M. II. IC
tous les péchés mortels que l'on a commis, sans en excepter un seul. Celui qui conserve de l'affection pour un p'ché mortel, pour une passion criminelle, n'est évidemment point pénitent. Il est impossible de haïr véritablement un péché mortel, comme étant une offense de Dieu , sans haïr , en même temps, tout ce qui peut l'offenser mortellement. Mais pour que la contrition soit universelle , il suffit que le pénitent déteste tous ses péchés par un seul acte , et par un seul motif qui convienne à tout péché mortel , de quelque espèce qu'il soit ; « Sufficit, dit saint Thomas, quod cogitet de hoc «■ quod per culpam suam est aversus a Deo (l). >' Cependant, il est à propos que le pénitent déteste tous ses péchés en détail , et qu'il s'excite à la contrition par les divers motifs propres à chaque péché, à l'exception de ceux auxquels il est dangereux de s'arrêter. « Consultum est peccatorum deformationem meditari, utfacilius de- « testationem concipiamus, exceptis tamen peccatis luxurise, ut om « nés admonent , ne eorum fœtor maleficus animam interficiat (2). » 392. Enfin, la contrition doit être souveraine , o?est-à-dire que la douleur du péché doit l'emporter surtout autre sentiment ; il faut que nous soyons plus affligés d'avoir offensé Dieu , que nous ne le sommes de tout autre malheur. En effet , le péché est le plus grand de tous les maux. Nous devons être disposés à tout sacrifier plutôt que d'offenser Dieu mortellement. « Si quis venitadme, et non odit « patrem suum, et matrem , et uxorem , et filios , et fratres , et soft rores, adhuc autem et animam suam, non potest meus esse disci- « pulus (3). » Toutefois, la douleur du péché a des degrés ; elle peut être souveraine, sans aller aussi loin, sans être aussi intense dans un pénitent que dans un autre. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire qu'elle soit, comme s'exprime l'école, souveraine infensi' vement ; il suffit qu'elle le soit appréciativement. Il n'est pas nécessaire que la douleur du péché soit plus sensible et plus vive, ni même aussi sensible et aussi vive que la douleur qu'on aurait des maux temporels qui pourraient nous arriver. On peut être disposé à tout sacrifier plutôt que d'offenser Dieu mortellement , quoiqu'on soit moins sensiblement affecté de l'avoir offensé que d'avoir perdu son père, sa mère, un ami ; comme aussi celui qui aimerait mieux mourir que de commettre un seul péché mortel , peut néanmoins être plus effrayé à la vue de la mort dont il est menacé , que du
(l)Dc Yeiitate, qiiœst. 29. art 5. —(2) Voyez S. Alphonse deLiguori, lib. VI. n" 438. — S. Alphonse de Liguori, ibidem; Concina, de la Luzerne, etc. — (3) Luc. c. 14. V. 26.
danger de perdre la vie de la grâce. Aussi , tout en rappelant au pénitent qu'il doit aimer Dieu par-dessus tout, et qu'il doit haïr le péché comme étant le plus grand de tous les maux , un confesseur prudent ne se permettra point de le mettre en présence de la mort, en lui demandant s'il aimerait mieux mourir que de commettre tel ou tel péché, s'il serait disposé à souffrir le martyre ou tel genre de supplice, plutôt que de renoncer à la foi. Ces sortes d'épreuves pourraient l'embarrasser ou le jeter dans le désespoir, surtout s'il était encore faible dans la foi , ou si , n'étant que médiocrement instruit, il ne comprenait pas ce que peut l'homme avec la grâce, qui est toujours proportionnée au besoin que nous en avons : Omnia possum in eo qui me confortât. Voici ce que dit saint Alphonse : '< Etsi dolor debeat esse summus appretiative , ita ut nihil « magis detesteris quam peccatum, malisque omnia mala hujusmodi « perpeti, quam mortaliter contra Deura peccare; non tamen opus « est, imo non expedit particulares facere collationes : v. g. malles « hoc vel illud malum subire quam mortaliter peccare , quia peri- « culosœ sunt. Et hoc est commune apud omnes ; nempe non ex- « pedire comparationem explicitam inter peccatum et alla mala, se « determinando potius quam peccatum eligere haec mala in parti- « culari (l). »
