‹ Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs (volume 2)Chapitre 66 sur 125 · Enfin, la fréquentation des sacrements de Pénitence et · texte numérisé non relu

Enfin, la fréquentation des sacrements de Pénitence et

(1) s. Alphonse, Praxis àonfessarii, n" 146. — Voyez aussi l'Introduction à la Vie dévote, par S. François de Sales, part, m, ch. 263. — (2) S. Alphonse, ibidem.

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ti Eucharistie est nécessaire pour avancer et se soutenir dans la piété. Pour ce qui regarde la confession des personnes pieuses, nous ferons remarquer, 1° que si une personne ne se confesse que de fautes vénielles , sans douleur de les avoir commises et sans propos de s'en corriger, elle ne peut recevoir le sacrement. L'absolution serait nulle et même sacrilège, si le pénitent s'apercevait qu'il manque de contrition , ou si , tout en croyant avoir la contrition, il ne l'avait pas , par suite d'une négligence mortelle. Il n'en serait pas de même s'il se confesse , avec les dispositions requises, d'une des fautes vénielles qu'il a commises ; car un péché véniel pouvant être remis sans que les autres le soient, offre alors une matière suffisante au sacrement. 2" Que le confesseur ne doit pas généralement s'inquiéter au sujet de la contrition d'une personne qui fréquente les sacrements et n'accuse que des péchés véniels, si d'ailleurs il la croit vraiment pieuse. 3° Que quand les personnes qui vivent dans une continuelle crainte de Dieu se plaignent de n'avoir pas de contrition , cela ne vient que de ce qu'elles voudraient sentir la contrition, et c'est une marque i^surée qu'elles l'ont en effet. 4^ Que si le pénitent qui ne s'accuse habituellement que de fautes légères montre une affection volontaire et bien prononcée pour un péché véniel , ce qui peut ;;e reconnaître par les fréquentes rechutes dans le même péché, il est à propos de lui différer quelque temps l'absolution, lorsqu'il s'agit d'une faute notable parmi les fautes vénielles, ou même de toute autre faute, si on a d'ailleurs lieu de croire que le délai de l'absolution sera utile au pénitent. 5° Que si une personne qui se confesse fréquemment , une ou deux fois par semaine , n'accuse que de simples imperfections ou des fautes douteuses, le confesseur n'est pas obligé de se tourmenter pour trouver une matière certaine , afin de pouvoir lui donner l'absolution ; car il n'est pas nécessaire de l'absoudre pour l'envoyer à la sainte table. Au leste, dans le doute s'il y a matière sacramentelle ou non dans la confession , le confesseur peut se procurer une matière certaine , en faisant déclarer au pénitent une faute passée mortelle ou vénielle. 6° Qu'il est de la prudence du confesseur d'avertir les personnes de piété de s'accuser toujours de quelques péchés de leur vie passée , en ter«iinant ainsi chaque confession . Je m'accuse de nouveau des péchés dont je me suis rendu coupable contre la charité , ou contre la chasteté , ou contre telle ou telle vertu. Il n'est pas nécessaire d'entrer dans le détail. Il est bon aussi de les avertir de se rappeler, d'une manière générale, les principales

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lautes qu'elles ont eu à se reprocher autrefois, lorsqu'elles se prépareront pour la confession , afin de pouvoir , par ce moyen , s'exciter plus facilement à la contrition. 7° Que le confesseur doit tendre à abréger les confessions des personnes pieuses sur les points dont le détail ne conduit à rien, en les amenant, autant qu'il est en lui, à ne dire que ce qui est nécessaire ou utile. Le confesseur lui-même doit être court, surtout avec les personnes de différent sexe.

