TRAITE DU SACREMENT DE L'ORDRE
638. « Si on fait attention à la nature et au caractère des autres « sacrements , on voit aisément qu'ils dépendent tous en quelque « sorte du sacrement de l'Ordre; puisque sans l'Ordre les uns ne '< peuvent être administrés, et que les autres ne peuvent l'être avec f< les cérémonies et les rites de l'Église. C'est pourquoi il est néces- « s aire que les curés , en traitant la matière des sacrements , expli- « quent avec un soin plus particulier ce qui regarde le sacrement de «c l'Ordre. Cette explication leur sera très-utile à eux-mêmes, aux « autres clercs , et au peuple : à eux-mêmes , parce qu'en traitant « cette matière , Ils seront plus portés à ranimer en eux la grâce « qu'ils ont reçue dans ce sacrement ; aux autres ecclésiastiques, « appelés comme eux à l'héritage de Seigneur, parce qu'ils se sen- « liront animés du même zèle , et qu'en acquérant la connaissance « des choses concernant leur vocation , ils pourront plus facilement « s'élever aux autres degrés de l'Ordination ; aux simples fidèles « enfin , d'abord , parce qu'ils comprendront combien les ministres « de l'Église sont dignes d'être honorés; et ensuite, parce qu'ils « seront souvent entendus ou par des parents qui destineront leurs « enfants au ministère sacré , ou par des jeunes gens qui embrasse- « ront spontanément l'état ecclésiastique , quand ils le connaîtront « suffisamment (l). « Cependant, que de paroisses où les fidèles ignorent complètement ce que c'est qu'un lévite, un prêtre, un évêque ! Ne serait-ce pas là une des causes du petit nombre de fidèles qui aspirent au sacerdoce , et du peu de considération qu'on a pour le prêtre, pour le ministre de la religion?