393. Comme le propos ou la résolution de ne plus pécher à l'avenir entre dans une contrition sincère et véritiible , il doit être lui-même sincère, ferme, universel et efficace. Sincère, autrement on se mentirait à soi-même , on mentirait à D'k^M] ferme , en sorte que le pénitent ait la ferme résolution de ne point pécher en quelque cas que ce soit : une volonté vague et impuissante , une simple velléité ne suffit pas ; universel , il doit comprendre tous les péchés mortels. Le pénitent doit avoir la volonté d'éviter tout péché grave, sans en excepter un seul. « Pœnitentia de peccatis morta- « libus requirit quod homo proponat abstinere ab omnibus et sin- « gulis mortalibus (2). y- Quant à ce qui regarde les péchés véniels, il suffit, dit saint Thomas , de se proposer de les éviter en particulier, sans se proposer de les éviter tous : « Ad pœnitentiam pcceatorum '< vcnialium rcquiritur quoijl homo proponat abstinere a singulis, non « tamen ab omnibus; ([ulaîvocinlinnitas hujus \itainonpatitur (3).» On doit cependant ètie dans la disposition de travailler à en dimi-
(t) Lib, VI. n" 433; S. Thomas, Sum. snppl. qii.Tjit. 3. art. 1 ; Rillnart, de sacrameuto Pœnitenliœ, dissert. iv. art. 2; l'auteur des Instruction* sur le Rituel (le Toulon , etc., etc. — (2; S. Thomas , Sum. part. 3. quacst. 87. art. 1 . — (3) Ibid.
nuer le nombre, autant que possible : « Débet tamen habere propo- « situm se prœparandi ad peccata venialia minuenda (1). >>
394. Enfin , le propos doit être efficace ; il est nécessaire que le pénitent, en se proposant de ne plus pécher à l'avenir, prenne les moyens jugés nécessaires d'éviter le péché , éloignant les occasions prochaines. Mais on doit observer ici que l'efficacité du propos ne consiste pas à faire ce qu'on s'est proposé , ou à ne pas faire ce qu'on s'était promis d'éviter. Car les rechutes ne sont pas toujours une preuve que le ferme propos a manqué; le plus souvent elles ne signifient rien autre chose , sinon que la volonté a changé : « Re- « lapsus non semper est signum propositi infirmi ; sed sœphis tante tum signum est mutatse voluntatis ; nam bene potest accidere « quod quis verum habeat amorem Dei prsedominantem , et firmum « propositum nunquam peccandi , et nihilominus sfatim peccet, « prout D. Petrus proposuit potius mori quam Christum negare, et « tamen ad primam ancillse vocem negavit (2). » l^ous reviendrons sur cette question.
ARTICLE III
De la Nécessité de la Contrition.
395. La contrition, prise dans son acception générale, est nécessaire, même de nécessité de moyen, à tous ceux qui sont tombés dans le péché mortel. Il faut, de toute nécessité, ou que le péché soit puni , ou qu'il soit expié par la pénitence ; Dieu lui-même , quoique infiniment miséricordieux , ne peut nous dispenser de la satisfaction que réclament sa sagesse et sa justice : « Nisi pœniten- « tiam habueritis, omnes similiter peribitis. » Ainsi, celui qui a le malheur de pécher mortellement est obligé , de droit divin , de se réconcilier avec Dieu, ou par la contrition parfaite, ou par le sacrement de Pénitence.
