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CHAPITRE IV

De la divinité du Saint-Esprit,

305. Le Saint-Esprit est la troisième personne de la sainte Trinité ; il est Dieu comme le Père et le Fils, et avec le Père et le Fils ; coéternel, coégal et consubstantiel au Père et au Fils. Il y a trois personnes en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit; et ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu : et hi très unum sunt (2). Nous l'avons prouvé plus haut (3) par l'Écriture, par les anciens Pères de l'Église, par les décisions des conciles, les symboles et la croyance générale et constante du monde chrétien. Partout, en Orient comme en Occident , on croit et on a toujours cru en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ , son Fils unique , Dieu de Dieu , vrai Dieu , consubstantiel au Père ; et « au Saint-Esprit , qui est aussi notre " Seigneur, et qui donne la vie ; qui procède du Père et du Fils ; « qui est adore et glorifié conjointement avec le Père et le Fils; » ][ui a parlé par les prophètes (4). » Il ne nous reste donc qu'à

(1) Isaie, c. un, v. 8. — (2) I" épître de saint Jean, c. v, v. 7.— (3) Voyez, cidessu», le n" 264, etc. — (4) Credimiis in Spiritiim Sanctum Doininnm et vivificantem, qui ex Pâtre (Filioque) p.'ocedit ; qui cum Pâtre et Filio simul adoratur

DE LA SAINTE TUINITÉ. 2k6

produire quelques-unes des preuves qui établissent plus directement la divinité du Saint-Esprit.

306. D'abord, le Saint-Esprit est appelé Dieu, Seigneur, dans les livres saints. Ou lit dans le prophète Isaïe : « J'ai entendu 1? « voix du Seigneur (Jéhovah) disant : Qui enverrai-je? Et qui ira «porter mes paroles? Et j'ai dit: Me voici, envoyez-moi. Et le « Seigneur dit : Va, et dis à ce peuple : Écoutez, et ne comprenez « pas (i). » Celui qui a prononcé ces paroles est vraiment Dieu ; le prophète l'appelle Jéhovah, nom qui ne convient qu'à Dieu. Or, l'Apôtre nous apprend que celui-là même est le Saint-Esprit : « C'est V Esprit-Saint qui a parlé à nos pères par le prophète « Isaïe , lorsqu'il lui dit : Va vers ce peuple, et dis-leur • Vous « entendrez des oreilles , et vous ne comprendrez point (2). » Donc le Saint-Esprit , qui nous est représenté comme une personne , comme parlant lui-même à un prophète et au peuple d'Israël , est véritablement Dieu.

307, David dit aussi, dans le second livre des Rois : « L'Esprit » du Seigneur sest fait entendre par moi ; sa parole a été sur ma '< langue. 'Le Dieu d'Israël m'a dit, \efort d'Israël, le dominateur « des hommes, m'a parlé (3j. « Ainsi, suivant le prophète-roi, l'Esprit du Seigneur est le Dieu d'Israël, le fort d'Israël, le dominateur des hommes. Et cet Esprit du Seigneur est bien le Saint-Esprit : y Esprit saint, dit le prince des apôtres, a parlé parla bouche de David (4). On voit encore, dans l'Ancien Testament, que c'est le Seigneur Dieu , Jéhovah , qui a parlé par les prophètes. Or, ces mêmes prophètes nous sont représentés , dans le Nouveau Testament, comme ayant été inspirés par le Saint-Esprit : « Ce n'est point par la volonté des hommes que les propbé- « ties ont été autrefois rendues , mais c'est par l'inspiration du « Saint-Esprit que les hommes de Dieu ont parlé (5). » L'Esprit- Saint est donc véritablement Seigneur, Dieu, Jéhovah.

et conglorificatur ; (|ui locntus est pcr prophetas. Symbole de Constaittinople. — (l) Audivi vocem Domini dicentis : Qiiem mittain? Et qiiis ibit nobis? Et dixi : Ecce ego, mille me. Et dixit : Va<le, et dires populo liiiic : Amlile auilien» tes, et iiolite infelii^eie Isaïe, c. vi, i;. 8 et 9. — (2) Bene Spiritiis Saucliis locutns est per Isaiam prophetam ad pattes nostros, dicens : Vade ad populiun istiun , et die ad eos : Ame andietis, et non iiitelligetis. Actes des apôtres , c. xxvni, V. 25 et 26. — (3) Spiritiis Domini iociilus est per me, et sermo ejus per liiiguam meam. Dixit THns Israël milii. locutus est foilis Israël, domiiiator hominiim. Liv. ii des Rois, c. xxiii, v. 2 et 3. — (4) Oportet impleri Scriptiiram, qiiam pra^dixitSpiiitus Sanctns jier os David de Juda. Act. des apôtres, c. i, V- 16. — (h't Non (Miini voinntate liumaiia allata est aliquaiido nionliefia : sed

