CHAPITRE PRBHIBIU
nécessité d'admettre, qu'une intelligence suprême ait présidé à tous ces arrangements , quelque admirables qu'en soient les effets.
En dehors de ces propriétés générales de toute matière , dont je \iens de faire mention , et qui sont spécialement du ressort de la Physique proprement dite , il en existe encore d'autres en quantités innombrables, pour la plupart également inhérentes à la matière brute, mais formant toutefois une catégorie à part , comme attachées spécialement k telle ou telle espèce de substance , et connues sous le nom de propriéiiê chimiques , dont l'étude et la théorie constituent la science de la chimie.
De toutes ces propriétés , les unes sont attachées aux diverses espèces de matières primitives ^ simples y ou éli" ments(i)^ et d'autres naissent de la combinaison de deux, trois ou quatre de ces éléments , lorsqu'ils se réunissent sons certaines conditions , pour constituer des corps composés avec des propriétés nouvelles le plus souvent com* plétement différentes de celles dont jouissent les éléments dont ces substances complexes sont formées.
Ces différentes combinaisons ont lieu par l'effet de divers modes d'attraction qui existent entre les atomes constituants des substances, mais qui ne sont, peut-être, que de simples modifications de l'attraction universelle qui fait graviter tous les atomes les uns vers les autres; modes où le plus fort détruisant l'effet du plus faible en le surpassant , sans détruire la propriété elle-même, il en naît entre tous les éléments, des tendances plus ou moins grandes k des alliances de choix ou Affinités (2), de la force desquelles dépend ainsi , non-seulement le fait de l'union de plusieurs espèces différentes d'éléments, mais aussi la décomposition des substances complexes , lorsqu'un corps nouveau vient dé-
(1) Voyex la note n* 13.
(3) Voyes la note 11*^1.
2i THEOLOGIE DE LA NATURE.
truire leurs combinaisons en s*alliant k Tun de leurs composants , pour lequel il a une plus grande force d'affinité que celle qui unit ce dernier avec uu ou plusieurs de ceui^ auxquels il ^tait précédemment allié.
Mais malgré les affinités plus ou moins grandes qui existent entre les différentes substances , et par lesquelles elles sont disposées k former divers autres composés , ce^ combinaisons n*ont toutefois pas toujours lieu, exigeant , pour s'établir, ainsi que je Tai déjk dit , certaines conditions spéciales h chaque alliance. Ces conditions sont d'ordinaire que Tune au moins des matières qui doivent se combiner soit à l'état liquide ou gazeux, afin que les molécules de celIc-çi , libres dans leurs mouvements , puissent facilement s'apprpcher de celles de l'autre substance, par Teflet de leur force spéciale d'atti*action , pour s'unir k elles suivant la direction dans laquelle leur agrégation doit avoir Heu. Cet effet peut souvent avoir lieu à la température ordinaire de l'atmosphère; mais d*ordinaire cette température doit être beaucoup plus élevée, surtout lorsqu'elle est nécessaire pour réduire les composants à l'état fluide ou gazeux.
Pour certaines substances, la fluidité doit avoir lieu au moyen de la fusion ignée; pour d'autre^, par une dissolution dans un liquide déterminé ; ou bien , sous l'influence soit de la lumière , soit du galvanisme ou du fluide électrique I etc. , conditions sans lesquelles la combinaison n'a pas lieu.
Or toutes ces combinaisons peuvent aller presque k Tinfini , non-seulement par l'alliance des matières élémentaires au nombre de cinquanteTquatre connues (1) , unies par deux» par trois et par quatre; mais dans ces divers groupements ^ ces mêmes substances peuvent encore s'allier dans plusieurs proportions, en produisant des composés dont les propriétés
(0 Voyei la note o* 13. i
cBAPiTEi Fiuuinw, 13
MDt le pim tKiiiYei)tontièreiiientdi0ëfei)ta»; faii» dont je me bornend à citer ici quelquAft eKemples.