Mais est-on obligé de faire un acte de contrition , aussitôt après s'être rendu coupable d'une faute grave? Peut-on différer quelque temps, sans commettre un nouveau péché mortel? On convient qu'il y a des circonstances où le précepte de la contrition oblige directement par lui-même ; d'autres, où il oblige mdirectement, par occasion, ^jeracc^cZe/z^. Il oblige directement, par lui-même, à l'article de la mort; ou lorsque, par défaut d'un acte de contrition, on s'expose au danger probable et prochain de mourir dans le pé-
(1)3. Alphonse,lib. VI. n°452. — (2)Liic. c. 13. v. 3.
ché. Il oblige indirectement , 1° lorsque, après avoir péché mortellement, on doit faire une chose qui demande l'état de grâce; lorsque, par exemple, on est obligé d'administrer les sacrements ou de recevoir un sacrement des vivants ; 2° lorsqu'on est obligé de faire un acte d'amour de Dieu ; car on ne peut faire cet acte sans dételer le péché qu'on a sur la conscience : or, le précepte de l'amour de Dieu oblige au moins une fois par mois(l); 3** lorsque, étant pressé par de violentes tentations, on a besoin de grâces particulières, qu'on ne peut espérer tandis qu'on conserve plus ou moins d'affection au péché; 4" quand on est obligé de remplir le devoir de la confession annuelle , auquel on ne peut satisfaire sans avoir la douleur de ses péchés. Il résulte de ce qui vient d'être dit, qu'il y a péché mortel à différer sa conversion pendant un an ou plusieurs mois, lors même qu'on ne serait ni en danger de mort, ni en danger de retomber dans le péché. Cependant, comme , aux termes du précepte de l'Église, il suffit de se confesser une fois l'an, la plupart des pécheurs , surtout parmi les gens du peuple , ne croient pas offenser Dieu en renvoyant leur conversion à Pâques, où ils se proposent de se confesser. " Non ne go , dit saint Alphonse, « quod peccatores , prœscrtim rudes, ab hoc peccato dilatœ pœni- « tentiae ob inadvertentiam, ut plurimum, imo fere semper excu- «sari possunt(2). » Et nous pensons qu'on gagnerait peu à les retirer de cette erreur. Néanmoins , on doit exhorter le pécheur à ne pas différer sa conversion.
ARTICLE IV
Delà Contrition parfaite et de la Contrition imparfaite,
396. On distingue la contrition parfaite et la contrition imparfaite, qu'on nomme plus communément attrition. La contrition parfaite, ou , pour me servir des expressions du concile de Trente, la contrition perfectionnée par la charité , contritio charitate pcrfecta y est celle qui est conçue par le motif de la charité parfaite, de cette charité qui nous fait aimer Dieu par-dessus toutes choses, pour lui-même, comme étant infiniment parfait. La contrition imparfaite est celle qui part d'un motif inférieur à celui de la charité parfaite. On l'appelle imparfaite ou attrition, parce qu'elle est communément conçue, ou par la considération de la turpitude que la foi nous montre dans le péché, ou par la crainte de l'enfer et
(1) Voyez le tome i. n" 3:g. — (2) Lib. vi. n" 437.
246 I>E LA PEXITEKCK.
des châtiments de Dieu : « Quoniam vel ex turpitudinis peccati « consideratione , vel ex gehennse et pœnarum metu communiter « coneipitur(l). « Or, la contrition parfaite justifie i'iiomme par elle-même et avant la réception du sacrement; toutefois, elle n' obtient pas cet effet sans le vœu du sacrement qui est renfermé en elle ; « Docet (sancta synodus) etsi contritionem haift aliquando « cbaritate perfectam esse contingat, hominemque Deo reconci- «liare, priusquam hoc sacramentum actu suscipiatur, ipsam ni- «hilominus reconciliationemipsi contritioni, sine sacramentl voto, « quod in illa includitur, non esse adscribendam (2). » Il n'est pas nécessaire que le vœu ou la volonté de recevoir le sacrement soit formel , explicite ; puisque le concile ne demande que le vœu qui est renfermé dans la contrition elle-même, quod in illa includitur. La contrition ne peut être sincère et parfaite , sans renfermer la volonté de se soumettre aux moyens que Dieu a étal>lis pour la justification du pécheur.