308. Il est rapporté dans les Actes des apôtres qu'Ananie s'étant rendu coupable de mensonge, en n'apportant aux apôtres qu'une partie du prix du fonds qu'il avait vendu, saint Pierre lui dit. « Ananie, comment Satan vous a-t-il tenté au point de vous faire « mentir au Saint-Esprit?... Ce n'est pas aux hommes que vous « avez menti, mais à Dieu (l). » D'après ce texte, mentir au Saint- Esprit, c'est mentir à Dieu : le Saint-Esprit est donc Dieu.

309. Écoutez saint Paul parlant aux Corinthiens : « Ne savez- « vous pas que vous êtes le temple de Dieu , et que l'Eapwt de Dieu « habite en vous? Si quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le « perdra, car le temple de Dieu est saint. Or, c'est vous qui êtes ce « temple (2). Ne savez-vous pas que votre corps est le temple dr « Saint-Esprit, qui réside en vous, et que vous avez reçu de Dieu ?. .

« Glorifiez donc et portez Dieu dans votre corps (3). » En appelant indifféremment notre corps le temple de Dieu, le temple du Saint- Esprit, l'Apôtre nous fait clairement entendre que le Saint-Esprit est Dieu.

310. Il leur disait aussi: « Il y a diversité de grâces, mais il « n'y a qu'un même Esprit. Il y a diversité de ministères , mais il « n'y a qa'un même Seigneur. Il y a diversité d'opérations , mais « il n'y a qu'un même Dieu, qui opère tout en tous. Or les dons « visibles du Saint-Esprit sont donnés a chacun, pour l'utilité de « l'Église. L'un reçoit du Saint-Esprit le don de parler avec sa- « gesse; un autre reçoit du même Esprit le don de parler avec « science; un autre reçoit la foi par !e même Esprit; un autre re- « çoit du même Esprit la grâce de guérir les maladies ; un autre, le « don de faire des miracles ; un autre, le don de prophéties; un « autre , le don de parler diverses langues ; un autre, celui de les « interpréter. Or, c'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces « choses, distribuant à chacun ses dons selon qu'il lui plait (4), »

Spiritu Saneto inspirati locuti sunt sancti Dei homines. 7/* épître de saint Pierre, c i, v. 21. — (l) Anania, cur tentavit Satanas cor tuum luentiri te Spiritui Saneto?... Noues mentitus honiiiiibus, sed Dec. Actes des apôtres, c. v,

t). 3 (2) Nescilis quia templum Dei estis, et Spiritus Dei liabitat in vobis. Si

quLs autem templum Dei violaverit, dispeitiet illiim Deus. Templum enim Dei sanctura est, quod estis vos. /•* épître aux Corinthiens, c. m, v. 16 et 17. — (3) 4n nescitis quoniam merabra vestra templum sunt Spiritus Sancti, qui in vobis est, quem habetis a Dec, et non estis vestri ?... Giorilicate el portaie Deum m corpore vestro. Ibidem, c. vi, v. 19 et 20. — (4) Divisiones vero graliarum sunt, idem autem Spiritus; et divisiones miuistrationiim sunt, idem autem Dominus. Et divisiones operationum sunt, idem vero Deus, qui operatur oninia in «muibus. Unicuique autem datur manifestatio Spiritus ad utilitatem. Alii qui-

Tout, dans ce passage de saint Paul, annonce que le Saint-Esiu-it est une personne distincte du Pèreet du Fiis, une personne qui veut ce qui lui plnit, qui agit, qui opère à volonté. Or, c'est un seul et même Esprit, un seul et même Seigneur, un seul et même Dieu, qui distribue à cliacun, selon son bon plaisir, les différentes grâces, les différents ministères, les différentes opérations, les différents dons spirituels utiles à l'Église; c'est un seul et même Esprit qui opère tout en tous, qui communique le don de prière, le don des langues, le don des miracles et des prophéties ; dons qui ne peuvent évidemment venir que de Dieu. Donc , encore une fois, le Saint- Esprit est Dieu, vrai Dieu avec le Père et le Fils.

