‹ Théologie de la natureChapitre 64 sur 119 · DE MEMBRES · texte numérisé non relu

DE MEMBRES

Enfin,, quoique la Queue ne fasse pas, à proprement dire , partie de la cavité viscérale , celle-ci s'y prolonge cependant encore quelquefois un peu , en même temps que les côtes s'y répètent jusqu'à son extrémité , toujours dans le

MÊME BUT DE SERVIR i APPUYER SUR LE SOL daUS la loCOmO-

tion, quoique leur action y soit peu efficace ; ces osselets et les muscles qui les meuvent devenant comme toujours dans cette partie terminale du corps, de plus en plus rndlmentaire.

On voit ainsi les côtes changer ici de fonction , on plutôt être chargées encore d'une seconde , celle de la locomotion , en remplaçant les membres qui ont disparu. C'est un de ces

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jolis exemples que nous offrent souvent l'anatomie et la physiologie comparatives, où I'Éternbl biiploie dans sa

SUBLIME SAGESSE TOUS LES ORGANES DEVENUS INUTILES À UNB NOUVELLE FONCTION QU'iL A ÉTABLIE ; OU BIEN À CELLES DONT LES PREMIERS AGENTS ONT DISPARU , SOit par Toffet dO

leur dégradation continue , soit qu'ils fussent incompatibles avec les conditions d'existence des animaux, quoique leur fonction dût être conservée.

Pour que les inflexions en tous sens de la colonne vertébrale , et surtout celles vers les côtés , puissent s'exécuter avec toute la facilité nécessaire au rampement rapide,

riNTELLIGENCE CRÉATRICE n'a FAIT QUE MODIFIER DANS CETTE VUE LA FORME DES VERTÈBRES , ET PLUS SPÉCIALEMENT LEURS

ARTICULATIONS, dout le Simple aspect indique ce but.

On a vu que chez les Mammifères les vertèbres s'avoisinaient par des bases planes ou légèrement concaves de part et d'autre, et se trouvaient unies par des ligaments fibropulpeux circulaires qui leur permettaient un mouvement fort obscur, limité d'ailleurs par des articulations latérales entre les apophyses de ces vertèbres, et fort souvent par le rapprochement de ces mêmes apophyses d'une vertèbre à l'autre.

Chez les Oiseaux , ces articulations très-peu mobiles dans la région dorsale, mais fort libres au cou, sont de part et d'autre en poulies croisées d'une vertèbre à Tautre. Chez les Serpents, ce dernier mode ne laissant pas encore assez de mobilité , le créateur l'a remplacé chez ces animaux PAR UN troisième MODE, consistsut, pour la vertèbre antérieure, en une tête articulaire sphérique fort saillante, plus petite que la base de la vertèbre ; et de la part de la postérieure, en une cavité cotyloïde recevant cette tête; de manière que vu la forme et la petitesse relatives de cette articulation, les mouvements en tous sens y sont trèsfaciles.

Les flexions verticales de la colonne vertébrale n'ayant pas besoin d'être aussi étendues que les latérales , l'animal

366 ttt^txMii M u tiATtmË.

pouvant suffisamment élever sa tête dans les diverses dt^ constances dans lesquelles il peut se trouver, en fléchissanl son corps dans un nombre plus ou moins grand de vertèbres successives , en formant un arc peu précipité dans lequel chaque vertèbre ne se fléchit que fort peu. Aussi les flexions de bas en haut sont-elles limitées par une seconde articulation entre les lames des vertèbres , it peu près semblables k celles qu*on remarque dans la région dorsale chez les Mammifères, dont elle diffère cependant assez sensiblement; c*est-h-dire que l'arc supérieur du canal rachidien de la vertèbre antérieure recouvre celui de la vertèbre suivante, sur laquelle il glisse très-facilement , mais surtout vers les cAtés , et détermine ainsi en partie la direction de ces mouvements latéraux, tout en permettant une petite flexion verticale et même une très -légère torsion qui , presque imperceptible d'une vertèbre k l'autre, contribue toutefois à cette parfaite souplesse de mouvements connue chez ces animaux.

Les mouvements latéraux sont en outre encore mieux réglés par une troisième espèce d'articulation propre aux Serpents, qui a lieu de chaque côté entre les apophyses articulaires (postérieures) des vertèbres; avec les transverses de celle qui suit et qu'elles recouvrent. Quoique ces deux articulations étant horizontales dans leur plan , permettent, comme les précédentes , un léger mouvement vertical et de torsion , mais surtout un mouvement latéral fort étendu , très-facile » en même temps que par leur direction même et la largeur de leurs facettes articulaires, elles s'opposent k toute luxation.