397. A défaut de la contrition parfaite, on ne peut rentrer en grâce avec Dieu que par la contrition imparfaite , jointe au sacrement de Pénitence. Voici ce que dit le concile de Trente : « Illam «vero contritionem imperfectam, quae attritio dicitur, quoniam « vel ex turpitudinis peccati consideratione , vel ex gehennae et « pœnarum metu communiter concipitur, si voluntatem, peccandi « excludal , cum spe veniœ , déclarât , non solum non facere ho- «minem hypocritam et magis peccatorem, verum etiam donwm *i Dei esse et Spiritus Sancti impuisum , non adhuc quidem inha- «bitantis, sed tantum moventis, quo pœnitens acljutus viam sibi « ad justitiam parât. Et quamvis sine sacramento Pœnitentiœ per « se ad justificationem perducere peccatorem nequeat , tamen eum « ad Dei gratiam in sacramento Pœnitentiae impetrandam dispo- «m7(3). »
Outre la douleur d'avoir offensé Dieu, la crainte de la justice divine et l'espérance du pardon, il est nécessaire que le pénitent commence à aimer Dieu comme source de toute justice : Deitm tanquam omnis justifiée fontem diligere incipiunt(A).
398. Mais quel est ce commencement d'amour qui doit accompagner l'attrition? Les théologiens ne s'accordent pas. Les uns pensent que c'est un amour parfait, mais à un faible degré, à un degi-é qui n'est point suffisant pour opérer la justification. Suivant
(1) Concil. Trident., sess. xiv. cap. 4. — (2) Ibid. — (3) Ibid. — (4) Ibid. sess. VI. cap. c.
d'autres, c'est un amour qui commence, un amour initial^ qui n'est pas encore formé. Ce sentiment a beaucoup de rapport avec le premier. D'autres, enfin, croient qu'il ne s'agit que de l'amonr d'espérance ou de concupiscence ^ et que l'espérance du pardon, ou de trouver Dieu propice , renferme le commencement d'amour de Dieu comme auteur de toute justice. Ce dernier sentiment nous parait plus probable que les deux autres. Nous pensons donc que l'attrition conçue par la crainte de la justice divine, jointe à l'espérance du pardon , suffit, avec le sacrement, pour réconcilier le pécheur avec Dieu. La crainte du Seigneur est un commencement de l'amour divin: «Timor Dei initium dilectionis ejus(l). « L'espérance en Dieu est encore un commencement d'amour, comme le dit saint Thomas : « Ex hoc quod per aliquem speramus nobis « posse provenire bona, movemur in ipsum, sicut in bonum nos- «trum, et sic incipimus ipsum amare(2),» Nous ajouterons, d'après le cardinal de la Luzerne, «qu'il paraît bien difficile d'a- « voir du péché une douleur surnaturelle, et de le haïr comme « étant une offense faite à Dieu , sans avoir l'amour de Dieu (3). » Cette douleur, cependant, se trouve dans l'attrition, qui est un don de Dieu, donum Dei , dit le concile de Trente. On convient que le confesseur doit faire tous ses efforts pour exciter dans le cœur du pénitent l'amour de Dieu le plus parfait, le plus vif et le plus ardent. Mais , comme il est difficile et mt^me souvent impossible de discerner entre les différents motifs surnaturels qui font agir le pénitent, il suffira, pour l'absoudre, qu'il donne des preuves d'attrition : « Quis negat, dit saint Alphonse de Liguori , esse om- « nino expediens ut pœnitentes pro viribus conentur elicere actum «« contrition i s perfecta , atcjue confessarii studeant scmper eos ad « illam excitare, ut tutius illi divinam giatiam consequantur ? «Verum nostra sententia utique proderit, ut si quis accédât cum «sola attritione, non se retrahat ab hoc sacramento , et confessa- « rius eum non rejiciat tanquam indispositum -4). » Si, comme le prétendent plusieurs théologiens, un confesseur ne pouvait absoudre un pécheur qu'auL<uit cjuil remarcjne en lui la charité parfaite à un certain degré, ou un commencement d'amour parfait, il ne pourrait presque jamais l'absoudre. En effet, qu'on lui demande pourquoi il se convertit; le plus souvent il répondra que c'est la crainte de Dieu , la crainte de ses jugements et de l'enfer, qui l'a
(I) Ecrii. c. 25. v. 16 — (2)Sum. part. 1. 2. quast. 40. art. 7.— (3) lûiitruct. sur le Rituel de Langres , cl». 4. art. 2. — (4j I.ib. vi. n" 442.
fait rcDoncer au péché. Qu'on lui demande s'il éprouve quelque sentiment de la charité parfaite, il n'osera vous répondre. Demandez-lui s'il a au moins un commencement d'amour, de cet amour qu'on distingue de celui qui accompagne l'espérance; il ne vous comprendra pas.