311. Enfin, suivant l'Ecriture, le Saint-Esprit est partout, il remplit Tunivers {l); il est tout-puissant, /a ver^z/ du Très- Haut ["2); et toute vertu vient de lui (3). Il sait tout, il pénètre tout, même les profondeurs de Dieu (4); il est l'Esprit de vérité , et enseigne toute vérité (5). Il est la vie, l'Esprit vivifiant (6). C'est lui qui nous régénère par l'eau du baptême, conjointement avec le Père et le Fils (7); qui remet les péchés (8); qui nouspuri/ie, nous sa7ictifie et nous justijie au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ (9); qui répand la chcmté de Dieu dans nos cœurs (lO); qui nom fait enfants de Dieu (il), et qui a établi lui-même les évéques pour gouverner l'Église de Dieu (12). Or, toutes ces choses expriment manifestement et la personne et la divinité du Saint-Esprit,

dem per Spiiitiim datur sermo sapientice : alii autem sermo scientiae secundufn eumdein Spiritum : alteri fides in eodem Spiritu : alii gratia sanitatum in uno Spiritu : alii opcratio virtutiim, alii proplietia, alii discretio spirituiun , alii gejiera linguainra, alii interpretatio sernionum. Haec aiitem oinnia operalur uniis at(iueidem Spiritiis, dividens singulis pioiit vnlt. Ibidem , c. xu, v. 4, etc. —

(1) Spiritus Domini replevit orbem terrariim. Sagesse, c. i, v. 7 (2) Virtiis

Altis^imi. Suint Luc, c. i, v. 35. — (3) Verbo Domini cœli firmati sunt, et Spiritu oris ejns, omnis virtus eoriim. Psaume xxxii, v. 6. — (4) Spiritus enitn omnia scnitatur, etiam profuiidaDei. I" épitre aux Corinthiens , c. ii, v. 10. — (5) Cuin aiitem venerit ille Spiritus veritatis, docebil vos omneiu veritatem. Saint Jean, c. xvi, v. 13. — (6) Spiritus vivilicus. /" épitre aux Corinthiens, c. XV, V. 45. — (7) Saint Matthieu, c. vxvin , v. 19. — (8) Accipiie Spiritum Sanctum; quorum reniiseritis peccata, reniittuntur eis. Saint Jean, c. xx, v.T2 tt 23. — (9) .Sed abluti esti.>;, sed sanctifitati estis, sed justificati eslis, in nomine Domini nostri Jesu Cliristi, et in Spiritu Dei nostri. /'• épitre aux Corinthiens, c. VI, V. 11. — (10) Cliarilas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritiuu Sanctum. Épitre aux Romains, c. v, v. 5. — (l 1) Accepislis Spiritum adoptionis liliorum, in qiio claniauius : Abba (Paler). Ipse enim Spiritus teslimonium reddit spiritui noslro, quod sunuis Filii Dei. Ibidem, c viii , V. \h et \f>. — (12; Spiritus Sanctus posuit episcopos regere Ecclesiam Dei. Actes des apôtres^ c. xui, V 20.

312. Aussi, s'appuyant sur les livres saints et l'enseignement traditionnel des apôtres, les premiers chrétiens confessaient la divinité du Saint-Esprit, le glorifiant avec le père et le fils, en distinguant les trois personnes divines, sans les confondre entre elles et sans diviser la substance, ainsi qu'on le voit par les écrits des docteurs de l'Eglise, de ceux mêmes qui sont antérieurs a l'impie Macédoni'\s, dont les erreurs ont été solennellement proscrites par le concile œcuménique de Constantinople, en 381. Nous pourrions, en effet, citer les lettres de saint Ignace d'Antioche, .a lettre de l'Église de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe , les Apologies de saint Justin, le second livre de saint Théophile d'Antioche à Autolyque, l'ouvrage de saint Irénée contre les hérésies, Clément d'Alexandrie, le livre de Tertullien contre Praxéas, celui de saint Hippolyte contre Noët, saint Cyprien, saint Grégoire Thaumaturge, saint Denys d'Alexandrie, saint Denys de Rome, saint Hi laire de Poitiers, saint Athanase, saint Basile, et saint Grégoire df. Nazianze. « Nous croyons , disait ce dernier docteur en présence « de cent cinquante évèques assemblés à Constantinople; nous « croyons au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, qui sont de même « substance , et qui ont la même gloire , ejusdem substanUœ et « gloriœ. Nous croyons que le Père , et le Fils, et le Saint-Esprit, « sont trois quant aux hypostases ou personnes, et une seule subs- « tance quant à l'essence adorable et indivisible; car nous profes- « sons que ces trois personnes n'ont qu'une seule substance : unam 'i et eamdetn horuin trium essentiam prqfitemur{l).» Ces cent cinquante évêques, invoquant la foi évangélique^ comme ayant pour elle l'autorité du concile de Nicée, les paroles du baptême et la plus haute antiquité, écrivaient, au pape saint Damase. que celle foi nous enseigne que nous devons croire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, c'est-à-dire, « à la Divinité, puissance et substance, « qui est une dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, en trois hy- « postases ou personnes parfaites, ayant une dignité égale, et ré- « gnant de toute éternité (2). Trinité iocréée , coéteruelle et con-