L'mi* « Qe lîqvtde «i saluUire, f»! formée de deux éléments, ïl^drogif^ ou gM inflaqtiiMble , dws 1m |)M|iû^tiou , ei) iNÙ4s> de 41,1 purtiea ««r cent, eli de 88,Q parties d'iKEiffèm au gajt respirable : ces deux corps combinés p«r l'eQet de la cfialeiir, q^9»^ Thydrogène brûle diui^ Vax)g^ne, Or, pes mêmes sqbat^oio^ deviennent un poison violent lorsqu'on pro^oit une antre combinaison entre eUea, où entrenti compe dans l'eau, 11,1 partie» d'bydragène, mais 177,8 parties d'oxyg^«e, c'e^Và-dire \^ doubla que dans reao,
De mNe »nssi Yucidê galli^H$^ dis«qilfi d«lis d» Fean, constitoe un liquide incolore couime cette dernière ; ipais si l'on y Terse une solution ferrugineuse, qui peut être égileiuout incolore, le mélange devient à l'instant tout noir et forme rencre à écrirÇf
La teinture (l« tifurnml^ liquide d*un très-beîtu b|eH, devient i^ Tinstant rouge, ea*y yersant seulement uue tr^ petite quantité d'un acide quelconque : c'est le moyen qu'on emploie génér^ement en çbimie pour reconnaître si uu liquide est acide ou non- Toutes les alliances de substances différentes ne produisent toutefois pas des corps nouveaux; beaucoup ne forment que ce qu'on nomme de simples mélanges, où eb^que çompoK^nt conserve les propriétés qui lui app^tiennent; le tout présentant d^s ses propriétés le terme moyen de toutes ces substances mêlées.
Quoique les innomJ)rables propriétés cbinUques qui se manifestent dans les diverses substances simples pq composées, constituent, pour la presque totalité, des faifa; ifa^ concevables pour l'esprit humain ; toutes étant attachées d'une manière rigoureusement constante k chaque combiqaison dont elles forment les caractères distinctifs inhérents k la matière brute; on peut sans difficulté les considérer
U TBiOLOGIB DB LA N ATURX.
également comme éternelles; et, par conséquent, comme n'étant point dues k Tintervention d'une intelligence suprême qui les aurait produites; en d'autres termes, ces propriétés, tout étonnantes qu'elles sont, ne prouvent, par elles-mêmes , aucunement l'existence de la divinité ; mais il n'en est déjk pas de même des propriétés attachées aux substances chimiques animales ou végétales , qui ne sauraient être étemelles , ainsi qu'on le verra plus loin ; les Êtres organisés qui seuls les produisent ne l'étant évidemment pas ; d'où il devient évident que ces propriétés doivent en conséquence , avoir nécessairement été créées avec ces derniers k une époque déterminée. Or, quoique les substances organiques et les produits chimiques qu'elles fournissent, agissent de la même manière que les matières brutes, elles en diffèrent cependant très -essentiellement an fond , en ce qu'il est impossible de les reproduire , comme celles-ci , par la combinaison de leurs éléments ; d'où il est , par analogie , très-probable et même certain , que les propriétés de la matière brute sont également temporelles , et dues k la même puissance créatrice : car si Dieu a créé les unes, il a évidemment pu créer aussi les autres.
Quant à rAsTRONOMiE , cette science si grandiose par toute l'étendue de Tunivers qu'elle embrasse, n'ayant de limites que celles de l'inflni ; elle ne fournit pas plus que la minéralogie, la physique et la chimie, la preuve directe de l'existence de Dieu; mais bien plus que toute autre, celle de sa puissance illimitée. Science , où le savant calculateur muni du télescope , porte son regard investigateur jusque dans les profondeurs les plus reculées de l'espace, où il découvre une infinité d'astres dont Téloignement qu'il mesure est d'ordinaire tel , que des millions de tnillions de lieues sont le plus souvent des quantité^ relativement si minimes , quelles méritent k peine d'être prises en considération; et cependant, k ces distances ineommensables de l'espace, tout est rigoureusement soumis aux mêmes lois mathéma-
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tiques qui régissent la matière ici-bas. Cest par les effets de ces lois universelles que les moavements de ces mondes en nombre infini , sont si admirablement réglés , en temps et en directions, que malgré les vitesses souvent inconcevables pour l'esprit , chaque astre revient toujours au même point par où il a autrefois passé , sans avoir éprouvé une minute, ni même une seconde de retard après des milliards d'années. C'est au moyen de ces lois que le génie des hommes a su découvrir, que l'Astronome peut , par la puissance du calcul , prédire des siècles d'avance la position qœ chaque astre occupera tous les jours dans le ciel , et jusqu'aux effets de perturbations qu'ils font éprouver par leur attraction, même i plusieurs centaines de milliers de lieues , aux autres corps