399. On objecte que le sentiment qui exige dans le pénitent un amour de charité étant probable^ on ne peut s'en écarter dans la pratique ; que , dans le doute , on doit suivre le parti le plus sûr quand il s'agit de la validité des sacrements ; que l'opinion contraire a été condamnée par le pape Innocent XI. Mais nous avons fait remarquer plus haut (l) que cette condamnation n'est applicable qu'au cas où le ministre d'un sacrement préfère une matière probable à une matière certaine qui dépend de lui , qui est à sa disposition. On ne peut l'appliquer au confesseur, car ce n'est pas lui, mais le pénitent, qui fournit la matière du sacrement de réconciliation ; il ne dépend pas du confesseur que le pénitent éprouve tels ou tels sentiments. Il doit seulement travailler à lui inspirer les sentiments les plus parfaits, les plus propres à assurer l'effet du sacrement; puis, lui donner l'absolution si, d'après une probabilité prudente , il lui croit les dispositions convenables , quoiqu'il ne puisse ni s'assurer, ni juger prudemment si ce pénitent éprouve un commencement d'amour parfait , de cet amour qui tient de la charité proprement dite , et qui nous fait aimer Dieu pour lui-même. Ainsi , lorsque le confesseur a fait ce que le zèle et la charité demandent de lui pour exciter dans le cœur de son pénitent les sentiments d'amour de Dieu , il peut , il doit même se comporter dans la pratique comme si l'attrition, telle qu'elle est définie par le concile de Trente, était une disposition prochaine et suffisante pour recevoir la grâce de la justification dans le sacrement de Pénitence. « Confessarius anxius esse non débet circa naturam amoris « in pœnitente existentis (2). »
400. Il est bien à désirer que le pénitent s'excite à la contrition avant de s'approcher du tribunal de la Pénitence , et que le repentir accompagne la confession. Cependant, il suffit que l'attrition existe au moment où l'on reçoit l'absolution : le Rituel romain le suppose clairement , lorsqu'il dit que le confesseur, ayant entendu la confession du pénitent , s'efforcera d'exciter en lui la douleur et la contrition de ses péchés : « Audita confessione,.... ad dolorem et
(1) Voyez le n" 17. - (2) Mgr Bouvier, Tract, de Pœnitentia, cap. 3. art. 3J S 2.
« contritionem efficacibus verbis adducere conabitur (1). » Ainsi, le défaut d'attrition n'empêche pas la validité de la confession comme accusation, mais il empêche la validité de l'absolution. Si donc celui qui a été absous sans avoir l'attrition revient au même confesseur, il n'est point obligé de répéter l'accusation, si ce n'est d'une manière générale , s' accusant toutefois d'avoir reçu l'absolution sans les dispositions requises.
Faut-il une nouvelle contrition toutes les fois qu'on reçoit une nouvelle absolution ; par exemple , lorsqu'une personne se souvient d'un péché mortel immédiatement après avoir reçu le sacrement, est-elle obligée de faire un nouvel acte de contrition , pour recevoir une nouvelle absolution? C'est une question controversée parmi les théologiens. Les uns la dispensent d'un nouvel acte de contrition, parce que, disent-ils, dans ce cas, le premier sentiment de douleur persévère moralement. Les autres veulent qu'elle renouvelle l'acte de contrition, parce qu'ils croient que le premier acte qui a servi de matière au premier sacrement ne peut servir au second. Quoi qu'il en soit, comme le second sentiment n'est pas moins probable que le premier, on ne doit point s'en écarter dans la pratique: le confesseur exigera donc que le pénitent fasse un nouvel acte de contrition avant de lui donner une nouvelle absolution (2).