Quant aux apophyses des vertèbres , leur forme et leue

DISPOSITION SONT DE MÊME PARFAITEMENT CALCULÉES POUR LES EFFETS QU'ELLES DOIVENT PRODUIRE, COMME LEVIERS ,

dans les mouvements de ces animaux. Les épineuses sont généralement courtes , n'ayant pas i supporter de grands

EFFORTS DE LA PART DES MUSCLES EXTENSEURS DE LA CO- LONNE VERTÉRRALE ' QUI AGISSENT SUR ELLES , maîS elleS

eiunTiiB ni. 96?

aoDt laiges d^avaiit en arrière , afin D*opviim dk GRANosg

SURFACES D'IMSERTIONS AUX MUSGLBS LATÉRAUX QUI 8*Y

FixBMT, pour agir dans les flexions latérales.

Les Ap^phyHs tr(in$ver$e$ sont an contraire fort longues et dirigées directement en dehors pour former le plus LONG m AS DB LEVIER POSSIBLE , sur Icquol agissent les prineipaui: BAUScles fléchisseurs latéraux des vertèbres qui doivent produire le plus d*eff6rts , tant lors du rampement que lorsque Tanimal étreint sa proie dans les replis de son corps pour la vaincre, Técraser et Tappréter, en la pétrissant ainsi, à pouvoir être avalée toute d'une pièce : les Serpents ne pouvant pas la diviser, ainsi qu'on le verra plus tard , lorsqu'il sera question de leur manière de se Doarvir.

En dessous , les vertèbres forment également une Apophyse impaire dirigée en arrière, k laquelle s'insèrent des Bsuscles fléchisseurs directs du corps.

Enfin , sur la partie antéro-latérale du corps des vertèbres , ae trouvent, de chaque côté, deux petites saillies arrondies formant deux tètes articulaires sur lesquelles s'articulent les côtes correspondantes. Ces deux tètes sont placées obliquement au*dessus Tune de Tautre ; de manière que la supérieure se trouve un peu plus en arrière que Tinférieure ; disposition tout à fait différente, comme on le voit, de ce qui existe eliez les Mammifères et les Oiseaux , où les côtes ont un tout autre usage; mais ici gomme là , conforme à la VAGULTÉ Qu'i^LLBs ONT k REMPLIR ; c'est-4i-*dire que ces côtes devant remplacer, comme leviers, les membres dans le monvement progressif, elles devaient être très-mobiles sur les vertèbres , et cela dans une direction oblique d'avant en arrière et de haut en bas , aOn d'appuyer sur le sol , en même temps dans les deux sens, bien qu'elle» soient articulées sur deux points. Cette forme d'articulation , qui n'est qu*une modification remarquable de celle que les côtes ont chez les Manunifères et les Oiseaux, indique toutefois parfaitement

368 TmbLOfriB dk la HATims.

LA VUE DANS LAQUELLE ELLE A ÉTÉ FAITE : CELLE DE FAIRE SERVIR LES CÔTES COMME MEMBRES LOCOMOTEURS.

Cette mobilité des côtes dans le seul seos où elles paissent servir au rampement, n*était toutefois pas tout ce qu*il fallait pour cela. J*ai déjk fait remarquer qu'elles ont dû être libres à leur extrémité , et que le sternum a en conséquence été supprimé; mais il a en outre encore été k peu près nécessaire que ces mêmes côtes ne fussent pas terminées par une simple truncature , vu que leur faible diamètre les eût rendues à peu près pointues ; d'où elles eussent causé de vives irritations dans les chairs , en appuyant à tout instant sur elles dans la locomotion ; inconvénient qui fut en effet

PARFAITEMENT PRÉVENU EN GARNISSANT l'eXTRÉMITÉ DE CHAQUE CÔTE d'uN PETIT DISQUE CARTILAGINEUX DE FORME LENTICULAIRE , PLACÉ DANS LE MÊME PLAN QUE CBS OSSELETS ,

et remplaçant probablement les cartilages costaux ordinaires, qui MANQUENT DU RESTE, NON-SEULEMETIT COMME INUTILES , MAIS SURTOUT COMME DÉFAVORABLES AU RAMPEMSNT, DIMINUANT PAR LEUR FLEXIBILITÉ LA FORCE d' APPUI DFS CÔTES.

Par le moyen de ces petits disques , qui n'occupent presque pas de place dans l'épaisseur des parois du thorax , les côtes , tout en les traversant , appuient par leur intermédiaire sur les chairs et les téguments du ventre sans y causer la moindre irritation.

Tel est l'état de simplicité auquel est réduit le squelette des Serpents ; mais il n'en est pas de même des muscles qui mettent les os et les téguments en mouvement; ici , au contraire, c'est la complication la plus grande dans le nombre et la variété de ces organes , qui constituent Tun des objets les plus admira'bles que je connaisse dans Torganisme des animaux.. Quoiqu'on y remarque partout le même plan fondamental d'après lequel tous les animaux vertébrés ont été formés , on y trouve les modiflcations et la plus grande complication don t toutes les parties on t été l'objet, pour les accommoder aux nouvelles fonctions qu'elles ont k remplir chez ces ani-

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