DE L OllDlŒ
« in verbo^ m conversatione, in charitate, \n fide, in castitate (1). « LTn prêtre, dont la vie serait ou passerait pour être scandaleuse, aérait un fléau pour une paroisse : celui qui, sans être scandaleux, a prendre ce mot dans sa signification rigoureuse, n'édifie pas, est au moins inutile; c'est l'arbre qui ne produit ni de bons ni de mauvais fruits : il doit être arraché. Mais le prêtre qui édifie par sa piété, par sa douceur, par son humilité, sa patience, sa modestie, sa charité, par son désintéressement, son amour pour les pauvres; celui qui prêche d'exemple le détachement des biens de ce monde, la fuite des plaisirs et de l'oisiveté, l'obéissance, le respect pour la réputation du prochain, le pardon des injures ; celui qui se montre en tout comme ministre de Jésus-Christ, comme l'homme de Dieu ; le bon curé, en un mot, oh ! celui-là est un trésor pour un peuple ; il passera, mais c'est en faisant le bien ; et son nom, demeurant en vénération dans sa paroisse, sera une bénédiction pour les générations futures.
735. Nous ajouterons qu'un curé doit aimer ses paroissiens comme un bon père aime ses enfants ; il doit les aimer pour Dieu et à cause de Dieu, et non pour lui-même, non par intérêt; il doit les aimer malgré les peines, les ennuis, les tribulations, l'ingratitude qu'il éprouve dans sa paroisse ; « Ego autem libentissime im- « pendam, et superimpendar ipse pro animabus vestris; licet plus «t vos diligens, minus diligar (2). » Il doit les aimer tous, sans acception de personnes, les petits comme les grands, les pauvres comme les riches, pleurant avec ceux qui pleurent, se réjouissant avec ceux qui sont dans la joie, compatissant aux infirmités spirituelles ou corporelles de ceux qui sont faibles, se faisant tout à tous, bien moins pour se gagner à lui-même tous les cœurs, que pour les gagner à Jésus-Christ. Le bon curé, celui qui aime sincèrem.ent ses paroissiens, s'il éprouve du désagrément, de la contradiction, en fera part à son évêque et à ceux qui peuvent l'aider de leurs conseils; mais il ne s'en plaindra pas : se croyant heureux de souffrir pour la justice, il fera du bien à ceux qui le haïssent, bénira ceux qui le maudissent, priera pour ceux qui le persécutent ou qui le calomnient. Non, on ne l'entendra jamais dire du mal, ni de sa paroisse en général, ni de ceux dont la conduite l'afflige, ni même de ses ennemis ; et, si on lui en parle, il saura les excuser, en disant d'eux le bien qu'il en sait, comme un père excuse ses enfants. La charité du bon prêtre est forte, plus
(!) I. Timolb. c. 12. — (2) II. Corinth. c. 12. v J5.
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torte ciuc la mort; ofi peut le tuer; le vaincre, jamais . Sacerdos occidi jjotest, non vinci, dit saint Gyprien.
736. Nous l'avons dit : un curé doit aimer ses paroissiens pour Dieu ; et c'est parce qu'il doit les aimer pour Dieu et non pour luimême, qu'il n'hésitera pas, amovible ou non, à s'en séparei% et à faire le sacrifice de son affection, si son évêque l'appelle dans une autre paroisse pour le plus grand bien. Au reste, un évéque ne fait rien arbitrairement, il connaît l'esprit de l'Église et de ses règlements ; et un succursaliste, un desservant, qui est tout à la fois vertueux, instruit et prudent, probus, doctus et prudens^ devient inamovible défait : l'évêque ne le retire point malgré lui d'une paroisse où il fait le bien. Non, il ne suffit pas d'être accusé, pour être jugé coupable par un évêque ; et ce n'est point par la calomnie qu'on obtiendra de lui le changement d'un prêtre. D'ailleurs, un évêque sait compatir aux infirmités et aux besoins de ses diocésains, de ses coopérateurs par conséquent ; Non hahemus pontific€7n qui non possit compati infirmitatibus nosiris; il n'a recours à son autorité que lorsqu'il y est obligé pour le salut des âmes, ou pour prévenir le scandale, ou pour sauver le prêtre et le sacerdoce.
Quand un curé ou un desservant ne peut plus, au jugement de l'évêque, remplir ses fonctions, il est obligé, en conscience, ou de donner sa démission, ou d'accepter un vicaire, ou, au moins, de se faire aider, si l'Ordinaire le juge convenable, par ceux de ses confrères qui pourront s'occuper de sa paroisse (l).
(1 ) Concil. Trident, sess. vi, de Reformatione, cap. 2 ; sess. \xi, de Refcnn-i-
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