(1) Credimnsln Patiem, et Filium, et Spiritiini Sanctum, ejusdem siibstantiae et glori*.... Uniim quidi^m qiioad essentiam ac divisionis omnis expertom adorat'.oiiem, tredentes ; tria antem quantum ad hypostases sive peisouas... Uiianc enim eieamiiem iiorum tiiiim esseniiam profileiiiur. Labbe, Concil. , iom. it( col. 933. — (2) Cuni ista fides et antiquissinia sit. et lavacio baptisniatis cou* sentanea, et nos doceat crederc in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, lioe in divinitatem, potentiam et substantiam unam Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, aequalem dignitatem, et coseternum reguum, in tribus perfectissimis hypcsta «ibus, sive in tribus peisonis. Labbe, tom. ii, col 9C)i.

DE LA SAINTB TRinlTi. 219

• substantielle, consnbsfnnfialis (i). » Et le pape saint Damasc, de son côté , anathématise « celui qui ne confesse pas franchement « l'unité de puissance et de substance dans le Père , le Fils et le « Saint'-Esprit; celui qui ne dit pas que le Père a toujours été, que « le Fils a toujours été, et que le Saint-Esprit a toujours été; celui '< qui ne <fit pas que le Saint-Esprit sait tout, qu'il connaît tout, et « qu'il est partout comme le Père et le Fils ; celui qui dit que le « Saint-Esprit est une créature, ou qu'il a été fait par le Fils; celui « qui ne dit pas que le Père a fait toutes choses, visibles et invisi- « blés, par le Fils et le Saint-Esprit; celui qui ne dit pas qu'il y a « dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, une seule divinité, un seul « pouvoir, une seule majesté, gloire, domination , un seul règne, « une seule volonté et vérité; enfin, celui qui ne dit pas que le « Saint-Esprit doit être adoré par toute créature , comme le Père « et le Fils (2). » Ainsi donc, conclut saint Damase, « le salut des « chrétiens est que nous croyions à la Trinité, c'est-à-dire, au Père, « au Fils et au Saint-Esprit, au nom desquels nous avons été bap- « tisés , en croj^ant fermement qu'il n'y a qu'une seule et vraie « divinité , une seule puissance, une seule majesté, une seule subs- « tance divine (3). » On croyait donc alors à la divinité du Saint- Esprit dans toute l'Église; elle était reconnue dans l'Occident comme dans l'Orient. Or, cette croyance, par cela même qu'elle était universelle au quatrième siècle, ne pouvait venir que des apôtres et de Jésus-Christ. On n'invente rien dans l'Église de Dieu. Nous reconnaissons donc et nous confessons avec joie que le Saint- Esprit est Dieu comme le Père et le Fils, vrai Dieu avec le Père et le Fils, coéternel, coégal et eonsubstantiel au Père et au Fils. 0

(1) Trinitati, qiiae increata, et consnbstantialis, et coaeterna. Ibidem. — (2) Anathematizanius eos qui non tota libertate proclamant, eunfi cum Pâtre et Filio iinius potestatiset siibstantiae.... Si quis non dixerit, semper Palrem, seraper Filium, semper Spiritum Sanctiim esse, analliema sit.... Si qnis non dixerit, omnia posse Spiritum Sanctnm, omnia nosse, et ubiqne esse sicut et Patrem et Filinm, anatlieraa sit. Si quis dixerit Spiritum Sanctum facturam.aiil per Filium factum, anatliema sit. Si quis non dixerit, omnia per Filium et Spiritum Sanctum, Patrem fecisse, id est, visibilia et invisibiiia, anatliema sit. Si quis non dixerit, Patris et Filii et Spiritus Sancti unam divinitatem , uiajeslateui , potentiam nnam gloriam, dominalionem, unum regnum alque unam voluntafem ac veri- ^tem, auatliema sit. Si quis ..on dixerit, Spiritum Sanctum adorandum aboinni creatura, sicut et Filium et Patrem, anatliema sit. Pro/essio Jidei. Labbe, (am. ir, col. 900 et 9ùl. — (3) Bœc est ergo salus cliiisijanorum , ut credentes Trinitati, id est Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et in eam baptizati, veram solamque unam divinitatem, potentiam, majestatem, et siibstanliam ejus sioi dubio credamus. Ibidem.

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bienheureuse Trinité , nous vous invoquons , nous vous louons , nous vous adorons! Te invocainus, le laudamus, te adLramus, o beata Trinitas!

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