‹ Théologie dogmatiqueChapitre 41 sur 135 · IX. « Si quelqu'un dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été · texte numérisé non relu

IX. « Si quelqu'un dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été

• glorifié par le Saint-Esprit, comme ayant reçu de lui une puis-

• sance étrai)gère pour agir contre les esprits immondes et opérer « des miracles sur les hommes, et ne confesse pas que l'esprit par « lequel il les opérait lui était propre , qu'il soit anathème.

X. « Les divines Écritures nous apprennent que Jésus-Christ a « été fait le pontife et l'apôtre de notre foi, et qu'il s'est offert « pour nous à Dieu le Père en odeur de suavité. Donc, si quel-

• qu'un dit que notre pontife et notre apôtre n'est pas le Verbe de «' Dieu lui-même, depuis qu'il s'est fait chair et homme comme « nous, mais un homme né d'une femme, comme si c'était un ■ autre que lui; ou si quelqu'un dit qu'il a ofiert le sacrifice pou? « lui-même , au lieu de dire qu'il ne l'a offert que pour nous, « n'ayant pas besoin de sacrifice , lui qui ne connaissait point le « péché , qu'il soit anathème.

XI. « Si quelqu'un ne confesse pas que la chair du Seigneur « est vivifiante et propre au Verbe même qui procède de Dieu le « Père, mais l'attribue à un autre qui lui soit conjoint selon la « dignité, et en qui la divinité habite seulement , au lieu de dire « qu'elle est vivifiante parce qu'elle est propre au Verbe, qui peut « vivifier toutes choses, qu'il soit anathème.

XII. « Si quelqu'un ne confesse pas que le Verbe de Dieu a « souffert selon la chair, qu'il a été crucifié selon la chair, et qu'il « est le premier-né d'entre les morts, en tant qu'il est vie et vivi- « fiant comme Dieu, qu'il soit anathème (l)... »

364. Ces douze anathèmes , qui répondent à autant de propositions hérétiques avancées par Nestorius , expriment bien clairement, de l'aveu de tous, le dogme catholique touchant le mystère de l'Incarnation, c'est-à-dire, l'unité de la personne du Verbe avec la nature divine et la nature humaine dans Notie-Seigneur Jésus- Christ.

365. Cependant, quelque temps après le concile d'Éphèse, moine Eutychès, à la différence de iNestorius qui di\ isait la perso de Jésus-Christ, entrepiH de confondre les deux natures. Mais doctrine, qui n'était pas moins nouvelle que celle des nestoriens, aussitôt condamnée par le concile œcuménique de Chalcédoine

(1) Voyez le texte de ces anathèmes dans les actes du concile d'Ëplièee i" partie, chapitre xxvi — Lnhbe, tom. îii, col. 408.

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451, dont voici le décret: « Conformément à l'enseignement des « saints Pères, nous déclarons d'une voix unanime que l'on doit « confesser un seul et même Jésus-Gluist, Notre-Seigneur ; le même « parfait dans la divinité et parfait dans l'iiumanité; vrai Dieu et «• vrai homme , étant, comme homme, composé d'une âme raison- « nable et d'un corps; consubstaûtiel au Père selon la divinité, « consubstantiel à nous selon l'humanité; en tout semblable à nous, « hormis le péché ; engendré du Père avant les siècles selon la di- « vinité; le même, né dans ces derniers temps, selon l'humanité, « de la Vierge Marie, mère de Dieu, pour nous et pour notre salut; « un seul et même Christ, Fils unique, Seigneur en deux natures, « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation, « sans que l'union ôte la différence des natures, l'une et l'autre j> conservant sa propriété, et concourant en une seule personne et « subsistance; en sorte qu'il n'est point partagé ou divisé en deux « personnes, mais que c'est un seui et même Fils unique, Dieu le ■ Verbe, Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme les prophètes et « Notre-Seigneur lui-même nous l'ont enseigné, comme le syra- « bole des Pères nous l'a transmis (l). » A la lecture de cette définition de foi, tous les évêques s'écwèrent : C'est la foi des Pères , c'est la foi des apôtres; nous la suivons tous, et nous pensons tous comme eux : Hœcfides Patrum, hœc Jidei^ aposiolorum ; huic omnes consentimus, ita sapimus (2).

