CHAPITRE VI
]Je la Manière d'administrer l'Extrêtne- Onction.
G27. On doit, pour Tadrainistration de ce sacrement, se conformer exactement aux prescriptions du Rituel. Il y aurait péché mortel à omettre les prières qui se récitent immédiatement avant ou après l'administration de l'Extrème-Onction (2). Cependant, si on a à craindre que le malade n'expire avant que la cérémonie soit terminée , il faut commencer par les onctions , sauf à suppléer les prières omises, si le malade survit. En tout cas, on peut, dit saint Alphonse, omettre la récitation des psaumes et des litanies; ces prières ne sont que de conseil , comme l'insinue le Rituel romain (3). Néanmoins, il convient de les réciter quand on n'a pas lieu de craindre de fatiguer le malade; on doit même le faire, autant que possible , si le Rituel du diocèse ou l'usage des lieux le demande. Il y aurait péché mortel à conférer l'Extrême-Onction sans être revêtu du surph's et de l'étole, à moins que le danger ne fut si pressant qu'il ne permit pas de les prendre; car alors on pourrait probablement administrer le sacrement sans étole et môme sans surplis (4). Il y aurait encore péché mortel à intervertir volontairement l'ordre des onctions [G].
628. Le curé, ou autre prêtre, qui doit administrer le sacrement de l'Extrême-Onction , fera préparer les choses nécessaires dans la chambre du malade; c'est-à-dire, une table couverte d'une nappe blanche pour y reposer les saintes huiles, un crucifix, un bassin ou une assiette, avec autant de petits pelotons de coton ou d'étoupe qu'il y a d'onctions prescrites par le Rituel , un peu de mie de pain pour nettoyer les doigts du prêtre , de l'eau pour laver ses mains , et un cierge pour Téclairer quand il fera les onctions.
(l)De sacramento Extremae Unctionis. — - (2) S. Alphonse, lib. vi. n* 727. Tambourin, lilbel, Bonacina, etc. — (3) S. Alplmnso , ibidem. — (4) Ibidem. — (5) Voyez, ci-dessus, le n° 37.
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Vuii, après avoir fait avertir le peuple par uu coup de cloche, il se revêt d'un surplis et dune étole violette, prend avec décence l'huile des Infirmes, se fait précéder d'un ou de plusieurs clercs portant une croix sans bâton, le vase qui contient l'eau bénite, et une torche ou flambeau, suivant la coutume des lieux.
C20. Entrant dans la chambre du malade, le prêtre dit : Par huic Domui y etc.; dépose le vase des saintes huiles sur la table, prend la croix qu'il fait baiser au malade; et, l'ayant remise, il reçoit de la main du clerc l'aspersoir, et asperge en forme de croix, le jnalade, la chambre et les assist<ints , en disant : Asperges me , Domine y etc. Si le malade demande à se confesser, le prêtre fera retirer les assistants, entendra sa confession, l'absoudra à moins qu'il ne soit certainement indigne de l'absolution. S'il s'est conljessé auparavant, on lui demandera, à voix basse, autant qu'on le jugera à propos, s'il n'a plus rien sur la conscience qui lui fasse de la peine; et s'il désire de se réconcilier, on l'entendra de nouveau eu confession (l). Après quoi, si son état le permet, on lui fera une courte exhortation.
030. L'exhortation fmic, le prêtre dira : Adjutorium noslrum^ etc. — Dominvs voOiscumj etc. — Oremus. Inlroeat y Domine, Jesu Chrisle , etc. — Oremus. Exaudi nos , Domine sancte, etc. Si on est pressé, on peut omettre ces oraisons , ou en omettre une partie. Puis le malade dit le Confiteor , en latin ou en langue vulgaire. S'il ne peut le dire lui-même, le clerc, étant a genoux, le dira pour lui. Le Confileor achevé , le prêtre dit Miscrealur tui , etc. — Indidyentianiy absolulionem ^ etc. Ici, avant de commencer les onctions, le prêtre avertit les assistants de prier pour le malade , en les in\itant à réciter, pendant la cérémonie , les psaumes de la pénitence et les litanies des saints, ou autres prières, selon qu'il le jugera convenable : UOi commodum fuerit , pro loco cl t^mporCy cl adsfanfium numéro vel qualiUUe (2).
