INTRODUCTION
Comme jusqu'à présent nous avons démontré la vérité de la religion catholique, et que nous avons démontré en même temps la vérité de tout ce qui touche à cette religion, nous avons démontré la vérité de tout ce qu'elle enseigne. Toutes les vérités qu'elle enseigne sont en effet si intimement unies les unes aux autres, qu'elles ne forment au'un seul tout, et que Tune ne peut pas exister sans lautre. Tout serait donc fait; il ne serait pas nécessaire d'aller plus loin pour réfuter les hérétiques s'ils étaient sui compotes, s'ils n'étaient pas emportés par la passion aveugle de la contradiction ; il serait, disonsnous, inutile d'aller plus loin. Mais comme la religion catholique n'est pas dans l'usage , à l'exemple des sectes hérétiques, d'avoir recours aux ambages et aux voies tortueuses, et que, conformément à la parole de saint Pierre , les catholiques sont toujours prêts à rendre compte, à quiconque le leur demande, de leur espérance (1), volontiers nous traiterons ici de chacun de ses dogmes en particulier. Nous ne nous préoccuperons que d'une seule chose : c'est de ne pas nous écarter de la voie et de la manière de procéder que suit l'Eglise , en traitant ces questions.
(1) I Ep. s. p., m, 15. Nous rapporterons ici les paroles que Tertullien adressait sur ce point à Valentin (cont. Val., c. 3) : « Que le serpent se cache, » qu'il dérobe sa prudence dans les replis tortueux de son repaire, qu'il » habite dans les bas-fonds, qu'il se cache d6ins l'obscurité, qu'il déroule les p orbes de son corps dans les anfractuosités de son repaire, qu'il ne s'avance » que par des chemins détournés; bête ennemie de la lumière, qu'il ne se D montre jamais tout entier. Quant à la demeure de nos colombes, elle est » simple ; elles aiment à habiter dans des demeures exposées à tous les re- » gards. La figure du Saint-Esprit aime l'orient, figure du Christ. La seule » chose dont rougisse la vérité, c'est de se cacher; car il n'aura pas honte » de lui prêter l'oreille , de le reconnaître pour Dieu, celui que la uature lui » a déjà confié, que tous les jours elle sent dans ses œuvres, et qui est moins » connu par cela seul, qu'elle a pensé qu'il n'était pas seul, qu'elle l'a nommé » au pluriel, et qu'elle l'a adoré dans les autres êtres. »
Nous traiterons d'abord de Dieu , qui est le principe de tout ce qui existe, comme aussi de toutes les sciences, mais surtout de la théologie. Nous parlerons en premier lieu de son existence, de son unité, de son essence et de ses attributs en général ; nous parlerons ensuite en particulier de ses principaux attributs absolus , soit positifs , soit négatifs ; nous parlerons en troisième lieu de son intelligence et de sa volonté; enfin de sa providence, de la prédestination et de la réprobation. Bien que les philosophes traitent de la plupart de ces choses de concert avec les théologiens , nous avons cru que ceux qui aiment l'étude de la théologie devaient en avoir une exacte connaissance ; aussi avons-nous regardé comme une chose trèsimportante de leur rappeler ici celles qui sont les plus essentielles , pour les graver plus profondément dans leurs esprits, et de les mettre à même , au moyen de cette double science, de réfuter plus péremptoirement les errem's nouvelles.