TRAITE DU SACREMENT DE PENITENCE
382. « La faiblesse et la fragilité de la nature humaine sont con- « nues de tous ; chacun en éprouve assez les effets en lui-même , « pour que personne ne puisse ignorer la nécessité du sacrement de « Pénitence. Si donc les curés doivent mesurer sur l'importance de « chaque chose le soin qui est nécessaire pour l'expliquer, il est « clair qu'ils ne pourront jamais en apporter assez pour traiter le « sujet qui nous occupe. Le sacrement de Pénitence demande à être « expliqué encore avec plus de soin que le sacrement de Baptême ; « parce que celui-ci ne s'administre qu'une seule fois et ne peut se « réitérer, au lieu que le sacrement de Pénitence devient nécessaire « et doit se renouveler, toutes les fois qu'on retombe dans le péché « après le Baptême; ce qui a fait dire au concile de Trente que le « sacrement de Pénitence n'est pas moins nécessaire pour le salut « à ceux qui tombent après le Baptême , que le Baptême à ceux qui " n'ont pas encore été régénérés. De là aussi ce mot célèbre de saint « Jérôme , répété par ceux qui ont écrit sur cette matière , que la « Pénitence est la seconde planche du salut. Lorsqu'un vaisseau « échoue , il ne reste pour échapper au naufrage que la planche «qu'on peut saisir Ainsi, après avoir perdu l'innocence du Bap- « tême , il n'y a plus, pour moyen de salut, que la planche du sa- «crement de Pénitence, sans laquelle il est impossible d'arriver «au port du salut (l). »
(1) Catéchisme du Concile de Trente, de Pœnitentiœsacramento, § i .