Se tournant vers le malade, le prêtre dit, en faisant les signes de croix indiqués : la noninc Putris 7, cl Filii 7, cl Spirilus f Sanclt, ejclinf/uatur in le, etc. Après avoir achevé cette oraison, il trempe son pouce de la mam droite ou la spatule dans les saintes huiles, et fait en forme de croix les onctions sur les parties du corps désignées dans le Rituel , disant , en même temps les paroles sacramentelles qui repondent à chîicuue d'elles.
031. Le prêtre commence l'onction pur l'œil droit, la pau(>icii'
(1) Voyez , ci-dessiis , le n" ?37. — (?) Ridialc louiiiiiirn.
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étant fermée; il oindra ensuite l'œil gauche , n'achevant de prononcer les paroles de la forme qu'à la dernière onction. Il en est de même pour l'onction des oreilles, des mains et des pieds. Avant de commencer l'onction des yeux, il est utile de faire dire au malade : Mon Dieu y je vous demande pardon de tous les ]}éc]iés que j\d commis par la vue. Et ainsi des autres sens. En faisant l'onction sur les yeux , le prêtre dit : Per istam sanctam unctionem f , et suampiissimam misericordiam, indulgeat tibi Dominus quidquid per visum deliquisti. Amen. Si le clerc qui assiste le X3rêtre est dans les Ordres sacrés, il essuiera , avec les petits pelotons de coton ou d'étoupe préparés pour cela, les parties du corps où l'on aura fait les onctions; mais si le servant est laïque, ou si, étant clerc, il n'esi pas dans les Ordres sacrés , le prêtre les essuiera lui-même. Ensuite il fait les onctions aux oreilles , aux narines , sur la bouche , les lèvres fermées ; aux mains , à l'intérieur , ou si le malade est prêtre , à l'extérieur ; aux pieds , par-dessus , ou à la plante , suivant l'usage des lieux ; puis aux reins , si cette dernière onction doit avoir lieu. Si le malade manque d'une des parties extérieures sur lesquelles on fait l'onction , il faut la faire sur la partie la plus proche de celle qui manque sans rien changer à la forme. Les onctions achevées , le prêtre nettoiera ses doigts avec de la mie de pain, lavera ses mains, et fera jeter dans le feu les étoupes qui auront servi aux onctions ; ainsi que la mie de pain , et l'eau avec laquelle il s'est lavé. Si, comme il est prudent de le faire en temps de peste, on a fait les onctions avec une baguette, on en brûle l'extrémité qu'on a trempée dans les saintes huiles.
632. Cela fait, le prêtre se rapproche du malade, et se tournant vers lui, il dit : Kyrie j eleison, etc. — Pater noster, etc. — Et ne nos y etc. — Salvumfac , etc. — Milte ei , etc. — Esta, etc. — Nihil proficiat , etc. — Domine exaudi , etc. — Dominus vobiscum, etc. — Oremus.iDomine Deus, etc. — Oremus. Respice, etc. — Oremus. Domine sancte, etc. Les oraisons étant finies, le prêtre adresse au malade quelques paroles de consolation , pour le porter à souffrir patiemment, et le fortifier contre la crainte et les tentations de l'ennemi du salut.
Avant de sortir , le prêtre fera baiser la croix au malade , et la placera dans un endroit où le malade puisse la voir commodément: il lui dira de la regarder souvent, et de la saluer du moins intérieurement par ces mots : 0 crux, ave, spes unical 0 croix, mon espérance et mon amour 1 II lui laissera aussi , près de son lit, de l'eau bénite, et il avertira les parents et ceux qui sont au-
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tour du malade de prier pour lui, et de lui dire de temps en temps quelques paroles de piété et d'édifieation. S'il s'aperçoit que le malade approche de sa fin , il restera , autant que possible, auprès de lui, et ne l'abandonnera pas qu'il n'ait rendu l'esprit à Dieu : il récitera les prières des agonisants qu'on trouve dans le Rituel.