366. En effet , indépendamment des témoignages que nous avons rapportés dans le paragraphe précédent, nous lisons dans le symbole de Nicée et celui de Constantinople , qui ont été rédigés, le premier en 325, et le second en 381, qu'il n'y a « qu'un

(1) Sequentes s&nctos Patres, unum eiimdemque confiteri Filitim et Dominum nostrum Jesjim Cliristum consonanter omnes docenius , eumdem peifectum in deitate, et eumdem perfectum in liiimanitate, Deiim verum et liominem verum eumdem ex anima rationali et corpore, consul)Stantialem Patri secundum deitatem, consubstantia.eœ nobis eumdem secundum Inimanitatera, per oninia nobis similem absque peccato : ante saecula quidem de Pâtre genitum secundum deitatem, in novissimis autem diebiis eumdem propter nos et propter nostrain salutem ex Maria Virgine Dei génitrice secundum humanitatem, unum eumdemque Christum, Filium , Dominum, unigenitum , in duabus naturis inconfuse, imn.dtaliiiiter , indivise, inseparabiliter agnoscendiim ; nusqiiam sublata differentià <iatiirariim projttcr unionem, magisque salva proprietate utriusqud \iaturae, et in unam personam atque subsistentiam corcurrenfe : non in duas I^TSonas paitituin aul divisum , sed unum eumdenique Filium et unigeuituni Deum Verbum, Dominum Jesuiri Christum, sicut ante pro|)iielie de eo, et ipse nos Jésus Ciiristus erudivil, et patrum nobis sya)bolura tradidit. Act. tî — Labbe, tom. iv, col. 5C8 —(2; ibidem.

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'< seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant « tous les siècles , Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de " vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui « toutes choses ont été faites ; qui est descendu du ciel pour nous " et pour notre salut ; qui s'est incarné dans le sein de la Vierge « Marie-, et qui s'est fait homme; qui a été crucifié pour nous, a « souffert sous Ponce Pilate, et a été enseveli (l). » Voilà doue un seul et même Seigneur, un seul et même Christ, qui est tout à la fois Fils unique de Dieu et Fils de l'homme, vrai Dieu et vrai homme, né de Dieu le Père de toute éternité, et né, dans le temps, de la Vierge Marie, dans le sein de laquelle il s'est incarné ^ar l'opération du Saint-Esprit, et s'est fait hoinme. On trouve ici clairement exprimée l'unité de personne avec la nature divine et la nature humaine. « C'est cette unité de personne, ajoute le pape « saint Léon dans sa lettre à Flavien , qui fait dire que le Fils de « l'homme, né de la Vierge Marie, est descendu du ciel , et que le n Fils de Dieu a été crucifié et enseveli, comme il est dit dans le " s^^mbole; quoiqu'il ne l'ait été que dans la nature humaine , et < non quant à la divinité, selon laquelle il est éternel et eon- " substantiel au Père (2). »

367. Nous pourrions citer encore le concile d'Alexandrie de l'an 362 (3), et celui d'Antioche de l'an 264 (4). Qu'il nous suffise, en terminant cet article, de faire une observation. Il est constant, de l'aveu de tous , qu'au cinquième et même au quatrième siècle, toutes les Églises, celles de l'Orient comme celles de l'Occident , professaient le dogme de l'Incarnation , tel que le professent aujourd'hui tous les catholiques : les quatre premiers conciles œcuméniques en font foi. Or, cet accord, ce concert entre les différentes Églises dispersées dans l'univers, prouve jusqu'à l'évidence que le dogme qui en est l'objet remonte jusqu'aux apôtres, jusqu'à Jésus- Christ même. Plus ce mystère est grand, plus il est incompréhensible, plus aussi l'on conçoit l'impossibilité pour l'homme de l'avoir

