CHAPITRE VJ
Des Cérémonies de la Confirmation,
156. On doit, autant que possible, administrer la Confirmation à l'église (2). Les confirmands y étant arrivés, on leur recommande de n'en pas sortir avant que la cérémonie soit terminée. On les fait ranger en ligne sur la longucm* de l'église, en mettant les hommes du côté de l'Evangile et ks femmes du côté de l'Epitre. Quand la première ligne des hommes a reçu l'onction , on la fait passer derrière les autres lignes, pendant que la première ligne des femmes reçoit la Confiraiation , et ainsi successivement. 11 convient de suivre cet ordre dans toutes les églises où il est possible de le faire , à moins que l'évèque ne juge à propos de confirmer les fidèles à la table de la communion , ou de les faire venir près de lui , demeurant assis sur son fauteuil. Ils doivent èlic à genoux tandis qu'on leur fait l'onction, ainsi que pendant la récitation des prières qui précèdent et suivent inmiédiatement la Confirmation.
L'évèque, revêtu d'un rochet, d'une étole et d'une chape de couleur blanche , ayant la mitre et la crosse , se tourne vers le peuple , et donne des a\ is aux confirmands. Puis , ayant déposé la mitre et la crosse, il commence la cérémonie, en invoquant le Saint-Esprit par les prières suiNantes (3) :
« Spiritus Sanctus supervcuiat in vos, et Nirtus .\ltissirai custodiat
(I) Voyez ce que nous avons dit, au n" il , de ceux (ju'on doit ('loiguor des sacremcnls.— (2) Voyez, ci-dessus, le n" 1 13. —(3) Les curés «levant expliquer à leurs paroissiens les prières et les cérémonies de la Cunni niation, nous les rapportons ici eo faveur de ceux qui n'ont i>a8 le ponlilical romain.
« VOS a peccatis. Resp. Amen. — Adjutorium nostrum in nomine « Domini. R. Qui fecit cœlum et terram. — Domine, exaiidi ora- «tionem meam. i?. Et clamor meus ad te veniat. — Dominus vo- « biscum. R. Et cum spiritu tuo. »
157. Étendant les mains vers les confa-mands, le pontife continue :
« Oremus. Omnipotens sempiterne Deus, qui regenerare digna- « tus es hos famulos tuos ex aqua et Spiritu sancto ; quique dedisti « eis remissionem omnium peccatorum , emitte in aos septiformem « Spiritum tuum sanctum paracletum de cœlis. R. Amen. — Spiritum « sapientiœ et intellectus. R. Amen. — Spiritum consilii et fortitu- « dinis. R. Amen. — Spiritum scientiœ etpietatis. R. Amen — Adimple « eos spiritu timoris tui, et consigna eos signo crucis Clmsti , in vic tam propitiatus seternam. Per eumdem Dominum nostrum Jesum « Christum filium tuum, quitecumvivitet régnât in uni tateejusdem « Spiritus sancti Deus, per omnia sœcula sœcuîorum. R. Amen. »
Cetteprièreest appelée, par les Pères, oratio invitans, advocans Spiritum sanctum. Il faut avertir les fidèles de se recueillir pendant cette prière, et de s'unir au pontife, en demandant à l'Esprit- Saint de descendre en eux avec la plénitude de ses dons. L'imposition des mains de l'évêque , qui accompagne l'invocation , est une cérémonie mystérieuse qui exprime tout à la fois notre affranchissement complet de l'esclavage du démon , et la puissante protection de Dieu à l'égard de ceux qui s'enrôlent dans la milice sainte.
158. Après cette cérémonie préparatoire, l'évêque prend du saint chrême avec l'extrémité de son pouce de la main droite , et , appelant le confirmand par son nom de baptême, il lui fait l'onction sur le front en forme de croix, en disant : « Signo te signo f Crucis, « etconfirmo te chrismate salutis. In nomine f Patris , etf Filii, « et f Spiritus sancti. R. Amen, v L'onction se fait sur le front en forme de croix , pour nous avertir de ne point rougir de la croix de Jésus-Christ, et de nous armer d'une sainte hardiesse contre tout ce qui pourrait nous détourner de son service. L'onction étant faite, l'évêque donne un petit soufflet au confirmé, pour lui rappeler qu'étant parfait chrétien, il doit être prêt à souffrir toutes sortes de mépris , d'outrages et d'humiliations pour le nom de Jésus-Christ. Il lui dit en même temps : La paix soit avec vous, Pax tecum , pour lui faire entendre que l'on ne conserve la paix que par la patience. Nous avons expliqué plus haut ce qui regarde le saint chrême (l).
(1) Voyoz, ci-dessus, le n" 132, etc.