596, Quant à la sainte communion , elle sera plus ou moins fréquente, suivant les dispositions plus ou moins parfaites du pénitent. Il faut être plus parfait pour communier tous les jours ou à peu près tous les jours , que pour communier une fois par semaine (l). Toutefois, il n'est pas nécessaire , pour communier tous les jours ou à peu près tous les jours, d'être exempt d'imperfections. Si cela était, quel est le prêtre qui osât dire la messe tous les jours? Il suffit de faire habituellement l'oraison mentale, de désirer d'avancer dans l'amour de Dieu , et d'être détaché de toute affection au péché véniel ; ce qui a lieu lorsqu'on ne commet aucun péché, quelque léger qu'il soit, de propos délibéré. Il n'est pas nécessaire non plus , pour communier aussi fréquemment, d'éprouver, une dévotion sensible, ni pendant, ni même après la communion. « Licet tepide, dit saint Bonaventure, tamen « confidens de misericordia Dei fiducialiter accédas ; quia qui se in- « dignum reputat , cogitet quod tanto magis eget medico , quanto « senserit se œgrotum ; neque ideo quseris te jungere Christo , ut « tu eum sanctifiées, sed ut tu sanctificeris ab illo. >» Puis il ajoute : « Neque praetermittenda est sancta communio , si quandoque non « sentit homo specialem devotionem , cum se ad illam prœparare « studeat, vel in ipsa perceptione vel post forte minus devotus se «sentit quam vellet (2). » Nous lisons aussi dans V [ntroduction à la vie dévote, par saint François de Sales : « Si on vous demande " pourquoi vous communiez si souvent , dites que deux sortes de « personnes ont besoin de communier souvent , les parfaits et les "■ imparfaits : les parfaits , afin de se conserver dans la perfection , « et les imparfaits , afin de pouvoir justement prétendre à la per- « fection ; les forts , afin qu'ils ne deviennent pas faibles , et les fai- « blés, afin qu'ils deviennent forts; les malades, afin d'être guéris; « et les sains, afin de ne pas devenir malades. Pour vous, comme « étant imparfaite , inférieure et faible , vous avez besoin de com- « munier souvent. Dites que ceux qui ne sont point engagés dans

(I) Voyez ci-dessus, les n"» 254, 255. — (2) DeProfectu leligios. cap. 78.

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n ies Affaires du monde doivent communier souvent, parce qu'ils « en ont ia facilité , et ceux qui ont des affaires , parce qu'ils ont « besoin de la communion. » Cependant , si le confesseur s'aperçoit que le pénitent ne profite pas de la fréquente communion, qu'il ne se corrige pas des fautes vénielles , qu'il s'y laisse aller volontairement et de propos délibéré , il faudrait lui restreindre l'usage de la communion, ne fût-ce que pour le rendre plus vigilant, et ranimer en lui la crainte de Dieu. Il en serait autrement, si , ne retombant que par fragilité, il s'humiliait à la vue de son indignité, et désirait de puiser dans la communion les forces dont il a besoin pour se vaincre et se corriger de ses imperfections (1).

597. Ce que nous avons dit des personnes avancées dans la piété et la perfection chrétienne s'applique , généralement , à la direction des personnes de l'un et de l'autre sexe qui ont embrassé la vie religieuse, de celles qui se sont consacrées à Dieu pour soigner les malades ou suivre l'éducation de la jeunesse, ainsi qu'à la direction des ecclésiastiques qui sont appelés à un plus haut degré de sainteté que les simples fidèles. Aussi le prêtre qui est désigné pour entendre la confession des religieuses doit se bien pénétrer de l'esprit de leurs règles, afin de les faire observer en tout. Il lui faut de plus une étude , une connaissance particulière de la vie monastique ou religieuse. 11 est nécessaire aussi que celui qui confesse et dirige quelques ecclésiastiques soit pénétré lui-même de la sainteté que le Seigneur exige de ses ministres. En tout cas , ce confesseur n'oubliera pas qu'il doit tout peser au poids du sanctuaire , et qu'il ne peut , quand il s'agit du refus ou du délai de l'absolution , s'écarter des règles que nous avons exposées plus haut.

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