‹ Théologie dogmatiqueChapitre 85 sur 135 · Le catéchisme du concile de Trente, exposant les mer · texte numérisé non relu

Le catéchisme du concile de Trente, exposant les mer

(1) Vo\rz ce que iiouG avons dit dans la Théologie morale, tom. ii, n' 179, etc. — (2) Voyez la Théologie morale, ibidem, n° 185 — (3) Saint Jean, c. vr, v. 55, etc.

512 nK LECCHABISTIE.

veilleux effets du tres-saint sficrement de l'eucharistie, s'exprime în ces termes : « Ce que le pain et le vin produisent pour le corps,

• ce sacrement le produit, d'une manière infiniment plus parfaite, < pour le bien et le salut de l'âme. Ici ce n'est pas le sacrem^ent '• qui se change en notre substance, comme le pain et le vin se « cnangent en la substance du corps ; c'est nous-mêmes, au con- « traire, qui sommes comme changés en la nature du sacrement- " en sorte qu'on peut très-bien appliquer ici ces paroles que saint « Augustin met dans la bouche de Notre-Seigneur : Je suis la « nourriture des hommes faits; croissez , et vous mangerez en- " suite. Et vous ne me changerez point en vous, comme il arrive " à la nourriture de votre corps , vtais c'est vous qui vous change-

• rez en moi. Que si la grâce et la vérité ont été apportées par « Jésus- Christ , il faut nécessairement qu'elle se répande dans « l'àme de celui qui reçoit ce sacrement avec un cœur pur et inn nocent; car Notre-Seigneur a dit : Celui qui mange ma chair et « boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Quiconque par- « ticipe à l'eucharistie avec foi et piétié , en recevant en lui le Fils « de Dieu, se trouve uni à son corps comme membre vivant. Celui « qni me mange , dit le Sauveur, vivra pour moi; le pain que je « donnerai est ma chair pour la vie du monde. Sur quoi saint « Cyrille a fait cette remarque : Le Verbe de Dieu, en s'unissant à « sa propre chair, l'a rendue vivifiante. Il était donc convenable « qu'il s'unît à notre corps d'une manière admirable par sa chair « sacrée et par son sang précieux, qu'il nous donne sous les es- « pèces du pain et du vin, pour nous sanctifier et nous donner « la vie.

792.» Mais en disant que l'eucharistie donne la grâce, que les pas- « teurs fassent bien entendre aux fidèles que, pour participer aux « fruits de ce sacrement, il est nécessaire de posséder déjà la grâce « (sanctifiante : la nourriture naturelle est inutile aux corps qui ne « vivent pas ; il est pareillement incontestable que les mystères sa- ^ crés ne produisent aucun fruit dans celui qui n"a pas la vie spiri- «1 tuelle. L'eucharistie a été instituée sous la forme du pain et du vin,

• parce qu'elle était destinée à conserver la vie de l'àme, et non pas « à la faire recouvrer. On dit donc que l'eucharistie donne la grâce, « parce que la première grâce même, nécessaire à tous ceux qui ■ veulent rece\oir ce sacrement sans manger et sans boire leur « condamnation en le recevant , ne se donne qu'à ceux qui ont le ( désir et le vœu d'y participer, car elle est la fin de tous les sacre- « ments, le symbole de l'unité et de l'union de tous les membres

DE l/llUCHARÏSTIE. 515

n de l'Église, hors de laquelle personne ne peut obtenir la grâce ou « salut. D'un autre côté , la nourriture naturelle n'est pas destinée « seulement à la conservation du corps , mais encore à son accrois- « sèment, et même à ses jouissances et à ses plaisirs. De même, la « nourriture eucharistique non-seulement soutient l'âme, mais la « fortifie, et lui donne plus de goût pour les choses spirituelles. « C'est donc encore avec raison que nous avons dit que ce sacre- •< ment donne la grâce, et qu'on le compare à la manne, qui renfer- « mait tout ce qui peut flatter les sens.

793. « On ne peut douter non plus que i eucnaristie n'ait la « propriété de remettre les péchés légers qu'on nomme péchés vé- « niels. Tout ce que l'âme , entraînée par l'ardeur de la concupis- « cence , a perdu de la vie de la grâce en commettant des fautes « légères, ce sacrement le répare en effaçant ces fautes : ainsi, pour « nous servir toujours de notre comparaison, la nourriture corpo- « relie répare insensiblement ce que nous perdons tous les jours « par l'effet de la transpiration 5 ce qui a fait dire si justement à « saint Ambroise, que ce pain de chaque jour est un remède aux « infirmités de chaque jour. Mais il ne faut entendre ceci que des « péchés pour lesquels on n'a plus d'affection.

794. « C'est encore une des propriétés de l'eucharistie, de nous « préserver du crime, de nous conserver dans l'innocence, de nous « fortifier contre les tentations , et de servir à notre âme comme « d'un antidote divin qui l'empêche d'être infectée et corrompue « par le venin mortel des passions. Dans les premiers temps de « l'Église, au rapport de saint Cyprien , lorsque les fidèles étaient ■< condamnés par les tyrans aux supplices de la mort pour avoir - confessé la foi de Jésus-Christ , les évêques avaient coutume de « leur donner le sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur, '< de peur que, vaincus par la force des tourments, ils ne succom- '< basscnt dans ce combat du salut.

795. «L'eucharistie réprime et modère aussi l'ardeur des pas- « sions : puisqu'elle embrase les cœurs du feu de la charité , il est « nécessaire qu'elle amortisse en même temps le feu de la conçu- « piscence. Enfin , nous pouvons renfermer en un seul mot 1er <^ fruits infinis de l'eucharistie , en disant qu'elle contribue puis- « samment à nous faire mériter la gloire éternelle. Car il est écrit r « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle , « et je le ressusciterai au dernier jour. En effet, par ce sacrement « les fidèles jouissent d'abord en cette vie de la paix et de la tran- « quillité de conscience la plus grande : puis, lorsqu'il faut mourir^

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« ils s'élèvent à la gloire et à la béatitude éternelle, semblables à « Élie , qui, fortifié par un pain cuit sous la cendre , alla jusqu'à « la montagne d'Horeb (l). »

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