célestes dans le voisinage desquels ils ont ï, passer, en les faisant dévier plus ou moins de la route qui leur est tracée ; dérangements eux-mêmes si parfaitement prévus, et si bien compensés, que Tharmonie de l'ensemble des astres n'en est jamais altérée. Aussi n'est-il pas étonnant que cette sublime harmonie des corps célestes ait en tous lep temps excité l'admiration des hommes . qui ont cm y trouver la preuve la plus évidente de Texifitence de la Divinité , tandis qu'elle ne prouve réellement que sa puissance infinie. Cela est si vrai que tout, sauf l'impulsion primitive dont les astres ont été animés , n'est que le simple effet des lois qui régissent les propriétés inhérentes à la matière brute , et plus particulièrement de celle de l'attraction universelle qui , suivant l'opinion des matérialistes , y existerait de toute éternité ; d*où résulte, suivant eux , que tout le sublime mécanisme de Tunivers , si justement admiré, ne serait en principe que le résultat inévitable de la fatalité mathématique ; en d*autreÀ termes ; que tout l'univers n'existerait tel qu'il est , que parce qu'il ne saurait être autrement; et en effet, si l'on se bornait, comme ils le font, k ces seules observations , il n'y aurait aucune objection k leur opposer; mais leurs théories, quelque savantes qu'elles
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puissent être , ne sauraiept jfUQais expUquf r, ainai quQ je viens de le faire remarquer, eaniineQt (lat né4 Timpul*sipn primitive qui anima noq-seuleim^nt lei; astres, mais encore tous les autres Êtres de la nature ; quesU^u k laquelle ils ont soin de ne jamais remonter, ne pouvant l'attribuer qu'à une puissance étrangère ^ la nuati^re ; puissance qui ne pçut être que celle d'une lNTp(.i4iGEifGE scj?réwe qui commande à l'univers entier. Argument qw ^ lui aeul renverse tout leur systèmo de philosophie.
C'est ainsi que le célèbre Làpuce a fait vojr dans ses ouvrages (1), quon pouvait expliquer la forme et les mouvements de tout notre système planétaire , en admettant que dans l'origine , le soleil existant seul , comnte corps solide , se trouvait entouré d'une vaste atmosphère s'étendaqt au dçlà des limites actuelles des planètes les plus éloignées \ et que , dans ce grand espace, la matière réduite dans ses Cléments , formait un immense chaos dont toutes particule^ puatérielles se trouvaient isolées ; et le savant géoipètre montre que dans cet état , il a pu suffire de la seule action de la rotation du soleil sur son axe (9) , pour mettre tout ce chaos en circulation autour de cet astre central , dans le sens de cette même révolution ; et que , par l'unique effet de cette action , les particules de ce chaos ont 4û 9e concentrer par couches circulaires , en formant dans chacune une planète avec les satellites qui lui correspondent , et répondant précisément aux diverses régions où ces astres sepondaires se trouvaient réellement placés ; . et tels que l'observation les fait connaître quant à leur nombre , leurs masses , leurs distances , et jusqu'au genre de mouvements dont ils sont animés.
D'après ces calculs , tout le système planétaire se serait ainsi formé de lui-même , par la combinaison des effets de
»rm^mf^mmmmm^9m
(1) Mwarêê <l< Laplacê^ tome VI , p. 170 , noie V. 1846.
(2) Cette rotiitim a llea an 3^ joun.
VatlraetioA imiverseUe et du monvenurat propre du soleil ; sua qu'il soit également nécessaire d'admettre l'intervention done Intelligence svpr4me créatrice de tons ces mon*' des; idée que l'illustre géomètre n'eiprime toutefois pas formellement y mais elle est bien sous-entendue dans son teite« Pans ce travail , fort savant sans doute , je ne veux pas contester ici la justesse des principes et des résultata fondés sur le calcul ; il } a toutefois des faits qui ne mo paraiasent pas suffisamment clairs dans cette théorie, Eq effet , le mémoire de Lapuge explique bien mathématiquement la forme actuelle de notre système planétaire, en partant de ce fait que , dans Y origine , il ne formait qu'une tmmmse atmosphère en chaos ; opinion qu'im doit admettre si l'on veut considérer la matière comme étemelle. Mais commont le soleil pouvait--il exister alors seul , sans que sa propre matière ne fût elle-même en diffusion chaotique f et quelle puissance a pu lui imprimer cet immense mouvement dont il était déjk animé alors ? flnfin , pourquoi tout le chaos dn système planétaire entier ne s'est-il pas précipité directement de toute part sur ce centre pour ne former avec lui qu'une seule masse f LiO savant astronome a eu soin de ne pas soulever ces questions , auxquelles il n'eût sans doute pas pu répondre par des démonstrations mathématiques.