(1; Voyez le symbole de Nicée, Labbe, tom. n, col. 27, et celui de Constanifnople, ibidem, col. 952. — (2) Propter hanc unitatem personaein utraque natura inteiligendam , et Filius liominis legitur descendisse de cœlo , cum Filius Dei carneni de ea Virgine, dequa estnatus, assiimpserit. Et rursus : Filius Dei cnicifixus dicitur ac sepuitus, ciim hoc non in divinitate ipsa, qiia iinigenitiis consempiternus et consubstantiaiis est Patri , sed in naliirae hiimanae sit infirniitate perpessus. Unde unigenitum Filium Dei cnicifixum et sepultum , omne« eliani in syrabolo confitemur. Labbe, tom. iv, col. 2.S2. — (3) Labbe, tom. u, col. 816. — (4) Ibidem, tom. i, col. 846 et 847.

DE l'iISCABNATION. 2£T

inventé, et de l'avoir fait recevoir par tous les eliri'tiens sans réeianriation. Il ne s'agit pas d'un mystère indifférent pour les fidèles ; c'est un de nos premiers et principaux mystères, un mystère d'une foi pratique pour tous, même pour les moins instruits en matière de religion, le mystère sur lequel repose toute l'économie du christianisme, du salut du genre humain. Si donc l'Église universelle s'est soulevée contre la doctrine de Nestorius, quoique cette doctrine, en détruisant le mystère de l'Incarnation, ne laisse plus subsister aucune difficulté philosophique, comment concevoir que l'Église ait non-seulement gardé le silence, mais adopté comme un dogme fondamental l'union hypostatique et mystérieuse du Verbe avec la nature humaine, à moins qu'il n'ait été constant, dans les quatre premiers siècles , que ce dogme venait, par tradition, des apôtres et de Jésus-Christ; de celui qui, ayant prouvé la divinité de sa mission par ses œuvres , s'est donné comme le Verbe fait chair ^ comme Fils de Dieu et Fils de U homme, comme ayant, sans cesser d'être un , \n forme ou la nature de Dieu , et , eu même temps, ]a forme ou la nature de l'homme ; comme étant égal à Dieu le Père en tout, et semblable à nous en toutes choses, hormis le péché.

368. Nous confesserons donc, avec les apôtres et les chrétiens de tous les temps, que « Jésus-Christ Notre-Seigneur, le même qui est « le Fils unique de Dieu le Père, a été conçu du Saint-Esprit, est né « de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, « est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers , est ressuscité " d'entre les morts le troisième jour, est monté aux cieux, est « assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant; d'où il viendra « juger les vivants et les morts (l). » Nous confesserons, avec les Pères du quatrième concile général de Latran , que « le Fils uni- « que de Dieu s'est incarné ; qu'il a été conçu de la sainte Vierge « Marie par l'opération du Saint-Esprit; qu'il s'est fait véritable- « ment homme , ayant pris une âme raisonnable et un corps hu- K main, étant une seule personne en deux natures; immortel et » impassible selon la divinité , passible et mortel selon l'huma- « nité (2). » Nous confesserons, en un mot, l'unité de la personne

(1) Symbole des apôtres. — (2) Unigenitus Dei Filius Jesns cliristus a tota Trinitate cotnmuniter incarnatns, ex Maria semper Viigine Spiritiis Saucli cooperatione conceptiis, verus liomo factus, ex anima rationali et ir.imana carne compositus, una in diiabiis nutnris persona.... Qui cuin secuiuiiim divinitatem sit immortaliset impassibilis, idem ipse seciindiim hiimanitatem factnsest pas* sibilis et mortalis. Capit. i

958 DE l'incarnation.

du Verbe et la distinction de deux natures . la nature divine et in nature humaine, en Jésus-Christ.

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