Autrefois, c'était l'usage de ceindre le front du confirmé d'un bandeau qu'il conservait plusieurs jours; cette pratique, en témoignant le respect qui est dû au saint chrême , annonçait aux fidèles le soin avec lequel ils doivent conserver la grâce de la Confirmation. Aujourd'hui, on ne se sert plus de bandeau, du moins dans la plupart des diocèses de France : un prêtre essuie, immédiatement après l'onction, le front des confirmés, avec du coton. Les curés avertiront leurs paroissiens de ne point toucher leur front, de n'y pas porter la main, de ne pas faire le signe de la croix, avant qu'ils aient été essuyés.
159. Ensuite, tandis que l'évéque s'essuie les mains, ceux qui l'assistent chantent ou récitent l'antienne : « Confirma hoc, Deus, " quod operatus es in uobis a templo tuo quod est in Jérusalem. « Gloria Patri, etc. » Après quoi le pontife, tourné vers l'autel, fait la prière suivante :
'< Ostende nobis, Domine, misericordiam tuam. R. Et salutarc " tuum da nobis. — Domine, exaudi orationem meam. 7?. Et cla- " mor meus ad te veniat. — Dominus vobiscum. /?. Et cum spiritu " tuo. »
« Oremus. Deus qui Apostolis tuis sanctum dedisti Spiritum, et « per eos corumque successores cœteris fidelibus tradcndum esse « voluisti, respice propitius ad humilitatis nostrae famulatum ; et «« prœsta, ut eorum corda, quorum frontes sacro chrismate delinin vimus, et signo sanctœ cruels signavimus, idem Spiritus in eis " superveniens , templum gloriœ suœ dignanter inhabitando perfi- •' ciat. Qui cum Pâtre et eodem Spiritu sancto vivis et régnas, " Deus, in sœcula sœculorum. 7^ Amen. »
« Ecce sic benedicetur omnis homo qui timctDominum. » Et, se tournant vers les confirmés, il les bénit en faisant le signe de la croix sur eux : « Benedicat f vos Dominus ex Sion , ut videalis '« bona Jérusalem omnibus diebus vitae vestrœ, et habeatis vitam « œternam. /?. Amen. »
La cérémonie de la Confirmation étant achevée , le pontifical prescrit à l'éN êque d'avertir les parrains et marraines des obligations qu'ils ont contractées envers leurs filleuls et filleules , et particulièrement de l'obligation de leur apprendre le Symbole des apôties, l'Oraison dominicale et la Salutation angéli(iue. D'où est venu l'usage parmi nous de faire réciter aux confirmés le Credo, le l'afcr et l'/lre, avant de sortir de l'Église.
Autrefois, on donnait, généralement , des parrains et marraines aux confirmands ; des parrains pour les hommes, et des marraines
pour les femmes. Aujourd'hui, on omet cette cérémonie dans un grand nombre de diocèses ; mais si elle a lieu, on ne doit admettre pour parrains et marraines , ni ceux qui n'ont pas encore été confirmés , ni ceux que les règlements ecclésiastiques excluent de cette fonction. Quiconque ne peut être parrain pour le Baptême, ne peut l'être pour la Confirmation. Le parrain et la marraine contractent, et avec la personne confirmée , et avec ses père et mère , la même affinité que dans le Baptême.
160. Le curé de la paroisse où l'on vient d'administrer la Confirmation aura soin de brûler le coton dont on s'est servi pour essuyer le front des confu-més, et de laver les linges qui seraient empreints de saint chrême. Les cendres du coton seront jetées dans la piscine; on y versera aussi l'eau avec laquelle on aura lavé les linges , ainsi que l'eau et la mie de pain qui auront servi à nettoyer les mains de l'évêque.
Il conviendrait qu'il y eût , dans chaque paroisse, un registre pour la Confirmation , distinct des registres de Baptêmes , de Mariages , et de sépultures. Cela est même prescrit par plusieurs conciles. Cependant, ce registre, quoique vraiment utile, n'est point nécessaire dans les diocèses où les jeunes gens ne sont admis à la Confirmation qu'à l'âge de dix ou douze ans, surtout si on n'y emploie plus de parrains et marraines. Sur ce point , les curés s'en rapporteront à l'usage et aux règlements de leur diocèse.
î 6 1 . De tous les mystères ou sacrements établis par Jésus-Girîst, il u'eii est point , dit le Catéchisme du concile de Trente , qui puisse être comparé à l'auguste sacrement de l'Eucharistie (l). Il est le plus grand, le plus saint de tous les sacrements ; il est comme la fin, le terme auquel se rapportent le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'Extrême-Onction , l'Ordre et le Mariage: « Omnia « alla sacramenta ordinari videntur ad hoc sacramentum sicut ad « finem (2). »
On considère l'Eucharistie comme sacrement et comme sacrifice.