Hais en admettant même que tout cela fût ainsi , par une raison quelconque inexpliquée; il faudrait encore admettre avec l'illustre géomètre , qu'antérieurement ^ l'en poque où le chaos s'est mis en mouvement , le mouvement dn soleil n'existait pas lui-même , et n'a pu commencer qu'alors seulement ; yu que dès l'instant où il a commencé , il a dû se transmettre ^ la matière diffuse du chaos quî entourait cet astre ; ce qui prouve incontestablement que
ce mouvement du soleil n'existe pas lui-même de tpute
éternité 9 et n'a dû lui être donné qu'il l'époque de la fox-^ mation des planètes. Mais alors quelle est la puissance qui
S8 THto.OCIB DB Lit KATUBS.
Ta imprimé? Question k laquelle on est toujours ramené sitôt qu'on s'élève un peu au-dessus de la théorie des faits purement physiques que l'observation fait directement connaître ; théorie dont beaucoup de savants ne croient pas devoir sortir.
C'est ainsi que certains Astronomes , et entre autres le célèbre Lalande , ont pu être athées , ne s'étant jamais occupés dans leurs recherches , que purement et simplement de l'observation des faits matériels des phénomènes célestes , comme unique base appuyée sur le calcul , sans jamais penser aux inductions qu'on peut en tirer ; soit sous le rapport des conditions d'existence de ces faits , soit sous celui de leurs causes premières. Mais ces hommes , quoique très-savants calculateurs , ne se sont jamais élevés jusqu'à ces questions philosophiques de leur science , se renfermant exclusivement dans la théorie des faits , où tout est en effet si rigoureusement précis , que l'imagination la pins hardie reste stupéfaite , ne pouvant concevoir comment il est possible que des astres , qui emploient peut-être des millions d'années k parcourir leur orbite , ne sont, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, cependant jamais en retard d'une seule seconde, si leur mouvement ne doit pas être par-là condamné à s'arrêter complètement un jour; vu que le moindre temps perdu ne saurait plus jamais être regagné. Or, comme cette perte se renouvellerait par les mêmes causes à chaque révolution , elle épuiserait k la fois la force et la vitesse de la première impulsion imprimée k l'astre , et laisserait finalement celui-ci immobile dans l'espace.
On voit, d*après ce qui vient d'être dit, que les faits uniquement propres aux sciences essentiellement mathématiques ou physiques ne fournissent, ainsi que je l'ai déjkfait remarquer plus haut, directement aucune preuve de lexis^ tenee d'une Intelligence suprême qui aurait établi ces mêmes faits, en créant les propriétés qui les produisent, et par elles l'univers entier ; mais que cette existence une fois constatée
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par des démonstrations irréfragables, ces mêmes faits doBnent les preuves les pins évidentes de la toute-pnissance, de la sublime sagesse et de l'omniscience de cet Être suprême, seule cause première de ce qui est.
Celte preuve certaine , sans réplique et réellement matérielle de Texistence de Dieu , qui , seul éternel , a tout créé dans l'univers, nous est au contraire fournie partout avec profusion jusque dans les moindres détails de l'admirable structure des Êtres organisés , où nous la trouvons écrite de la main même de la Divinité qui les a formés par sa toutepuissance. Ici la matière élevée au plus haut degré d'activité ne forme plus, comme dans les minéraux, de simples amas homogènes ou accidentellement hétérogènes , dont chaque partie représente le tout , et ne reçoit de Ik que simplement le nom à' Échantillon; mais bien des ensembles plus ou moins compliqués, composés de parties dissemblables , dont chacune remplit une fonction spéciale pour contribuer au but final que ces Êtres sont appelés k atteindre ; ensembles auxquels on a «donné le nom d'Individus^ comme étant indivisibles, ou ne pouvant être divisés sans perdre quelques-unes de leurs parties qui les rendraient incomplets.
