de ces singuliers animaux fût en quelque sorte composé de deux moitiés de dimensions disproportionnées; mais on voit aussi que , s*il en est résulté divers inconvénients pour certaines fonctions que leur organisme avait k remplir, cette même volonté sage et réparatrice a également accordé À CES ANIMAUX la faculté de remplir parfaitement ces fonctions quant au résultat, mais par d'autres moyens que dans les Mammifères ordinaires : conditions qu'on remarque d'ailleurs partout où le Créateur s'est écarté du plan ordinaire sur lequel il a formé les animaux de chaque classe.

Dans le même ordre des Marsupiaux , ainsi que dans celui des Rongeurs, on trouve également, d'une part, les Pha^ langers volants, et de l'autre les Polatauches^ qui ayant de chaque côté du tronc un large pli de la peau étendue entre les deux membres en se prolongeant de part et d'antre jusqu'au bout de l'avant-bras et de la jambe , en imitant ainsi , mais incomplètement, ce qui a lieu chez les Chauves- Souris et les Galéopithiques ; cette membrane permet à ces animaux de sauter facilement d'un arbre k l'autre, en faisant simplement les fonctions de parachute , cette ébauche de l'aile des Chéiroptères étant trop peu étendue pour permettre un véritable vol.

Plusieurs espèces , telles que les Sarigues et les Phalangers , parmi les Marsupiaux ; les Cœndaus de l'ordre des Rongeurs ; le Tamandua et le Faurmillier à deux doigts , de celui des Édentés , ont la queue prenante comme les Sapajous , etc.

Dans l'Ordre des Édentés, on trouve les Tatous , animaux très-remarquables par la présence d'une vaste carapace formée par une véritable ossification de la peau qui revêt tout le

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dessus de leur corps. Or on conçoit que, dans cet état des téguments , tout mouvement eût été impossible k ces ani maui si TIntelligengb suprême, qui à voulu que ces

ÉTRSS dépourvus DE TOUTE ESPÈCE D* ARMES TROUVASSENT DU

MOINS UN ABRI SOUS LEURS TÉGUMENTS OSSIFIÉS , u'avait pas en même temps prévenu cet inconvénient en divisant cette cuirasse en plusieurs parties capables de permettre tous les mouvements nécessaires au genre de vie auquel elle a destiné ces animaux ; et c'est en effet ce qui existe ici. Une première pla< que recouvre le dessus de la tète ; une seconde , très-étendue , formant un grand bouclier, revêt en dessus toute la partie antérieure du tronc ; une troisième , le dessus de la croupe ; et entre ces deux derniers se trouvent , selon les espèces , de trois à douze bandes transversales parallèles remplissant leur intervalle ; et souvent encore la queue elle-même est écailleuse. Toutes ces pièces sont ensuite unies entre elles par de petits espaces où les téguments sont restés mous et flexibles, afin de permettre à Tanimal de se mouvoir avec facilité. L'une des espèces, le Tatou apara, a même la faculté de se rouler en boule comme le hérisson , en enfermant de même sa tête et ses membres dans sa cuirasse.

C'est ainsi que, dans cette espèce, la fonction de cette cuirasse arrive à l'état typique de sa fonction , tandis que dans les autres, la fonction n'est encore qu'imparfaite dans sa gradation ascendante.

Ces mêmes animaux vivant d'ordinaire sous terre, où ils se creusent des terriers, présentent aussi, a cet effet, tous les caractères des animaux essentiellement fouisseurs ; c'està-dire des pattes antérieures robustes, armées d'ongles trèsgrands, mais peu crochus : la forme la mieux appropriée

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