LA VERTU EST UN DESSEIN DE DIEU SUR L'HOMME
Lorsque notre devoir est rempli ou ne l'est pas, tout n'est pas terminé pour nous. Car l'usage de notre propre activité nous apprend qu'après avoir agi sous Tempire de la cause qui nous rend moralement libres^ nous ne sommes plus vis-à-vis du bien ou du mal ce que nous étions avant. Lorsque nous avons par exemple réalisé un bien, non-seulement une douce joie pleine d'espérances est venue illuminer notre âme , mais encore nous avons reconnu que
nous avions acquis pour le bien une aptitude bénie^ d'autant plus grande que nous avons fait plus de bien. Et an contraire, après la satisfaction de nos désirs égoïstes, iious avons ressenti que nous étions comme en possession d'une nouvelle puissance pour mal faire, indépendamment des remords qui nous ont dévoré et des craintes qui ont accompagné ces remords.
Or, la conséquence constatée de la vertu est heureuse pour celui qu'elle modifie si noblement^ et la conséquence opposée qui modifie si tristement, celui qui a fait le mal est malheureuse pour lui. Mais il est évident que le bonheur et le malheur dans ces cas sont mérités, et qu'ils sont une sanction de la loi divine du devoir imposé aujourd'hui à nos âmes. D'où le
vingt-troisième dogme .*
l'h6m]»ie, ici-bas, est méritant ou responsable et passible de récompenses ou de punitions.