De même que dans une mécanique ordinaire , la matière qui constitue ces Êlres ne présente pas seulement les carac* tères naturels qui lui sont spécialement propres ; mais encore dans chacune des parties , des formes , des dispositions et des actions, qui, étrangères k ces propriétés, montrent déjà, avec la dernière évidence, qu'elles sont dues k l'intervention d'une Intelligence créatrice toute-puissante, dont nous trouvons la preuve jusque dans les plus minutieux détails de la structure des moindres animalcules qui échappent k la vue.
Pour l'œil inattentif du vulgaire, ces superbes organismes des animaux ne sont que des objets ordinaires qui ne méritent pas qu'on y porte seulement son attention , tant l'habitude de les voir agir dans leur ensemble émousse chez
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lui le sentiment de l'intérêt moral qu'il pourrait y trouver; et souvent même il ose flétrir des épithètes de vil et d'immonde des Êtres qu'il croit pouvoir mépriser pour leur petitesse, ou le peu d'intérêt qu'ils inspirent h son égoîsme ; son esprit ne s'élevant jamais à l'idée que ce sentiment de mépris ne peut que retomber sur celui qui se permet cet orgueilleux dédain pour des objets que son intelligence trop bornée ne sait apprécier ; tandis que dans sa hautaine imagination il se croit lui-même fait k l'image de Dieu.
Le Naturaliste philosophe » au contraire, amené k tout instant par l'objet même de ses recherches h admirer tant de merveilles que lui offre la savante structure du moindre insecte, trouve tous les Êtres vivants non moins parfaits dans leurs organismes que THomme méme^ quoique foTmés souvent sur des plans fort différents. Dès lors, appréciant mieux chaque créature , il ne voit dans toutes , quel que soit le rang où le Créateur les ait placées, que des espèces occupant, comme l'Homme lui-même, des degrés différents dans l'immense échelle des Êtres « dont le genre humain n'occupe d*ailleurs pas , sous la plupart des rapports , le point le plus élevé « n'ayant réellement la supériorité sur les animaux que par la raison » que le sublime dispensateur de toute chose lui a exclusivement accordée ; tandis que son corps matériel , suffisamment bien formé pour ce qu'il a besoin d'être , est moins richement pourvu d'organes que celui d'autres animaux , qui doivent , par une plus grande complication de leur structure ^ suppléer précisément à ce qui leur manque en intelligence.
Dans les mécaniques artificielles, dont on admire» à juste raison , l'arrangement des parties et l'effet qu'elles produisent, l'homme, quelque ingénieux qu'il soit, ne saurait jamais employer que les foroies obligées de la géométrie vulgaire, telles que le pian^ lecylindro, le cercle etTeilipse, etc., dont seul il connaît les propriétés par le calcul , tandis que les ÈVte» organisés nous offrent une structure infiniment plus
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sftYanle ^ où agissent éeê fortes qM ficus fie pôfiTOfis pas néflie ooBceTOir. Ici » plus rien d'esBentiel n*est absolument somnis k des conditions mathématiques , qui ne sont plus que de simples moyens accessoires pour arriver au but que k s^esse créatriee a touIu atteindre dans chaque Être organiséw Ainsi , nulle part ces formes géométriques parfaitement régulières « qu'on admire dans les cristaux , où elles ne sont que les conséquences obligées de TaiBnité des corps bruts. Plus, comme dans les astres, de ces mouvements précis exécutés dans des trajectoires invariables ^ exclusivement dus k une force de première impulsion une fois pour toujottra imprimée k ces corps dès Torigine des temps. Tout est an contraire irréguUer pour nous , et tout est cependant ai parfait en lui-même. Or c'est en partie , précisément dans cette irrégularité apparente de la structure des Êtres vivants, que se dévoile h nos yeux la sublime sagesse et Tomniscience du Créateur ; structure où la sagacité des plus habites observateurs de la nature reste, k la fin , profondément humiliée devant Timpossibilité de pouvoir reconnaître en dernière analyse la véritable cause des phénomènes vitaux, dont ractioa a partout lieu entre les éléments constituants des organes , que leur exUéme ténuité dérobe k tout moyen d'investigation , même avec le secours des plus puissants mîcroseopesi dont le pouvoir ampliatif va jusqu'k huit milUardê di fai$ le volume réel des objets qu'on y soumeti Or, c'est précisément dans l*intime arrangement de ces élé« ments organiques que se trouve ainsi fiÉalement cachée la canse efficiente des organes ; éléments qui constituent par Ik de véritables sanctuaires impénétrables à Tintelligence bu* maine* Cest Ik où se pratiquent les mystères des lois de l'organisation que le Créateur y a établies, et par lesquelles se manifeste k nos yeux , non-seulement la plus bublime sagesse avec laquelle tout est ordonné , mais encore l'appli* oatiott des sciences physique et mathématique à des degrés d'élévatiott qui laissent Timagination stupéfaited'admiration.
