‹ Théologie dogmatique (volume 2)Chapitre 10 sur 74 · XVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XVI PROLÉGOMÈNES

C'est pourquoi, après avoir exposé tout ce qui paraîtra nécessaire pour faire connaître et l'état et la nature de la controverse dont il sera question, nous établirons la proposition elle-même, et nous en déterminerons le sens au moyen de notions et de récits propres à atteindre ce but; puis enîin, ou nous soutiendrons, ou nous réfuterons cette même proposition.

Comme, en outre, une longue expérience nous a appris que pour acquérir une notion claire quelconque, il faut exposer et déterminer clairement le degré de certitude de la proposition dont il est question, et qu'il est important de distinguer les propositions qui sont définies et de foi de celles qui ne le sont pas, nous aurons le soin, toutes les fois qu'il en sera besoin, de faire précéder chaque proposition, comme on le dit, de sa qualification, et, par suite, de faire connaître le fondement de la note ou de la censure dont elle est frappée. Mais dès qu'elle n'aura pas été définie par l'Eglise, ou que l'on ne sera pas parfaitement fixé sur le sens à lui donner, nous dirons, d'après les preuves sur lesquelles elle s'appuie, ce que nous en pensons. Ce sera peut-être le moyen de faire disparaître de l'esprit des jeunes gens la confusion, qui fait souvent qu'ils confondent celles qui sont définies, et qui appartiennent à la foi stricte ou à la doctrine catholique , avec celles qui ne jouissent pas du même degré de certitude, ce qui est très-préjudiciable à la science elle-même , et expose à infliger à la doctrine contraire une note ou une censure qu'elle ne mérite pas.

Aussi, toutes les fois que la matière ou les circonstances le permettront, nous appliquerons-nous à énoncer les propositions dans les mêmes termes que ceux dont usèrent et les conciles et les pontifes, dans leurs constitutions, pour en fixer et en définir la vérité.

Mais, pour nous, tout en combattant les ennemis de la vérité, nous nous appliquerons, tant que faire se pourra, à éviter ces grandes discussions qui divisèrent autrefois les écoles catholiques. Car, du consentement de l'Eglise, et sans attaquer la foi, chaque école peut conserver son opinion.

Page 1