32 TBioLoon m la iiatubi.
En allant même, par les hypothèses les plas larges qu'on puisse concevoir, infinimeut au delk de la possibilité actuelle de nos moyens d'investigation , en admettant que par des procédés encore inconnus nous puissions arriver à voir distinctement les atomes mêmes qui constituent la masse de la substance des organes en fonctions, notre raison nous dit que , même alors , nous ne serions pas en état de comprendre et d*expliquer ni leur action ni les résultats qu'ils produisent.
Pour expliquer ce que je viens de dire d'une manière générale, je citerai ici par anticipation, comme exemple, l'acte qui a lieu dans une simple glande sécrétoire des animaux , organe destiné k séparer de la masse du sang une matière spéciale propre k remplir un certain usage. En admettant donc, dans la supposition que je viens de faire, qu'un des éléments de cette glande, d'une glande salivaire par exemple, soit un petit corps en forme de poche dont les parois laissent transsuder la salive qu'elle produit , en la séparant du sang qui l'entoure immédiatement, et qu'elle laisse ensuite couler par un conduit dit excréteur^ dans la cavité de la bouche ; après que tous ces conduits des petites poches ou glandules spécialesse sont embranchées en nombre considérableles uns sur les autres, comme les ramuscules d'un arbre se réunissent en branches , et enfm sur le tronc commun. Eh bien, d'après la supposition que j'ai faite, on verrait donc parfaitement dans la petite cavité glandulaire l'arrangement même des atomes qui la composent, former soit des groupes, soit des séries en forme de filets ou de fibres , etc. , «t nécessairement, entre les parties intimes ou éléments organiques^ des ouvertures ou Pores laissant passer entre ces dernières le liquide sécrété ; le tout entouré de sang renfermé dans des vaisseaux.
En admettant en outre , ce qui n'est aucunement prouvé , que la matière de la salive se trouve déjk toute formée dans la masse de ce liquide qui circule dans tout le corps ; encore faudrait-il que la petite glande eût la propriété de l'en se-
CMAPnflS PRKIUBIL 33
parer, en la laissant seule pénétrer à travers ses pores dans Imtérieur de sa cavité, aGn de la faire passer ensuite dans le canal excréteur. Or comment cette séparation peut-elle avoir lieu , sans qu'une foule d'autres substances, également contenues dans la masse du sang , ainsi que le veut la supposition, pour rendre la question plus simple, y entrent en même temps? Pour expliquer un tel résultat, on a bien imaginé que le tissu des glandes formait une sorte de crible k mailles de formes différentes , selon Tespèce d'organe, pour ne laisser, en conséquence, passer que les molécules du sang de forme déterminée. Mais cette hypothèse, qui , au premier abord , a quelque chose de spécieux , est nécessairement fausse ^ car il est évident que , quelle que soit la forme des pores de ces cribles , les molécules des matières contenues dans la masse du sang, dont les dimensions seraient moindres , devraient y passer péle-méle avec celles de la forme spéciale voulue par Thypothèse , et il est par Ik bien certain que ce n'est pas ainsi que se fait le triage. Mais, en dernière analyse, que verrait l'observateur? II verrait que le sang, circulant autour de la glandule , en la baignant, est une humeur extrêmement compliquée dans sa composition , puisqu'on admet que toutes les substances animales y sont déjà contenues en dissolution; il y verrait que les molécules d'une seule de ces substances passent k travers les pores pour pénétrer dans la cavité de la glandule (et cela par l'effet d'une cause inconcevable) pour s*y accumuler et former la masse de la substance sécrétée , en agissant dans leur mouvement à travers les pores , absolument comme si elles étaient animées d'une détermination volontaire; ou plutôt comme si les parois de la glande , et mieux encore , celles des pores seulement, dont celles-ci sont percées, avaient une attraction électrique spéciale pour telles molécules seulement, et non pour d'autres, en forçant celles-là de passer, et repoussant au contraire celles-ci. C'est-à-dire qu'en définitive, l'observateur verrait les particules animées
34 THlEOLOGII DK Là KATUHB.
d*une action qu'il ne saurait comprendre , passer k travers les pores , sans i^avoir comment cela a lieu, pas plus qu'on ne comprend Tattraction de Taimant pour le fer. En d'autres termes , il ne serait guère plus avancé dans la science que nous ne le sommes aujourd'hui. Il connaîtrait seulement de plus comment sont matériellement arrangés les éléments organiques , sans concevoir davantage l'action fonctionnelle des organes. Tout se réduirait pour lui , de même que pour nous, à admettre comme fait, que, dans les Êtres organisés, la matière brute , dont les éléments entrent dans la composition du tissu des organes, jouit de nombreuses propriétés spéciales, qu'elle ne possédait pas comme matière minérale, avant la création des Êtres vivants : propriétés qui ont donc été, elles-mêmes , nécessairement créées à une époque déterminée, et qui ne sont, par conséquent , pas éternelles, G'estk-dire qu'ici, comme partout ailleurs, on arrive, en dernière analyse , dans les recherches scientifiques , au même principe fondamental : Que la cause initiale de tout phénomène physique ou autre n'est que la Volonté de Dieu , seule loi primitive et éternelle , qui n'a elle-même ni cause ni explication ; et tout ce que le Naturaliste philosophe peut faire, est de* tâcher de reconnaître, par l'étude des faits, quelles sont les lois que la sagesse éternelle du Très-Haut a prescrites aux divers Êtres de lunivers. C'est ainsi qu'on a reconnu que jamais il nexistait dans la matière brute aucune partie qui remplit une fonction quelconque; tandis que le corps des Êtres vivants présente partout une structure différente dans ses nombreuses parties ou Organes^ dont chacun offre une forme et une disposition qui lui sont spéciales^ et cela jusque dans les plus minutieux détails de leurs éléments intimes, où les combinaisons des molécules constituantes ne sont nulle part celles de la matière minérale C'est ce que prouvent les propriétés chhniques , caractéristiques des deux sortes de corps. Je ferai surtout remarquer ici qu'aucune des substances de la chimie organique
n'a jamais encore pu être reproduites de ses éléments dans les opérations de laboratoire ; tandis qu'on compose plus ou moins facilement les diverses matières brutes. Je ne parle point ici de la structure que les unes et les autres affectent , mais simplement de leur composition chimique. C'est ainsi qu'on n'a jamais encore pu composer de l'Alcobol , de TÉ- Âer, de la Gomme, de la Cire, de l'Huile, ni aucun autre corps gras; de la Gélatine, de l'Albumine, de la Fibrine, du Sucre, etc., etc. , qui ne s'obtiennent que des substances organiques ; et nulle part aussi , les matidfes brutes n'entrent sans les plus grandes modifications dans la composition des organes. C'est ainsi que jamais on n'y rencontre l'emploi des Métaux, des Pierres, ou d'autres matières minérales, telles que nous les connaissons sous ce nom ; mais bien leurs éléments combinés d'une foule de manières, dans des substances qui ^ leur tour n'existent que chez les Êtres organisés ; où seules elles peuvent être produites sous l'influence de l'agent de la vie, pour entrer exclusivement dans la composition des divers organes qui constituent leur corps ; organes différemment conformés et disposés selon les usages auxquels ils sont destinés, pour contribuer tous dans le même Être k lui faire atteindre le grand but final auquel il doit* arriver : celui de la perpétuité de sa race, afin que rœuvrè du Créateur ne soit point perdue; but auquel sont ensuite soumises une foule de conditions d'existence plus ou moins importantes suivant les facultés accordées k chaque espèce animale.
A^bta
39 TUtOLOGIl PB LA HaTURK.